Crise politique et gel des aides européennes: la Tanzanie vend son or à prix record pour sauver son méga-projet GNL

La Tanzanie annonce la signature imminente avant juin 2026 d’un accord pour développer son projet phare de construction d’une méga-usine de gaz naturel liquéfié (GNL) d’une valeur de 42 milliards de dollars. L’usine qui sera pilotée conjointement par les majors Equinor et Shell en tant qu’opérateurs, avec ExxonMobil, Pavilion Energy, Medco Energi et la société nationale TPDC comme partenaires vise à exploiter 47,13 trillions de pieds cubes de réserves gazières, bloquées depuis 2023 par des négociations juridico-financières. Un projet qui positionnerait l’Afrique de l’Est comme hub d’exportation vers l’Asie et créerait 100 000 emplois.

Une avancée qui contraste avec une grave crise politique post-électorale qui a eu lieu en 2025: l’opposition évoque 1 000 morts, entraînant le gel de 2 à 3 milliards USD d’aides européennes (sur un budget de 10 milliards).

Pour compenser ce gel d’aides, la présidente Samia Suluhu Hassan ordonne la vente d’or des réserves nationales dans un contexte où le prix de l’or atteint un niveau record supérieur à 5 100 USD, arguant de besoins urgents en liquidités pour les infrastructures. Un paradoxe saisissant entre ambitions énergétiques et instabilité socio-financière. Rappelons que la production de l’usine de GNL est prévue pour démarrer dans huit ans.

Ethique vaccinale: la Guinée-Bissau et le CDC Afrique en première ligne face aux pressions américaines

La Guinée-Bissau, soutenue par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique – Africa CDC en anglais), une institution autonome de santé publique rattachée à l’Union africaine, s’illustre par sa fermeté dans la défense des principes éthiques en recherche sanitaire. Face à une étude controversée sur les effets non spécifiques du vaccin contre l’hépatite B chez les nouveau-nés, financée par les États-Unis (1,6 million USD) et soutenue par le secrétaire américain à la Santé Robert F. Kennedy Jr (connu pour son scepticisme vaccinal), les autorités sanitaires bissau-guinéennes ont exigé un réexamen éthique et technique approfondi, plaçant l’essai en suspens. Une décision courageuse, annoncée conjointement par le Dr Armando Sifna, directeur général de la Santé Publique de Guinée-Bissau et le Dr Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique, qui contraste avec l’insistance américaine à poursuivre le projet. Cette affaire démontre la vigilance de plus en plus de pays africains face à des protocoles jugés inacceptables, notamment par des scientifiques internationaux, comme le Dr Paul Offit, car privant délibérément des nouveau-nés d’un vaccin salvateur dans un pays où 19% de la population est infectée par l’hépatite B. Le CDC Afrique affirme ainsi son rôle crucial de régulateur éthique continental, protégeant les populations vulnérables et refusant que la recherche, sous influence politique étrangère, compromette des décennies de preuves vaccinales et les recommandations de l’OMS. La Guinée-Bissau, malgré ses défis (coup d’État récent, couverture vaccinale limitée), montre l’exemple d’une souveraineté sanitaire responsable.

Méga-transaction portuaire de CK Hutchison: l’Égypte, seul pays africain concerné par ce montage géopolitique

Alors que CK Hutchison Holdings Limited, conglomérat multinational basé à Hong Kong, restructure la vente de ses 43 ports mondiaux, l’Égypte apparaît comme le seul pays africain concerné. Le terminal d’Alexandrie (ACT et B100), traitant 60% du commerce extérieur égyptien, et le nouveau hub stratégique d’Abu Qir (capacité 2M TEU/an) seraient au cœur des négociations. Selon Bloomberg News, Pékin pousse COSCO Shipping Corp – sa compagnie maritime étatique – à acquérir des participations plus importantes dans des ports situés dans des régions considérées comme plus alignées sur Pékin, telles que l’Afrique, contrairement aux ports hors d’Afrique confiés à BlackRock/MSC.

Un scénario qui révèle trois enjeux majeurs. Le premier, l’Égypte consolide son statut de hub logistique incontournable grâce à ses terminaux méditerranéens contrôlant les flux Asie-Europe via Suez. Deuxième enjeu: la Chine affine sa stratégie d’influence ciblée. En priorisant le verrou égyptien, Pékin sécurise un maillon vital des Nouvelles Routes de la Soie en Afrique, loin d’un déploiement dispersé. Troisième enjeu: le modèle de concession « parcellisé » crée un précédent. La segmentation géographique des acquisitions (COSCO en Afrique, BlackRock/MSC ailleurs) valide une compartimentation acceptée par les puissances, consacrant l’exception stratégique du continent.

Si l’opération se finalise, l’Égypte deviendrait le laboratoire d’un nouveau paradigme: des infrastructures pilotées par des capitaux chinois, mais intégrées à un consortium mondial – un équilibre révélateur des réalignements économiques de 2026.

Automobile: le Maroc, bénéficiaire clé de la stratégie africaine de Renault

Automobile: le Maroc, bénéficiaire clé de la stratégie africaine de Renault

Alors que Renault recentre sa stratégie indienne sur les SUV premium et l’export de composants, le Maroc consolide sa place de pivot africain dans son plan international. Le constructeur consacrera 3 milliards d’euros d’ici 2027 au lancement de modèles Renault en Inde, Amérique Latine, Corée du Sud, Turquie et Afrique du Nord. Parlant d’Afrique du Nord, le Maroc se distingue comme destination prioritaire d’investissement direct. Le Maroc s’inscrit ainsi dans une chaîne de valeur industrielle globale, bénéficiant du virage exportateur de Renault qui prévoit désormais de sourcer des composants en Inde pour d’autres marchés, dont l’Amérique du Sud. Une logique qui pourrait renforcer le positionnement marocain comme plateforme manufacturière et d’approvisionnement régionale, capitalisant sur les investissements structurants. Toutefois, l’engagement financier spécifique au Maroc reste non détaillé, contrastant avec les budgets transparents annoncés pour l’Inde par Suzuki et Hyundai. Le succès de cette stratégie africaine dépendra de la concrétisation opérationnelle de ces investissements dans un marché nord-africain compétitif.

Deal Nissan-Chery SA: le troisième constructeur automobile chinois renforce sa présence manufacturière directe en Afrique

L’Afrique du Sud, plaque tournante industrielle historique de la région, est au cœur d’une transformation majeure de son secteur automobile révélée par un accord que viennent de conclure le japonais Nissan et le chinois Chery SA. Les deux parties ont conclu un deal concernant l’acquisition des actifs de production de Nissan à Rosslyn, en Afrique du Sud. Sous réserve de certaines conditions, notamment l’obtention des autorisations réglementaires, Chery SA achètera les terrains, les bâtiments et les actifs associés des installations de Nissan, y compris son usine d’emboutissage située à proximité, à la mi-2026.

Ce transfert d’actifs marquera la fin de près de 60 ans de production Nissan locale, symbolisée par l’arrêt de production programmée du pick-up Navara. La transaction illustre le retrait stratégique du japonais, confronté à de lourdes pertes et une sous-utilisation de l’usine aggravée par la fin du NP200 en 2023 et la féroce concurrence (Toyota Hilux, Ford Ranger). Le deal préserve cependant environ 900 emplois, transférés à Chery SA sous conditions similaires, un point positif pour l’économie sud-africaine.

L’impact régional n’est pas à négliger: la cessation de la production du Navara, destiné au marché local mais aussi exporté vers plusieurs pays africains non précisés, menace les chaînes d’approvisionnement régionales. Ces débouchés régionaux pourraient voir leurs approvisionnements en pièces et véhicules perturbé, Nissan basculant vers un modèle d’importation depuis la Thaïlande. Le constructeur japonais précise tout de même que, suite à l’acquisition de l’usine par Chery SA, il continuera à proposer des véhicules et des services à ses clients en Afrique du Sud, comme auparavant, avec plusieurs lancements de nouveaux véhicules prévus pour l’exercice 2026, notamment le Nissan Tekton et le Nissan Patrol.

Pour la Chine, cette opération est une avancée stratégique. Chery, troisième constructeur chinois, renforce ainsi sa présence manufacturière directe en Afrique du Sud, où ses ventes dynamiques (plus de 2000 unités mensuelles, 46 887 en 2025) démontrent son ambition. Cette acquisition, évoquant initialement d’autres options (JV, site neuf), consolide l’emprise chinoise sur l’industrie automobile africaine, tandis que l’Afrique du Sud voit son paysage industriel se recomposer, préservant des emplois mais perdant un acteur historique au profit d’une puissance émergente.

Pétrole brut: comment les tarifs douaniers américains et les sanctions contre la Russie dynamisent les achats indiens au Nigeria et en Angola

Le Nigeria, premier producteur pétrolier d’Afrique, capitalise sur le réalignement stratégique de l’Inde sous pression américaine. En 2025-2026, New Delhi a réduit massivement ses achats de brut russe (-30% de part de marché en février 2025) et se tourne vers le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Pour ce qui est de l’Afrique, les importations indiennes depuis le continent ont bondi à 330 000 barils/jour en février 2025, tandis que le Nigeria a exporté plus de 2 millions de barils entre septembre et octobre 2025 via des contrats clés avec Indian Oil Corporation et Bharat Petroleum. Une dynamique qui consacre le pétrole nigérian, à faible soufre et idéal pour les raffineries indiennes, comme alternative stratégique. De manière paradoxale, la raffinerie Dangote au Nigeria importe du brut américain, révélant les logiques économiques complexes du marché. Le repositionnement de l’Inde profite également à l’Angola (1 million de barils achetés par l’Inde) et renforce la place de l’Afrique face aux producteurs du Moyen-Orient. Washington joue un rôle décisif dans ce réalignement: le doublement des tarifs douaniers sur les biens indiens (50% en 2025) et les sanctions contre la Russie accélèrent ce virage. Le Nigeria émerge ainsi comme pivot énergétique, illustrant la capacité africaine à tirer parti des tensions globales pour valoriser ses ressources.

Comment le Nigeria a atténué son grave problème d’inflation grâce à de nouvelles méthodes mathématiques

Le taux d’inflation officiel du Nigeria a subi une transformation statistique, un processus technique qui a radicalement modifié le chiffre principal utilisé par des millions de personnes pour évaluer leur coût de la vie.

Les dernières données du Bureau national des statistiques (BNS) indiquent une forte baisse de l’inflation à 15,15 % en décembre. Ce chiffre, en recul par rapport aux 34,80 % enregistrés un an plus tôt, semble signaler un net ralentissement de la hausse des prix. Toutefois, ce résultat ne s’explique pas uniquement par la baisse des prix ; il résulte également d’un changement d’échelle dans la mesure de l’inflation.

Au cœur de ce changement se trouve un processus appelé « réajustement ». En termes simples, le Nigeria mesurait les variations de prix pour une économie de 2025 en utilisant une liste de courses et des habitudes de consommation de 2009. Après 15 ans — bien au-delà du cycle de mise à jour quinquennal recommandé —, cette liste ne reflétait plus la réalité.

Dans une enquête nationale, le Bureau national des statistiques (NBS) a constaté que les Nigérians n’achetaient plus 201 articles obsolètes. Disparus du panier de consommation officiel, des objets comme les téléviseurs noir et blanc et les téléphones Nokia 3310 ont été retirés. À leur place, les statisticiens ont ajouté 404 nouveaux produits et services que les Nigérians achètent réellement aujourd’hui, portant le panier total à 934 articles, contre environ 740 auparavant. Cette mise à jour, basée sur les habitudes de consommation de 2023 , vise à ce que l’indice reflète la vie moderne.

La nouvelle méthode de calcul, adoptée début 2022, a rapidement permis de réduire l’inflation globale au Nigéria à  24,48 % en janvier 2025 (contre 34,80 % en décembre 2024), suite à la modification de la méthodologie et de l’année de base. Cet indicateur s’est globalement stabilisé tout au long de l’année 2022. Il convient toutefois de noter que, malgré l’atténuation des fortes fluctuations des prix observées précédemment, les prix sont restés élevés.

La mise à jour du panier n’était qu’une étape.

Le Bureau national des statistiques (BNS) s’est alors heurté à un obstacle mathématique. En fixant l’année de référence à 2024, la comparaison directe de décembre 2025 avec décembre 2024 aurait engendré une hausse artificielle. Les responsables estimaient qu’avec l’ancien calcul, l’inflation aurait semblé bondir à 31,2 %. Le BNS a qualifié ce phénomène de « hausse artificielle » due à l’effet de base, une distorsion technique , et non une véritable flambée des prix.

Pour éviter cela, le bureau a modifié sa méthode de calcul. Au lieu de comparer ce mois-ci au même mois de l’année précédente, il a utilisé une moyenne sur douze mois des prix de 2024 comme point de référence. Cela a permis de normaliser le chiffre et d’éviter la distorsion ponctuelle, ce qui explique le taux de 15,15 % enregistré.

Le gouvernement et les instances internationales ont approuvé cette réforme. Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré que la nouvelle méthode aligne le Nigéria sur les meilleures pratiques internationales et le cadre de la CEDEAO. Le vice-gouverneur de la Banque centrale, Muhammad Sani Abdullahi, a affirmé qu’il s’agissait d’une solution à un « problème purement mathématique », et non d’une tentative de dissimuler une hausse des prix.

Ce changement soudain a toutefois suscité l’attention d’économistes de renom. Yemi Kale, qui a dirigé l’agence statistique du Nigéria pendant dix ans, a averti que la transition avait peut-être été précipitée, créant un écart dans les comparaisons annuelles et faussant ainsi l’analyse.

« Comment calcule-t-on les chiffres d’une année sur l’autre quand on affirme que les chiffres précédents ne sont pas comparables ? », a-t-il demandé , soulignant ainsi des préoccupations quant à la cohérence et à la transparence.

Pour le Nigérian moyen, le décalage entre le nouveau taux de change officiel, plus bas, et les prix quotidiens du marché reste palpable.

Bien que le Bureau national des statistiques (NBS) fasse état d’une baisse significative de l’inflation alimentaire à 10,84 %, la pression sur le coût de la vie, évoquée par des organisations comme le Nigerian Economic Summit Group (NESG), n’a pas disparu du jour au lendemain. Ces nouveaux calculs offrent un point de référence révisé, mais pour beaucoup, le pouvoir d’achat reste le critère ultime.

Services pétroliers: comment la dynamique africaine booste les résultats d’Halliburton

L’Afrique confirme son rôle moteur dans la performance internationale de la multinationale américaine parapétrolière Halliburton. Le géant des services pétroliers affiche des résultats supérieurs aux attentes pour le quatrième trimestre 2025, enregistrant une croissance de 2,9% de ses revenus internationaux, portés à 3,5 milliards de dollars. Le continent africain y contribue de manière significative. Deux leviers sont explicitement cités: une activité améliorée de construction de puits à travers le continent et, plus spécifiquement, une activité de stimulation plus élevée en Angola, une technologie clé pour optimiser la production des puits.

Entendez par «activité de stimulation» des techniques d’augmentation de la productivité des puits, principalement la fracturation hydraulique (fracking) et l’acidification. Des interventions qui créent ou élargissent des fissures dans la roche-réservoir pour faciliter l’écoulement des hydrocarbures vers le puits, optimisant ainsi la récupération. Dans le contexte africain,l’augmentation des activités de stimulation en Angola reflète le développement de champs matures ou complexes, nécessitant ces technologies pour maintenir ou accroître la production, signe d’une activité pétrolière active et techniquement exigeante.

Des éléments qui démontrent une vitalité certaine des projets pétroliers et gaziers sur le sol africain. Si Halliburton anticipe une stabilité de ses activités internationales en 2026, cette croissance trimestrielle soutenue par l’Afrique, contrastant avec la stagnation nord-américaine, souligne l’attractivité persistante et la résilience opérationnelle du secteur énergétique dans plusieurs bassins africains.

Acquisition de la banque kenyane NCBA par la sud-africaine Nedbank: en quoi l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, la Côte d’Ivoire et le Ghana sont concernés

Nedbank, l’un des principaux groupes bancaires sud-africains, est sur le point d’acquérir une participation majoritaire dans NCBA, conglomérat de services financiers basé en Afrique de l’Est, principalement au Kenya, issu de la fusion en 2019 entre la Commercial Bank of Africa (CBA) et NIC Bank. Montant mis sur la table: 856 millions de dollars. Une transaction structurante qui positionne l’un des plus grands groupes de services financiers d’Afrique de l’Est comme filiale du géant sud-africain.

Plus en détail, la structure financière de l’opération Nedbank-NCBA combine 20% de règlement en cash (soit environ 171 millions USD) et 80% en nouvelles actions Nedbank. Ce qui en soit constitue un mécanisme stratégique aux multiples implications. Concrètement, ce choix limite la sortie immédiate de trésorerie pour l’acquéreur sud-africain tout en ancrant les actionnaires historiques de NCBA au capital élargi de Nedbank via l’attribution d’actions cotées à Johannesburg. Une dilution qui intègre les intérêts kényans dans le succès futur du groupe unifié, alignant les objectifs de long terme. L’émission de nouveaux titres facilite également la valorisation basée sur le cours actuel de Nedbank (250 rands), offrant une transparence immédiate sur la parité d’échange. Une approche mixte qui optimise l’emploi du capital bancaire, préserve la solidité financière du groupe et symbolise une fusion d’intérêts panafricains plutôt qu’une simple prise de contrôle. Elle renforce enfin l’interconnexion des marchés boursiers de Johannesburg et Nairobi.

Ainsi, cette prise de contrôle illustre puissamment la dynamique sud-sud et l’ambition panafricaine des champions bancaires du continent. Nedbank consolide ainsi son ancrage stratégique en Afrique de l’Est, région qu’il valorise pour ses fondamentaux macroéconomiques, sa démographie dynamique et son rôle de corridor commercial continental et intercontinental. NCBA, présent au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Rwanda et via le digital en Côte d’Ivoire et au Ghana avec ses 60 millions de clients, conserve son leadership local, sa marque et sa cote à Nairobi. Une alliance qui crée un acteur financier hybride, combinant la capillarité locale de NCBA et la puissance capitaliste, l’expertise et la vision panafricaine affirmée de Nedbank, promettant une plateforme de croissance renforcée pour la sous-région.

Stress hydrique, répit pluviométrique et réponse technologique: l’Égypte, le Maroc, la Tunisie, et le Soudan ciblés par l’offre turque d’agriculture intelligente

Le lundi 12 janvier 2026, lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants à Rabat, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau du Maroc annonçait la fin d’une période de sept ans de sécheresse au Maroc. Une déclaration qui repose sur des précipitations abondantes (108 mm du 1er septembre 2025 au 12 janvier 2026, excédent de 95% par rapport à l’année précédente et 17,6% par rapport à la moyenne), des chutes de neige exceptionnelles couvrant jusqu’à 55 495 km², et un taux de remplissage des barrages passé à 46% (équivalent à 7,7 milliards de m³).

C’est dans ce contexte que la Turquie cible précisément le Maroc, l’Égypte, la Tunisie, et le Soudan, via la 22e édition du Salon Konya Agriculture 2026, qui ouvrira ses portes du 7 au 11 avril 2026. En effet, leur quête commune de résilience agricole, malgré un répit pluviométrique, maintient l’urgence d’innovations en irrigation de précision et énergies renouvelables. Le salon turc capitalise ainsi sur cette fenêtre d’opportunité pour consolider des partenariats technologiques, transformant l’abondance actuelle en modernisation structurelle face à l’incertitude climatique.

La Turquie à travers le Salon Konya Agriculture 2026 se positionne comme hub technologique des achats de mécanisation et solutions d’agriculture intelligente pour les marchés MENA.

L’événement, soutenu par le gouvernement turc et les chambres agricoles, offre une vitrine industrielle turque (tracteurs, irrigation de précision, énergies renouvelables) alignée sur les besoins en modernisation face aux défis démographiques et climatiques. Des sessions B2B et démonstrations sont annoncés et visent à permettent de renforcer les transferts de technologie et les partenariats agro-industriels, capitalisant sur la position géostratégique de la Turquie. Pour les pays d’Afrique du Nord, ce salon incarne une opportunité concrète d’accès à des innovations adaptées aux contraintes régionales, mais souligne aussi leur dépendance croissante aux fournisseurs externes pour leur transformation agricole.