Crises au Sahel, au Soudan, à Madagascar…: du nouveau dans l’approche de la BAD et comment elle transforme le secteur privé en rempart face aux crises humanitaires

La participation de la vice-présidente principale de la Banque africaine de développement (BAD), Marie-Laure Akin-Olugbade, au Forum de coopération internationale de Genève, qui s’est tenu du 26 au 27 février 2026, révèle une stratégie africaine pour intégrer le secteur privé dans les réponses aux crises humanitaires. Face à la baisse des ressources globales, la BAD prône une complémentarité responsable avec les acteurs humanitaires, refusant toute substitution. Son approche cible la relance économique locale comme antidote aux crises, soulignant que 80% des Africains dépendent du secteur privé pour leur subsistance. Trois cas africains illustrent cette ingénierie financière adaptée aux défis spécifiques.

Premièrement, Madagascar se distingue par la Facilité d’appui à la transition, permettant à plus de 300 TPME d’accéder à des financements bancaires précédemment inaccessibles. Une initiative qui démontre l’efficacité des instruments de la BAD pour soutenir les structures productives locales en période de vulnérabilité, catalysant la résilience économique par l’inclusion financière.

Deuxième cas: le Soudan. Le pays s’illustre à travers un partenariat stratégique avec le Groupe DAL, stabilisant les chaînes de valeur agricoles malgré un conflit persistant. Un modèle qui prouve que l’engagement du secteur privé, structuré et ancré dans les réalités territoriales, peut maintenir des activités essentielles et prévenir l’effondrement des marchés, même en zones instables.

Troisième cas: le Sahel. La région incarne la synergie opérationnelle entre acteurs humanitaires et de développement. La collaboration BAD-CICR combine l’expertise terrain du Comité international de la Croix-Rouge avec les instruments financiers de la Banque, visant à restaurer les services essentiels et réduire les risques de rechute. Une coordination ciblée présentée comme clé pour des solutions durables.

Des exemples qui soulignent une transformation majeure: le secteur privé africain n’est plus un simple bailleur, mais un partenaire à part entière pour l’innovation et la stabilisation. La BAD insiste sur une condition sine qua non: ces collaborations doivent être rigoureusement encadrées pour éviter d’alimenter les conflits. Madagascar, le Soudan et le Sahel incarnent ainsi un nouveau paradigme où le redressement économique local, soutenu par des PPP adaptés aux contextes fragiles, devient le pilier central de la résilience africaine face aux crises.

Financement de lettres de crédit, de garanties, de fonds de roulement: les dessous de l’alliance entre United Bank for Africa et British International Investment pour combler un déficit de 80 milliards USD dans le commerce intra-africain

L’Afrique démontre une dynamique remarquable dans l’accélération de son intégration économique via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), catalyseur prioritaire identifié par United Bank for Africa (UBA) et British International Investment (BII), institution de financement du développement et l’investisseur d’impact du Royaume-Uni. Leur lettre d’intention signée le 19 mars 2026 vise à combler le déficit annuel de 80 milliards USD en financement du commerce, obstacle structurel limitant la compétitivité des PME africaines. UBA UK, filiale londonienne du groupe présent dans 20 pays africains, s’appuiera sur son réseau panafricain pour structurer des opérations de financement (lettres de crédit, garanties, fonds de roulement). BII, institution britannique d’impact dédiée à une croissance inclusive, apportera son soutien à des transactions non éligibles aux financements conventionnels, ciblant spécifiquement les marchés frontières.

Une collaboration qui renforce le rôle de la City de Londres comme plaque tournante des capitaux axés sur l’Afrique et matérialise l’engagement économique du Royaume-Uni envers le continent, évoqué lors du Sommet UK-Afrique. Elle illustre aussi la montée en puissance des institutions financières panafricaines: UBA, qualifiée de « banque mondiale de l’Afrique », y déploie 25 000 employés et sert 45 millions de clients, positionnant Londres comme hub opérationnel. L’initiative s’aligne sur les objectifs de développement de BII, dont 30% des nouveaux engagements (2022-2026) sont dédiés au financement climatique et membre fondateur du 2X Challenge (33,6 mds USD mobilisés pour l’autonomisation économique des femmes).

Sous réserve de due diligence, cet accord pourrait significativement booster l’inclusion financière des PME et l’opérationnalisation de la ZLECAf, transformant un défi historique en levier de transformation économique intra-africaine.

Maintenance maritime, pétrolière, gazière et de défense: comment le nigérian RusselSmith sécurise les chaînes d’approvisionnement en exportant son savoir-faire en impression 3D au Ghana

Voici un projet pionnier de coopération industrielle Sud-Sud émergent en Afrique de l’Ouest à suivre de près. RusselSmith, leader nigérian de la fabrication additive, négocie avec l’Autorité maritime du Ghana (GMA) pour déployer ses solutions 3D dans le secteur maritime ghanéen. Facilité par le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC), ce partenariat incarne une dynamique régionale cruciale: la transformation du Nigeria en hub continental d’innovation industrielle et la réponse collective aux vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement.

L’enjeu est de taille. Alors que le marché mondial de la fabrication 3D pesait 32 milliards de dollars en 2024, l’Afrique n’en captait que 2%. Face à ce déficit, RusselSmith déploie une stratégie régionale ambitieuse, matérialisée par l’inauguration prochaine de l’Omnifactory à Lagos – première usine nigériane multi-technologies d’impression 3D industrielle – et le projet Mega Omnifactory. Des infrastructures qui visent à ancrer localement la production de composants critiques pour les secteurs maritime, pétrolier, gazier et de défense, réduisant ainsi la dépendance coûteuse aux importations.

L’application maritime est immédiate et transformative. RusselSmith maîtrise la fabrication additive de navires jusqu’à 12 mètres, offrant une alternative durable et rapide aux embarcations traditionnelles qui pénalisent les opérateurs ouest-africains par des délais prolongés et une maintenance lourde. Une technologie qui épouse parfaitement la vision ghanéenne de « Nation bleue » priorisant sécurité maritime et durabilité environnementale, comme le souligne le DG de la GMA, le Dr Kamal-Deen Ali. Elle permet de moderniser les infrastructures de transport tout en préservant les ressources forestières.

Pour Kayode Adeleke, cofondateur de RusselSmith, ce modèle dépasse la technologie: il s’agit de bâtir une infrastructure exportable de savoir-faire, de développer des compétences locales stratégiques, de créer des emplois à haute valeur ajoutée et de retenir la richesse économique sur le continent. L’intérêt du Ghana valide cette approche et ouvre la voie à un schéma reproductible de coopération industrielle intra-africaine.

Un dialogue Nigeria-Ghana, transcendant les frontières, qui illustre la capacité croissante de l’Afrique de l’Ouest à piloter sa souveraineté technologique. En conjuguant expertise locale certifiée ISO, partenariats globaux et vision circulaire (réduction des déchets, optimisation des ressources), il pose les bases d’une résilience opérationnelle régionale face aux ruptures d’approvisionnement. Un modèle à observer, où l’innovation industrielle devient levier d’intégration économique et de transformation bleue durable.

Objectif 90 litres/habitant/an voir plus: comment Maroc Lait met les petits plats dans les grands pour tirer vers le haut la consommation du lait local

Le Maroc illustre une dynamique agricole remarquable en Afrique avec la relance stratégique de sa filière laitière, frappée par sept années de sécheresse mais résolument engagée dans une transformation structurelle. À l’occasion du Ramadan 2026, Maroc Lait, fédération interprofessionnelle soutenue par le ministère de l’Agriculture, lance une campagne nationale majeure pour promouvoir les bienfaits nutritionnels du lait et contrer les idées reçues. Placée sous le concept «Le lait marocain dans chaque foyer, pour la santé des petits et des grands», cette initiative s’appuie sur un dispositif média 360° (télévision, radio, digital) pour réaffirmer le rôle essentiel du lait dans l’alimentation quotidienne, notamment comme source naturelle de calcium, protéines et vitamines.

Une campagne qui s’inscrit dans un contexte de reprise encouragée par un retour des pluies après des années de stress hydrique, permettant une amélioration des pâturages et une baisse des coûts d’alimentation du bétail. Le secteur, qui avait perdu 30% de son cheptel laitier (soit 500 000 têtes), bénéficie désormais de programmes de recapitalisation incluant des subventions aux éleveurs et l’importation de 22 818 vaches laitières jusqu’en juin 2025. Les premiers résultats sont tangibles: la production laitière a progressé de 10% en 2024.

En parallèle, Maroc Lait pilote deux projets structurants en partenariat avec l’État. Premier projet: la digitalisation de la filière. Pour ce faire, une convention mobilisant un budget d’environ 18 millions de dirhams, environ 1,66 million d’euros, sur la période 2026-2028 a été signé pour déployer le système SIMALAIT. Objectif: centraliser les données du cheptel (performances, génétique, traçabilité) et moderniser la gouvernance sectorielle. Deuxième projet: la relance de la consommation. Un budget équivalent pour une campagne institutionnelle cible la stagnation de la consommation de lait liquide (74 litres/habitant/an contre 96 recommandés par l’OMS), via des messages valorisant le lait local et son ancrage culturel.

Avec 260 000 producteurs (dont 90% de petits éleveurs), 2 700 centres de collecte et un chiffre d’affaires annuel de 13 milliards de dirhams, la filière constitue un pilier économique et social. Les objectifs du contrat-programme « Génération Green 2020-2030 » sont clairs: atteindre 3,5 milliards de litres de production et 90 litres de consommation par habitant d’ici 2030. La reprise pluviométrique et ces réformes coordonnées positionnent le Maroc comme un modèle africain de résilience agroalimentaire, combinant innovation digitale, recapitalisation durable et reconquête du consommateur.

ZLECAf et sécurité commerciale: les chantiers qui attendent le zimbabwéen Lesley Ndlovu à la tête de l’assureur panafricain AfrexInsure

Du nouveau dans l’écosystème d’Afreximbank et de la sécurisation des échanges commerciaux sur le continent avec la nomination du zimbabwéen Lesley Ndlovu au poste de Président-directeur général d’AfrexInsure, filiale d’assurance spécialisée du groupe Afreximbank, effective janvier 2026. Cette décision, annoncée le 16 mars 2026 au Caire, intervient à un moment critique pour la transformation économique africaine, marquée par la montée en puissance de la ZLECAf et la nécessité impérieuse d’atténuer les risques entravant le commerce et les investissements stratégiques.

Ndlovu, expert zimbabwéen doté d’une expertise internationale éprouvée auprès de géants comme AXA Specialty et African Risk Capacity (ARC), incarne le virage opéré par AfrexInsure. Sa mission: piloter la transition de la société d’une phase de démarrage vers une croissance dynamique, en développant des solutions d’assurance spécialisées, robustes et ancrées localement. Ce leadership technique et opérationnel est crucial pour adresser les déficits persistants du marché: capacité limitée de gestion des risques, coûts d’assurance prohibitifs et dépendance excessive vis-à-vis des marchés de réassurance offshore, autant de freins majeurs au commerce intra-africain et à l’industrialisation.

Sa nomination consolide le rôle stratégique d’AfrexInsure comme pilier indispensable de l’écosystème du groupe Afreximbank. Elle démontre la volonté de l’institution financière panafricaine de doter le continent d’outils sophistiqués et bien capitalisés pour gérer ses propres risques commerciaux et d’investissement. Le Dr George Elombi, Président d’Afreximbank, souligne l’objectif central: développer les capacités locales pour «gérer les risques associés au commerce en vue de conserver les primes sur le continent».

Dans un contexte d’incertitude globale et d’accélération de la ZLECAf, la capacité d’AfrexInsure à concevoir des produits adaptés aux risques spécialisés du commerce africain devient un levier indispensable pour sécuriser les investissements dans les chaînes de valeur et attirer les capitaux vers les secteurs clés du développement socio-économique. Une initiative institutionnelle qui positionne l’Afrique comme acteur déterminant dans la sécurisation de son propre destin économique.

Joint-venture dans l’industrie de la défense: comment le nigérian Nigus International Investment Limited et l’émirien Elmirate Capital veulent contribuer à la souveraineté techno-défense du Nigéria

Le Nigeria franchit une étape majeure dans son autonomie stratégique avec la signature d’un protocole d’accord entre Nigus International Investment Limited, entreprise nigériane spécialisée dans la défense et l’aérospatial, et Elmirate Capital, société d’investissement basée aux Émirats arabes unis.

Doté d’un engagement financier prévisionnel de 200 millions de dollars, ce partenariat vise à établir une plateforme industrielle intégrée de défense et de hautes technologies via la nouvelle entité Nigus Tactical Systems Ltd.

L’initiative, structurée sous l’égide de la Defense Industries Corporation of Nigeria (DICON) et alignée sur la loi DICON 2023, cible trois piliers: la fabrication avancée locale (munitions, véhicules blindés, drones tactiques ISR), la cyberdéfense (cyber-polygones, résilience numérique) et les capacités spatiales (satellites d’observation terrestre, communications sécurisées). Une triple approche qui répond à l’ambition nigériane de réduire sa dépendance aux importations d’équipements sécuritaires tout en consolidant un écosystème industriel à haute valeur ajoutée.

L’impact stratégique d’une telle initiative dépasse les frontières nationales du Nigeria. En combinant transferts technologiques Sud-Sud/Nord-Sud et intégration régionale, le projet positionne le Nigeria comme futur hub africain pour les infrastructures critiques de sécurité, à l’instar du Maroc, le Rwanda, le Kenya et le Ghana. La synergie entre partenaires internationaux et leadership local vise explicitement à servir les priorités nationales et les besoins sécuritaires de la région ouest-africaine, marquant ainsi une avancée remarquable dans les politiques industrielles de souveraineté continentale.

Nigeria, Angola, Gabon, Congo, Libye, Algérie: les bénéficiaires inattendus des perturbations pétrolières au Moyen-Orient selon TotalEnergies

TotalEnergies vient de publier un communiqué portant sur l’impact du conflit au Moyen-Orient sur ses activités. Alors que la « supermajor » pétrolière mondiale confirme l’arrêt ou la réduction de sa production offshore au Qatar, en Irak et aux Émirats arabes unis (15% de sa production totale, 10% de sa trésorerie upstream), l’Afrique émerge comme une zone de résilience et de potentiel gain indirect. Aucun pays africain n’est directement touché par ces arrêts de production, soulignant la stabilité opérationnelle actuelle du continent dans le portefeuille du géant énergétique. Plus significativement, les pays producteurs africains où TotalEnergies est actif (Nigeria, Angola, Gabon, Congo, Libye, Algérie) sont positionnés pour bénéficier de la dynamique des prix déclenchée par le conflit.

Le communiqué de TotalEnergies publié le samedi 14 mars 2026 établit qu’une simple hausse de 8$/b du Brent suffit à compenser la perte de trésorerie liée aux actifs moyen-orientaux affectés. Une augmentation des cours, anticipée dans le contexte de tension, qui devrait donc renforcer les revenus d’exportation et potentiellement stimuler les investissements upstream en Afrique, sans perturbation physique rapportée sur les champs locaux. De plus, l’impact très limité des arrêts de GNL qatariens (seulement 2 Mt concernées, la majorité étant commercialisée par QatarEnergy) écarte tout risque notable pour les importateurs africains. TotalEnergies ne signale aucun risque matériel lié à l’Afrique dans sa surveillance du conflit, consolidant ainsi la position du continent comme un pôle stable et potentiellement gagnant dans l’équation énergétique mondiale perturbée. La croissance « accrétive » prévue en 2026, attendue majoritairement hors Moyen-Orient, pourrait ainsi inclure et bénéficier aux actifs africains de la compagnie.

Report de la CAN Féminine 2026: Et si l’Afrique ratait son premier grand test à 16 nations ?

La décision de la Confédération Africaine de Football (CAF) de reporter la Coupe d’Afrique des Nations Féminine (WAFCON) 2026, initialement prévue en mars-avril à juillet-août 2026, révèle des défis significatifs tout en soulignant des opportunités cruciales pour le sport continental. Le Maroc, pays hôte, est directement au cœur de cette décision, invoquant des « circonstances imprévues » non précisées par la CAF. Une opacité qui soulève des questions immédiates sur la gouvernance proactive et la communication transparente des instances sportives africaines face aux crises.

Le report, bien que perturbant pour les sélections qualifiées, offre cependant un délai précieux pour optimiser l’organisation du premier tournoi à 16 équipes, une expansion majeure symbolisant la volonté affichée de développer le football féminin. Un format élargi qui amplifie l’impact de la compétition, offrant une vitrine inédite à davantage de nations et renforçant sa légitimité comme tremplin essentiel vers la Coupe du Monde 2027. L’Afrique confirme ainsi l’importance stratégique de cette CAN Féminine via son rôle de qualification directe (4 places) et de repêchage intercontinental (2 places).

Si la collaboration affichée entre CAF, FIFA et partenaires commerciaux (TotalEnergies) est un signe positif de coopération internationale indispensable, le succès final dépendra de la capacité du Maroc et de la CAF à transformer ce délai en une préparation irréprochable et à lever rapidement le voile sur les raisons du report pour préserver la confiance des acteurs et du public africain.

Plan de rapatriement des djihadistes détenus en Irak. Du nouveau dans la démarche sécuritaire du Maroc

Le Maroc, confronté à l’héritage de la lutte contre l’État islamique (EI), élabore, selon Reuters, un plan sans précédent pour rapatrier ses ressortissants détenus en Irak, incluant combattants, femmes et enfants liés à l’EI. Une initiative qui fait suite au transfert par les États-Unis de 5 700 détenus adultes vers l’Irak après l’effondrement des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) en janvier 2026.

Les chiffres officiels révèlent l’ampleur du défi: sur 1 667 combattants marocains recensés en Syrie/Irak, 244 étaient détenus par les FDS, tandis que 269 femmes et 627 mineurs restent dans la zone de conflit. Depuis 2019, le Maroc a déjà jugé et condamné à de lourdes peines (13 à 18 ans) huit rapatriés, s’appuyant sur un arsenal juridique punissant de 10 ans d’emprisonnement l’engagement dans des groupes djihadistes étrangers.

Une démarche proactive, réclamée par l’Irak, qui distingue le royaume comme un acteur africain assumant ses responsabilités sécuritaires face à une menace transnationale. Elle témoigne d’une approche intégrée combinant répression pénale (via le Bureau Central d’Investigations Judiciaires, BCIJ, ayant démantelé des centaines de cellules depuis 2015) et gestion humanitaire complexe (femmes et enfants dans les camps). Le Maroc démontre ainsi sa capacité à piloter une réponse souveraine à un défi géopolitique majeur, renforçant son statut de pôle de stabilité en Afrique du Nord.

Crise au Moyen-Orient: grâce exceptionnelle jusqu’au 31 mars 2026. Comment la décision des Émirats Arabes Unis protège des milliers de résidents de la diaspora africaine

Face à la fermeture sans précédent de l’espace aérien moyen-oriental après les frappes iraniennes, les Émirats Arabes Unis viennent d’octroyer une période de grâce exceptionnelle jusqu’au 31 mars 2026. Une mesure humanitaire qui permet aux résidents bloqués à l’étranger avec un visa expiré depuis le 28 février de rentrer sans amendes ni perte de statut. Tous les pays africains ayant des ressortissants résidents légaux aux EAU sont concernés en droit, mais l’impact est massivement différencié selon la taille des diasporas et la dépendance aux liaisons aériennes via Dubaï/Abou Dhabi. L’Égypte, avec près de 400 000 résidents, la plus importante communauté africaine et bénéficiaire clé des transferts de fonds, est le pays le plus immédiatement et fortement touché. Le Soudan, l’Éthiopie et l’Érythrée, pourvoyeurs majeurs de main-d’œuvre transitant par Dubaï, sont aussi en première ligne. Le Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), dont les liaisons aériennes directes furent suspendues, et l’Afrique subsaharienne anglophone (Nigeria, Kenya, Afrique du Sud, Ghana…), très dépendante du hub de Dubaï pour ses connexions mondiales, sont également fortement concernés. Concrètement, cette mesure sauvegarde le statut migratoire légal des ressortissants, préserve les flux critiques de transferts de fonds, levier économique vital pour plusieurs pays africains, désengorge les services consulaires africains et sécurise le retour via les hubs aériens du continent (Casablanca, Lagos, Nairobi, Le Caire…). Elle consolide aussi la perception des EAU comme partenaire responsable auprès des gouvernements africains tributaires de l’emploi de leurs citoyens dans le Golfe et renforce la confiance des diasporas dans leur pays d’accueil.