Somalie, Soudan, Éthiopie, Érythrée, Djibouti: ces États de la Corne de l’Afrique forcés à l’alignement sous influence de la rivalité saoudo-émiratie

La Corne de l’Afrique (Soudan, Somalie, Éthiopie, Érythrée, Djibouti) s’illustre de manière dramatique comme l’épicentre africain où s’exacerbe la rivalité régionale entre l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis (EAU), éclipsant les autres crises à l’agenda du sommet de l’Union Africaine (UA). Cette sous-région, déjà fracturée par des conflits endogènes, se distingue désormais par la manière dont elle est contrainte de s’aligner sous l’influence croissante et concurrente des deux puissances du Golfe, transformant ses dynamiques internes.

Les EAU se démarquent par une présence multiforme et agressive: investissements massifs, diplomatie robuste, soutien militaire discret et politique étrangère « musclée » qui génère des tensions, notamment avec l’Érythrée, Djibouti, la Somalie et l’armée soudanaise (SAF). L’Arabie Saoudite, initialement en retrait, construit une alliance incluant l’Égypte, la Turquie et le Qatar pour contrer l’influence émiratie, perçue comme une menace sécuritaire, agissant souvent par proxies.

Une rivalité qui force les acteurs africains à choisir un camp, illustré de manière criante au Soudan (EAU soutiendrait les RSF, l’Arabie Saoudite et ses alliés la SAF) et en Somalie. Mogadiscio s’illustre par sa réaction ferme, rompant ses liens avec Abou Dhabi après la reconnaissance par Israël du Somaliland – attribuée à l’influence émiratie – et se tournant vers le Qatar et la Turquie. L’Éthiopie, hôte du sommet de l’UA, joue un rôle ambigu, bénéficiant du soutien émirati tout en hébergeant supposément une base d’entraînement des RSF, révélant une position opportuniste face aux rivalités externes.

Ainsi, la Corne de l’Afrique devient le « terrain subsidiaire » le plus visible des rivalités moyen-orientales, posant un défi majeur à l’Union Africaine: ses membres y sont les plus exposés et divisés par des ingérences étrangères qui alimentent les conflits locaux et menacent la souveraineté régionale, illustrant une fragmentation accrue sous l’effet des compétitions géopolitiques externes et de leurs « accomplices africains ».

Souveraineté statistique agricole: le SAIMA et les pays africains en mouvement après le réveil forcé du shutdown USDA

La réouverture de l’USDA après 43 jours de fermeture souligne une dépendance critique de l’Afrique, où l’agriculture pèse 25% du PIB et emploie 60% de la main-d’œuvre. Selon la FAO, moins de la moitié des pays africains produisent des données agricoles de base (utilisation des terres, rendements, engrais), comblant ce vide par les rapports des attachés de l’USDA présents dans 130 ambassades. Pendant le shutdown, cette carence a amplifié l’incertitude sur les marchés africains, contraints de s’appuyer sur des estimations privées fragmentaires, loin de la fiabilité des estimations mensuelles de l’offre et de la demande agricoles mondiales (WASDE) ou des suivis de chaîne d’approvisionnement (semis à stocks). Un déficit qui expose une vulnérabilité stratégique: sans données locales, l’élaboration des politiques commerciales, la fixation des prix des matières premières (coton, arachides, huile de palme) et la sécurité alimentaire restent tributaires d’acteurs externes.

C’est dans ce contexte que des initiatives émergent pour une souveraineté économique. Le Système Africain d’Information sur les Marchés Agricoles (SAIMA) incarne cet effort panafricain, visant à harmoniser les données via des investissements dans les cadastres et les infrastructures de collecte. Ce système collecte, analyse et diffuse des données sur les prix, volumes et flux agricoles, inspiré des SIM nationaux (Systèmes d’Information sur les Marchés Agricoles). Il s’appuie sur des modèles existants en Afrique subsaharienne, comme ceux au Mali (OMA), Ghana (Esoko) ou Kenya (KACE et RATIN). Peut de source liste de manière explicite les pays les plus actifs dans SAIMA, mais les nations leaders en agriculture et échanges incluent souvent le Maroc, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Égypte et le Kenya, en raison de leurs exportations et infrastructures. 

Certains pays ou blocs régionaux accélèrent leur transition, conscients que la fiabilité statistique est un pilier de compétitivité. Néanmoins, les défis persistent: fragmentation des systèmes nationaux, retard dans l’adoption des biotechnologies, et normes d’exportation souvent calibrées sur les rapports USDA. La récente crise a révélé l’urgence d’autonomiser les capacités analytiques du continent. L’Afrique doit transformer ses défis en leviers: renforcer le SAIMA, mutualiser les données sous-régionales, et prioriser l’innovation dans la production agricole. La souveraineté des chiffres est désormais indissociable de la souveraineté alimentaire.

E-commerce en Afrique: Jumia montre la voie face aux géants chinois Temu et Shein. Rentabilité en vue pour 2026

L’Afrique démontre sa capacité à forger des champions numériques compétitifs, comme en témoigne la trajectoire remarquable de Jumia. L’e-commerçant panafricain, après une restructuration stratégique, affiche une accélération impressionnante et se rapproche de la rentabilité, un cap crucial prévu pour fin 2026. Une performance qui souligne la vitalité économique croissante de plusieurs marchés clés du continent, particulièrement en Afrique de l’Ouest. Le Nigeria, locomotive incontestable, enregistre une croissance explosive de la valeur totale des biens vendus sur la plateforme (GMV) de 50% pour les biens physiques au 4ème trimestre 2025. De quoi consolider quatre trimestres consécutifs de croissance à deux chiffres et une expansion réussie dans les régions Nord du Nigeria. Le Ghana réalise une percée spectaculaire avec une augmentation de 124% du GMV, signe d’une base clientèle de plus en plus fidèle. La Côte d’Ivoire (+31% GMV) confirme sa position dominante grâce aux catégories maison et beauté.

En Afrique du Nord, l’Égypte montre une reprise solide (+56% GMV hors ventes corporate), dopée par le paiement à la livraison et les solutions de paiement différé (BNPL). À l’inverse, l’Algérie, représentant seulement 2% du GMV, rejoint la Tunisie et l’Afrique du Sud dans les marchés où Jumia met la clé sous le paillasson. La fermeture est prévue pour le mois de février 2026.

Ainsi, l’e-commerçant se recentre sur huit marchés prioritaires plus viables. Une focalisation géographique, couplée à une efficacité opérationnelle inédite (réduction de 12% des coûts de livraison par commande, baisse de 70% du cash burn trimestriel), qui renforce sa résilience face à la concurrence féroce des géants chinois Temu et Shein.

L’expansion du sourcing en Chine (nouveau bureau à Yiwu) et l’augmentation des commissions ciblant les vendeurs internationaux améliorent la compétitivité-prix. Mieux, la stratégie de pénétration des régions non urbaines (« up-country ») porte ses fruits, représentant désormais 61% des volumes. Malgré des risques persistants (exposition aux devises africaines volatiles, défi de la monétisation publicitaire), la trajectoire de Jumia, soutenue par une stabilité macroéconomique relative au Nigéria et ailleurs, illustre la maturation de l’écosystème numérique africain et sa capacité à développer des modèles adaptés, performants et défendant leur terrain face aux acteurs globaux. La confiance des investisseurs est palpable, le cours de l’action ayant bondi de plus de 600% depuis son plus bas.

Afrique du Sud: le FMI presse Pretoria d’ancrer ses règles budgétaires, pliera-t-il ?

L’Afrique du Sud, puissance économique majeure du continent, se retrouve sous les projecteurs du Fonds monétaire international (FMI) pour ses défis budgétaires persistants, malgré des signes encourageants de redressement. Dans son rapport annuel publié le 11 février 2026, le FMI salue les récents progrès – sortie de la « liste grise » du GAFI et première amélioration de notation souveraine en deux décennies – témoignant d’une amélioration institutionnelle post-ère Zuma. Toutefois, l’institution alerte sur des risques « toujours orientés à la baisse » et prescrit une réforme urgente de la gouvernance fiscale. Le plafond de dépenses instauré en 2012, jugé insuffisant, n’a pas empêché une dette publique élevée, projetée à 77,9% du PIB en 2026. Pour renforcer la crédibilité et réduire durablement l’endettement, le FMI recommande une règle contraignante ciblant 70% du PIB à moyen terme, puis 60%, assortie de plafonds de dépenses, d’objectifs d’équilibre budgétaire, d’exceptions claires pour les chocs majeurs et d’un contrôle indépendant. Cette discipline, si adoptée, abaisserait les coûts d’emprunt du pays. Le FMI soutient l’objectif d’excédent primaire de 1,5% du PIB en 2026, mais exige un durcissement ultérieur pour garantir la soutenabilité. Les prévisions de croissance (1,4% en 2026, 1,8% à moyen terme), portées par la consommation des ménages et la reprise de l’investissement, restent fragiles, menacées par les incertitudes mondiales et un possible ralentissement des réformes structurelles internes. Ainsi, l’Afrique du Sud illustre le paradoxe africain: une économie industrialisée en voie de consolidation, mais dont la résilience dépendra de sa capacité à ancrer des règles fiscales crédibles, sous le regard exigeant des marchés internationaux.

Business: pourquoi, jusqu’à maintenant, les pays africains dorment sur plus de 8 600 milliards USD de minerais sous-exploités

Le Compendium of Africa’s Strategic Minerals 2026 d’Africa Finance Corporation (AFC) révèle un paradoxe criant: l’Afrique détient 29 500 milliards USD de valeur minière (20% du global), dont 8 600 milliards sous-exploités, mais ne capte qu’une fraction de cette richesse. Face à cette lacune, un récent rapport de l’AFC préconise une refonte systémique ancrée dans les fondamentaux régionaux: infrastructures intégrées, demande industrielle locale et chaînes de valeur coordonnées. Quatre pays illustrent déjà cette transition stratégique.

L’Angola se distingue avec le développement de l’un des plus grands gisements de terres rares magnétiques à haute teneur au monde, réduisant la dépendance à la domination chinoise (90% du marché global). Le Mozambique consolide son rôle de pôle clé pour le graphite naturel et les matériaux d’anodes, positionnant l’Afrique dans la chaîne d’approvisionnement des batteries hors de Chine. En Afrique australe, l’Afrique du Sud et le Botswana progressent sur des projets de sulfate de manganèse qualité batterie, essentiel à la transition énergétique. Parallèlement, la Namibie et le Malawi relancent leur production d’uranium (2024-2025), capitalisant sur la renaissance nucléaire mondiale.

Des initiatives qui répondent à un impératif géoéconomique: dans un monde marqué par les tensions commerciales et les risques de concentration (Chine contrôlant 90% du raffinage de manganèse et terres rares), l’Afrique offre une diversification fiable. Toutefois, le succès exige de combler les fractures infrastructurelles. Le corridor de Lobito (Angola-RDC-Zambie) modèle cette approche, liant mines, chemins de fer et ports pour réduire les coûts logistiques et l’empreinte carbone. Le rapport de l’AFC souligne que sans énergie abordable, transport efficace et corridors industriels, la «valorisation locale» reste illusoire – comme en témoignent les arrêts de production de manganèse au Gabon ou d’acier en Afrique du Sud, victimes de coûts élevés et de demandes asiatiques volatiles.

L’enjeu final: transformer la richesse géologique en leviers industriels permanents. L’Afrique doit ancrer sa production minérale non plus sur les cycles mondiaux, mais sur sa propre trajectoire de développement – infrastructures, urbanisation et montée en gamme technologique. Les pays cités démontrent que cette réorientation est en marche, mais son amplification exigera une coordination régionale inédite et des investissements ciblés dans les données géologiques, clés pour atténuer les risques perçus et mobiliser les capitaux.

22 500 sièges/semaine, 1 240 tonnes de fret/semaine, nouveaux créneaux horaires. Comment Emirates consolide l’accès au Japon depuis Tunis, Johannesburg, Le Caire et Casablanca

Emirates consolide sa position stratégique sur le corridor Afrique-Asie en annonçant un second service quotidien vers Tokyo Narita à compter du 1er mai 2026. Une expansion, opérée par un Boeing 777-300ER réaménagé, qui vise explicitement à optimiser la connectivité des voyageurs africains via Dubaï, ciblant notamment la Tunisie, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Maroc.

Le nouveau vol EK320 quittera Dubaï à 22h30 pour arriver à Tokyo à 13h30 le lendemain, tandis que le vol retour EK321 décollera de Narita à 21h30 pour une arrivée à Dubaï à 03h50. Des créneaux horaires qui offrent des correspondances matinales fluides depuis Dubaï vers les capitales africaines et un accès renforcé aux réseaux domestiques japonais via des partenariats avec JAL et ANA (36 destinations desservies).

L’appareil quadriclasse, doté de 24 sièges Premium Economy et de 8 suites First Class, proposera une expérience premium adaptée, incluant une cuisine japonaise (plateau Kaiseki) et du divertissement multiculturel. Une capacité supplémentaire qui permet à Emirates d’offrir 22 500 sièges hebdomadaires sur le Japon et de transporter 1 240 tonnes de fret hebdomadaires, facilitant ainsi les échanges commerciaux entre l’Afrique et l’Asie.

L’extension concomitante du service de chauffeur pour passagers premium à Osaka (dès mars 2026) confirme la priorité accordée par Emirates à la facilitation des voyages longue distance depuis l’Afrique. Une initiative qui souligne la centralité croissante de Dubaï comme hub intégrateur des flux aériens entre l’Afrique et l’Asie du Nord-Est, tout en valorisant la position des pays africains cités comme marchés cibles stratégiques.

Côte d’Ivoire. Un prix bord champ « prudent » de 400 FCFA/kg d’anacarde: la leçon du cacao est passée

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial du cacao (45% de l’offre) et premier producteur d’anacarde (noix de cajou), affronte en février 2026 des défis structurels révélateurs de sa vulnérabilité aux marchés internationaux. Pour la campagne 2026, le gouvernement fixe le prix bord champ de la noix de cajou à 400 FCFA/kg (0,609 euros), une baisse prudente justifiée par le repli des cours mondiaux, la chute du dollar (620 à 565 FCFA) et les mesures tarifaires américaines. Un prix « prudent mais protecteur », selon Bruno Nabagné Koné, ministre de l’agriculture, qui vise à garantir des revenus aux 2 millions de producteurs tout en préservant la position dominante du pays (production record de 1,5 million de tonnes en 2025).

Pourtant, la crise parallèle du cacao illustre les limites du modèle. Fixé à 2 800 FCFA/kg (4,268 euros) en octobre 2025, en hausse de 1 000 FCFA (1,524 euros), le prix officiel du cacao – pilier vital (15-20% du PIB) – est devenu intenable face à l’effondrement des cours mondiaux passés de 12 000 à 5 000 USD/tonne. Résultat: les exportateurs bloquent leurs achats depuis mi-octobre 2025, obligeant l’État à racheter les stocks accumulés dans les coopératives pour payer les planteurs. Des montagnes de fèves s’entassent aux ports d’Abidjan et San Pedro, tandis que des producteurs vendent sous le prix garanti.

Une dualité qui souligne un dilemme majeur: comment concilier rémunération attractive des producteurs et compétitivité internationale face à une volatilité extrême ? La Côte d’Ivoire tente d’équilibrer soutien immédiat (interventions financières sur instruction présidentielle) et flexibilité (révision possible du prix de l’anacarde si les marchés remontent). Mais l’impasse cacaoyère démontre les risques systémiques des prix fixes dans une économie dépendante de matières premières. Le succès de la transformation locale d’anacarde (600 000 tonnes en 2025) reste un rare point positif dans ce paysage tendu, où la résilience des « braves paysans » est mise à rude épreuve.

IDE panafricains: Aliko Dangote scelle en personne l’entrée de Dangote Group au Burundi

« Petit pays » d’Afrique de l’Est au potentiel longtemps méconnu, le Burundi opère un virage stratégique majeur en attirant l’attention des plus grands investisseurs africains. Répondant à l’appel du Président Evariste Ndayishimiye lancé en décembre 2024, une délégation nigériane de haut niveau, menée par l’ancien Président Olusegun Obasanjo et l’homme le plus riche d’Afrique, président fondateur du groupe Dangote, Aliko Dangote, vient de signer des accords à suivre prêt, le 7 février 2026 à Bujumbura.

Un déplacement inédit qui consacre le Burundi comme nouvelle destination d’investissement, notamment pour Dangote Group, après le Sénégal, la Sierra Leone, le Ghana, le Cameroun, le Congo (Brazzaville), l’Éthiopie, la Tanzanie, la Zambie, l’Afrique du Sud, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Libéria, et le Togo.

Concrètement, deux engagements structurants ont été actés. Le premier: un mémorandum d’entente stratégique à long terme entre le Gouvernement burundais et Dangote Group. Il couvre des secteurs clés de diversification économique: raffinerie, fertilisants, exploitation des mines et ressources naturelles, infrastructures routières et ferroviaires, et logements. Une expansion significative pour le géant nigérian, historiquement centré sur le ciment et des terminaux d’importation en dehors du Nigeria. Rappelons que l’expansion de Dangote Group a commencé dans les années 2010 avec des usines de ciment et des terminaux d’importation.

Le deuxième engagement acté est un accord précontractuel avec le groupement Unique Construction & MATHU, spécialisé dans le BTP et le génie civil, pour développer le terminal logistique de Rubirizi et ses routes d’accès, renforçant les infrastructures de transport.

Des engagements qui matérialisent une offensive de séduction étatique réussie et positionnent le pays comme nouveau front des investissements transformatifs en Afrique de l’Est, avec des retombées multisectorielles potentielles.

Ce double partenariat envoie un signal sans équivoque: le Burundi veut sortir de l’isolement économique et désormais être perçue comme une terre d’opportunités capable d’attirer les plus grands capitaux privés panafricains. Pour le Président Evariste Ndayishimiye, cette concrétisation démontre la crédibilité de sa vision et la confiance des investisseurs dans le potentiel naturel du pays. Une dynamique, qualifiée d’inédite et qui positionne résolument le Burundi sur la carte des économies africaines en transformation accélérée.

Douanes africaines: le choc de l’IA est déjà là et ça marche au Bénin, en Éthiopie, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Ghana

Adaptation réglementaire en temps réel, dédouanement accéléré, recettes optimisées… Nous assistons à un tournant décisif pour les douanes africaines, notamment grâce à l’IA qui étend le champ des possibilités en devenant un levier concret de souveraineté fiscale.

La récente conférence et exposition technologique de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) 2026 à Abou Dhabi, nous a permis de le constater par des cas d’usages concret.

Entre autres solutions boostées par l’IA, braquons nos projecteurs sur Webb Fontaine Zerø, un système douanier de nouvelle génération, intégralement reconstruit sur des grands modèles de langage (LLM). Solution qui élimine les anciennes infrastructures pour une plateforme native IA.

Concrètement, le lancement de Webb Fontaine Zerø révolutionne les systèmes douaniers africains en imposant trois mutations irréversibles. Premièrement, l’adaptation réglementaire devient instantanée: les douanes du Bénin, de l’Éthiopie ou du Nigeria ajustent désormais en temps réel leurs processus aux évolutions tarifaires de la ZLECAf et aux normes OMD, éliminant les mois de latence des mises à jour manuelles. Deuxièmement, les systèmes hérités disparaissent au profit d’architectures IA natives, comme au Bénin où Webb Customs a généré plus de 30 milliards FCFA de recettes (45,734 millions d’euros) grâce à l’analyse prédictive, réduisant de 80% les erreurs de sous-évaluation et les contrôles physiques obsolètes. Troisièmement, la transparence s’impose comme une obligation: l’écosystème numérique unifié (Single Window) permet un suivi en temps réel des marchandises, bloquant les détournements aux points critiques comme le port de Cotonou, tandis que le risk scoring IA (Webb Risk Intelligence) réduit la fraude, sécurisant les recettes (+30% en Éthiopie, soit 5 milliards USD collectés).

De manière opérationnelle, le dédouanement dépasse 80% de traitement en 24h via la pré-saisie automatisée des données (Webb ACI), tandis que la valorisation IA des biens (Webb Valuation) tarit les pertes fiscales. L’interconnexion régionale (Bénin-Côte d’Ivoire-Ghana) fluidifie les corridors ZLECAf sous des standards communs. Cependant, les pays non équipés risquent l’isolement commercial, et la maintenance des LLM exige une expertise locale urgente à développer. Des avancées, incarnées par les 27 bureaux automatisés éthiopiens, qui font de l’IA un pilier de souveraineté fiscale et d’intégration continentale.

Commerce international: le Lesotho, vulnérable champion de la dépendance à l’AGOA, obtient un sursis précaire

Pendant que le Nigeria et le Kenya saisissent l’opportunité de la prolongation d’un an de l’AGOA pour finaliser des accords commerciaux pivots avec les Émirats Arabes Unis et la Chine et diversifier leurs débouchés, le cas du Lesotho révèle une dépendance asymétrique criante envers le marché américain. Qualifié d’exportateur africain le plus dépendant des États-Unis, ce petit royaume montagneux d’Afrique australe illustre la vulnérabilité extrême d’économies tributaires d’accords non pérennes.

Ainsi, grâce à la prolongation d’un an de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’au 31 décembre 2026, le Lesotho respire temporairement. Cet accord commercial, vitale pour son économie, avait expiré en septembre 2025, entraînant des licenciements massifs dans le secteur textile, pilier des exportations du Lesotho, représentant environ 10% de son PIB (près de 2 milliards de dollars).

Bien que l’extension lève une menace immédiate sur des centaines de milliers d’emplois, elle ne résout pas l’incertitude structurelle. Le ministre du Commerce du Lesotho, Mokhethi Shelile, déplore un délai trop court, inadapté pour une planification économique stable pour les entreprises et réclame urgemment un cadre commercial américain pérenne pour l’Afrique. La vulnérabilité du Lesotho est accentuée par les droits de douane punitifs de Trump (initialement 50%, réduits à 15%), rendant ses vêtements moins compétitifs sur ce marché crucial (276 millions USD d’échanges totaux en 2024). Ainsi, ce sursis technique est accueilli avec un optimisme prudent, mais le besoin d’une solution à long terme est criant.