Ericsson : En Afrique subsaharienne, la 5G devrait être multipliée par 15 d’ici 2031

Parallèlement au déploiement de la 5G, l’Afrique subsaharienne sera la seule région au monde où les abonnements 4G continueront à croître durant les six prochaines années. Ces deux générations permettront d’augmenter significativement le trafic de données mobiles dans la région. 

Le nombre d’abonnements aux réseaux de téléphonie mobile de cinquième génération (5G) en Afrique subsaharienne devrait passer de 27 millions en 2025 à 400 millions en 2031, enregistrant ainsi une croissance annuelle moyenne de 57% durant cette période, selon un rapport publié le jeudi 20 novembre par le géant suédois des équipements de télécommunications Ericsson.

Intitulé « Ericsson Mobility Report November 2025 », le rapport précise que les abonnements 4G devraient enregistrer une croissance moins soutenue de 3% en moyenne par an dans la région, passant de 490 millions cette année à 570 millions en 2031.

L’Afrique subsaharienne sera ainsi la seule région au monde où les abonnements 4G continueront à croître, au moment où la plupart des autres régions devraient connaître des baisses à deux chiffres de ce type d’abonnements ( -30% en Europe de l’Ouest, -29% en Chine, -27% dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe, etc.).

Parallèlement, le déclin des réseaux 3G devrait intervenir plus rapidement que celui des réseaux 2G. Le nombre d’abonnements 3G devant diminuer de 8 % en moyenne annuelle pour s’établir à 89 millions en 2031. Les abonnements 2G devraient, quant à eux, baisser de 7 % par an durant la période sous revue pour se situer à 243 millions.

En 2031, les abonnements 5G devraient représenter environ 31 % de l’ensemble des abonnements aux réseaux de téléphonie mobile contre 44 % pour la 4G.

Banque digitale : derrière la tech, un tout long chemin…

Depuis de l’avènement de l’informatique, l’industrie bancaire marocaine a connu plusieurs mutations qui ont transformés le métier. De la mécanographie au digital aujourd’hui, le changement est palpable.

Depuis son apparition, l’informatique à changer le monde. Il a fait basculer ce dernier d’une ère industrielle à un âge numérique. Mais comme Rome ne s’est pas construite en un jour : l’informatique telle qu’on le connaît aujourd’hui s’est construite sur de nombreuses années. Ainsi tel une révolution, cet outil à impulser la croissance de bien des secteurs en l’occurrence celui de la banque. Il a donc été un véritable catalyseur qui a changé au fil des années le visage de la banque. Au Maroc, le secteur n’est pas resté en marge de ces avancées technologiques. Ce dernier a subit de fond en comble toutes les transitions. « L’histoire de l’informatique au niveau de la banque marocaine à commencer par la mécanographie (c’était des fiches physique ou on enregistre les soldes clients). Et à cette époque, un centre mécanographique comprenait en général une trieuse, une interclasseuse et une tabulatrice programmable par câblage qui étaient opérées par des techniciens. Après on est passé au host système ; et nous avons commencé a développé les applications sur ça au niveau de la banque. Et à l’époque nous utilisons les cartes perforées comme supports de travail », souligne Idri Taibi , un ex ingénieur informaticien de la promotion des années 1976 de l’université de Bordeaux qui a bien voulu nous plonger dans ce passé plein de nostalgie. Et d’ajouter : « Au niveau des host, il y’avait que deux géants de l’informatique sur la place : IBM et Bull».  Après l’épisode des Host, le secteur a amorcé une autre évolution avec l’entrée de la micro-informatique dans les années 80. (Émergence des PC). « Et là au niveau de l’informatique en générale il y’a eu un véritable bon en avant.  On a commencé à avoir des PC avec des disques durs permettant de stocker plus de données. Et la micro-informatique avait deux modes clés d’utilisations : l’utilisation locale (les outils de bureautique) et l’utilisation à distance (se connecter avec le host à travers la ligne) », explique Taibi.  Par ailleurs, il faut souligner que l’un des faits marquant de ces différentes transitions a été essentiellement l’apparition d’internet (1994 -1995) qui a permis d’ouvrir les systèmes d’information vers l’extérieur. Cette innovation a un mot réinventé la relation des banques avec leurs clients. En claire, cet outil a permis aux banques de porter leurs systèmes informatiques vers leurs clients en supprimant plusieurs étapes t’intermédiations et en permettant la digitalisation de l’ensemble de leurs relations clients. Par conséquent, toutes ces évolutions ont permis au secteur bancaire de se développer ainsi que de mettre en place de nouveau produits (guichet automatique, transferts d’argents…) «Celle-ci s’est retrouver avec un nouveau visage. On est passé de la banque dépôt-retrait à la banque commerciale», commente l’ingénieur informatique. D’autre part, il faut également notifier que cette aventure a été soutenu par les banques. Les acteurs du secteur à l’époque non pas hésité à investir dans l’informatique. Pour la petite histoire, Feu Moulay Ali Kettani, Ex- PDG du groupe Attiajriwafa Bank avait à l’époque misé sur l’informatique. : Il nous a dit une fois dans un meeting : «moi je ne discute pas les factures de l’informatique. Je les signes les yeux fermés». Il a donc investi énormément sur le matériel, sur les ressources humaines, sur la communication, nous confie Taibi. Des années après, l’intérêt est toujours le même, voire plus important. C’est ainsi Khalid Ziani , expert en NTIC déclare : «Il représente entre 25 et 30% (d’investissement informatique et digital) de la totalité des coûts des banques y compris les  charges salariales, les coûts des ressources. Et dans la banque, l’investissement en informatique est une orientation stratégique de tous les dirigeants». Cependant, il faut quand même rappeler que le secteur bancaire a pu s’arrimer aux standards internationaux en raison des réformes profondes qui ont été opérées à l’aune des années 80.

Banque : les réformes tournées vers le progrès

Le Maroc a engagé d’importantes réformes structurelles afin de jeter les bases d’une croissance économique forte et durable. C’est en ce sens que le secteur bancaire, a été placé au centre de cette dynamique de réformes, compte tenu de son rôle clé en matière de renforcement de la croissance. En effet, ces réformes avaient pour objectif de faire converger la règlementation marocaine en la matière vers les standards internationaux. Ainsi ont été introduits, dans le cadre de la loi bancaire de 1993, le désencadrement du crédit, la suppression progressive des emplois obligatoires, la libéralisation des taux d’intérêts débiteurs en 1996 et, la même année, le lancement d’un marché des changes interbancaire.

A partir de 2000, un nouveau plan comptable pour les établissements de crédit a été adopté. Cette libéralisation de l’activité bancaire s’est réalisée dans un cadre prudentiel renforcé (notamment en matière de classification des créances douteuses à provisionner) que le système bancaire a globalement su intégrer, exception faite des anciens organismes financiers spécialisés. Le marché financier, quant à lui, après sa modernisation par une batterie de mesures durant les années 1993, a connu, en 2004, une mise à jour de son infrastructure et de ses règles de fonctionnement et un renforcement des pouvoirs de l’autorité de marché. De plus,  en 2006, la promulgation de la nouvelle loi bancaire a apporté deux éléments fondamentaux que sont d’une part, des nouvelles règles prudentielles dans le cadre de Bâles  II qui sont plus qualitatives et spécifiques et qui nécessitent le recours à de nouveaux profils en matière de ressources humaines et à des moyens techniques sophistiqués et d’autre part, l’autonomie de la banque centrale, seule institution chargée de veiller à la régulation et à la surveillance du système bancaire et de conduire la politique monétaire.  

Pour rappel, il convient de souligner qu’entre 2006 et 2007, la totalité des banques marocaines ont commencée véritablement a s’équipé sur le plan matériel, technique et au niveau des ressources humaines afin de respecter les nouvelles normes prudentielles adoptées par Bâle II. Ces nouvelles normes devaient avoir pour conséquences l’instauration de nouveaux rapports entre la banque et sa clientèle. 

Zoom les grandes dates de l’informatique de BCP

  • 1989 : Lancement de la 1ère version de MANSOUR, système d’information Agence, développé en interne, permettant une réplication en quasi-temps réel entre l’agence et le système Central (une 1ère au Maroc).
  • 1990 – 1993 : Autres versions de MANSOUR avec des fonctionnalités plus étoffées et une couverture plus large. 
  • 2008 : déploiement d’un nouveau portail agence Mansour basé sur un client léger.
  • 2000 : Lancement du service « Chaabi Mobile », le service d’alerte SMS (solde du compte et opérations sur le compte), pour les clients en France.
  • 2001 : Généralisation de « Chaabi Mobile » à tous les clients et lancement, pour la 1ère fois au Maroc, de la 1ère version de banque en ligne « Chaabi Net » avec des services de consultation.
  • 2003 : Lancement des premiers services transactionnels au niveau de « Chaabi Net ».
  • Juin 2009 : lancement du premier service de « m-paiement » au Maroc. Ce service baptisé « e-khlass » permet au petit commerce de payer en temps réel via son GSM les produits Lesieur au Vendeur, et ce, dès leur livraison.
  • 2010 : Lancement du service « e-bl@di », le service permettant aux MDM de transférer de l’argent par internet 24h/24 et 7j/7.
  • Juin 2011 : lancement pour la 1ère fois au Maroc du service « Cash Emergency » qui consiste à envoyer de l’argent, depuis un mobile ou un GAB, récupérable sur tous les GAB Banque Populaire 24h/24 et 7j/7 sans carte et sans compte.
  • Septembre 2011 : lancement du service « e-bl@di hissab », le service permettant aux MDM d’ouvrir un compte à distance.
  • 2016 : débuts de la transformation digitale, revue de l’organisation des équipes, création de la filiale PCA, présence des métiers et co-construction avec les clients, feedback terrain pris en charge régulièrement et cycle court de mise sur le marché.  Revue de la gestion de la relation client via, entre autres, une conduite du changement au niveau de la force de vente et changement de mindset. Lean Management.
  • La composante technologique est de moins en moins interpelée pour laisser la place aux usages (le digital est un usage, non une technologie).
  • Exploitation du potentiel de la data.
  • Pull technologie : Définir les besoins informatiques à partir des besoins métiers / clients.
  • 2017 :
  • Concept de l’agence Digitale
  • Parcours d’entrée en relation, pour la 1ère fois au Marocavec signature électronique, avec mobilité (tablette) au Maroc et à l’étranger.
  • Nouveau portail de banque en ligne Chaabinet 
  • 2018 :
  • Parcours de crédit immobilier 
  • Application BPay pour le paiement mobile : 1ère appli de mobile payment au Maroc avril 2018
  • 2019 :
  • Nouvelle application mobile Pocket Bank
  • +1M de téléchargements
  • Note 4,5
  • Services innovants : smart horse, assistant vocal, Authentification Face ID et Finger Print…
  • 2020
  • Parcours de crédit à la consommation sur Pocket Bank.

Pour la 1ère fois au Maroc, parcours d’ouverture de compte 100% en ligne pour les MDM avec visio-conférence et signature électronique

Marchés africains | Aliments pour bébés : Nestlé accusé de tromperie sur marchandise

Une enquête publiée par Public Eye relance le débat sur les pratiques de Nestlé en matière d’alimentation infantile en Afrique. L’ONG suisse a déclaré, mardi 18 novembre, que la multinationale propose sur le continent des céréales pour bébés contenant des niveaux élevés de sucres ajoutés, alors que les produits équivalents vendus en Europe n’en contiennent pas.

Nestlé rejette ces accusations et affirme se conformer à toutes les réglementations en vigueur.

Ce n’est pas la première fois que l’ONG suisse aborde ce problème. L’an dernier, elle avait publié un rapport révélant la présence de quantités importantes de sucres ajoutés dans des marques phares telles que Nido et Cerelac, exportées vers les pays les moins avancés d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, alors que les mêmes produits destinés à l’Europe n’en contenaient pas.

Selon l’enquête, Public Eye et ses partenaires ont acheté une centaine de produits Cerelac dans vingt pays africains, puis les ont fait analyser par Inovalys, un laboratoire français spécialisé dans l’agroalimentaire.

Comment Ecobank s’impose face aux géants bancaires anglophones

Dans un paysage bancaire africain dominé depuis deux décennies par les mastodontes anglophones, Ecobank Transnational Incorporated (ETI) affiche une trajectoire ascendante qui bouleverse les équilibres régionaux.

Présent dans 33 pays, le groupe panafricain a gagné plusieurs places dans le classement des banques les plus performantes du continent, confirmant une dynamique que peu d’acteurs francophones avaient réussi à enclencher jusqu’ici. Au-delà de la communication institutionnelle, cette progression repose sur une stratégie méthodique, calibrée sur l’intégration régionale, la consolidation opérationnelle et une accélération digitale désormais au cœur de son modèle.

Un modèle panafricain devenu un avantage stratégique

L’une des forces d’Ecobank réside dans une implantation géographique unique. Avec le réseau le plus étendu d’Afrique subsaharienne, la banque bénéficie d’un socle permettant de mutualiser ses plateformes techniques, ses solutions de paiements et ses infrastructures de trésorerie. Cette architecture lui confère des effets d’échelle rares : coûts rationalisés, gestion des risques uniformisée, offre unifiée pour les entreprises opérant sur plusieurs marchés. Dans les classements récents, Ecobank s’est distingué par son efficacité opérationnelle : 5ᵉ en rentabilité et 9ᵉ en rendement des actifs (ROA). Des indicateurs qui traduisent une montée en puissance maîtrisée et un repositionnement crédible face aux groupes nigérians ou sud-africains, traditionnellement dominants. En chiffre, Son taux de créances non performantes est, lui, passé de 6,6 % à 5,7 % entre les premiers semestres 2024 et 2025. En parallèle, le groupe a signé un partenariat avec Google, en juillet, en vue d’utiliser l’IA pour certaines tâches répétitives. Il s’est également concentré sur l’automatisation de l’évaluation  du risque de crédit afin de gagner encore en rentabilité.

Consolidation avant expansion : une rupture avec l’ancienne doctrine

Contrairement aux logiques d’expansion agressive adoptées par plusieurs banques africaines au début des années 2010, Ecobank a recentré son effort sur les marchés où il dispose déjà de leviers solides.

Cette stratégie de consolidation présente trois avantages majeurs :

  • Optimisation des marges avant tout nouvel investissement régional.
  • Stabilisation du risque opérationnel, un enjeu critique dans un réseau multi-pays.
  • Renforcement de la qualité des actifs, indispensable dans un contexte bancaire de plus en plus régulé.

Loin d’une contraction défensive, cette méthode s’apparente à une phase de durcissement structurel, préalable à une expansion plus sélective et mieux financée.

Le digital comme moteur de compétitivité

L’autre pilier clé de la transformation du groupe est technologique.

Dans un continent où l’interopérabilité, les transactions transfrontalières et le mobile-money redéfinissent les usages, Ecobank a fait du digital un différenciateur stratégique, et non un simple outil complémentaire.

Le groupe mise aujourd’hui sur :

  • une plateforme unifiée pour les paiements régionaux,
  • des solutions de gestion de trésorerie adaptées aux multinationales africaines,
  • une infrastructure technologique harmonisée d’un pays à l’autre.

Résultat : réduction des coûts, accélération du traitement des transactions et montée en gamme sur les services à valeur ajoutée, d’où une place renforcée dans les secteurs corporate et PME internationales.

Des performances financières qui confortent le repositionnement

Cette transformation interne se lit dans les comptes du groupe : coûts sous contrôle, productivité améliorée, rentabilité consolidée.

Dans un contexte où plusieurs banques panafricaines naviguent difficilement entre inflation, volatilité des devises et durcissement règlementaire, Ecobank apparaît comme l’un des rares groupes à réussir à convertir son modèle multi-pays en avantage compétitif.

La diversification géographique protège le groupe des chocs locaux, tandis que l’ancrage digital réduit la dépendance historique au réseau physique, coûteux et complexe.

Des risques toujours présents, mais mieux maîtrisés

Malgré cette dynamique, les défis structurels demeurent :

  • Régulations hétérogènes selon les pays
  • Concurrence croissante des banques nigérianes (UBA, Access Bank, FirstBank)
  • Pression des fintechs locales et régionales
  • Risques liés au taux de change et aux environnements macro-économiques fragiles

Mais Ecobank aborde ces défis avec un modèle restructuré et une gouvernance davantage orientée vers la performance et la discipline opérationnelle. Loin d’un simple effet de cycle, la progression d’Ecobank s’inscrit dans une stratégie pensée sur le long terme : consolider, digitaliser, standardiser, avant d’étendre.

En s’appuyant sur une plateforme unique sur le continent et une architecture technologique transfrontalière, la banque panafricaine se positionne comme un challenger sérieux des géants anglophones, capable de rééquilibrer le rapport de force dans la finance africaine.

Son évolution sera l’un des marqueurs à suivre dans la reconfiguration actuelle du secteur bancaire sur le continent.

Financements des startups au Moyen-Orient et en Afrique du Nord 

Le Maroc a maintenu sa dynamique avec 12,3 millions de dollars levés en trois levées de fonds…

Le financement des start-ups dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord a enregistré une hausse annuelle de 395 % en octobre, témoignant de la confiance continue des investisseurs, selon le rapport mensuel de Wamda. Les 784,9 millions de dollars récoltés au cours du mois représentent toutefois une baisse de 77 % par rapport au record de 3,5 milliards de dollars atteint en septembre. Le financement par emprunt est resté prédominant en octobre, représentant 567,8 millions de dollars (soit 72 %) du financement total réparti sur quatre opérations. Les actions et autres instruments d’investissement ont permis de lever collectivement 217 millions de dollars. Ces chiffres mettent en évidence une dépendance croissante à l’égard du capital d’emprunt, notamment parmi les jeunes entreprises en phase de développement avancé et à forte intensité capitalistique. Les Émirats arabes unis ont dominé le financement total, obtenant 615,7 millions de dollars répartis sur 15 opérations, principalement grâce à la levée de fonds de 525 millions de dollars de Property Finder. L’Arabie saoudite a suivi avec 119,3 millions de dollars provenant d’un nombre égal de transactions, tandis que l’Égypte a enregistré un rebond notable, levant 33,3 millions de dollars grâce à cinq opérations – dépassant ainsi son total du troisième trimestre de 22,3 millions de dollars provenant de 22 start-ups. Le Maroc a maintenu sa dynamique avec 12,3 millions de dollars levés en trois levées de fonds. Le secteur des technologies immobilières s’est imposé comme le plus financé en octobre, récoltant 526 millions de dollars, provenant presque entièrement de la transaction Property Finder. Les startups de logiciels en tant que service (SaaS) ont suivi avec 60 millions de dollars, tandis qu’une seule transaction dans le domaine des technologies de jeux a rapporté 41,6 millions de dollars. Le secteur de la fintech, malgré le maintien du plus grand nombre d’opérations avec sept levées de fonds, est tombé à la neuvième place en termes de valeur avec 12,5 millions de dollars levés. Les jeunes pousses en phase d’amorçage ont dominé l’activité d’investissement, avec 32 levées de fonds — y compris les subventions et les séries A — qui ont permis de lever collectivement 95,2 millions de dollars.

Une révolution numérique bâtie sur des clics malgaches

À écouter les discours des géants de la tech, l’intelligence artificielle serait une épopée de serveurs, d’algorithmes et d’ingénieurs surpayés en Californie. Mais derrière les modèles de langage, les systèmes de reconnaissance d’images ou les algos qui recommandent des produits, il y a une main-d’œuvre très humaine, très jeune… et très peu visible. À Madagascar, cette « armée de l’ombre » compte désormais des dizaines de milliers de personnes, dont une majorité de jeunes diplômés, payés au clic pour entraîner les IA du monde entier. 

Depuis quelques années, l’île de l’océan Indien est devenue un véritable back-office francophone de l’intelligence artificielle : de grandes entreprises françaises, dont des groupes du CAC 40 comme L’Oréal, des banques et des cabinets de conseil, externalisent une partie de leurs tâches d’annotation et de contrôle de qualité des IA à Antananarivo et dans d’autres villes du pays.    C’est là que se jouent, loin des projecteurs, des journées de travail faites de milliers de clics, de boîtes à tracer autour de visages, de contenus violents à modérer et de réponses d’IA à corriger.

Madagascar, nouveau hub francophone de la sous-traitance numérique

Madagascar s’est d’abord imposée comme plateforme d’offshoring classique : centres d’appels, back-office, traitement de données, services multilingues. Sa population jeune, largement francophone, et des coûts salariaux très bas en font une destination privilégiée pour les entreprises européennes à la recherche de main-d’œuvre qualifiée à moindre coût. 

Sur cette base, une nouvelle branche s’est greffée : l’annotation de données pour l’IA. Des sociétés spécialisées se sont installées ou structurées sur place, proposant des services de labellisation d’images, de transcription audio, de classification de textes ou encore d’évaluation de contenus générés par l’IA.    Certaines parlent d’emplois « stables et bien rémunérés » et revendiquent un impact positif sur l’économie locale, en créant des postes pour des jeunes diplômés confrontés à un chômage de masse. 

Pour les donneurs d’ordre européens, Madagascar offre un triptyque attractif :

  • Langue française et bonne compréhension des référentiels européens ;
  • Coûts compressés, largement inférieurs à ceux de la France ou même d’autres hubs africains ;
  • Flexibilité extrême, avec une main-d’œuvre facilement mobilisable en horaires étendus et sur des tâches répétitives. 

Visages d’une nouvelle génération de « data workers »

Derrière les plateaux d’open space et les noms un peu obscurs des sociétés d’outsourcing, ce sont surtout de jeunes Malgaches, formés et connectés, qui tiennent la souris. Une enquête récente estime qu’environ 75 % des annotateurs de données à Madagascar ont suivi des études universitaires.    Beaucoup rêvaient d’ingénierie, de finance, de communication ; ils se retrouvent à découper des images ou à classer des contenus pour entraîner des modèles d’IA qu’ils ne verront jamais. Leur quotidien, tel que l’ont documenté plusieurs recherches et reportages, est fait de micro-  tâches très précises : repérer des feux rouges sur des images pour la voiture autonome, transcrire des conversations téléphoniques pour améliorer la reconnaissance vocale, signaler des propos haineux dans des flux de commentaires, comparer deux réponses d’IA et choisir la plus pertinente. 

Une journée type ? Un écran, un casque, un logiciel d’annotation. Des objectifs de productivité à atteindre, mesurés en nombre d’images labellisées ou de phrases corrigées. Des consignes strictes pour respecter les guidelines du client – souvent une plateforme américaine ou une grande entreprise européenne – et des contrôles de qualité permanents, avec des pénalités si le taux d’erreur dépasse un certain seuil. 

Entre opportunité d’emploi et précarité organisée

Sur le papier, ces emplois offrent une planche de salut. Dans un pays où une majorité de jeunes peinent à trouver un travail formel, l’annotation de données apporte un salaire régulier, l’accès à un ordinateur, une certaine familiarité avec les outils numériques. Des entreprises d’outsourcing mettent en avant la création de « milliers d’emplois » et se posent en moteur d’inclusion digitale. 

Mais les études de terrain nuancent fortement ce récit optimiste. Les rémunérations restent modestes, parfois au niveau ou à peine au-dessus du salaire minimum local, alors même qu’il s’agit d’un travail hautement stratégique pour des IA qui génèrent des milliards de dollars de valeur. Des enquêtes montrent que beaucoup de data workers sont payés à la tâche, soumis à de fortes variations de revenu, et déclarent des conditions de travail fatigantes : longues heures devant l’écran, exposition répétée à des contenus choquants, pression constante sur les indicateurs de performance.  Dans certains cas extrêmes, documentés par des ONG et des chercheurs, des travailleurs vivent entassés dans des logements collectifs pour assurer une présence 24h/24 sur des systèmes présentés comme entièrement « automatisés ». Un exemple souvent cité concerne une équipe en charge de la surveillance vidéo de magasins en Europe : officiellement, l’algorithme repère les vols à l’étalage ; en réalité, des opérateurs humains à Madagascar surveillent en continu les écrans et déclenchent l’alerte. 

Une chaîne de sous-traitance aussi opaque que sophistiquée

L’une des caractéristiques les plus troublantes de cette économie est sa structure en cascade. Entre le géant de la tech ou le groupe du CAC 40 qui a besoin de données annotées et le jeune Malgache qui clique huit heures par jour, il y a souvent plusieurs intermédiaires : plateformes de micro-travail globales, sociétés d’outsourcing, sous-traitants locaux, parfois même des freelances qui organisent des « teams ». Les projets de recherche internationaux, comme HUSH (« The Human Supply Chain Behind Smart Technologies »), ont montré que la valeur produite par ces micro-travailleurs est captée très loin de là où le travail s’effectue. Madagascar apparaît régulièrement dans ces études comme un nœud stratégique de la chaîne de valeur de l’IA francophone : certains chercheurs citent même des responsables de la tech française affirmant que « Madagascar est le leader de l’IA française » – non pas parce qu’on y conçoit les modèles, mais parce qu’on y produit la masse de données qui les alimente. Pour les jeunes Malgaches, cette organisation très éclatée rend difficile toute revendication : ils n’ont quasiment jamais accès au client final, ne connaissent que la couche immédiatement supérieure, et se retrouvent dans une zone grise en termes de droits, de protection sociale ou de représentation collective. 

Promesse de montée en compétences ou nouveau « colonialisme numérique » ?

La présence de ces activités d’IA à Madagascar pose une question centrale : s’agit-il d’un tremplin vers une économie numérique plus sophistiquée, ou bien d’une nouvelle forme de dépendance, où le pays reste cantonné aux tâches répétitives à faible valeur ajoutée ? D’un côté, l’implantation de sociétés spécialisées crée un écosystème : infrastructures, accès à des outils avancés, transfert minimal de compétences, opportunités de carrière pour certains profils (chefs d’équipe, référents qualité, formateurs). Des acteurs économiques locaux défendent l’idée qu’à terme, Madagascar pourrait devenir un hub technologique francophone, capable non seulement d’annoter, mais aussi de développer des solutions d’IA à façon. De l’autre, la structuration actuelle du marché ressemble fortement à un « colonialisme numérique » : les décisions stratégiques, les technologies clés et l’essentiel de la valeur ajoutée restent au Nord, tandis que le Sud fournit une main-d’œuvre abondante et peu coûteuse pour exécuter les tâches les plus ingrates. Les enquêtes sur les inégalités globales liées à l’IA montrent que ce schéma se répète entre différents pays du Sud (Venezuela, Brésil, Madagascar) et les économies riches qui pilotent les plateformes. 

Vers des droits pour les « petites mains » de l’IA ?

La question n’est plus seulement morale, elle devient politique. Des syndicats, ONG et instituts de recherche européens ont commencé à documenter les conditions de travail des data workers et à réclamer davantage de transparence sur les chaînes de sous-traitance de l’IA : qui entraîne quoi, où, pour quel salaire, sous quel statut ? 

Plusieurs pistes émergent :

  • Intégrer explicitement les travailleurs de la donnée dans les discussions sur une IA « responsable » et « éthique » ;
  • Imposer aux grandes entreprises des obligations de diligence raisonnable sur leur chaîne de valeur numérique, au même titre que sur leurs chaînes d’approvisionnement industrielles ;
  • Soutenir, à Madagascar, la formation, la montée en compétences et l’émergence de structures locales capables de négocier davantage de valeur. 

Pour l’instant, la plupart des jeunes Malgaches qui « entraînent » les IA n’apparaissent ni dans les rapports annuels des groupes, ni dans les discours enflammés sur l’innovation. Ils sont la face cachée d’une révolution technologique qui se nourrit de leurs clics. Reconnaître leur rôle, rendre visibles leurs conditions de travail et leur permettre de peser dans la négociation, c’est une condition pour que l’IA ne soit pas seulement une histoire de gain de productivité, mais aussi un levier de justice sociale – à Madagascar comme ailleurs.

La BAD rencontre les marchés boursiers du continent

Le Groupe de la Banque africaine de développement a entamé, mardi à Abidjan, une série de réunions de haut niveau avec les institutions africaines de financement du développement et les partenaires financiers du secteur privé afin de forger un plan historique pour une nouvelle architecture financière africaine, conçue pour combler le déficit de financement nécessaire pour répondre aux besoins de développement du continent.

À l’invitation du président de l’institution panafricaine, plus d’une cinquantaine de représentants de banques régionales et continentales et d’institutions de financement du développement sont réunis au siège du Groupe de la Banque, les 18 et 19 novembre, pour des discussions que M. Ould Tah a qualifiées de vitales pour le destin du continent.

« En tant qu’architectes des marchés de capitaux africains, vous êtes les gardiens des institutions financières et les catalyseurs de l’avenir de notre continent », a déclaré le président Ould Tah au début de la première session journalière à laquelle participaient les responsables des bourses de valeurs mobilières, des fonds de capital-investissement et des fonds de capital-risque africains.

Cette réunion, la première du genre entre le Groupe de la Banque et les marchés boursiers d’Afrique, vise à examiner leur rôle dans le financement à long terme, en mettant un accent particulier sur la réforme de la mobilisation des capitaux en Afrique. Félix Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’Afrique de l’Ouest (BRVM), a salué la tenue d’une telle réunion, soulignant la nécessité d’une transformation profonde.

« Des écarts existent entre les besoins de financement et les ressources disponibles, mais nous devons réfléchir aux réformes nécessaires pour parvenir à la capitalisation des fonds de pension africains. En effet, ces derniers ont été créés à l’origine pour financer les gouvernements », a fait remarquer M. Amenounve.

Les principales institutions financières du continent représentées aux réunions d’aujourd’hui comprennent le Projet de liaison des bourses africaines (AELP), les marchés boursiers du Rwanda, du Mozambique, du Cabo Verde, de Nairobi et de Tunis, la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’Afrique de l’Ouest (BRVM), le directeur régional de la Bourse de l’Afrique centrale, les marchés boursiers de Casablanca et du Ghana.

Cameroun : Afreximbank garantit un prêt de 275 millions USD

Dans sa note de conjoncture sur la dette publique du Cameroun publiée à fin septembre 2025, la Caisse autonome d’amortissement (CAA) révèle que le Cameroun a levé 159 milliards de FCFA (275 millions USD) auprès de banques locales, grâce à une garantie partielle ou totale de l’African Export-Import Bank (Afreximbank), sans précision des prêteurs. 

Le chinois Sinopec va construire en Algérie une unité d’hydrotraitement de naphta lourd à 437 millions $

Les raffineries de pétrole de Sonatrach couvrent totalement les besoins du marché algérien en carburants depuis 2020. La nouvelle unité d’hydrotraitement de naphta lourd permettra d’augmenter davantage la capacité de production d’essence du pays.

Sonatrach a signé le lundi 17 novembre un contrat avec Sinopec Guangzhou Engineering, pour la construction d’une unité d’hydrotraitement de naphta lourd au niveau de sa raffinerie située dans la ville d’Arzew, au Nord-Ouest de l’Algérie. Ce contrat clé en main de type « ingénierie, approvisionnement, construction et mise en service (EPCC) » a été signé à Alger par Slimane Slimani, vice-président de la compagnie pétrolière publique algérienne chargé du segment raffinage et pétrochimie, et Wang Xiaowei, vice-président de la société chinoise.

Pour rappel, le coût de l’infrastructure prévue sur une superficie de 5 hectares et dont la construction devrait durer 30 mois, est estimé à 57 milliards de dinars algériens (environ 437 millions USD). L’unité présentera une capacité de traitement de 738 000 tonnes de naphta lourd par an, ce qui doit permettre de faire passer la capacité de production annuelle d’essence de la raffinerie d’Arzew de 550 000 à 1,2 million de tonnes. 

L’hydrotraitement de naphta lourd est un procédé de raffinage de ce produit issu de la distillation du pétrole, qui utilise de l’hydrogène pour éliminer les impuretés comme le soufre et l’azote. Cette étape est essentielle pour le purifier et le préparer à des utilisations ultérieures, principalement l’alimentation de l’unité de reformage catalytique qui le transforme en essence de haute qualité.

DAMANE CASH and Yassir Join Forces to Boost Digital Payments in Morocco


Damane Cash partners with Yassir to streamline financial flows for thousands of drivers and couriers across Morocco, reinforcing the country’s shift toward digital payments. Through this alliance, Damane Cash leverages its payment expertise, cash-flow management technology and nationwide network to offer Yassir users faster, safer and more accessible payment solutions — enabling them to receive and manage their earnings easily, anywhere in the country. By teaming up with Yassir, Damane Cash reaffirms its role as a catalyst for payment transformation and financial inclusion in Morocco.