Guinée: au-delà de la première livraison de 200.000 tonnes de fer Simandou vers la Chine

La Guinée s’affirme comme un acteur minier mondial stratégique avec la première livraison de minerai de fer du gisement de Simandou vers la Chine, le 17 janvier 2026. Ce méga-projet, l’un des plus ambitieux d’Afrique, illustre la capacité du pays à mobiliser des investissements transformateurs et à structurer des partenariats internationaux complexes.

D’une ampleur inédite (120 millions de tonnes de capacité annuelle planifiée, ressources dépassant 4 milliards de tonnes à 65% de fer), Simandou dépasse la simple exploitation minière. Il intègre une chaîne logistique intégrée « mine-chemin de fer-port maritime-transport fluvial », matérialisée par le Transguinéen (650 km), construit aux standards chinois. Cette infrastructure structurante, transférée à l’opérateur national Transguinéen (dont l’État guinéen détient 15%), redéfinit la connectivité du pays et crée un héritage pérenne.

Le modèle de gouvernance associe étroitement la Guinée (via l’État et le consortium Winning Simandou – WCS) à des géants miniers (Rio Tinto, Chinalco) et industriels chinois (Baowu, CRCC, CHEC). Ce partenariat Afrique-Asie, qualifié de « cas typique de collaboration sino-étrangère », mobilise un écosystème d’entreprises chinoises (Baowu Resources, China Railway Construction, China Harbour) démontrant une approche intégrée « groupe ». La redevance étatique de 15% dans la société opérant les infrastructures et la participation via WCS (détenu à 49% par des intérêts chinois dont Baowu et Weiqiao) positionnent la Guinée comme bénéficiaire actif.

En défintive, Simandou symbolise la maîtrise de ressources stratégiques. Il renforce la sécurité d’approvisionnement de la Chine (premier importateur mondial), réduisant sa dépendance à l’Australie et au Brésil, tout en offrant à la Guinée un levier économique sans précédent. Les ports guinéens (Marabaya) et les hubs logistiques associés (Yantai, Rizhao) catalysent les échanges Afrique-Asie. Les défis résideront dans l’optimisation des retombées socio-économiques locales et la gestion environnementale, mais le projet consacre déjà la Guinée comme épicentre minier global.

Diplomatie du ‘non-alignement’ : la stratégie kényane pour négocier avec Pékin et Washington.

Le Kenya vient de s’illustrer par une manœuvre commerciale et géopolitique remarquable en concluant un accord préliminaire avec la Chine, garantissant un accès en franchise de droits pour 98,2% de ses exportations vers le vaste marché chinois. Cet « Early Harvest Arrangement », négocié discrètement, vise à corriger un déficit commercial colossal de 549,82 milliards de shillings (4,27 milliards USD) en 2024 largement en faveur de Pékin. Le gouvernement kényan y voit un levier pour libérer le « vaste potentiel économique » de ses exportateurs, notamment agricoles, bien que les produits éligibles spécifiques restent à préciser et que des initiatives passées (comme l’avocat) n’aient pas suffi à combler l’écart.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large de la Chine d’éliminer les droits de douane pour les 53 États africains ayant des relations diplomatiques avec elle, annoncée en réponse aux droits de douane de Donald Trump. Pour être conforme à l’OMC, des accords bilatéraux comme celui avec le Kenya (pays à revenu intermédiaire) sont nécessaires. Bien qu’asymétrique initialement, l’accord deviendrait réciproque à terme, accordant aux nations africaines un délai pour renforcer leur compétitivité face à la puissance industrielle chinoise.

Le Kenya démontre ainsi une habileté diplomatique notable en jonglant avec ses grands partenaires. Alors qu’il approfondit ses liens économiques et financiers avec Pékin – son principal créancier bilatéral, avec qui il convertit même des prêts en yuan pour réduire les coûts –, il négocie simultanément un accord commercial distinct avec l’administration Trump. Le gouvernement rejette fermement toute idée de tension, affirmant que la poursuite de l’AGOA et d’un pacte avec les États-Unis est compatible avec le rapprochement chinois, défendu par le président Ruto comme essentiel pour réduire le déficit commercial. Une double approche qui positionne le Kenya en stratège avisé du commerce international africain.

Reprise partielle du transport maritime via le canal de Suez: Un impact mitigé pour les ports d’Afrique de l’Est et Australe

Le groupe maritime danois Maersk vient d’annoncer la reprise progressive de ses services via le canal de Suez et la mer Rouge à compter du 26 janvier 2026, débutant par sa ligne hebdomadaire reliant le Moyen-Orient et l’Inde à la côte Est des États-Unis, connu sous le nom de MECL. Une décision, motivée par une stabilisation sécuritaire relative et la trêve à Gaza, qui marque un premier pas vers la normalisation des échanges après deux ans de perturbations dues aux attaques houthistes.

Un réajustement qui souligne un double enjeu. D’une part, les ports d’Afrique de l’Est et Australe, comme ceux bénéficiant des détours par le Cap de Bonne-Espérance (Durban, Le Cap, Port Elizabeth, etc.) pourraient voir leur activité temporairement renforcée diminuer si le retour à Suez s’accélère, affectant potentiellement leurs revenus logistiques. D’autre part, la prudence de Maersk – avec des plans de reconversion vers Le Cap en cas de dégradation sécuritaire – maintient une incertitude stratégique pour ces corridors.

Maersk déclare que sa ligne MECL sera le premier du groupe à reprendre progressivement la route de Suez, avec un départ depuis le port de Salalah, à Oman. Ce qui illustre que la relance reste ciblée et fragile.De son côté, Hapag-Lloyd observe sans suivre pour l’instant. Le cours de l’action du groupe Maersk a chuté de plus de 7% à l’annonce de cette nouvelle, anticipant une baisse des taux de fret liée à la réduction des distances. La stabilisation du trafic dépendra de la pérennité de la trêve au Proche-Orient.

Coupe d’Afrique des nations: qu’il pleuve ou qu’il neige, l’édition 2025 consacrera pour la 4e année consécutive l’ère des sélectionneurs africains

L’élimination des derniers sélectionneurs étrangers en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 au Maroc garantit une victoire inédite: pour la 4e édition consécutive, un sélectionneur africain soulèvera le trophée, après Djamel Belmadi en 2019, Aliou Cissé en 2021, et Emerse Fae en 2023. Un triomphe qui marque une rupture définitive avec l’ère de la dépendance aux experts européens. Les quatre demi-finalistes – Maroc (Walid Regragui), Nigeria (Eric Chelle), Sénégal (Pape Thiaw), Égypte (Hossam Hassan) – incarnent cette domination technique 100% africaine, révélant une maturité tactique et une confiance institutionnelle sans précédent. Une légitimité conquise de haute lutte par des pionniers comme le Ghanéen Charles Gyamfi (3 titres) et l’Égyptien Hassan Shehata (triplé 2006-2010), démontrant précocement le potentiel local. Les chiffres sont éloquents: sur 35 éditions, y compris celle de 2025, les entraîneurs africains auront désormais remporté 18 titres, soit un titre de plus que les étrangers. Ainsi, la série victorieuse des sélectionneurs locaux symbolise bien plus qu’un succès sportif: elle consacre l’Afrique comme terre d’excellence footballistique autonome, fierté partagée par toutes les sous-régions représentées en demi-finale. Le continent affirme ainsi sa capacité à produire et à s’appuyer sur ses propres talents pour briller au plus haut niveau.

Somalie: les dessous de la rupture stratégique avec les Émirats arabes unis

Le gouvernement somalien vient d’annoncer, ce lundi 12 janvier 2026, l’annulation immédiate de tous ses accords avec les Émirats arabes unis (EAU), incluant les partenariats portuaires cruciaux (Berbera, Bosaso, Kismayo) et la coopération en défense et sécurité. Une décision historique, prise par le Conseil des Ministres, qui repose sur des «éléments probants d’actions émiraties hostiles portant atteinte à la souveraineté, l’unité territoriale et l’indépendance politique de la Somalie», fait valoir le Conseil des Ministres somalien. La décision intervient après l’accusation selon laquelle les EAU auraient utilisé le territoire somalien pour exfiltrer un leader séparatiste yéménite, violation grave si avérée. Les investissements émiratis, notamment le projet phare de DP World à Berbera (442 millions de dollars) dans le Somaliland autoproclamé, sont directement impactés. Une rupture qui marque une réaffirmation forte de l’autorité centrale de Mogadiscio face à l’influence régionale d’Abou Dhabi, qui cultive des liens étroits avec le Somaliland et a facilité sa reconnaissance par Israël. La Somalie conditionne désormais toute coopération future au respect de son unité nationale.

Stratégie Continentale: Comment DoubleTree by Hilton stimule l’attractivité événementielle du Congo-Brazzaville, du Togo et consolide le leadership du Maroc

Tout récemment, le 22 décembre dernier, le groupe Hilton a fait trois annonces d’ouvertures simultanées dans trois pays distinctes d’Afrique. Le premier est le Congo-Brazzaville. Ce pays d’Afrique centrale se distingue par un projet structurant: le DoubleTree by Hilton Kintele, intégré au plus grand centre de conférences de la sous-région (75 000 m²). De quoi renforcer l’attractivité économique du Congo-Brazzaville et le positionner en hub événementiel régional dès 2026. Deuxième pays: le Togo. Ce pays d’Afrique de l’Ouest émerge avec son premier hôtel international à l’aéroport de Lomé (DoubleTree by Hilton), comblant un déficit d’infrastructures upscale pour voyageurs d’affaires et transitaires, symbole de l’ouverture au tourisme business. La troisième annonce concerne le Maroc. Déjà leader en matière d’attractivité touristique sur le continent, ce pays d’Afrique du Nord consolide sa domination avec le DoubleTree by Hilton Marrakech La Palmeraie (228 chambres, ouverture prévue pour 2028). Ce qui porte à 16 projets le pipeline hôtelier du groupe Hilton, dont le prestigieux Waldorf Astoria Rabat Salé. Des projets qui révèlent une stratégie continentale ciblée: Hilton capitalise sur des partenariats locaux (SEDIC au Congo, SODEXH SA au Togo) pour étendre sa marque DoubleTree (700 hôtels à travers le monde), valorisant à la fois les marchés émergents (Congo, Togo, Angola, Éthiopie) et les destinations matures (Maroc), tout en stimulant les écosystèmes MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Exhibitions) et le tourisme lifestyle.

Côte d’Ivoire: une marche accélérée vers l’accès universel à l’eau et à l’électricité

La Côte d’Ivoire accélère sa marche vers l’accès universel à l’eau potable et à l’électricité, affichant des résultats tangibles au terme de 2025. Dans le secteur énergétique, le pays dit avoir réalisé une percée majeure: le taux d’électrification des localités est passé de 33,1% en 2011 à 95,67% en juin 2025. La capacité de production installée a bondi de 117% (3 019 MW contre 1 391 MW), soutenue par des investissements massifs dans les réseaux de transport (+71,95%) et de distribution (+85,83%). Pour l’eau potable, le programme « Eau Pour Tous » (1 320 milliards FCFA engagés depuis 2012, soit 2 milliards d’euros) et un investissement de 654 milliards FCFA (997 millions d’euros) dans plus de 500 localités ont permis des avancées significatives, avec des réalisations concrètes comme les châteaux d’eau de Dondi ou Aropka servant des villages isolés. Plus de 21 000 pompes ont été réhabilitées en milieu rural. Alors que le gouvernement finalise le recensement des dernières localités non couvertes avant mars 2026, la Côte d’Ivoire illustre une dynamique africaine de transformation structurelle axée sur les droits fondamentaux et les ODD.

Réseaux sociaux: TECNO, la CAF et TikTok à l’œuvre dans la construction d’un écosystème créatif panafricain

Le Maroc, hôte de la CAN 2025, s’affirme comme épicentre stratégique des synergies Afrique-Tech à travers les TECNO Glory Night Awards. Cet événement, copiloté avec TikTok Live et la CAF, consolide au moins trois dynamiques majeures qui méritent d’être soulignées. La première: un leadership régional émergent. Le Maroc avec influenceurs primés (@hajar_arssalanee et @brahimlogia), le Nigeria (4 lauréats dont @ultimatekombo2) et le Sénégal (@fallu_et ses videos) illustrent l’hégémonie ouest-africaine et maghrébine dans l’économie créative numérique. La Côte d’Ivoire, le Kenya et le Cameroun confirment leur essor. Deuxième dynamique: la consolidation de la stratégie d’influence continentale de la marque technologique, qui capitalise sur son statut de partenaire Global de la CAF pour fusionner sport, tech et création locale. La campagne #MyPowerMoment (thèmes Power your Glory/Rise/Joy/Creativity) mobilise une vingtaine de pays, transformant l’utilisateur en ambassadeur via des récits authentiques mis en valeur par l’IA TECNO (photo 3D, portrait d’optimisation, MEGAPAD). Troisième dynamique: la consolidation d’un écosystème de valorisation créative à l’échelle du continent. Les 5 catégories de prix (Excellence du moment, Moment King/Queen, Creative Spark, Visual Master, The TECNO Partner) révèlent une segmentation fine des talents. L’Ouganda et le Mali, bien que moins représentés, prouvent la capillarité de cette dynamique. Ainsi, TECNO s’affirme comme architecte d’une plateforme panafricaine unissant technologie, contenu émotionnel et réseaux d’influence – accélérant l’intégration des marchés créatifs émergents dans le récit numérique continental.

Chaîne de valeur du diamant naturel: le Botswana, l’Angola et la Namibie à la manœuvre dans la reconfiguration de De Beers

Le désengagement d’Anglo American de De Beers, multinationale britannique leader dans l’exploitation, le commerce et le marketing des diamants, catalyse une dynamique africaine historique: le Botswana, Angola et Namibie, trois États clés de la production diamantifère, manifestent officiellement leur intérêt pour acquérir des parts du géant minier. Une initiative collective qui illustre une volonté stratégique de renforcer la souveraineté sur les ressources et les chaînes de valeur locales, alignée sur les priorités de transformation économique du continent. Le Botswana, déjà actionnaire à 15%, vise une participation majoritaire, tandis que l’Angola cherche à étendre son influence. La Namibie, bien qu’hésitante sur un investissement direct, négocie activement une nouvelle répartition des diamants produits. Cette reconfiguration s’inscrit dans un contexte de crise du diamant naturel (baisse de 13% du chiffre d’affaires en 2025, concurrence des diamants synthétiques), poussant De Beers à se recentrer sur l’Inde comme relai de croissance. Autant dire que l’enjeu dépasse la transaction: il s’agit d’un rééquilibrage géopolitique où les producteurs africains entendent peser sur l’avenir d’une industrie structurante, malgré les défis de valorisation et de compétitivité mondiale.

Infrastructures, santé, éducation… : Diomaye Faye détaille un plan d’investissements 2026 d’environ 1 milliard $ au Sénégal

L’économie sénégalaise est demeurée résiliente en 2025 selon le FMI, malgré la révélation fin 2024 d’une dette du secteur public et parapublic estimée à 132% du PIB. D’importantes réformes ont été engagées, laissant espérer plus de marge de manœuvre financière pour l’État au cours des prochaines années. 

Infrastructures, Santé, Éducation, Eau, Énergie, Numérique, Logement… Lors de son discours à la nation le mercredi 31 décembre 2025, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé une série d’investissements publics majeurs pour l’année 2026, présentée comme « celle de la relance effective de l’investissement public ». Au travers d’une enveloppe globale chiffrée à plus de 561 milliards FCFA (plus de 1 milliard USD), l’exécutif entend améliorer les services essentiels, accélérer la transformation des territoires et renforcer la souveraineté alimentaire et numérique.

Éducation : priorité aux salles de classe et à l’enseignement supérieur

Dans le secteur éducatif, l’État prévoit ainsi un effort conséquent pour éradiquer les infrastructures provisoires et améliorer les conditions d’apprentissage. Une enveloppe de 29 milliards FCFA est prévue pour 2026, dans le cadre d’un budget global de 62,8 milliards FCFA destiné à la construction et l’équipement de 2500 salles de classe, 300 blocs administratifs, 50 000 mètres linéaires de clôture et 480 blocs d’hygiène, entre autres. 

L’enseignement supérieur ainsi que la formation professionnelle et technique bénéficieront également d’un budget de 31 milliards FCFA, orienté vers la construction, la réhabilitation et l’équipement d’infrastructures.

Santé : centres de proximité, Diamniadio et renforcement des plateaux techniques 

La santé fait l’objet d’un « effort majeur » avec 91 milliards FCFA dédiés à la construction de 35 centres de santé de proximité, à l’achèvement de l’Hôpital oncologique de Diamniadio, ainsi qu’au renforcement des plateaux techniques sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de rapprocher l’offre de soins des populations, d’améliorer la qualité des prises en charge, et de renforcer les capacités des structures sanitaires face aux besoins croissants.

Eau : Grand Transfert d’Eau, hydraulique rurale et irrigation 

L’accès à l’eau est aussi érigé en priorité stratégique, avec le « Grand Transfert d’Eau » qui doit être lancé avec un premier financement public de 50 milliards FCFA. Ce projet vise à mobiliser 1,8 million de m³ par jour pour couvrir durablement les besoins en eau potable des centres urbains Dakar, Mbour, Thiès et Touba. Au-delà de l’eau potable, le programme prévoit aussi l’irrigation de près de 15 000 hectares, en appui aux objectifs de souveraineté alimentaire et de renforcement de l’élevage.

En milieu rural, la relance de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable mobiliserait 55 milliards FCFA, avec notamment la construction de 101 forages et de 96 châteaux d’eau.

Infrastructures : routes, équipements structurants et Dakar 2026 

Les infrastructures devraient connaître une accélération « significative ». Plus de 100 milliards FCFA sont annoncés pour les routes, les aménagements urbains et les équipements structurants, y compris ceux liés aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Les programmes PUDC, PUMA et PROMOVILLES disposeront de 51 milliards FCFA, afin de renforcer les services de base et de contribuer au désenclavement. 

Autre chantier phare, la construction du deuxième pont de Ziguinchor, dotée d’une enveloppe initiale de 25 milliards FCFA pour améliorer la mobilité en Casamance. Dans la même dynamique, le Plan Diomaye pour la Casamance, dont les effets sont jugés déjà « significatifs », devrait s’étendre progressivement aux autres départements des régions du Sud.

Monde rural : coopératives, fermes intégrées et agropoles

Des investissements « ciblés » sont annoncés dans le monde rural, avec 18 milliards FCFA dédiés aux coopératives agricoles communautaires et aux premières fermes intégrées. S’y ajoute une enveloppe de plus de 91 milliards FCFA pour les agropoles du Sud et du Centre, afin de renforcer la production, la transformation locale et l’emploi, dans une logique de chaînes de valeur plus intégrées.

Énergie et numérique : électrification et internet pour près d’un million de personnes

Dans le secteur de l’énergie, 2026 est présentée comme une année d’« accélération décisive », avec le raccordement prévu de 3637 localités supplémentaires, représentant 113 654 ménages et environ 1 235 755 personnes.

Côté numérique, une annonce retient particulièrement l’attention : le déploiement d’antennes satellitaires qui permettront à près d’un million de personnes d’accéder gratuitement à internet cette année. Une mesure qui, conformément aux objectifs avancés, doit ouvrir de nouvelles perspectives pour l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat et l’inclusion numérique.

Logement : impulsion pour 30 000 logements et rénovation urbaine 

L’accès au logement, autre axe structurant du plan, sera soutenu par 20 milliards FCFA destinés à impulser le programme des 30 000 logements et celui de la rénovation urbaine. Au-delà des chiffres, ce message du président Diomaye Faye se veut résolument mobilisateur. Ces investissements annoncés traduisent une conviction forte : le Sénégal possède la volonté, l’intelligence collective et la capacité de travail nécessaires pour relever les défis identifiés en 2024, notamment le niveau d’endettement national.

« L’année 2025 a été placée sous le signe de la rigueur, de la résilience et de la consolidation de la transparence. Grâce à une réduction drastique du train de vie de l’État, une gestion plus exigeante, la renégociation de contrats et la rationalisation de nombreuses niches, des ressources substantielles ont été dégagées. Elles seront intégralement consacrées aux investissements prioritaires de 2026 », a souligné le président de la République.