Kenya : Consolidated Bank poursuit sa forte hausse des bénéfices

  • Selon Fred Ronoh, directeur par intérim des finances et de l’administration, l’établissement de crédit réalise des progrès significatifs dans tous ses domaines clés malgré un environnement opérationnel difficile.
  • Ronoh a déclaré que la banque restait déterminée à renforcer son bilan, à diversifier ses revenus et à investir dans des solutions axées sur le client.

Consolidated Bank Group a poursuivi son redressement financier, affichant un bénéfice avant impôt de 94,7 millions de shillings pour les neuf mois se terminant le 30 septembre 2025. Cela représente un retournement spectaculaire de 177 % par rapport à la perte de 122,4 millions de shillings enregistrée au cours de la même période l’année précédente.

La banque a attribué cette amélioration des performances à la mise en œuvre continue de son plan stratégique quinquennal axé sur le thème « redressement et croissance ».

Selon Fred Ronoh, directeur par intérim des finances et de l’administration, l’établissement de crédit réalise des progrès significatifs dans tous ses domaines clés malgré un environnement opérationnel difficile.

Ronoh a déclaré que la banque restait déterminée à consolider son bilan, à diversifier ses sources de revenus et à investir dans des solutions axées sur le client. Il a souligné que cette évolution positive témoignait de la mise en œuvre rigoureuse de la stratégie de la banque.

L’actif total de la banque a connu une croissance impressionnante de 22 %, atteignant 19,3 milliards de shillings, contre 15,8 milliards de shillings enregistrés au cours de la même période l’année précédente.

Les dépôts de la clientèle ont également progressé de 4 % pour atteindre 12,3 milliards de shillings. Les avances nettes, en revanche, ont légèrement reculé de 2 %, clôturant le trimestre à 8,3 milliards de shillings.

Consolidated Bank a maintenu un niveau de liquidités élevé, à 31 %, soit bien au-dessus du minimum légal de 20 %.

La rentabilité de la banque a été stimulée par la croissance des bénéfices et l’amélioration de son efficacité opérationnelle. Le bénéfice net a progressé de 27 %, passant de 711 millions de shillings à 903 millions de shillings. La forte hausse des revenus d’intérêts provenant des titres d’État a également joué un rôle déterminant, atteignant 583 millions de shillings contre 278 millions l’année précédente.

Dans le même temps, les charges d’intérêts ont diminué de 9 % pour s’établir à 581 millions de shillings, contribuant ainsi à l’amélioration des marges de la banque. Les produits hors intérêts ont progressé de 10 % pour atteindre 484 millions de shillings, participant à une hausse globale de 21 % du résultat d’exploitation total, qui s’élève à 1,4 milliard de shillings, contre 1,1 milliard un an plus tôt.

Les charges d’exploitation n’ont progressé que de 2 %, atteignant 1,29 milliard de shillings contre 1,27 milliard, signe d’une gestion rigoureuse des coûts. Toutefois, les provisions pour dépréciation des créances douteuses ont augmenté, passant de 211 millions à 267 millions de shillings, en raison d’une hausse de 9 % du volume brut de ces créances. La banque a indiqué poursuivre activement ses efforts de recouvrement et renforcer sa gestion des risques.

La direction affirme que la banque est bien positionnée pour une croissance durable, grâce à la solidité de son bilan et à ses investissements dans les canaux bancaires numériques.

Côte d’Ivoire : 39 millions d’euros de la BAD pour la promotion de la croissance inclusive



Le conseil d’administration du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, ce 19 novembre à Abidjan, un financement de 38,92 millions d’euros, soit 25,52 milliards FCFA, destiné à soutenir la mise en œuvre du Projet d’appui à la gouvernance pour la promotion de la croissance inclusive (PAGOCI). Ce concours financier se compose de deux prêts, à savoir 29,19 millions d’euros provenant de la BAD et 9,73 millions d’euros octroyés par le Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel de la banque panafricaine.

L’ambition du PAGOCI s’inscrit au cœur des priorités économiques ivoiriennes : renforcer la gouvernance financière, améliorer l’efficacité de la dépense publique et accroître la mobilisation des ressources domestiques. ‘’L’objectif du projet est de favoriser une croissance forte, résiliente et inclusive grâce à des politiques publiques stratégiques, sensibles au genre et au changement climatique, à une mobilisation accrue des ressources nationales et à une utilisation plus efficiente et transparente des fonds publics », a expliqué Kevin Lumbila, chef de division Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre au département de la gouvernance et des réformes économiques de la BAD.

Concrètement, le projet vise à appuyer la mise en œuvre du Plan national de développement, renforcer la programmation budgétaire, optimiser la gestion des investissements publics et consolider les dispositifs de contrôle et d’audit. Dans un contexte de diversification économique et d’ambitions élevées en matière de développement, la Côte d’Ivoire doit garantir des ressources publiques stables et soutenables. Le PAGOCI s’attaque directement à cette nécessité en soutenant une mobilisation renforcée des recettes intérieures.

L’amélioration de la transparence et de la redevabilité des administrations constitue aussi un levier essentiel pour stimuler la confiance des investisseurs et créer un climat plus favorable au développement du secteur privé, indispensable à la croissance et à la création d’emplois. L’État ivoirien ambitionne d’accéder au rang de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d’ici 2030. Cette transformation repose sur la réussite du Plan national de développement 2026-2030, qui place la gouvernance économique et financière au cœur de ses priorités. Le PAGOCI vient renforcer les capacités institutionnelles, notamment dans l’intégration des enjeux du genre et du changement climatique dans la sélection et la priorisation des investissements publics. Le projet soutiendra aussi l’élaboration de la Stratégie genre de la Politique nationale de l’égalité et de l’équité du genre.Activez pour voir l’image en plus grand.

Les États d’Afrique de l’Est ont demandé l’ouverture des frontières pour les petits commerçants.

  • La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.
  • Elles comprennent  la révision des règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle et le renforcement de la connectivité régionale.

Les petites entreprises peuvent contribuer davantage à la croissance économique de l’Afrique de l’Est si la région parvient à une liberté de circulation absolue des biens et des personnes.

La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.

Il s’agit notamment de réviser les règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle, et d’améliorer la connectivité régionale grâce à des réseaux d’infrastructures harmonisés et interopérables qui facilitent la circulation fluide des biens, des services et des personnes à travers nos frontières, comme les portiques intelligents.

Elle a également plaidé pour la mise en œuvre du système de paiement et de règlement de la CAE afin de simplifier les paiements transfrontaliers, de réduire les coûts de transaction et de permettre les règlements en monnaies locales ; et pour l’expansion des réseaux d’apprentissage et de renforcement des capacités, en particulier pour les femmes et les jeunes, afin d’améliorer leur participation au commerce transfrontalier.

Nduva a souligné l’importance des petits commerçants dans l’économie régionale, affirmant qu’ils représentent près de 90 % des nouveaux emplois et contribuent à plus de 30 % du PIB de la CAE.

« Les autorités locales doivent permettre aux petites entreprises d’Afrique de l’Est de commercer librement afin de stimuler davantage le commerce régional, qui a progressé de 27,1 % l’an dernier, passant de 14,2 milliards de dollars (1,8 billion de shillings kenyans) à 18 milliards de dollars (2,3 billions de shillings kenyans) », a-t-elle déclaré.

« Ces résultats témoignent de l’intégration croissante des marchés entre nos huit États partenaires et de la vigueur grandissante de notre marché intérieur. »

Le commerce total de la CAE avec le reste du monde a augmenté de 22 %, passant de 115,4 milliards de dollars (14,9 billions de shillings kényans) (juin 2024) à 140,8 milliards de dollars (18,2 billions de shillings kényans) (juin 2025).

Elle a qualifié le salon EAC MSMEs de l’une des plateformes régionales les plus durables et les plus influentes, rassemblant artisans, innovateurs et petites entreprises de tous les États partenaires.

« Elle constitue un marché dynamique permettant de présenter des produits, d’élargir l’accès au marché et de développer des réseaux d’affaires régionaux. »

Le salon a débuté en 1999 à Arusha avec seulement 134 PME. Il accueille cette année 2 331 exposants, soit près du double des 1 334 exposants qui avaient participé à l’édition précédente à Juba.

Elle s’est montrée optimiste quant à la croissance économique de la région, affirmant que les indicateurs macroéconomiques reflètent une résilience et un dynamisme qui lui ont permis de maintenir un taux de croissance moyen du PIB de 5,3 %.

« Pour l’avenir, les secteurs de l’agriculture et de la fabrication devraient enregistrer une croissance continue, soutenue par de solides performances commerciales et par le développement du tissu industriel régional. »

Elle a indiqué qu’actuellement, les exportations de produits manufacturés représentent moins de 30 % des exportations totales, composées principalement de ciment, de textiles et de produits chimiques de base, avec une solide base agricole offrant un immense potentiel pour l’agro-transformation et les industries à valeur ajoutée.

« En approfondissant les chaînes de valeur régionales, en stimulant l’innovation et en renforçant les capacités des MPME, nous pouvons passer d’une structure d’exportation dominée par les matières premières à une structure axée sur des biens manufacturés diversifiés et à forte valeur ajoutée. »

Elle a souligné les principales réalisations accomplies à ce jour dans le domaine du commerce régional, notamment l’harmonisation de près de 2 040 normes régionales et la réduction de 50 % du délai moyen de résolution des obstacles non tarifaires.

Selon la CAE, le temps de dédouanement des marchandises aux frontières a diminué de 75 %, la plupart des transactions étant désormais effectuées en moins d’une journée grâce à la mise en œuvre des guichets uniques aux frontières, à la connectivité numérique des principaux organismes de facilitation du commerce et à d’autres initiatives transfrontalières.

Parallèlement, la communauté s’est associée à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) pour élaborer une stratégie et un plan d’action régionaux pour l’économie bleue (2025-2034) 

La stratégie et le plan d’action ont été élaborés avec le soutien technique et financier du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est de la CEA (SRO-EA).

Il fournit un cadre global pour l’utilisation durable et la conservation des ressources aquatiques, notamment les océans, les lacs et les rivières, afin de stimuler le développement socio-économique et d’améliorer la sécurité alimentaire dans toute la Communauté d’Afrique de l’Est.

Ses principaux objectifs sont de maximiser le potentiel économique par la création d’emplois et la création de valeur ajoutée, de réduire la pauvreté et de promouvoir la coopération régionale, tout en assurant la durabilité environnementale.

Point essentiel, cette stratégie est directement liée à l’action climatique. Elle promeut un développement sobre en carbone et renforce la résilience climatique de la région en protégeant et en restaurant des écosystèmes aquatiques vitaux, tels que les mangroves et les récifs coralliens, qui constituent des défenses naturelles et d’importants puits de carbone bleu.

En outre, la stratégie vise à orienter la mise en œuvre des activités de l’économie bleue aux niveaux national et régional, à renforcer l’intégration régionale et à consolider le soutien apporté aux États partenaires pour traduire les politiques en actions concrètes.

La stratégie attend désormais l’approbation finale du Conseil des ministres de la CAE lors de sa prochaine réunion.

Le littoral de la région, long de 3 000 kilomètres et bordant l’océan Indien, combiné à des systèmes d’eau douce comme le lac Victoria, recèle un potentiel inexploité, notamment en matière de pêche durable, d’aquaculture, de transport maritime, d’énergies renouvelables et de tourisme marin.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de la pêche en Afrique pourrait croître de 10 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie s’il est géré de manière durable.

Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda représentent déjà plus de 60 % de la production halieutique de la région, mais leur contribution au PIB reste faible.

Le problème ne réside pas dans la disponibilité des ressources, mais dans l’absence de stratégie cohérente. Les infrastructures, les cadres réglementaires et les mécanismes d’investissement sont en retard par rapport au potentiel du secteur.

Malgré cela, la  région est confrontée à des menaces croissantes liées aux changements climatiques, notamment l’érosion côtière, la montée du niveau de la mer et la diminution des stocks de poissons. 

Un examen plus approfondi des projets aéroportuaires en Afrique

D’après les données du Conseil international des aéroports (ACI) , le trafic passagers atteindra 261 millions d’ici la fin de l’année. La flotte commerciale du continent compte actuellement environ 1 490 appareils en service, et 200 autres sont en commande auprès des compagnies aériennes africaines.

Vous trouverez ci-dessous un aperçu plus détaillé de certains des principaux projets d’expansion et de construction d’aéroports qui façonnent le paysage aéronautique africain.

Aéroport international de Bishoftu, Éthiopie

Ethiopian Airlines Group (EAG) finance la construction d’un nouvel aéroport situé à 40 kilomètres au sud-ouest de l’aéroport international d’Addis-Abeba Bole. Le nouvel aéroport international de Bishoftu (BIA) permettra de fluidifier le trafic passagers à Addis-Abeba et de positionner l’Éthiopie comme un acteur majeur du secteur aérien.

Il s’agit d’un projet phare, entièrement nouveau, qui adoptera une approche progressive adaptée à la croissance de la demande. La première phase, d’une valeur de 12,5 milliards de dollars américains, devrait s’achever en 2030 et pourra accueillir jusqu’à 60 millions de passagers par an.

Mesfin Tasew, PDG d’EAG, a déclaré que l’aéroport international de Bishoftu marque une étape historique dans le développement de l’aviation africaine et contribuera de manière significative à l’essor des entreprises sur le continent.

La Banque africaine de développement (BAD), Dar Al-Handasah Consultants (DAR) et KPMG ont apporté leur soutien à cette initiative. Le cabinet Clyde & Co. en assure le conseil juridique.

Une fois pleinement développé, l’aéroport international de Bandaranaike (BIA) aura une capacité de 110 millions de passagers par an, ce qui en fera le plus grand aéroport de tout le continent.

EAG a publié les documents relatifs au projet, notamment un modèle financier, à l’intention des prêteurs potentiels. Les offres de présélection des entreprises EPC sont attendues d’ici mi-décembre.

Le projet est actuellement présenté aux Journées de marché de l’Africa Investment Forum (AIF) au Maroc jusqu’au 28 novembre.

Aéroport international Mohammed V, Maroc

En prévision de l’organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2030, l’Office national des aéroports du Maroc (ONDA) a annoncé sa stratégie directrice « Aéroports 2030 ». Ce plan vise à renforcer la position du pays en tant que plaque tournante stratégique de l’aviation pour les échanges internationaux. Le Maroc prévoit d’accroître sa capacité de trafic aéroportuaire de 30 millions à 80 millions de passagers d’ici 2030.

Ce mois-ci, l’ONDA a lancé un appel d’offres public de 980 millions de dollars pour la construction d’un nouveau terminal à l’aéroport international Mohammed V. Ce projet devrait permettre d’accroître la capacité d’accueil de l’aéroport jusqu’à 30 millions de passagers par an.

Le terminal en forme de H bénéficiera d’un accès direct à la ligne ferroviaire à grande vitesse Kénitra-Marrakech, offrant des liaisons rapides vers d’autres grandes villes marocaines.

Les motifs puisent leur inspiration dans les forces naturelles de l’océan Atlantique, ainsi que dans les couleurs et le dynamisme de la diversité marocaine. On y retrouve notamment des motifs géométriques andalous et des tapis des montagnes de l’Atlas.

Lors de l’annonce du projet en début d’année, les investissements prévus s’élevaient à 1,5 milliard de dollars. Il s’agit de l’un des plus importants projets d’infrastructure de l’histoire de l’aviation du pays.

L’aéroport international Mohammed V représente plus d’un tiers du trafic aérien total du Maroc, Royal Air Maroc (RAM) l’utilisant comme principal hub. La compagnie aérienne a signé un contrat de performance avec l’État visant à augmenter sa flotte de 50 à 200 appareils d’ici 2037.

Le projet de nouveau terminal devrait être achevé en 2029.

Aéroport international de Bugesera, Rwanda

Il s’agit d’un tout nouvel aéroport, construit pour soutenir les opérations de l’aéroport international de Kigali existant. Le nouvel aéroport international de Bugesera (NBIA), d’une valeur de 2 milliards de dollars, devait initialement être achevé en 2026. Son achèvement est désormais reporté à la mi-2028.

Une fois achevé, l’aéroport international Ninoy Aquino (NBIA) devrait accueillir plus de 14 millions de passagers par an.

Les plans prévoient un toit inspiré du relief vallonné du pays, une piste de 3,8 kilomètres et une voie de circulation parallèle. Un terminal passagers moderne, un terminal présidentiel et des installations de fret d’une capacité de 150 000 tonnes par an sont également inclus.

L’African Trade & Investment Development Insurance a approuvé en juillet 2025 une contre-garantie de 84 millions de dollars pour aider les banques rwandaises à émettre plus de 322 millions de dollars d’obligations et de garanties destinées à la construction de la NBIA.

Le Qatar détient 60 % des parts de RwandAir et est un investisseur important à l’aéroport international Ninoy Aquino (NBIA). Cheikh Tamim, émir du Qatar, s’est rendu au Rwanda la semaine dernière pour discuter du renforcement des liens aériens entre les deux pays, entre autres sujets.

Le gouvernement rwandais a récemment alloué 499 millions de dollars à l’aéroport dans son budget 2025/26. Il recherche également des financements extérieurs, notamment un prêt de 200 millions de dollars auprès de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures.

La mobilisation du projet a débuté en 2017.

Le Conseil d’administration du Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) tient sa réunion inaugurale en présentiel à Rabat.

Le Conseil d’administration du Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) s’est réuni pour la toute première fois en personne à Rabat, au Maroc, en marge du Forum africain sur l’investissement (AIF).

Le Conseil d’administration a approuvé le plan de travail 2026 du RPFF, qui vise des engagements de près de 100 millions d’euros. Ces ressources devraient permettre de mobiliser plus de 550 millions d’euros de cofinancement provenant des ressources ordinaires de la Banque africaine de développement. Ces investissements favoriseront une croissance inclusive, amélioreront la prestation de services essentiels, renforceront la résilience climatique et s’attaqueront aux causes profondes des migrations irrégulières.

Cette réunion marque une étape importante pour le RPFF, approuvé par le Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement en février 2025. Le Dr Kevin K. Kariuki, vice-président en charge de l’énergie, du climat et de la croissance verte, a souligné l’importance cruciale du RPFF, insistant sur son rôle essentiel pour relever les défis profonds et interdépendants auxquels l’Afrique est confrontée. Le RPFF mobilise et oriente des ressources vers des investissements stratégiques dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’eau, grâce au cofinancement – ​​par le biais de prêts concessionnels ou de subventions – de projets de la Banque africaine de développement, ainsi qu’à la fourniture d’une assistance technique. Doté d’un capital initial de 158 millions d’euros, le RPFF bénéficie du soutien de ses partenaires fondateurs : l’Italie et les Émirats arabes unis (EAU).

« L’Italie est profondément attachée à l’avènement d’une nouvelle ère de partenariat avec les nations africaines, conformément au Plan Mattei. Le RPFF est un pilier de cet engagement, traduisant des objectifs communs en projets concrets qui autonomiseront les communautés, stimuleront la croissance économique et renforceront la résilience climatique », a déclaré Lorenzo Ortona, représentant de l’Italie au Conseil d’administration du RPFF. « L’approbation de cet ambitieux plan de travail à l’horizon 2026 souligne notre détermination collective à accélérer le développement durable et à relever les défis urgents qui se posent sur le continent. »

« Les Émirats arabes unis croient fermement au pouvoir de la collaboration internationale pour parvenir à un développement durable et lutter contre le changement climatique », a déclaré Sarah Jasim, directrice du département du développement durable de l’Agence des Émirats arabes unis d’aide au développement et représentante des Émirats arabes unis au Conseil d’administration du RPFF. « Notre soutien au RPFF témoigne de notre engagement à donner aux nations africaines les moyens de bâtir des infrastructures résilientes, de créer des opportunités et d’améliorer la vie de leurs citoyens. Nous sommes impatients de constater l’impact transformateur des projets présentés dans le plan de travail annuel 2026. »

Au cours de ses premiers mois d’activité, le RPFF a déjà approuvé deux projets témoignant de son engagement immédiat en faveur d’un impact concret sur le terrain. Le Projet de développement de la chaîne de valeur agricole de la région orientale (ERAVCDP) en Angola est une contribution de 17 millions d’euros sous forme de prêt concessionnel à un projet de 183 millions d’euros visant à améliorer la transformation agricole et le développement de la chaîne de valeur, renforçant ainsi la sécurité alimentaire régionale et les opportunités économiques. Le Programme de développement résilient de l’eau pour l’amélioration des moyens de subsistance (Borana Resilient Water Development for Improved Livelihoods II) en Éthiopie est une contribution de 6 millions d’euros à un projet de 60 millions d’euros qui améliore l’accès à l’eau et à l’assainissement résilients face au changement climatique pour les communautés pastorales de la zone de Borana, renforce la gestion des bassins versants et promeut des mesures essentielles d’adaptation au changement climatique, en mettant l’accent sur la participation des femmes.

Le Dr Daniel Schroth, directeur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique à la Banque africaine de développement et chef de l’unité de coordination technique du RPFF, a déclaré : « Nous sommes immensément reconnaissants envers nos partenaires fondateurs, l’Italie et les Émirats arabes unis, pour leur soutien et leur engagement pionniers. Ensemble, nous avons créé un mécanisme qui sera un catalyseur de développement transformateur, permettant de relever les défis climatiques et de favoriser la prospérité sur tout le continent. »

À propos du mécanisme de financement du processus de Rome/plan Mattei (RPFF)

Le Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) est un mécanisme de financement multidonateurs hébergé par la Banque africaine de développement. Le RPFF est un instrument clé pour la réalisation des objectifs du Processus de Rome et du Plan Mattei. Il a soutenu des projets d’infrastructures souveraines respectueuses du climat dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’eau en Afrique afin de favoriser le développement durable et de contribuer à la lutte contre les causes profondes des migrations irrégulières. Grâce à ses deux guichets de financement : (i) un guichet d’assistance technique non remboursable et (ii) un guichet d’investissement (prêt concessionnel et subvention), il garantit que les financements sont alloués là où ils peuvent avoir le plus grand impact à long terme, tout en renforçant la bonne gouvernance et les capacités institutionnelles, en créant des emplois, en améliorant les conditions de vie et en renforçant la résilience des communautés vulnérables.

Dette publique : quand la BM tire la sonnette  !

D

Selon les données de la Banque mondiale, le stock de la dette extérieure (publique et privée) des pays africains s’établit, à fin 2023, à plus de 1.154 milliards de dollars. Dix pays du continent s’accaparent 70% de ce fardeau qui pèse lourd sur leurs économies. Décryptage.

Pour beaucoup de pays, l’emprunt sur les marchés internationaux est devenu une véritable alternative de financement de l’action publique. ils sont nombreux les Etats qui optent pour les  emprunts extérieures  pour financer leur développements au  grand dam des coûts d’emprunts trois fois plus élevés que ceux des États avancés selon un calcul de l’OCDE.Même si les objectifs sont louables, le développement par la dette extérieure pour beaucoup d’économistes place les Etats africains dans une position inconfortable. Ces prêts faramineux accordés aux emprunteurs pour des projets de financements d’infrastructure    dans certains cas viennent avec de nombreux défis, dont le plus important n’est que le poids de la dette..Le nouveau rapport de la Banque Mondiale sur l’etat de la dette tire encore la sonnette d’alarme. Selon la Banque,  le stock de la dette extérieure du continent s’est établi autour de 1.154 milliards de dollars, en hausse de 7,84% par rapport à son niveau de 2022.À titre de comparaison, le stock total de la dette extérieure mondiale (hors pays de l’OCDE) s’est établi à 8.837 milliards de dollars. Toujours, selon le rapport la dette extérieure du continent africaine représente donc 13,06% de la dette extérieure mondiale. Cette dette est dominée par les emprunts publics bilatéraux et multilatéraux qui représentent plus de 62% de la totalité de la dette extérieure africaine. La conjoncture économique mondiale difficile (Covid, guerre Russie-Ukraine…) et la flambée des cours des matières premières et des hydrocarbures, selon la Banque, sont les motifs qui ont possé les pays africains a ’endetter davantage 

Afrique : 864 milliards

En Afrique subsaharienne, la dette extérieure s’établit à 864 milliards de dollars à fin 2023 dont 59% de dette publique et 41% de dette privée. La proportion de la dette publique au niveau des pays d’Afrique du Nord est beaucoup plus importante et tournerait autour de 65% pour un stock de la dette extérieure de 290 milliards de dollars. Cette dette représente 170% des exportations en valeur et 44% du Revenu global brut de la région (RGN: PIB + revenus nets reçus de l’étrangers pour la rémunération des salariés, la propriété et les impôts et subventions nettes sur la production).

Dans les détails, les principaux créanciers publics des pays africains sont la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Banque africaine de développement (BAD), la Chine…Rappelons que ces es dernières décennies, Pékin  a été le berceau de la nouvelle destination de la politique de la dette africaine.Le montant des prêts qu’elle a accordés à 49 pays africains et institutions régionales entre 2000 et 2022 à dépasser les 170 milliards de dollars. Rappelons d’ailleurs ici que la dette publique en Afrique a atteint le chiffre effrayant de 1 800 milliards de dollars US en 2022.

En chiffre, les pays les plus endetté sont, l’Algérie, avec une  dette extérieure de 7,31 milliards de dollars ,Idem pour l’Éthiopie, 5e puissance économique africaine, avec un endettement extérieur de 33,30 milliards de dollars.. La Tunisie et le Sénégal, loin de figurer parmi les grandes puissances économiques du continent, font partie du Top 10 africain avec respectivement 41,28 et 39,95 milliards de dollars.  En ce qui concerne le cas du Maroc, la dette publique représente 64% de la dette extérieure du pays dont 49% sont une dette multilatérale. Les principaux créanciers sont la Banque mondiale (20%), la BAD (10%), la France (5%), l’Allemagne (5%)… Quant à la dette extérieure privée, elle est dominée par les emprunts obligataires (27%) devant ceux des banques commerciales et autres (9%). En 2023, le service de la dette s’est établi à 4,99 milliards de dollars, représentant 4% du Revenu global net.

 L’épargne publique.Une alternative ?

L’analyse établie par la dernière publication de la Fondation Mo Ibrahim dresse un premier un constat sans appel : les dépenses domestiques, comme extérieures, ne permettent pas d’atteindre les objectifs de développement socio-économique. Or, aujourd’hui, le taux d’épargne nationale moyen de l’Afrique est respectivement de 20 %. Comme l’a démontré l’ascension économique des quatre dragons asiatiques (Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan), l’épargne publique a un rôle clé dans la croissance économique. Elle permet à un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino réduit notamment la dette extérieure.  Aujourd’hui cette question en soulève une autre en occurrence la dépense publique. La solution de la dette s’est érigée en doctrine de gouvernance. Dans de nombreux pays occidentaux l’appel public à l’épargne ainsi que la gestion efficiente des dépenses publiques sont des outils de financement pratique et moins contraignants. Dans cette Afrique enclin aux défis constants de développement socio-économique le financement est aujourd’hui un enjeu de gouvernance. Et beaucoup de voix appellent l’option de l’épargne publique. Car elle permet à un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino réduit notamment la dette extérieure.

La demande africaine en data centers devrait au moins tripler d’ici 2030…

La demande en data centers en Afrique devrait augmenter de 3,5 à 5,5 fois par rapport à son niveau actuel d’ici 2030, notamment grâce à l’accélération des programmes de numérisation des secteurs public et privé, et à l’adoption croissante de technologies gourmandes en données telles que l’intelligence artificielle et le cloud computing. C’est ce qu’indique un rapport publié le lundi 24 novembre par le cabinet de conseil en stratégie McKinsey & Company.

ntitulé « Building data centers for Africa’s unique market dynamics », le rapport précise que les capacités des centres de données sur le continent devraient ainsi passer d’environ 0,4 gigawatt actuellement à 1,5 à 2,2 gigawatts à la fin de la décennie en cours. Cette croissance devrait nécessiter entre 10 et 20 milliards USD de nouveaux investissements, et générer un chiffre d’affaires estimé à entre 20 et 30 milliards USD sur l’ensemble de la chaîne de valeur d’ici 2030. Cela d’autant plus que l’Afrique partira d’une base très modeste.

Les capacités des data centers déjà actifs sur ses cinq principaux marchés en la matière (Égypte, Kenya, Maroc, Nigeria et Afrique du Sud) restent largement inférieures à celles de la seule France, qui disposait de plusieurs centres de données cumulant environ 800 mégawatts (0,8 GW)  de capacités en 2024. Cet écart met en évidence à la fois l’ampleur du défi et l’importance du potentiel inexploité.

Un des principaux facteurs qui façonneront la courbe de la demande est l’intégration croissante de l’IA dans plusieurs secteurs. Alors qu’environ 40 % des entreprises africaines déclarent déjà expérimenter cette technologie, un déploiement plus large pourrait générer entre 60 et 100 milliards USD de valeur, en particulier dans les domaines de la vente au détail, des télécommunications, des biens de consommation, de la banque et des mines.

La demande en data centers sera également tirée par le succès potentiel des programmes de numérisation menés par les gouvernements. De nombreux pays africains déploient des efforts pour transformer les processus manuels et les usages de données en équivalents digitaux, ce qui entraîne un important besoin en capacités locales de stockage de données, de puissance de calcul et de mise en réseau.

A titre d’exemple, l’initiative « Digital Economy for Africa » (DE4A) de la Banque mondiale a lancé depuis 2019 environ 70 projets de numérisation dans 37 pays, ciblant l’identité numérique, les services administratifs en ligne et l’interopérabilité. Des efforts similaires visant à développer des services administratifs numériques, tels que le portail eCitizen qui compte déjà 13,5 millions d’utilisateurs au Kenya, gagnent également du terrain. 

L’accélération de la migration vers le cloud computing sera aussi un puissant moteur de la croissance attendue des centres de données. Les grandes entreprises africaines prévoient une augmentation de plus de 18 points de pourcentage de leurs charges de travail dans le cloud d’ici la fin de la décennie. Combinée à la pénétration croissante des smartphones et à la taille de la population africaine majoritairement jeune et férue de nouvelles technologies, cette tendance stimule une demande constante en matière de calcul, de stockage et de connectivité.

L’adoption du cloud computing devrait être tirée par les domaines des technologies, des médias et des télécommunications, où environ 83 % des charges de travail sont déjà dans le cloud et où le rythme de refonte vers des architectures « cloud natives » est le plus élevé. Il existe aussi une importante marge de progression dans le secteur des services financiers, dont environ 56 % des charges de travail sont actuellement dans le cloud.

Petit, modulaire et progressif : le modèle gagnant en Afrique

Alors que la demande en capacités de centres de données reste fragmentée entre les pays, le modèle efficient en Afrique est un data center de colocation, petit, modulaire et progressif. Cela se traduira selon le rapport par une concentration plus élevée des capacités dans les gammes petite et moyenne d’ici 2030. Contrairement au reste du monde où les deux tiers des nouveaux centres de données présenteront de grandes capacités allant de 50 à 500 MW, les deux tiers de ceux prévus en Afrique seront de petite (1 à 20 MW) et moyenne capacité (20 à 50 MW).

Le document note par ailleurs que les acteurs qui s’engageront sur le marché africain devront surmonter des défis liés à l’approvisionnement en énergie, aux infrastructures de connectivité et aux financements. Sur le volet énergétique, les entreprises devront combiner des contrats d’achat d’électricité connectés au réseau des compagnies publiques, des contrats avec des producteurs d’électricité indépendants, et la production de leurs propres besoins.

Le Maroc, un leader du secteur…

« Le Maroc à la lumière de son atout dans l’énergie propre peut devenir un véritable hub de data center », explique Meloui. Au niveau africain, le Maroc figure avec l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Nigéria et le Kenya parmi les acteurs clé du marché des Datacenters du continent. Mieux encore, le pays s’adjuge la première position concernant le nombre de Datacenters répondant aux standards Tier avec 21 Datacenters, dépassant ainsi l’Afrique du Sud (19 centres) considérée comme leader de cette activité dans le continent. L’Egypte vient directement après avec 15 et le Nigéria avec 13. En bas de l’échelle, on retrouve le Kenya avec 5 et la Tunisie et l’Algérie avec un seul Datacenter chacun.L’intérêt de la mise en place de Datacenters est de plus en plus important, au point que les investisseurs qualifient ce marché de «nouvel eldorado». D’ailleurs, il est prévu que les investissements affichent une croissance de 6,33% entre 2021 et 2026 pour atteindre 328 millions de dollars américains à terme.  Selon les données de l’institut Uptime pour le Maroc , cinq banques détiennent des Datacenters certifiés Tier III (Bank al Maghrib, Bank of Africa, Barid al Maghrib, Banque Centrale Populaire et Crédit agricole du Maroc). Concernant le secteur administratif, le Ministère de l’Economie et des Finances et la CDG disposent chacun d’un Datacenter avec une certification des aspects liés au design et/ou les installations construites tandis que le seul Datacenter certifié Tier IV au Maroc est celui de l’Université Polytechnique de Benguerir.

Les opérations de Banque Chaabi du Maroc dans le viseur de l’ACPR

Selon nos informations, le détail des manquements soulève des questions structurelles sur son dispositif de conformité.

Nouveau revers pour Banque Chaabi du Maroc (BCDM). La Commission des sanctions de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a une fois encore épinglé la filiale française de Banque centrale populaire (BCP), a appris Africa Business+. Une procédure disciplinaire qui intervient douze ans après une première sanction en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT), dans un dossier suivi de près par le superviseur.

Dans le détail, le premier manquement retenu concerne le dispositif de surveillance automatisé des opérations. Entre le 1ᵉʳ janvier 2021 et le 15 mars 2022, l’outil de détection d’opérations atypiques a généré 38 020 alertes, dont 63 % étaient encore en attente de traitement au moment du contrôle de l’autorité. Pour l’ACPR, ce niveau de stock est incompatible avec l’obligation de traiter les alertes « dans des délais raisonnables ».

Exigences de KYC

La banque est également sanctionnée pour une mauvaise qualification de plusieurs profils : onze clients, ayant franchi le seuil interne de sept opérations sur douze mois, ont continué d’être traités comme « occasionnels », alors qu’ils relevaient d’une relation d’affaires, selon la règlementation française. Une erreur qui a mécaniquement réduit le niveau de vigilance et les exigences de KYC applicables. Autre manquement : des déclarations de soupçon transmises avec des délais anormaux, certaines opérations potentiellement atypiques réalisées en 2019 et en 2020 n’ayant été déclarées à Tracfin qu’en 2023, en contradiction avec l’obligation d’information « sans délai ».

Enfin, la gouvernance LCB-FT présente également des failles structurelles pour le superviseur bancaire. Le siège ne disposait d’aucun accès direct aux outils de filtrage et de surveillance utilisés par les succursales de Belgique, d’Italie et d’Espagne, l’obligeant à s’appuyer sur des reportings partiels pour effectuer le contrôle de deuxième niveau. Une architecture jugée par l’institution comme incompatible avec un dispositif de conformité intégré et fiable.

Un dispositif renforcé mais encore insuffisant

BCDM, filiale française du deuxième plus grand groupe bancaire du Maroc, a pour activité principale l’intermédiation historique destinée aux Marocains du monde (MDM) et exercée pour le compte de la maison mère. Cette activité représente l’essentiel de son modèle : 77 % du produit d’exploitation en 2022, selon l’ACPR.
Au moment du contrôle, l’établissement comptait environ 400 salariés, dont 38 en conformité, un bilan proche de 400 millions d’euros et un produit net bancaire de plus de 50 millions d’euros, après deux années de pertes en 2023 et en 2024.

Dans sa nouvelle décision, l’ACPR rappelle que, depuis la première sanction, la banque a investi environ 7,5 millions d’euros pour renforcer son dispositif de conformité. Mais, malgré ces efforts, le contrôle sur place mené entre février et juin 2023 montre que des lacunes importantes subsistent dans le dispositif. Des lacunes qui justifient, selon l’autorité, le prononcé d’un blâme et d’une sanction pécuniaire de 250 000 euros. Fin octobre, le conseil d’administration de la filiale a procédé à un remaniement de sa gouvernance, après le départ de Naziha Belkeziz, pour désigner Idriss Bensmaïl en tant que nouveau président du conseil d’administration et nommer Abdelghani Bouanfir au poste de directeur général.

Nigeria : Zenith Bank étudie des opportunités d’expansions en Afrique de l’Est

Zenith Bank, l’un des plus grands groupes bancaires du Nigeria, a informé ses actionnaires qu’elle étudie plusieurs pistes d’expansion régionale. Dans une note datée du mardi 18 novembre 2025, la banque explique avoir engagé des échanges avec différentes autorités de régulation, afin d’examiner la possibilité d’entrer sur des marchés d’Afrique de l’Est.

L’extension envisagée peut inclure l’acquisition d’établissements financiers déjà présents dans la région. Cette approche correspond à la stratégie de long terme de la banque, qui repose sur l’augmentation de sa présence en Afrique subsaharienne et sur la diversification de ses sources de revenus.

Réaction aux rumeurs sur Paramount Bank

La communication de Zenith Bank intervient après la diffusion de rumeurs annonçant un rachat de Paramount Bank, un établissement bancaire kényan de petite taille. Selon ces rumeurs, la banque nigériane aurait déjà engagé des discussions avancées pour une acquisition.

Zenith Bank précise qu’aucune décision n’a été prise et qu’aucune transaction n’est en cours. La direction rappelle que toute conclusion hâtive publiée sans autorisation officielle ne reflète pas la réalité du processus interne.

À ce jour, elle ne dispose d’aucune implantation en Afrique de l’Est. Elle concentre toutefois ses premières étapes d’expansion continentale sur l’Afrique francophone.

Notons par ailleurs qu’elle a ouvert une succursale à Paris en novembre 2024, une implantation stratégique destinée à faciliter les transactions euro-africaines et à renforcer les relations avec les investisseurs institutionnels.

Dans la continuité, la banque nigériane a annoncé son intérêt pour le Cameroun et la Côte d’Ivoire, deux marchés où les groupes bancaires nigérians renforcent progressivement leur présence. L’ambition est d’étendre progressivement son réseau africain, tout en adaptant ses opérations aux exigences réglementaires locales et aux besoins de financement des économies où elle souhaite s’implanter.

Pour rappel, Zenith Bank suit les pas d’autres institutions nigérianes qui se sont déjà installées au Kenya. Au cours des cinq dernières années, United Bank for Africa (UBA) et Guaranty Trust Bank (GTBank), ont en effet pénétré le marché kényan, marquant ainsi une évolution des institutions financières ouest-africaines qui cherchent à se développer au-delà de leurs marchés nationaux. En avril 2025, Access Bank a finalisé l’acquisition de National Bank of Kenya (NBK), filiale du groupe KCB. L’opération a été validée par les autorités réglementaires des deux pays, et certains actifs de la NBK ont été transférés à KCB Bank Kenya, selon la loi bancaire kényane.

Actifs publics: le Sénégal s’associe à la BOAD

L’État du Sénégal et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ont annoncé dans un communiqué publié ce lundi 24 novembre 2025, la création du Fonds de valorisation des actifs du Sénégal (Fovas). Il s’agit d’un nouvel outil destiné à regrouper des infrastructures publiques jugées stratégiques au sein d’un mécanisme unique.

Le but est de mobiliser des ressources financières supplémentaires pour l’État, en s’appuyant sur ces actifs publics que le pays possède. Le Fovas intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à renforcer sa stratégie de financement, sans envisager une restructuration de sa dette publique comme le recommandait le FMI. Le gouvernement souhaite plutôt diversifier ses sources de revenus internes et améliorer la mobilisation des recettes disponibles.

Le principe du Fovas est simple : utiliser les infrastructures existantes comme sources de revenus. Les actifs concernés peuvent être des routes, des ports, des aéroports, des bâtiments publics, ou encore des installations logistiques. Le fonds cherchera à organiser leur exploitation économique pour générer des recettes. Les revenus obtenus serviront à financer de nouveaux projets et soutenir la croissance économique. Le mécanisme permettra aussi de réduire la pression sur le budget public.

La BOAD apportera son expertise en structuration financière. Elle jouera aussi un rôle d’intermédiaire pour attirer des investisseurs privés et des partenaires internationaux capables d’accompagner le fonds dans son développement.

L