Afrique: Yvon Sana Bangui élu président de l’Association des banques centrales

Le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a été élu président de l’Association des banques centrales africaines (ABCA), le 28 novembre, à Yaoundé au Cameroun. Il succède à la gouverneure de la banque centrale de l’Ile Maurice, Priscilla Muthoora Thakoor.

Le gouverneur de la BEAC a été porté à la tête de l’ABCA qui regroupe 41 banques centrales lors des 47es réunions annuelles des gouverneurs de cette institution continentale, organisées sur le thème  « Changement climatique et stabilité macroéconomique : le rôle des banques centrales ». « Je vais fonder ma mission sur une seule priorité : le projet d’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain », a déclaré Yvon Sana Bangui, précisant qu’il s’agit d’une étape fondamentale dans la mise en œuvre d’un projet datant d’une vingtaine d’années.

Cet institut dont la création est prévue pour 2026 sera chargée entre autres de mener les études économiques et statistiques, de surveiller les critères de convergence macroéconomique des pays africains en vue de préparer la création de la banque centrale africaine et de l’union monétaire du continent.

En marge des réunions annuelles de l’ABCA, il s’est tenu un symposium ayant réuni dans la capitale camerounaise quarante gouverneurs de banques centrales. Le gouverneur de la BEAC a estimé qu’une telle mobilisation « traduit la volonté des banques centrales à bâtir une Afrique économiquement et monétairement souveraine ».

Il s’est dit, par ailleurs, conscient de l’immensité de sa tâche à la présidence de l’ABCA. « C’est une grande responsabilité. Je pense qu’avec la contribution de tous, nous saurons relever les défis. C’est ensemble que nous allons apporter les transformations structurelles aux réformes engagées par l’ABCA », a-t-il signifié.

Maroc : le secteur des assurances enregistre une croissance de 7,2 % sur les neuf premiers mois de 2025

Le marché marocain des assurances confirme sa dynamique de croissance en 2025, avec une nouvelle performance solide à fin septembre. Le chiffre d’affaires global du secteur a atteint 48,26 milliards de dirhams, en hausse de 7,2% par rapport à la même période en 2024, selon les dernières statistiques publiées par l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS). Cette progression place l’exercice 2025 sur la trajectoire d’une année record, portée à la fois par les branches Vie et Non-Vie, ainsi que par plusieurs segments moteurs.

La branche Vie affiche un cumul de 21 milliards de dirhams à fin septembre 2025, en augmentation de 6,9% sur un an. L’épargne en dirhams, principal pilier du segment, poursuit sa croissance modérée avec 16,52 milliards de dirhams (+2,1%). Les garanties décès progressent également pour atteindre 2,74 milliards de dirhams (+5,5%). Mais c’est l’épargne en unités de compte qui enregistre la plus forte accélération, avec une hausse spectaculaire de 102,2%, portant son cumul à 1,74 milliard de dirhams, confirmant un engouement renforcé pour les placements financiers à potentiel de rendement plus élevé.

27,26 milliards de dirhams pour la Non-Vie

La branche Non-Vie, qui représente le plus gros volume de primes, totalise 27,26 milliards de dirhams à fin septembre, en hausse de 7,5%. Le segment Automobile, toujours premier contributeur de cette branche, génère 12,73 milliards de dirhams, soit une progression de 7,6%, dont 10,38 milliards de dirhams en responsabilité civile (+6,8%). Les accidents corporels affichent, également, une croissance soutenue avec 4,57 milliards de dirhams (+6,2%), incluant 3,94 milliards de dirhams pour la maladie (+7%). Les événements catastrophiques, portés par le régime de couverture contre les risques majeurs, enregistrent une hausse significative de 12,6% pour atteindre 548,2 millions de dirhams.

Plusieurs autres segments contribuent également à la hausse des primes Non-Vie. Les risques techniques connaissent une expansion exceptionnelle, grimpant à 502,4 millions de dirhams (+71,5%), tout comme les acceptations Non-Vie qui progressent de 23,6% pour atteindre 790,3 millions de dirhams. L’Assistance maintient sa croissance dynamique avec 1,41 milliard de dirhams (+7,8%), tandis que le crédit-caution gagne 15,6% pour s’établir à 263,8 millions de dirhams. En revanche, certaines branches reculent, notamment l’Incendie, qui se contracte légèrement à 2,12 milliards de dirhams (-0,8%), et la responsabilité civile générale, en hausse limitée à 687,6 millions de dirhams (+2,6%).

Dans l’ensemble, la trajectoire du secteur reste ferme et homogène, soutenue par les principales activités. Le classement des Top 5 segments par cumul à fin septembre 2025 confirme la domination des grandes branches traditionnelles. L’épargne en dirhams occupe largement la première position, suivie de l’automobile, deuxième contributeur du marché. Les accidents corporels complètent le podium, tandis que les garanties décès occupent la quatrième place. Le segment accidents du travail et maladies professionnelles (AT & MP) ferme ce Top 5 avec 2,29 milliards de dirhams, devançant légèrement l’incendie.

Libye : L’affaire Baayo et les zones d’ombre de la finance pétrolière

Au centre de l’attention : Abdelhakim Baayo, un technocrate libyen au profil jusqu’ici plutôt discret, propulsé sur le devant de la scène par des accusations de mauvaise gestion, voire de détournement de fonds publics. Dans les détails, les soupçons qui pèsent sur Abdelhakim Baayo découlent principalement de rapports d’audit et d’enquêtes journalistiques, notamment celles relayées par le consortium OCCRP. Ils concernent sa période à la tête d’Alhammra, la filiale espagnole de la Lafico (Libyan Foreign Investment Company), elle-même une branche du fonds souverain libyen (LIA).

L’accusation centrale est celle d’un mélange des genres : Baayo aurait utilisé les ressources de la société étatique pour son enrichissement personnel. Le point focal de ce dossier est l’acquisition d’un luxueux appartement à Madrid. Selon les auditeurs, l’achat aurait été masqué par des jeux d’écritures comptables et l’utilisation de sociétés écrans, le tout facilité par le chaos administratif, attisé par les puissances étrangères comme les Emirats Arabes unis, qui régne à Tripoli. Cependant, face à ces allégations graves, Abdelhakim Baayo oppose un démenti formel. L’homme d’affaires, qui a par le passé nourri des ambitions présidentielles en Libye, voit dans ces révélations une manœuvre politique destinée à l’écarter de la scène nationale future. Pour sa défense, il s’appuie sur le terrain judiciaire. Baayo et ses conseils rappellent régulièrement que la justice espagnole a déjà été saisie de plaintes similaires concernant la gestion d’Alhammra et l’achat de cet appartement. Jusqu’à présent, les tribunaux ibériques ont classé ces affaires, estimant les preuves insuffisantes pour caractériser des infractions pénales. Une victoire juridique que l’intéressé brandit comme un bouclier contre ce qu’il qualifie de campagne de dénigrement.

Namibie-Chine: Remise officielle d’une station satellite financée par la Chine

La Chine vient de remettre officiellement à la Namibie une station terrestre de réception et traitement de données satellitaires, premier projet high-tech financé par Pékin dans le pays. Le 20 novembre 2025, l’ambassadeur Zhao Weiping et le Dr Lisho Mundia, ministère namibien l’Éducation et de l’Innovation, ont signé le certificat de transfert, marquant une étape clé de la coopération entre les deux pays. D’une part, le projet incarne la promesse chinoise de «modernisation partagée» du FOCAC, renforçant l’influence de Pékin en Afrique australe via des infrastructures spatiales. D’autre part, la Namibie, riche en ressources mais limitée technologiquement, acquiert un outil pour la gestion des terres, l’agriculture et la sécurité environnementale, réduisant sa dépendance aux acteurs occidentaux. Pékin se positionne ainsi en leader spatial dans la région, offrant un accès à ses satellites (comme les séries Gaofen) sans transfert de dette. Toutefois, l’initiative soulève des questions sur la gouvernance des données et l’alignement futur de la Namibie dans la compétition spatiale USA-Chine

CloudFret : bâtir un leader LogiTech régional à partir du terrain

CloudFret, né comme réponse concrète à la fragmentation du transport routier, a bâti sa croissance sur le terrain, avant de structurer une plateforme propriétaire visant à redéfinir les standards du fret transfrontalier Maroc–Europe–Afrique. Rencontre avec une LogiTech marocaine qui veut transformer l’exécution logistique en infrastructure intelligente régionale.

Dans l’écosystème tech marocain, où l’innovation est souvent présentée avant même d’être éprouvée, certaines startups prennent le chemin inverse : l’exécution d’abord, la communication ensuite. CloudFret s’inscrit dans cette école du réel. Le projet, né d’un constat opérationnel — des camions circulant à vide, des données fragmentées, une chaîne d’information défaillante et des marges comprimées — a émergé non pas dans une salle de réunion, mais sur les routes, dans les dépôts logistiques et au contact direct des professionnels du secteur. C’est au croisement de ces échanges avec transporteurs, chargeurs industriels et commissionnaires que la startup a façonné son modèle. Très tôt, une conviction stratégique s’est imposée : le fret routier souffre moins d’une crise de demande que d’une crise de coordination. Et cette coordination ne peut se construire qu’en maîtrisant les flux réels avant d’y greffer une couche technologique intelligente.

Aujourd’hui, alors que la demande africaine en solutions logistiques numériques pourrait représenter un marché de plus de 25 milliards $ d’ici 2030 selon plusieurs estimations sectorielles, CloudFret ambitionne de devenir un leader régional LogiTech depuis le Maroc, capable de rivaliser avec les standards internationaux. Mais à l’inverse des approches purement marketplace ou SaaS, l’entreprise a fait un choix structurant : bâtir une souveraineté technologique via le développement d’un ERP logistique propriétaire, adapté aux réalités transfrontalières Maroc–Europe et Maroc–Afrique. Un pari stratégique, qui va à l’encontre de la dépendance aux solutions importées souvent calibrées pour des marchés où les flux, la réglementation et les acteurs sont plus homogènes et moins fragmentés. Ce positionnement ne relève ni d’un effet de mode, ni d’un storytelling marketing : il est la réponse stratégique à un besoin d’infrastructure d’information intelligente. Dans cette Interview exclusive Driss Jabar, CEO de CloudFret, revient sur la vision de cette startup.

1) Pouvez-vous revenir sur votre parcours et revenir sur les premiers pas de votre entreprise cloudfret ?

CloudFret n’est pas née avec l’obsession d’être « tech ». À ses débuts, l’entreprise n’avait ni pitch deck flamboyant, ni communication virale, ni branding fait pour séduire les médias. L’approche était inverse : écouter, cartographier, comprendre et livrer un résultat tangible aux acteurs du transport — avant d’industrialiser une plateforme. « La technologie ne devait jamais rendre leur métier plus complexe, mais immédiatement plus rentable et mieux coordonné. » C’est sur ce principe que CloudFret a commencé à agréger un réseau d’acteurs, dans un secteur où plus de 30 % des trajets au Maroc se font à vide, selon des projections du marché informel, faute d’information centralisée et d’outils de coordination performants.

Cette sobriété assumée dans la communication n’est pas timidité : elle est maturité observée. CloudFret a refusé de se perdre dans des promesses d’automatisation futuriste alors qu’un enjeu prioritaire dominait : la confiance. Car les transporteurs, souvent indépendants ou opérant avec de faibles marges, demandent plus une preuve qu’un discours. CloudFret leur a donc parlé dans le même langage : celui des flux, des kilomètres, des délais, des coûts et des opportunités optimisées.

2) Votre offre a atteint une maturité indéniable. Quel est votre mindset ?

Si le défaut de coordination a été identifié dès le départ, la solution n’a pas été arrêtée avant l’analyse opérationnelle. Les premiers déploiements ont été réalisés sur le corridor stratégique Maroc–Europe — une route commerciale par laquelle transite près de 73 % des exportations marocaines par voie terrestre combinée ferry via le détroit de Gibraltar et Tanger-Algésiras. Une observation terrain a façonné le produit : les solutions globales importées ne répondent pas suffisamment aux spécificités de ce corridor et aux flux croisés vers l’Afrique subsaharienne.

À ce stade, l’entreprise commence à structurer non seulement une place de marché digitale, mais un modèle hybride capable d’absorber la complexité des flux. Marketplace pour l’intermédiation intelligente, SaaS pour la gestion optimisée, services premium pour la valeur ajoutée opérationnelle : l’entreprise assemble ces trois briques non comme une juxtaposition produit, mais comme un système logique d’optimisation de l’information et des exécutions.

3) L’écosystème startup Marocain est plein de défis. Comment avez-vous surmonté ces défis ?

Dans un secteur aussi normé qu’informel, structuré qu’atomisé, CloudFret a fait un choix rare pour une startup nord-africaine : bâtir une solution ERP propriétaire, conçue pour les réalités industrielles et transfrontalières du Maroc et de l’Afrique de l’Ouest. Ce choix s’inscrit dans une logique comparable aux grands champions technologiques régionaux qui ont construit leur force en internalisant leurs solutions — plutôt qu’en les sous-traitant.

Pourquoi ce choix compte :

  • Les ERP logistiques existants sont souvent conçus pour des supply chains moins fragmentées, avec des standards de données plus uniformes.
  • Les corridors Maroc–Europe et Afrique de l’Ouest sont caractérisés par des ruptures d’information, des intermédiaires multiples et des variations réglementaires.
  • Un ERP propriétaire signifie : maîtrise du modèle de données, contrôle du produit, indépendance stratégique, avantage compétitif durable.

Ce pilier permet à CloudFret de s’appuyer sur une souveraineté technologique, ce que peu d’entreprises logistiques marocaines ou subsahariennes ont encore initié en interne dans le numérique industriel.

4) Une ambition régionale ?

CloudFret ne vise pas simplement à augmenter le volume d’intermédiation digitale. L’objectif est plus systémique :

  • réduire structurellement les trajets à vide ;
  • fluidifier les corridors Maroc–Europe–Afrique ;
  • bâtir de nouveaux standards de transport routier numérique ;
  • démontrer qu’un software logistique né au Maroc peut rivaliser avec les solutions mondiales ;

Ce leadership pourra se mesurer non pas uniquement en volumes, mais en impact économique, environnemental et opérationnel.

En sommes ; CloudFret n’appartient pas à la catégorie des startups « météores », dont l’éclat de communication dépasse parfois la réalité produit. L’entreprise s’est construite à partir d’un problème concret, ajusté à travers une observation opérationnelle rigoureuse, et structuré autour d’un choix stratégique : l’exécution précède la narration, la souveraineté technologique précède la dépendance, et la rentabilité précède l’euphorie.

Dans un secteur historiquement refractaire à la digitalisation profonde, CloudFret veut faire plus qu’introduire du logiciel : bâtir une infrastructure logistique intelligente, durable et capable de connecter la région Afrique-Atlantique à l’Europe et au continent.

Trois startups africaines à l’honneur à VivaTech 2025

Parmi les neuf finalistes du concours AfricaTech à VivaTech, la marocaine Cloudfret optimise le fret routier pour réduire les trajets de camions à vide, avec à la clé une mobilité plus propre.

L’égyptienne Reme-D développe, elle, des tests de diagnostic médical qui n’ont pas besoin de chaîne du froid, un atout crucial dans les zones sans accès constant à l’électricité.

Enfin, la startup sud-africaine Happy Pay propose une révolution du crédit : des prêts gratuits dans un pays où le coût de l’emprunt reste un frein majeur à l’inclusion financière.

L’Angola signe un protocole d’accord avec Alstom pour développer une ligne ferroviaire à Luanda

Le ministère angolais des Transports et le groupe français Alstom ont signé cette semaine un protocole d’accord portant sur le développement de la Blue Line, un projet de train suburbain destiné à renforcer l’offre de mobilité à Luanda. L’annonce a été faite en marge du 7ᵉ sommet Union africaine – Union européenne (UA-UE), tenu les 24 et 25 novembre dans la capitale angolaise.

Longue de 50 km, la Blue Line doit relier Cacuaco à Benfica en longeant la façade maritime de Luanda, dont elle vise à désengorger les principaux axes routiers. La ville est l’une des plus densément peuplées du continent africain, avec plus de 10 millions d’habitants, selon World Population. La collaboration doit analyser la viabilité commerciale, technique et stratégique de la ligne ferroviaire côtière. Des études de faisabilité complètes seront menées, ouvrant la voie à la mise en œuvre du projet si les conclusions sont jugées favorables.

Ce projet vient s’ajouter aux initiatives déjà engagées par les autorités angolaises pour moderniser le réseau ferroviaire urbain du pays. L’opérateur public exploite actuellement un service express reliant le centre-ville de la capitale aux zones périphériques, mais celui-ci reste freiné par des contraintes techniques, limitant la vitesse et la fréquence des navettes.

Certains projets évoqués depuis quelques années peinent par ailleurs à démarrer, faute de financement. C’est le cas du métro de surface devant raccorder le nouvel aéroport international António Agostinho Neto, en périphérie de Luanda.

Aérien Bpifrance engage un bras de fer avec Air Sénégal

Selon Africa Intelligence, la banque publique d’investissement française a engagé une action devant la justice afin de mettre la main sur deux appareils dont elle a garanti le financement. Une décision qui fait suite à d’importants impayés d’Air Sénégal dont la situation financière est profondément dégradée. Les appareils, obtenus dans le cadre d’un crédit-bail à l’export, sont utilisés par Air Sénégal en échange d’un loyer. Ils restent cependant la propriété de leurs créanciers jusqu’à l’échéance du contrat et peuvent être saisis si la compagnie ne respecte plus ses obligations financières. Depuis plusieurs mois, Bpifrance aurait alerté Air Sénégal sur ses retards répétés de paiement liés à ces appareils. Un conflit qui rappel celui de Carlyle Aviation concernant les deux Airbus A321 immobilisés, faute d’accord avec Air Sénégal.

Afin de pallier les carences causées par ces immobilisations, Air Sénégal multiplie les locations d’appareils par le biais de contrats ACMI (aircraft, crew, maintenance, insurance), une pratique s’avérant extrêmement coûteuse. Dans une tentative visant à alléger sa dette, évaluée à environ 150 millions d’euros, la compagnie a même récemment sous-traité une partie de son personnel, dont des pilotes, à Air Côte d’Ivoire, suscitant les critiques d’une partie de la classe politique.

Kenya : Consolidated Bank poursuit sa forte hausse des bénéfices

  • Selon Fred Ronoh, directeur par intérim des finances et de l’administration, l’établissement de crédit réalise des progrès significatifs dans tous ses domaines clés malgré un environnement opérationnel difficile.
  • Ronoh a déclaré que la banque restait déterminée à renforcer son bilan, à diversifier ses revenus et à investir dans des solutions axées sur le client.

Consolidated Bank Group a poursuivi son redressement financier, affichant un bénéfice avant impôt de 94,7 millions de shillings pour les neuf mois se terminant le 30 septembre 2025. Cela représente un retournement spectaculaire de 177 % par rapport à la perte de 122,4 millions de shillings enregistrée au cours de la même période l’année précédente.

La banque a attribué cette amélioration des performances à la mise en œuvre continue de son plan stratégique quinquennal axé sur le thème « redressement et croissance ».

Selon Fred Ronoh, directeur par intérim des finances et de l’administration, l’établissement de crédit réalise des progrès significatifs dans tous ses domaines clés malgré un environnement opérationnel difficile.

Ronoh a déclaré que la banque restait déterminée à consolider son bilan, à diversifier ses sources de revenus et à investir dans des solutions axées sur le client. Il a souligné que cette évolution positive témoignait de la mise en œuvre rigoureuse de la stratégie de la banque.

L’actif total de la banque a connu une croissance impressionnante de 22 %, atteignant 19,3 milliards de shillings, contre 15,8 milliards de shillings enregistrés au cours de la même période l’année précédente.

Les dépôts de la clientèle ont également progressé de 4 % pour atteindre 12,3 milliards de shillings. Les avances nettes, en revanche, ont légèrement reculé de 2 %, clôturant le trimestre à 8,3 milliards de shillings.

Consolidated Bank a maintenu un niveau de liquidités élevé, à 31 %, soit bien au-dessus du minimum légal de 20 %.

La rentabilité de la banque a été stimulée par la croissance des bénéfices et l’amélioration de son efficacité opérationnelle. Le bénéfice net a progressé de 27 %, passant de 711 millions de shillings à 903 millions de shillings. La forte hausse des revenus d’intérêts provenant des titres d’État a également joué un rôle déterminant, atteignant 583 millions de shillings contre 278 millions l’année précédente.

Dans le même temps, les charges d’intérêts ont diminué de 9 % pour s’établir à 581 millions de shillings, contribuant ainsi à l’amélioration des marges de la banque. Les produits hors intérêts ont progressé de 10 % pour atteindre 484 millions de shillings, participant à une hausse globale de 21 % du résultat d’exploitation total, qui s’élève à 1,4 milliard de shillings, contre 1,1 milliard un an plus tôt.

Les charges d’exploitation n’ont progressé que de 2 %, atteignant 1,29 milliard de shillings contre 1,27 milliard, signe d’une gestion rigoureuse des coûts. Toutefois, les provisions pour dépréciation des créances douteuses ont augmenté, passant de 211 millions à 267 millions de shillings, en raison d’une hausse de 9 % du volume brut de ces créances. La banque a indiqué poursuivre activement ses efforts de recouvrement et renforcer sa gestion des risques.

La direction affirme que la banque est bien positionnée pour une croissance durable, grâce à la solidité de son bilan et à ses investissements dans les canaux bancaires numériques.

Côte d’Ivoire : 39 millions d’euros de la BAD pour la promotion de la croissance inclusive



Le conseil d’administration du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, ce 19 novembre à Abidjan, un financement de 38,92 millions d’euros, soit 25,52 milliards FCFA, destiné à soutenir la mise en œuvre du Projet d’appui à la gouvernance pour la promotion de la croissance inclusive (PAGOCI). Ce concours financier se compose de deux prêts, à savoir 29,19 millions d’euros provenant de la BAD et 9,73 millions d’euros octroyés par le Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel de la banque panafricaine.

L’ambition du PAGOCI s’inscrit au cœur des priorités économiques ivoiriennes : renforcer la gouvernance financière, améliorer l’efficacité de la dépense publique et accroître la mobilisation des ressources domestiques. ‘’L’objectif du projet est de favoriser une croissance forte, résiliente et inclusive grâce à des politiques publiques stratégiques, sensibles au genre et au changement climatique, à une mobilisation accrue des ressources nationales et à une utilisation plus efficiente et transparente des fonds publics », a expliqué Kevin Lumbila, chef de division Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre au département de la gouvernance et des réformes économiques de la BAD.

Concrètement, le projet vise à appuyer la mise en œuvre du Plan national de développement, renforcer la programmation budgétaire, optimiser la gestion des investissements publics et consolider les dispositifs de contrôle et d’audit. Dans un contexte de diversification économique et d’ambitions élevées en matière de développement, la Côte d’Ivoire doit garantir des ressources publiques stables et soutenables. Le PAGOCI s’attaque directement à cette nécessité en soutenant une mobilisation renforcée des recettes intérieures.

L’amélioration de la transparence et de la redevabilité des administrations constitue aussi un levier essentiel pour stimuler la confiance des investisseurs et créer un climat plus favorable au développement du secteur privé, indispensable à la croissance et à la création d’emplois. L’État ivoirien ambitionne d’accéder au rang de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d’ici 2030. Cette transformation repose sur la réussite du Plan national de développement 2026-2030, qui place la gouvernance économique et financière au cœur de ses priorités. Le PAGOCI vient renforcer les capacités institutionnelles, notamment dans l’intégration des enjeux du genre et du changement climatique dans la sélection et la priorisation des investissements publics. Le projet soutiendra aussi l’élaboration de la Stratégie genre de la Politique nationale de l’égalité et de l’équité du genre.Activez pour voir l’image en plus grand.

Les États d’Afrique de l’Est ont demandé l’ouverture des frontières pour les petits commerçants.

  • La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.
  • Elles comprennent  la révision des règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle et le renforcement de la connectivité régionale.

Les petites entreprises peuvent contribuer davantage à la croissance économique de l’Afrique de l’Est si la région parvient à une liberté de circulation absolue des biens et des personnes.

La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.

Il s’agit notamment de réviser les règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle, et d’améliorer la connectivité régionale grâce à des réseaux d’infrastructures harmonisés et interopérables qui facilitent la circulation fluide des biens, des services et des personnes à travers nos frontières, comme les portiques intelligents.

Elle a également plaidé pour la mise en œuvre du système de paiement et de règlement de la CAE afin de simplifier les paiements transfrontaliers, de réduire les coûts de transaction et de permettre les règlements en monnaies locales ; et pour l’expansion des réseaux d’apprentissage et de renforcement des capacités, en particulier pour les femmes et les jeunes, afin d’améliorer leur participation au commerce transfrontalier.

Nduva a souligné l’importance des petits commerçants dans l’économie régionale, affirmant qu’ils représentent près de 90 % des nouveaux emplois et contribuent à plus de 30 % du PIB de la CAE.

« Les autorités locales doivent permettre aux petites entreprises d’Afrique de l’Est de commercer librement afin de stimuler davantage le commerce régional, qui a progressé de 27,1 % l’an dernier, passant de 14,2 milliards de dollars (1,8 billion de shillings kenyans) à 18 milliards de dollars (2,3 billions de shillings kenyans) », a-t-elle déclaré.

« Ces résultats témoignent de l’intégration croissante des marchés entre nos huit États partenaires et de la vigueur grandissante de notre marché intérieur. »

Le commerce total de la CAE avec le reste du monde a augmenté de 22 %, passant de 115,4 milliards de dollars (14,9 billions de shillings kényans) (juin 2024) à 140,8 milliards de dollars (18,2 billions de shillings kényans) (juin 2025).

Elle a qualifié le salon EAC MSMEs de l’une des plateformes régionales les plus durables et les plus influentes, rassemblant artisans, innovateurs et petites entreprises de tous les États partenaires.

« Elle constitue un marché dynamique permettant de présenter des produits, d’élargir l’accès au marché et de développer des réseaux d’affaires régionaux. »

Le salon a débuté en 1999 à Arusha avec seulement 134 PME. Il accueille cette année 2 331 exposants, soit près du double des 1 334 exposants qui avaient participé à l’édition précédente à Juba.

Elle s’est montrée optimiste quant à la croissance économique de la région, affirmant que les indicateurs macroéconomiques reflètent une résilience et un dynamisme qui lui ont permis de maintenir un taux de croissance moyen du PIB de 5,3 %.

« Pour l’avenir, les secteurs de l’agriculture et de la fabrication devraient enregistrer une croissance continue, soutenue par de solides performances commerciales et par le développement du tissu industriel régional. »

Elle a indiqué qu’actuellement, les exportations de produits manufacturés représentent moins de 30 % des exportations totales, composées principalement de ciment, de textiles et de produits chimiques de base, avec une solide base agricole offrant un immense potentiel pour l’agro-transformation et les industries à valeur ajoutée.

« En approfondissant les chaînes de valeur régionales, en stimulant l’innovation et en renforçant les capacités des MPME, nous pouvons passer d’une structure d’exportation dominée par les matières premières à une structure axée sur des biens manufacturés diversifiés et à forte valeur ajoutée. »

Elle a souligné les principales réalisations accomplies à ce jour dans le domaine du commerce régional, notamment l’harmonisation de près de 2 040 normes régionales et la réduction de 50 % du délai moyen de résolution des obstacles non tarifaires.

Selon la CAE, le temps de dédouanement des marchandises aux frontières a diminué de 75 %, la plupart des transactions étant désormais effectuées en moins d’une journée grâce à la mise en œuvre des guichets uniques aux frontières, à la connectivité numérique des principaux organismes de facilitation du commerce et à d’autres initiatives transfrontalières.

Parallèlement, la communauté s’est associée à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) pour élaborer une stratégie et un plan d’action régionaux pour l’économie bleue (2025-2034) 

La stratégie et le plan d’action ont été élaborés avec le soutien technique et financier du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est de la CEA (SRO-EA).

Il fournit un cadre global pour l’utilisation durable et la conservation des ressources aquatiques, notamment les océans, les lacs et les rivières, afin de stimuler le développement socio-économique et d’améliorer la sécurité alimentaire dans toute la Communauté d’Afrique de l’Est.

Ses principaux objectifs sont de maximiser le potentiel économique par la création d’emplois et la création de valeur ajoutée, de réduire la pauvreté et de promouvoir la coopération régionale, tout en assurant la durabilité environnementale.

Point essentiel, cette stratégie est directement liée à l’action climatique. Elle promeut un développement sobre en carbone et renforce la résilience climatique de la région en protégeant et en restaurant des écosystèmes aquatiques vitaux, tels que les mangroves et les récifs coralliens, qui constituent des défenses naturelles et d’importants puits de carbone bleu.

En outre, la stratégie vise à orienter la mise en œuvre des activités de l’économie bleue aux niveaux national et régional, à renforcer l’intégration régionale et à consolider le soutien apporté aux États partenaires pour traduire les politiques en actions concrètes.

La stratégie attend désormais l’approbation finale du Conseil des ministres de la CAE lors de sa prochaine réunion.

Le littoral de la région, long de 3 000 kilomètres et bordant l’océan Indien, combiné à des systèmes d’eau douce comme le lac Victoria, recèle un potentiel inexploité, notamment en matière de pêche durable, d’aquaculture, de transport maritime, d’énergies renouvelables et de tourisme marin.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de la pêche en Afrique pourrait croître de 10 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie s’il est géré de manière durable.

Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda représentent déjà plus de 60 % de la production halieutique de la région, mais leur contribution au PIB reste faible.

Le problème ne réside pas dans la disponibilité des ressources, mais dans l’absence de stratégie cohérente. Les infrastructures, les cadres réglementaires et les mécanismes d’investissement sont en retard par rapport au potentiel du secteur.

Malgré cela, la  région est confrontée à des menaces croissantes liées aux changements climatiques, notamment l’érosion côtière, la montée du niveau de la mer et la diminution des stocks de poissons.