Les 10 pays africains les plus prêts pour l’investissement et l’évolution des véhicules électriques

Souvent négligée dans les perspectives mondiales sur les véhicules électriques, l’Afrique se positionne rapidement comme un acteur clé, à la fois comme un marché en pleine expansion pour la mobilité électrique et comme source de minéraux essentiels pour les batteries.

Face à la volatilité des prix mondiaux du pétrole et aux objectifs ambitieux de décarbonation à l’échelle mondiale, plusieurs pays africains mettent en œuvre des politiques proactives et s’affirment comme une destination d’investissement attractive. Parallèlement, la demande croissante des classes moyennes, tant étrangères que locales, stimule l’industrialisation en Afrique du Nord et australe, tandis que des solutions de mobilité à bas coût et à grande échelle transforment le secteur des transports ailleurs sur le continent.

Selon Mordor Intelligence, le marché africain des véhicules électriques devrait connaître une croissance fulgurante, passant d’environ 0,45 milliard de dollars en 2025 à plus de 4,2 milliards de dollars d’ici 2030. Cela représente un taux de croissance annuel composé de 56,3 %. Cette croissance repose sur deux atouts majeurs : les capacités industrielles et les ressources minières. Ensemble, ces deux éléments constituent une stratégie d’investissement à double avantage très prometteuse.

Voici dix pays africains présentant le plus fort potentiel d’investissement et de développement des véhicules électriques.

1. Afrique du Sud : Porte d’entrée du secteur manufacturier

L’Afrique du Sud, première économie industrialisée du continent et berceau d’un secteur automobile historique, constitue un pôle naturel pour le développement des véhicules électriques. Parallèlement, son secteur automobile très développé, qui contribue à plus de 7 % de son PIB, opère une transition cruciale pour favoriser l’adoption des véhicules électriques.

  • Potentiel clé : Le gouvernement a mis en place une mesure incitative majeure : une déduction fiscale de 150 % sur les investissements éligibles dans les infrastructures de production de véhicules électriques et à hydrogène. Cette mesure, promulguée et applicable à compter de mars 2026, vise à mobiliser des milliards d’euros de financements privés en subventionnant les dépenses d’investissement liées à la construction de nouveaux bâtiments, usines et machines.
  • Axe d’investissement : se concentrer sur l’assemblage local, la fabrication de batteries et la fourniture de composants de pointe pour desservir les marchés d’exportation nationaux et internationaux (en particulier l’UE et le Royaume-Uni).

2. Maroc : Le pionnier de la production

Le Maroc est sans doute le pays le plus avancé en matière de transition vers la production de véhicules électriques, se positionnant ainsi comme une porte d’entrée vers le marché européen. Il a su attirer des entreprises telles que BYD, Tesla , Stellantis et Gotion High-Tech Co., qui a investi 5,6 milliards de dollars dans une gigafactory de batteries d’une capacité annuelle de 100 gigawatts (GWh).

  • Atouts majeurs : Grâce à un soutien gouvernemental important, le Maroc attire les grands constructeurs et équipementiers automobiles mondiaux. Il dispose d’une base industrielle solide et d’un objectif stratégique : produire jusqu’à 100 000 véhicules électriques d’ici 2025, parallèlement à la mise en place d’usines de batteries.
  • Angle d’investissement : Production et assemblage axés sur l’exportation, tirant parti de sa proximité avec l’Europe et de son écosystème automobile existant.

3. Égypte : Le lien nord-africain

Plus à l’est, l’Égypte, forte de sa population nombreuse et d’un gouvernement soucieux de réduire les émissions de carbone et les subventions aux carburants, encourage activement la mobilité électrique. Le gouvernement a fait de l’électrification rapide des transports publics une priorité afin de lutter contre la forte pollution atmosphérique au Caire et à Alexandrie.

  • Atouts majeurs : partenariats stratégiques avec des entreprises chinoises pour la production de bus électriques, programme de financement pour faciliter l’accès des consommateurs aux véhicules électriques, base industrielle solide et projets ambitieux de développement des infrastructures. L’Égypte vise une part de 65 % d’industrialisation dans sa chaîne de valeur de fabrication de véhicules électriques d’ici 2030.
  • Axe d’investissement : Électrification des transports publics (bus et taxis) et déploiement d’infrastructures de recharge dans ses principaux centres urbains.

4. Kenya : Leader en matière de motos et tuk-tuks électriques

Le potentiel du Kenya en matière de véhicules électriques repose sur son écosystème innovant et local, axé sur les deux-roues et les trois-roues, qui constituent l’épine dorsale de ses transports publics et commerciaux. Ce segment attire l’attention des investisseurs, et des start-ups spécialisées dans les deux-roues comme ARC Ride , BasiGo et Enzi Mobility bénéficient d’importants investissements directs étrangers.

  • Atouts majeurs : Des objectifs politiques ambitieux, notamment celui de faire en sorte que 5 % des nouveaux véhicules immatriculés soient électriques d’ici 2025. De plus, le Code national du bâtiment de 2024 impose désormais à tous les nouveaux bâtiments commerciaux de réserver au moins 5 % de leurs places de stationnement à l’infrastructure de recharge pour véhicules électriques, garantissant ainsi un niveau d’investissement minimum. On observe également une réduction des droits d’importation sur les véhicules électriques et une priorité accordée à l’assemblage local et aux systèmes d’échange de batteries.
  • Angle d’investissement : Technologie d’échange de batteries et assemblage local de motos électriques (Boda-Bodas) et de tuk-tuks , impulsés par de nombreuses start-ups locales.

5. Rwanda : un pays innovant grâce à des politiques publiques

Malgré sa taille, le Rwanda se distingue par la création d’un environnement politique parmi les plus favorables à la mobilité électronique en Afrique.

  • Potentiel clé : Dans le cadre de la Stratégie nationale de transformation (NST2), le gouvernement offre des allégements fiscaux importants, notamment l’exonération de TVA, de droits d’importation et d’accise sur les voitures électriques, les pièces détachées et les équipements de recharge. Le pays constitue un terrain d’expérimentation pour des modèles commerciaux innovants tels que les stations de recharge ultra-rapide. À titre d’exemple, le Rwanda abrite Ampersand , qui a récemment ouvert son réseau d’échange de batteries aux fabricants internationaux.
  • Axes d’investissement : Logistique, électrification des flottes et développement des infrastructures et services de recharge dans un environnement réglementaire favorable.

6. Nigéria : Le géant de l’Afrique de l’Ouest

Le Nigéria est le nouveau venu de taille dans ce classement, avec un taux d’adoption en forte croissance, notamment dans les segments des motos et tricycles électriques. L’adoption récente de la loi sur la transition vers les véhicules électriques et la mobilité verte, prévue fin 2025, a permis au pays de passer d’un intérêt passif à une industrialisation dynamique.

  • Potentiel clé : Le projet de loi de 2025 impose aux constructeurs automobiles étrangers d’établir des usines d’assemblage locales dans un délai de trois ans et de s’approvisionner localement pour au moins 30 % des composants d’ici 2030. Avec environ 15 000 à 20 000 véhicules électriques déjà en circulation, le marché nigérian devrait croître de 6,8 % par an jusqu’en 2031, selon Climate Scorecard .
  • Axes d’investissement : Services d’importation, de distribution et de maintenance pour les deux-roues et les trois-roues électriques, et investissement dans des solutions de recharge alimentées par des énergies renouvelables.

7. L’Éthiopie : un acteur politique audacieux

L’Éthiopie a profondément transformé son marché grâce à une mesure politique unique et radicale : l’interdiction d’importer tous les véhicules à moteur à combustion interne non électriques. Cette politique a immédiatement engendré une demande de véhicules électriques, faisant du pays l’un des marchés de véhicules électriques à la croissance la plus rapide du continent.

  • Potentiel clé : Cette interdiction, motivée par la nécessité de réduire les importations coûteuses de combustibles fossiles et de tirer parti de son important potentiel hydroélectrique, crée une demande garantie de véhicules électriques. L’effet a été immédiat et spectaculaire : selon EV24.africa , les immatriculations de véhicules électriques devraient représenter plus de 60 % des ventes de véhicules neufs début 2025. Le marché africain des véhicules électriques devrait ainsi afficher la croissance la plus rapide d’Afrique, avec un TCAC de 58,92 % jusqu’en 2030, d’après Mordor Intelligence .
  • Angle d’investissement : Production et assemblage locaux immédiats pour répondre à la demande induite par les politiques publiques, en tirant parti de l’importante capacité hydroélectrique à faible coût de l’Éthiopie.

Les géants des minéraux et de la chaîne de valeur

Les trois pays suivants sont essentiels non seulement pour l’adoption des véhicules électriques, mais aussi pour leur rôle dans la chaîne de valeur mondiale des batteries pour véhicules électriques. Les investissements y sont axés sur le traitement et la valorisation des minéraux.

8. 🇨🇩 République démocratique du Congo (RDC)

La RDC occupe une position stratégique et non négociable dans la transition mondiale vers les véhicules électriques.

  • Potentiel clé : La RDC possède environ 48 % des réserves mondiales prouvées de cobalt , selon l’Observatoire africain des minéraux verts. Elle représente 70 % de la production mondiale de cobalt et est un important producteur de cuivre, deux composants essentiels des batteries.
  • Perspective d’investissement : Passer de l’exportation de matières premières à la transformation et au raffinage locaux du cobalt et du cuivre afin de créer une chaîne de valeur régionale complète pour les batteries, en allant au-delà de l’exportation de matières premières.

9. Zimbabwe

Le Zimbabwe est en train de devenir rapidement un acteur mondial dans le secteur d’un autre minerai critique.

  • Potentiel clé : Le Zimbabwe possède les plus importantes réserves connues de lithium d’Afrique, un composant indispensable à toutes les batteries de véhicules électriques actuelles. Le gouvernement a interdit l’exportation de minerai de lithium brut en 2022 (SI 213 de 2022), obligeant les mineurs à investir dans des usines de traitement pour produire localement des concentrés de lithium à plus forte valeur ajoutée avant l’exportation.
  • Aspect de l’investissement : Financer et développer des usines de transformation locales pour produire du carbonate et de l’hydroxyde de lithium de qualité batterie, en remontant la chaîne de valeur depuis l’extraction minière. Ceci fait suite à la directive gouvernementale interdisant les exportations de minerai de lithium brut.

10. Tanzanie

La Tanzanie complète la liste avec un potentiel important en graphite, un composant clé des anodes de batteries.

  • Atouts majeurs : Le pays possède d’importantes réserves de graphite, utilisé pour la fabrication des matériaux d’anode des batteries lithium-ion. Il recèle également un potentiel pour d’autres minéraux destinés aux batteries. Parallèlement, le pays connaît une forte croissance du nombre de vélos électriques et de tuk-tuks (véhicules à trois roues).
  • Axes d’investissement : Extraction et traitement du graphite, ainsi qu’importation et assemblage local de véhicules électriques à deux et trois roues.

Combler le déficit d’infrastructures

L’Afrique se positionne rapidement comme un acteur clé de la transition mondiale vers les véhicules électriques, à la fois comme source de minéraux essentiels aux batteries et comme marché émergent en pleine expansion pour la mobilité électrique.

Bien que le déficit d’infrastructures et de financements à travers le continent demeure important, il représente également l’un des secteurs les plus rentables pour les pionniers.

La vérité est que le continent continue de faire face à de réelles contraintes : instabilité du réseau électrique, coûts d’acquisition élevés des véhicules et accès limité au financement. Cependant, ces défis offrent simultanément des opportunités. Ces contraintes créent des opportunités d’investissement pour des infrastructures de recharge décentralisées, alimentées à l’énergie solaire, et des réseaux d’échange de batteries qui réduisent la dépendance à des réseaux électriques instables. Elles plaident également en faveur d’usines d’assemblage locales, qui diminuent les coûts d’importation, améliorent l’accessibilité financière des véhicules et créent des emplois. Un soutien politique continu, comprenant des incitations fiscales, des exonérations d’importation et des obligations de production locale, contribue à sécuriser le marché pour les pionniers.

Bien que les progrès soient inégaux et que de nombreuses lacunes subsistent, une dynamique se dessine clairement au niveau des politiques, des capacités industrielles et des investissements.

En définitive, la place de l’Afrique sur la scène mondiale des véhicules électriques ne passera pas par la simple copie des marchés établis. Elle reposera sur le développement de solutions locales, abordables et résilientes – et les pays mentionnés ci-dessus montrent déjà la voie à suivre.

Kenya : le gouvernement démantèle Safaricom…

Le gouvernement kényan poursuit son projet de scinder le géant des télécommunications Safaricom en trois entités distinctes, tout en finalisant une transaction visant à réduire sa participation et à céder le contrôle majoritaire au groupe sud-africain Vodacom.

Le secrétaire au Trésor, John Mbadi, a déclaré que le gouvernement souhaite scinder la plus grande entreprise d’Afrique de l’Est en trois entités : un opérateur de tours de téléphonie mobile, une société de technologies financières et une entreprise de télécommunications, rapporte Bloomberg . Ce démantèlement est discuté en parallèle d’une autre transaction en cours, dans le cadre de laquelle Vodacom acquerra 20 % de parts supplémentaires dans Safaricom.

Cette acquisition permettra à Vodacom d’acquérir une participation de 15 % auprès du gouvernement du Kenya et une participation de 5 % auprès de Vodafone pour un montant total en espèces de 2,4 milliards de dollars américains, ce qui lui donnera une participation majoritaire de 55 % .

L’accord prévoit le versement d’un dividende anticipé de 40,2 milliards de shillings kenyans (environ 311 millions de dollars américains) par Vodacom au gouvernement kenyan. La société sud-africaine espère récupérer cette somme grâce aux futurs dividendes versés par Safaricom d’ici deux à trois ans. La finalisation de l’acquisition est prévue pour le premier trimestre 2026, sous réserve de l’obtention des autorisations réglementaires.

La proposition de scission intervient alors que Safaricom affiche d’excellents résultats financiers. L’entreprise a récemment annoncé une hausse de 52,1 % de son bénéfice net consolidé, qui s’élève à 42,8 milliards de shillings kenyans (environ 331 millions de dollars américains) pour le semestre clos en septembre 2025. Son service de paiement mobile M-PESA, composante essentielle de la future filiale fintech, a enregistré une croissance de son chiffre d’affaires de 14 % au Kenya sur la même période. L’évaluation du gouvernement conclut à un « avantage considérable » de la scission de l’entreprise, mais le plan définitif doit encore être approuvé par le Conseil des ministres.

Les analystes et les autorités de régulation débattent depuis longtemps de la séparation des activités de Safaricom, notamment de sa plateforme M-PESA, qui gère plus de 90 % des transactions de paiement mobile au Kenya. Les partisans de cette séparation estiment qu’une entité M-PESA indépendante serait placée sous la supervision directe de la Banque centrale du Kenya, ce qui renforcerait potentiellement la stabilité financière et le contrôle réglementaire. La direction de Safaricom s’est toujours opposée à une scission, son PDG, Peter Ndegwa, affirmant l’an dernier que la cession de M-PESA n’augmenterait pas la valeur actionnariale.

La séparation proposée permettrait à l’unité de télécommunications de se concentrer sur la voix et les données, à l’activité de gestion des tours de télécommunications de gérer l’infrastructure physique du réseau, et à M-PESA d’opérer en tant que société de services financiers indépendante. Ce changement structurel représenterait une évolution majeure pour une entreprise profondément intégrée à l’économie kényane et qui connaît également une expansion rapide en Éthiopie, où elle a récemment atteint 10 millions de clients malgré la persistance des hostilités .

Bénin : la BERD lance ses financements en Afrique subsaharienne avec 30 millions €

La BERD avait approuvé en mai 2023, la modification de ses statuts pour étendre sa zone d’intervention à certains pays d’Afrique subsaharienne. À terme, six pays situés de cette zone devraient obtenir des financements.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a annoncé, dans un communiqué publié le vendredi 12 décembre, la réalisation de son tout premier financement en Afrique subsaharienne au Bénin, où elle a accordé un prêt de 30 millions d’euros à la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE). Ces fonds serviront à renforcer le réseau électrique national, à moderniser les infrastructures de distribution d’électricité de l’entreprise publique, améliorant par là le quotidien des communautés rurales et des ménages vulnérables, en particulier les femmes.

Ce projet d’électrification rurale destiné à améliorer la fiabilité énergétique permettra concrètement de raccorder au réseau 120 000 nouveaux foyers (soit environ 600 000 personnes) dans 750 villages et habitats ruraux mal desservis des régions du Borgou, du Mono et du Couffo, offrant ainsi aux communautés de nouvelles opportunités sociales et économiques. Il consiste notamment à étendre, moderniser et augmenter la densité du réseau de distribution moyenne et basse tension dans ces zones, tout en apportant des améliorations telles que des systèmes améliorés de détection des pannes, et des capacités de cybersécurité renforcées pour la SBEE.

« Je suis ravie de signer notre premier financement en Afrique subsaharienne, quelques mois seulement après que le Bénin soit devenu un pays bénéficiaire. Cet investissement transformateur contribuera à élargir l’accès à une électricité fiable pour des milliers de familles. Il renforcera également la résilience et la durabilité des infrastructures énergétiques du Bénin, qui sont fondamentales pour accélérer le développement rural et libérer le potentiel économique », a déclaré Dasha Dougans, Directrice Pays de la BERD au Bénin, citée dans le communiqué.

Un programme de financement de 173 millions €

Ce prêt de la BERD s’inscrit dans le cadre d’un programme de 173 millions d’euros, qui prévoit un co-financement de l’Agence française de développement (AFD), principal partenaire de l’investissement, et de la Banque européenne d’investissement (BEI). Le programme de financement bénéficiera aussi d’une subvention à l’investissement de la Plateforme d’investissement pour l’Afrique (PIA), un mécanisme de panachage de ressources de l’Union européenne (UE) qui vise à combler des déficits de financement critiques en Afrique subsaharienne.

Créée en 1990 pour accompagner la transition vers une économie de marché dans les pays d’Europe centrale et orientale, la BERD avait approuvé en mai 2023, la modification de ses statuts pour étendre progressivement son champ d’action à certains pays d’Afrique subsaharienne. Au total, 6 pays de la région sont prévus pour obtenir à terme ses financements : le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Ghana, le Kenya et le Sénégal.

Notons que le Bénin est devenu actionnaire de la BERD en avril 2024, et « pays d’opération » en juillet 2025. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, la banque multilatérale de développement vise à investir dans des infrastructures essentielles et durables qui soutiennent le développement du secteur privé, la modernisation et l’efficacité des entreprises, et qui renforcent la gouvernance économique des institutions.

Maroc : Usine de polysilicium soutenue par les États-Unis …

Les États-Unis apportent leur soutien à une ambitieuse initiative marocaine visant à réduire la dépendance mondiale vis-à-vis de la Chine pour les matériaux essentiels à la fabrication des semi-conducteurs, rapporte Bloomberg ce lundi. La Société Financière Internationale de Développement (DFC) de Washington a octroyé 4,75 millions de dollars à l’entreprise marocaine Sondiale SA pour financer les études préliminaires d’une usine de polysilicium de 870 millions de dollars prévue à Tan-Tan, dans le sud du Maroc.

Ce projet a pour objectif de produire du polysilicium de haute pureté, un matériau clé pour les microprocesseurs et les panneaux solaires, dont la production est actuellement dominée par la Chine, qui assure plus de 90 % de l’approvisionnement mondial. Un responsable de la DFC, cité par Bloomberg, a indiqué qu’un entrepreneur principal américain supervisera le développement de cette installation marocaine, destinée à approvisionner les marchés américains et ceux de leurs alliés.

Pour rappel, le 22 novembre 2025, le Maroc et la société américaine GPM Holding ont signé à Tan-Tan une convention pour créer la première unité de production de polysilicium du pays dans la zone industrielle d’El Ouatia. L’investissement s’élève à 8 milliards de dirhams (≈730 M€) pour 30 000 tonnes annuelles, 85 % destinées à l’exportation. Le projet devrait générer 1 500 emplois directs et renforcer l’écosystème industriel local, positionnant le Maroc comme acteur clé du solaire mondial.

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CAN 2025 au Maroc : plus d’un million de supporters et des retombées économiques record

Par Zoubir BOUHOUTE

La Coupe d’Afrique des Nations 2025-2026, qui se déroulera du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, s’annonce comme un événement d’une grande envergure pour le Maroc, tant sur le plan sportif qu’économique et touristique. Les estimations prévoient entre 500 000 et 1 million de visiteurs étrangers supplémentaires, générant des retombées économiques comprises entre 4,5 et 12 milliards de dirhams, grâce aux dépenses liées à l’hébergement, à la restauration, au transport et aux services annexes.

L’organisation de la CAN 2025 s’inscrit dans un contexte démographique exceptionnel. Les 23 pays participants (hors Maroc) totalisent à eux seuls plus de 1,03 milliard d’habitants, soit près des deux tiers de la population africaine estimée à 1,55 milliard en 2025. Les douze nations les plus peuplées, chacune dépassant les 30 millions d’habitants, concentrent environ 900 millions de personnes, soit plus de 85 % de la population représentée. Parmi elles figurent les géants démographiques du continent : le Nigeria, l’Égypte, la RD Congo, la Tanzanie, l’Afrique du Sud, le Soudan, l’Ouganda, l’Algérie, l’Angola, le Mozambique et la Côte d’Ivoire. Ces pays, véritables viviers de supporters et de passionnés de football, devraient constituer la base principale du public présent dans les stades marocains et de l’audience télévisuelle sur le continent.

Sur la base de ces populations, le public potentiel se déplaçant au Maroc pour assister aux matchs peut être estimé entre 517 000 et 1 034 000 spectateurs étrangers, en appliquant un ratio compris entre 5 et 10 supporters pour chaque tranche de 10 000 habitants. Cette hypothèse prudente tient compte de la proximité géographique, du pouvoir d’achat et de la tradition footballistique des nations participantes. Les pays les plus peuplés et passionnés, comme le Nigeria, l’Égypte, la RD Congo, la Tanzanie, l’Afrique du Sud ou l’Algérie, devraient représenter la majorité de ces flux de supporters, générant un afflux massif qui aura des retombées économiques considérables sur le tourisme, l’hôtellerie, le transport et le commerce, consolidant la position du Maroc comme pôle majeur de l’événementiel sportif africain.

Des recettes touristiques exceptionnelles pour le Maroc

La Coupe d’Afrique des Nations 2025, devrait générer des recettes considérables liées à la présence des supporters étrangers. Durant la phase des matchs de poule (21–31 décembre), le public provenant des 23 pays participants pourrait représenter entre 517 000 et 1,03 million de personnes. Avec une moyenne de dix nuits par supporter et une dépense quotidienne comprise entre 600 et 800 dirhams, les recettes pourraient atteindre 3 à 8 milliards de dirhams.

Pour la phase à élimination directe (8èmes de finale au 3 janvier jusqu’à la finale le 18 janvier), les dépenses des visiteurs sont estimées à environ 50 % de celles de la phase de poule, soit 1,5 à 4 milliards de dirhams, portant les recettes totales liées aux séjours à 4,5 à 12 milliards de dirhams.

Le potentiel économique de l’événement est renforcé par la participation de pays à fort PIB par habitant, dont les supporters disposent d’un pouvoir d’achat plus élevé. Parmi eux figurent l’Afrique du Sud (6 480 USD/hab.), le Botswana (7 690 USD/hab.), le Gabon (6 920 USD/hab.) et la Guinée équatoriale (7 370 USD/hab.). Ces nations, bien que moins peuplées que le Nigeria ou l’Égypte, sont susceptibles de générer des dépenses par visiteur plus importantes, augmentant significativement le chiffre global des recettes. À côté, des pays plus peuplés mais à PIB par habitant moyen et/ou modeste, comme l’Algérie, l’Egypte, la RD Congo ou la Tanzanie, contribueront également en volume mais avec des dépenses individuelles plus faibles.

Ainsi, la CAN 2025 représente pour le Maroc une opportunité unique de recettes touristiques et économiques, combinant à la fois le nombre massif de supporters et le pouvoir d’achat élevé de certaines nations, consolidant le rôle du pays comme hub continental pour les grands événements sportifs.

Rabat au cœur des retombées touristiques et économiques pour le Maroc

Rabat occupe une position centrale dans la CAN 2025, en accueillant 12 matchs de la phase de poule, soit 36 % de cette phase, avec une population combinée des 13 pays participants dépassant 420 millions d’habitants. Ce volume est plus du double de villes comme Agadir, Marrakech ou Casablanca, qui organiseront chacune cinq matchs avec des populations respectives de 7 pays totalisant près de 290 millions, 7 pays totalisant 214 millions et 6 pays totalisant 120 millions d’habitants. Fès et Tanger, avec trois matchs chacune, bénéficieront d’un afflux plus limité, représentant 4 pays totalisant respectivement 353 millions et 154 millions d’habitants.

Mais Rabat ne se limite pas aux rencontres de groupe : elle accueillera également plusieurs matchs à élimination directe, dont les huitièmes et quarts de finale, la demi-finale 2 ainsi que la finale prévue le 18 janvier au Stade Prince Moulay Abdellah. Cette concentration de rencontres décisives confère à la capitale un rôle stratégique majeur, tant pour l’afflux de touristes que pour les revenus générés par la billetterie, l’hébergement et les services annexes. Les phases finales renforceront encore son importance, offrant à la ville un rayonnement médiatique exceptionnel et des retombées économiques significatives, tandis que Casablanca et Tanger se partageront respectivement le match pour la troisième place et la demi-finale 1.

Casablanca, Marrakech et Agadir restent des pôles importants de la compétition, accueillant cinq matchs chacune et profitant des supporters locaux et étrangers. Les recettes touristiques, hôtelières et commerciales y seront importantes, mais leur impact reste inférieur à celui de Rabat, qui concentre l’essentiel des rencontres décisives et des flux de visiteurs. Fès et Tanger, avec trois matchs chacune, tireront surtout profit du tourisme domestique et des supporters africains, avec des retombées économiques plus limitées comparativement aux grandes métropoles.

La Royal Air Maroc et le secteur des transports en plein essor grâce à l’afflux de supporters

La Royal Air Maroc (RAM) sera l’un des principaux bénéficiaires de l’afflux massif de supporters attendu pour la CAN 2025. Avec le pic de visiteurs prévu à Rabat, Casablanca et Marrakech, la compagnie nationale pourrait transporter au moins 500 000 supporters, générant près de 1,5 milliard de dirhams de recettes supplémentaires. Cette période permettra à RAM d’augmenter ses fréquences vers l’Afrique et l’Europe et d’optimiser son hub de Casablanca, consolidant sa position stratégique sur le continent et renforçant sa visibilité auprès d’une clientèle internationale.

Le reste du secteur du transport profitera également de l’événement. L’Office National Des Aéroports (ONDA) verra ses recettes liées aux services aéroportuaires croître sensiblement grâce à l’augmentation du trafic. Sur le plan terrestre, l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) pourra accueillir un nombre accru de voyageurs entre les villes hôtes, tandis que les sociétés de transport routier enregistreront une hausse notable de leur activité. Cette dynamique globale stimulera les revenus du secteur, renforcera l’offre de mobilité et contribuera à la croissance économique locale via les retombées directes et indirectes liées aux déplacements des supporters.

Défis logistiques, sécuritaires et touristiques au cœur de Rabat

Les flux massifs de supporters attendus pour la CAN 2025 imposent au Maroc de relever des défis logistiques, sécuritaires et opérationnels majeurs. Le transport aérien et urbain devra absorber des pics d’affluence, surtout autour de Rabat et Casablanca, tout en garantissant la sécurité des déplacements des visiteurs, qu’il s’agisse de taxis, transports interurbains ou navettes vers les stades. Les autorités devront également assurer le contrôle efficace aux frontières et dans les stades, la gestion fluide des flux de foule et la protection des supporters et du personnel, pour prévenir tout incident et sécuriser l’ensemble de l’événement.

La qualité de l’accueil touristique reste un enjeu stratégique, en particulier à Rabat, ville hôte des matchs les plus décisifs, dont la demi-finale 2 et la finale. Les hôtels devront offrir des prestations optimales, tant en termes de confort que de service, tandis que l’ensemble de la chaîne touristique , restaurants, cafés, snacks, transports urbains, taxis, monuments et sites culturels , devra être strictement contrôlé. Parallèlement, la disponibilité et l’efficacité des services hospitaliers et d’urgence seront essentielles, pour intervenir rapidement en cas de besoin, assurer la sécurité sanitaire et renforcer la confiance des visiteurs dans la destination.

Enfin, la CAN 2025-2026 constitue un véritable test grandeur nature pour le Maroc en préparation du Mondial 2030. Une organisation réussie, où logistique, sécurité, mobilité, hébergement, restauration et services d’urgence sont parfaitement coordonnés et contrôlés, permettra au pays de consolider son image de destination sportive et touristique internationale. Rabat, en tant que hub principal de l’événement, sera particulièrement scrutée, et sa capacité à gérer efficacement les flux de visiteurs et à assurer leur sécurité globale déterminera le succès économique et médiatique de la compétition.

Abubakar Malami dans le viseur de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) 

L’ancien procureur général de la Fédération et ministre de la Justice, Abubakar Malami (SAN), est interrogé par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) au sujet d’allégations de financement du terrorisme, de blanchiment d’argent et d’acquisitions d’actifs douteuses.

Malami était toujours détenu par l’EFCC mardi à 22h, n’ayant pas respecté les conditions de sa libération sous caution.

Selon des sources au sein de la commission, les enquêteurs interrogent l’ancien ministre au sujet de comptes suspects présumés, d’un investissement déclaré de 10 milliards de nairas dans l’État de Kebbi et de la localisation d’une partie du butin d’Abacha, notamment 322 millions de dollars récupérés en Suisse et environ 22 millions de dollars sur l’île de Jersey.

La Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) enquête également sur des liens présumés avec 4 milliards de nairas qui auraient été obtenus dans le cadre du programme Anchor Borrowers, et l’une des épouses de Malami devrait être convoquée pour être interrogée.

Selon le journal nigérian ‘TVCNEWS’Un haut responsable de l’EFCC a déclaré que les allégations étaient nombreuses et nécessiteraient « quelques jours » pour être examinées. « Il a beaucoup d’éléments à éclaircir, mais il n’a pas pu satisfaire aux conditions de sa mise en liberté sous caution », a précisé la source.

Kenya: Zoom sur Tatu City, le projet à 3 milliards de dollars d’investissements

La ville de Tatu, à la périphérie de Nairobi, confirme son rôle de moteur économique du Kenya avec un investissement total de 3 milliards de dollars. Premier projet de développement urbain intégré porté par Rendeavour, cette cité nouvelle concentre désormais plus de la moitié des entreprises des zones économiques spéciales du pays. Son statut de Zone Economique Spéciale (ZES) et les infrastructures modernes qu’elle propose attirent des investisseurs locaux et internationaux.

Depuis 04 ans, la ville accueille ses premiers habitants et attire des entreprises de divers secteurs. La croissance des investissements repose sur un ensemble d’incitations fiscales et administratives qui facilitent la création et le développement d’activités économiques. Les projets déjà en place mobilisent 2,2 milliards de dollars tandis que 800 millions supplémentaires sont prévus, consolidant la position de la ville comme hub régional.

L’urbanisation rapide de Tatu City s’accompagne d’infrastructures modernes. Les routes goudronnées, un approvisionnement en eau constant et une énergie électrique fiable à un coût inférieur à la moyenne nationale sont complétés par un système de sécurité renforcé et des procédures administratives simplifiées. Ces éléments font de la ville un environnement propice au développement économique et à l’implantation d’investisseurs nationaux et étrangers.

Les entreprises implantées profitent également d’un cadre réglementaire transparent et de facilités pour recruter une main-d’œuvre expatriée. La concentration de 40 entreprises agréées par les zones économiques spéciales sur l’ensemble du territoire kenyan illustre l’attractivité du projet et sa capacité à stimuler la croissance industrielle et commerciale.

 Un modèle urbain pensé pour l’investissement

La population de Tatu City, qui s’élève actuellement à 5 000 habitants, bénéficie d’un environnement réglementé où la circulation, la sécurité et la gestion des déchets sont strictement encadrées. Cette organisation contribue à une qualité de vie élevée et attire de nouveaux résidents et investisseurs. La ville, qui s’étend sur 5 000 acres, ambitionne d’accueillir 250 000 habitants, intégrant ainsi logement, travail et services dans un même espace.

Les infrastructures économiques et sociales de la ville sont pensées pour soutenir la croissance des entreprises. Les délais d’approbation des permis et des licences sont réduits et les investisseurs disposent d’un guichet unique centralisant toutes les démarches administratives. Ces dispositifs offrent un environnement opérationnel stable et rapide, ce qui constitue un facteur déterminant pour les entreprises étrangères.Tatu City attire des sociétés dans l’industrie manufacturière, la logistique, la santé et les services, démontrant sa capacité à diversifier l’économie locale. L’implantation de centres d’appels, de fabricants de matériel médical et de fournisseurs de services variés traduit l’ampleur de la dynamique économique. La ville offre ainsi un cadre complet pour le développement des affaires, combinant infrastructures, incitations fiscales et cadre réglementaire favorable.

Le statut de zone économique spéciale permet également aux investisseurs de bénéficier d’avantages fiscaux qui réduisent les coûts et facilitent l’expansion. Les impôts sur les sociétés, les droits d’importation et autres taxes sont ajustés pour soutenir l’investissement et accélérer la croissance des entreprises dans la ville.

Un projet à fort potentiel régional

Tatu City se distingue par sa capacité à combiner urbanisation et attractivité économique. Elle attire non seulement des entreprises locales mais aussi des multinationales désireuses de bénéficier d’un environnement stable et structuré. L’implantation d’infrastructures modernes et l’offre d’incitations fiscales et réglementaires renforcent le positionnement de la ville comme hub régional pour les investissements en Afrique de l’Est.

L’urbanisation planifiée de la ville répond à la croissance démographique attendue dans la région et propose une alternative aux développements informels. Le projet montre qu’il est possible de créer des espaces urbains modernes tout en favorisant la croissance économique, la création d’emplois et l’implantation d’industries diversifiées. Avec son développement rapide, Tatu City devient un modèle pour d’autres initiatives urbaines sur le continent.

Namibie : la BAD valide le Document de stratégie pays qui prévoit 1,78 milliard USD d’investissement

Le conseil d’administration de la Banque africaine de développement a annoncé, dans un communiqué daté du 3 décembre 2025, avoir approuvé le Document de stratégie pays (DSP) pour la Namibie prévoyant un financement de 1,78 milliard de dollars. Lequel vise à soutenir la transformation de l’économie et la croissance inclusive au cours de la période 2025-2030.

Cette plan de financement quinquennal entend relever des défis socio-économiques profonds : avec un taux de chômage des jeunes dépassant 40 % et un revenu par habitant en baisse continue (de 5 942 dollars en 2012 à 4 240 dollars en 2024), la Namibie reste l’un des pays les plus inégalitaires au monde, constate l’institution.

La stratégie s’articule autour de deux axes prioritaires notamment, renforcer les infrastructures fondamentales (transport, énergie, eau) pour réduire les coûts des entreprises, améliorer la productivité et positionner le pays comme un hub logistique régional. Cet axe doit aussi faciliter les échanges dans le cadre de la zone de libre-échange africaine, renforcer la sécurité énergétique grâce aux renouvelables et élargir l’accès à l’eau potable en milieu rural.

La deuxième priorité vise à développer le capital humain via une formation professionnelle adaptée au marché, afin de créer des passerelles vers l’emploi. Cet effort devra soutenir les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et favoriser l’autonomisation économique des femmes.

Les retombées attendues sont une diversification de l’économie (au-delà des secteurs minier et agricole), une meilleure intégration des MPME dans les chaînes de valeur régionales, et la création de milliers d’emplois directs et indirects.

À plus long terme, le plan prévoit d’étendre l’accès à l’électricité (visant une couverture universelle contre 59,5 % actuellement), d’améliorer les liaisons commerciales avec l’Angola et la Zambie, et de réduire les coûts logistiques. Il soutient également les ambitions climatiques de la Namibie, notamment son leadership dans la production d’hydrogène vert.

Maroc : Sound Energy active la mise en service du site gazier de Tendrara

Sound Energy a annoncé le lancement des premières opérations de mise en service sur le site gazier de Tendrara, dans l’est du Maroc. Cette étape clé intervient avec l’arrivée du gaz du puits TE-6 dans le réseau de collecte récemment construit par l’opérateur Mana Energy Ltd. L’installation, fin novembre, du système de contrôle numérique SCADA, dernier élément technique requis, a permis d’autoriser les premiers flux de gaz, préalable indispensable à la future production commerciale de gaz naturel liquéfié (GNL).

Le développement du projet s’appuie sur les puits TE-6 et TE-7, ainsi qu’un nouveau forage, destinés à alimenter une micro-usine de liquéfaction en cours de construction. Réalisée et opérée par la société italienne Italfluid Geoenergy, cette unité doit permettre la « valorisation locale » du gaz de Tendrara.

Un contrat d’achat a d’ores et déjà été conclu avec Afriquia Gaz, portant sur 100 millions de mètres cubes par an durant dix ans. Le prix sera indexé sur les marchés de référence TTF (Europe) et Henry Hub (États-Unis), dans une fourchette comprise entre 6 et 8,35 dollars par million de BTU, selon la société.

La mise en service complète de l’usine est prévue entre la fin du premier trimestre et le deuxième trimestre 2026, période à laquelle devraient débuter les premières livraisons.

Au Kenya, l’Union européenne voit sa porte d’entrée sur le marché est-africain menacée par la justice

Le Kenya a décidé de faire appel d’une décision de la Cour de justice d’Afrique de l’Est (EACJ) ayant suspendu la mise en œuvre de l’accord de partenariat économique (APE) signé avec l’Union européenne (UE) en 2023. Selon le ministre du Commerce, des Investissements et de l’Industrie, Lee Kinyanjui, cette mesure judiciaire risque en effet de mettre en péril des exportations annuelles supérieures à 1 milliard d’euros vers le marché européen.

Cette procédure judiciaire intervient après une plainte déposée l’année dernière par l’ONG Centre for Law Economics and Policy on East African Integration (CLEP East Africa). L’organisation ougandaise estime que l’accord commercial UE-Kenya contrevient aux dispositions du traité instituant le marché commun de la Communauté d’Afrique de l’Est. L’EACJ, basée en Tanzanie, a suspendu sa mise en œuvre le 24 novembre.

En vigueur depuis juillet 2024, l’accord en question a pour but de libéraliser le commerce entre la première économie d’Afrique de l’Est (en matière de PIB, selon les chiffres du FMI) et l’Union européenne. Il prévoit une suppression de droits de douane sur les produits originaires du Kenya au moment de leur entrée sur le marché européen. Un calendrier prévoit par ailleurs l’ouverture progressive du marché kényan aux produits provenant des 27 pays membres de l’UE.

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Porte d’entrée de l’UE sur l’Afrique de l’Est

La sous-région est-africaine est l’une des plus dynamiques du continent sur le plan économique. Dans sa mise à jour de novembre sur les perspectives économiques de l’Afrique en 2025, la Banque africaine de développement (BAD) confirme ce rôle de locomotive, avec une croissance économique attendue à 5,9% cette année et 6,2% en 2026. Il s’agit des taux les plus élevés du continent, bien au-dessus de la croissance moyenne de 4,2% attendue en 2025 et 4,3 % en 2026.

Depuis plus d’une décennie, Bruxelles cherche à s’imposer sur ce marché porteur, à travers la signature en 2014 d’un Accord de partenariat économique plus large avec la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Ce cadre de coopération prévoyait l’ouverture progressive des marchés de l’Afrique de l’Est aux produits européens, mais il n’a jamais été mis en œuvre. Sur les cinq membres de l’EAC d’alors (le Kenya, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et l’Ouganda), seul le Kenya l’a ratifié. Faute d’avancées, Nairobi a finalement obtenu en 2021 l’accord des autres membres de la Communauté pour renégocier directement un accord bilatéral avec Bruxelles.