Dangote accĂ©lĂšre sa Vision 2030 avec un plan d’expansion de 1 milliard de dollars

Cette initiative entre dans le cadre du plan de dĂ©veloppement du cimentier Ă  l’horizon 2030, qui table sur une capacitĂ© de production totale de 80 millions de tonnes par an.

Dans un contexte oĂč l’Afrique accĂ©lĂšre sa transformation industrielle, le Dangote Group, pilier du secteur industriel nigĂ©rian et premier producteur de ciment du continent, vient de franchir une nouvelle Ă©tape stratĂ©gique majeure. À l’occasion de la signature d’un accord de plus d’un milliard de dollars avec l’entreprise chinoise Sinoma Engineering, Dangote Cement annonce un ambitieux plan d’expansion destinĂ© Ă  renforcer sa production Ă  l’échelle continentale. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la feuille de route de la Vision 2030 du groupe, qui vise Ă  consolider sa position de leader industriel tout en rĂ©pondant aux besoins croissants en matĂ©riaux de construction Ă  travers l’Afrique. 

SignĂ© le 28 fĂ©vrier 2026, cet accord porte sur la mise en Ɠuvre de douze projets industriels rĂ©partis dans sept pays africains — notamment le Nigeria, l’Éthiopie, la Zambie, le Zimbabwe, la Tanzanie, la Sierra Leone et le Cameroun. Il combine construction de nouvelles lignes de production intĂ©grĂ©es et modernisation d’installations existantes. Au cƓur de ce plan figure l’augmentation significative des capacitĂ©s de production pour atteindre 80 millions de tonnes par an d’ici 2030, un objectif central de la Vision 2030 qui traduit l’ambition de rĂ©pondre Ă  l’explosion de la demande continentale en matĂ©riaux de bĂątiment. 

Cette dĂ©marche s’articule autour d’une logique Ă  la fois commerciale, industrielle et gĂ©ographique. D’une part, elle vise Ă  solidifier la prĂ©sence de Dangote Cement dans ses principaux marchĂ©s africains, capitalisant sur sa rĂ©putation de producteur intĂ©grĂ© capable de livrer des volumes importants tout en maĂźtrisant les coĂ»ts. D’autre part, elle ouvre de nouveaux corridors d’approvisionnement pour des Ă©conomies en pleine croissance, oĂč les besoins en infrastructures — routes, bĂątiments publics, logements — continuent de croĂźtre Ă  un rythme Ă©levĂ©. Ce double objectif illustre une stratĂ©gie qui dĂ©passe la simple expansion : il s’agit de structurer l’industrie de la construction Ă  l’échelle continentale. 

Par ailleurs, le contexte financier de cette expansion est d’autant plus remarquable que Dangote Cement affiche, sur la pĂ©riode rĂ©cente, des performances financiĂšres robustes — malgrĂ© des dĂ©fis macroĂ©conomiques tels que l’inflation et les fluctuations monĂ©taires au Nigeria. En 2025, l’entreprise a su dĂ©gager une croissance de chiffre d’affaires et un bĂ©nĂ©fice net en hausse, attestant de la rĂ©silience de son modĂšle face aux vents contraires Ă©conomiques. 

La dimension stratĂ©gique du partenariat avec Sinoma mĂ©rite Ă©galement d’ĂȘtre soulignĂ©e. En s’associant avec un acteur chinois de premier plan dans le gĂ©nie industriel, Dangote Cement s’inscrit dans une logique de coopĂ©ration Sud–Sud, mobilisant des compĂ©tences technologiques pour dĂ©ployer des capacitĂ©s industrielles renforcĂ©es Ă  l’échelle de plusieurs marchĂ©s africains. Cette alli­ance traduit une Ă©volution du rĂŽle des acteurs industriels africains, dĂ©sormais capables de mobiliser des partenariats multinationaux tout en conservant la maĂźtrise de leurs marchĂ© locaux. 

Enfin, ce plan d’expansion de plus d’un milliard de dollars ne se limite pas Ă  une logique de croissance de capacitĂ©. Il s’inscrit dans une vision plus large : celle de contribuer directement au dĂ©veloppement Ă©conomique et social du continent africain. En augmentant l’offre de ciment, matĂ©riau de base de toute infrastructure durable, Dangote Cement participe activement au financement des projets publics et privĂ©s, Ă  la crĂ©ation d’emplois et Ă  la rĂ©duction des coĂ»ts de construction. Dans des pays oĂč l’urbanisation progresse Ă  grande vitesse, cette contribution est stratĂ©gique. 

À l’approche de 2030, annĂ©e charniĂšre pour les ambitions de Vision 2030, cette opĂ©ration d’expansion marque donc un tournant. Elle illustre, plus encore que les chiffres eux-mĂȘmes, la maniĂšre dont les grandes entreprises africaines redĂ©finissent dĂ©sormais leur rĂŽle : non seulement comme moteurs de croissance Ă©conomique, mais aussi comme catalyseurs d’une industrialisation durable et inclusive sur tout le continent. 

IDE panafricains: Aliko Dangote scelle en personne l’entrĂ©e de Dangote Group au Burundi

« Petit pays » d’Afrique de l’Est au potentiel longtemps mĂ©connu, le Burundi opĂšre un virage stratĂ©gique majeur en attirant l’attention des plus grands investisseurs africains. RĂ©pondant Ă  l’appel du PrĂ©sident Evariste Ndayishimiye lancĂ© en dĂ©cembre 2024, une dĂ©lĂ©gation nigĂ©riane de haut niveau, menĂ©e par l’ancien PrĂ©sident Olusegun Obasanjo et l’homme le plus riche d’Afrique, prĂ©sident fondateur du groupe Dangote, Aliko Dangote, vient de signer des accords Ă  suivre prĂȘt, le 7 fĂ©vrier 2026 Ă  Bujumbura.

Un dĂ©placement inĂ©dit qui consacre le Burundi comme nouvelle destination d’investissement, notamment pour Dangote Group, aprĂšs le SĂ©nĂ©gal, la Sierra Leone, le Ghana, le Cameroun, le Congo (Brazzaville), l’Éthiopie, la Tanzanie, la Zambie, l’Afrique du Sud, le BĂ©nin, la CĂŽte d’Ivoire, le LibĂ©ria, et le Togo.

ConcrĂštement, deux engagements structurants ont Ă©tĂ© actĂ©s. Le premier: un mĂ©morandum d’entente stratĂ©gique Ă  long terme entre le Gouvernement burundais et Dangote Group. Il couvre des secteurs clĂ©s de diversification Ă©conomique: raffinerie, fertilisants, exploitation des mines et ressources naturelles, infrastructures routiĂšres et ferroviaires, et logements. Une expansion significative pour le gĂ©ant nigĂ©rian, historiquement centrĂ© sur le ciment et des terminaux d’importation en dehors du Nigeria. Rappelons que l’expansion de Dangote Group a commencĂ© dans les annĂ©es 2010 avec des usines de ciment et des terminaux d’importation.

Le deuxiĂšme engagement actĂ© est un accord prĂ©contractuel avec le groupement Unique Construction & MATHU, spĂ©cialisĂ© dans le BTP et le gĂ©nie civil, pour dĂ©velopper le terminal logistique de Rubirizi et ses routes d’accĂšs, renforçant les infrastructures de transport.

Des engagements qui matĂ©rialisent une offensive de sĂ©duction Ă©tatique rĂ©ussie et positionnent le pays comme nouveau front des investissements transformatifs en Afrique de l’Est, avec des retombĂ©es multisectorielles potentielles.

Ce double partenariat envoie un signal sans Ă©quivoque: le Burundi veut sortir de l’isolement Ă©conomique et dĂ©sormais ĂȘtre perçue comme une terre d’opportunitĂ©s capable d’attirer les plus grands capitaux privĂ©s panafricains. Pour le PrĂ©sident Evariste Ndayishimiye, cette concrĂ©tisation dĂ©montre la crĂ©dibilitĂ© de sa vision et la confiance des investisseurs dans le potentiel naturel du pays. Une dynamique, qualifiĂ©e d’inĂ©dite et qui positionne rĂ©solument le Burundi sur la carte des Ă©conomies africaines en transformation accĂ©lĂ©rĂ©e.

Comment le Nigeria a attĂ©nuĂ© son grave problĂšme d’inflation grĂące Ă  de nouvelles mĂ©thodes mathĂ©matiques

Le taux d’inflation officiel du Nigeria a subi une transformation statistique, un processus technique qui a radicalement modifiĂ© le chiffre principal utilisĂ© par des millions de personnes pour Ă©valuer leur coĂ»t de la vie.

Les derniĂšres donnĂ©es du Bureau national des statistiques (BNS) indiquent une forte baisse de l’inflation Ă  15,15 % en dĂ©cembre. Ce chiffre, en recul par rapport aux 34,80 % enregistrĂ©s un an plus tĂŽt, semble signaler un net ralentissement de la hausse des prix. Toutefois, ce rĂ©sultat ne s’explique pas uniquement par la baisse des prix ; il rĂ©sulte Ă©galement d’un changement d’Ă©chelle dans la mesure de l’inflation.

Au cƓur de ce changement se trouve un processus appelĂ© « rĂ©ajustement ». En termes simples, le Nigeria mesurait les variations de prix pour une Ă©conomie de 2025 en utilisant une liste de courses et des habitudes de consommation de 2009. AprĂšs 15 ans — bien au-delĂ  du cycle de mise Ă  jour quinquennal recommandĂ© —, cette liste ne reflĂ©tait plus la rĂ©alitĂ©.

Dans une enquĂȘte nationale, le Bureau national des statistiques (NBS) a constatĂ© que les NigĂ©rians n’achetaient plus 201 articles obsolĂštes. Disparus du panier de consommation officiel, des objets comme les tĂ©lĂ©viseurs noir et blanc et les tĂ©lĂ©phones Nokia 3310 ont Ă©tĂ© retirĂ©s. À leur place, les statisticiens ont ajoutĂ© 404 nouveaux produits et services que les NigĂ©rians achĂštent rĂ©ellement aujourd’hui, portant le panier total Ă  934 articles, contre environ 740 auparavant. Cette mise Ă  jour, basĂ©e sur les habitudes de consommation de 2023 , vise Ă  ce que l’indice reflĂšte la vie moderne.

La nouvelle mĂ©thode de calcul, adoptĂ©e dĂ©but 2022, a rapidement permis de rĂ©duire l’inflation globale au NigĂ©ria Ă   24,48 % en janvier 2025 (contre 34,80 % en dĂ©cembre 2024), suite Ă  la modification de la mĂ©thodologie et de l’annĂ©e de base. Cet indicateur s’est globalement stabilisĂ© tout au long de l’annĂ©e 2022. Il convient toutefois de noter que, malgrĂ© l’attĂ©nuation des fortes fluctuations des prix observĂ©es prĂ©cĂ©demment, les prix sont restĂ©s Ă©levĂ©s.

La mise Ă  jour du panier n’Ă©tait qu’une Ă©tape.

Le Bureau national des statistiques (BNS) s’est alors heurtĂ© Ă  un obstacle mathĂ©matique. En fixant l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence Ă  2024, la comparaison directe de dĂ©cembre 2025 avec dĂ©cembre 2024 aurait engendrĂ© une hausse artificielle. Les responsables estimaient qu’avec l’ancien calcul, l’inflation aurait semblĂ© bondir Ă  31,2 %. Le BNS a qualifiĂ© ce phĂ©nomĂšne de « hausse artificielle Â» due Ă  l’effet de base, une distorsion technique , et non une vĂ©ritable flambĂ©e des prix.

Pour Ă©viter cela, le bureau a modifiĂ© sa mĂ©thode de calcul. Au lieu de comparer ce mois-ci au mĂȘme mois de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, il a utilisĂ© une moyenne sur douze mois des prix de 2024 comme point de rĂ©fĂ©rence. Cela a permis de normaliser le chiffre et d’Ă©viter la distorsion ponctuelle, ce qui explique le taux de 15,15 % enregistrĂ©.

Le gouvernement et les instances internationales ont approuvĂ© cette rĂ©forme. Le Fonds monĂ©taire international (FMI) a dĂ©clarĂ© que la nouvelle mĂ©thode aligne le NigĂ©ria sur les meilleures pratiques internationales et le cadre de la CEDEAO. Le vice-gouverneur de la Banque centrale, Muhammad Sani Abdullahi, a affirmĂ© qu’il s’agissait d’une solution Ă  un « problĂšme purement mathĂ©matique Â», et non d’une tentative de dissimuler une hausse des prix.

Ce changement soudain a toutefois suscitĂ© l’attention d’Ă©conomistes de renom. Yemi Kale, qui a dirigĂ© l’agence statistique du NigĂ©ria pendant dix ans, a averti que la transition avait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© prĂ©cipitĂ©e, crĂ©ant un Ă©cart dans les comparaisons annuelles et faussant ainsi l’analyse.

« Comment calcule-t-on les chiffres d’une annĂ©e sur l’autre quand on affirme que les chiffres prĂ©cĂ©dents ne sont pas comparables ? », a-t-il demandĂ© , soulignant ainsi des prĂ©occupations quant Ă  la cohĂ©rence et Ă  la transparence.

Pour le Nigérian moyen, le décalage entre le nouveau taux de change officiel, plus bas, et les prix quotidiens du marché reste palpable.

Bien que le Bureau national des statistiques (NBS) fasse Ă©tat d’une baisse significative de l’inflation alimentaire Ă  10,84 %, la pression sur le coĂ»t de la vie, Ă©voquĂ©e par des organisations comme le Nigerian Economic Summit Group (NESG), n’a pas disparu du jour au lendemain. Ces nouveaux calculs offrent un point de rĂ©fĂ©rence rĂ©visĂ©, mais pour beaucoup, le pouvoir d’achat reste le critĂšre ultime.