Côte d’Ivoire. Un prix bord champ « prudent » de 400 FCFA/kg d’anacarde: la leçon du cacao est passée

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial du cacao (45% de l’offre) et premier producteur d’anacarde (noix de cajou), affronte en février 2026 des défis structurels révélateurs de sa vulnérabilité aux marchés internationaux. Pour la campagne 2026, le gouvernement fixe le prix bord champ de la noix de cajou à 400 FCFA/kg (0,609 euros), une baisse prudente justifiée par le repli des cours mondiaux, la chute du dollar (620 à 565 FCFA) et les mesures tarifaires américaines. Un prix « prudent mais protecteur », selon Bruno Nabagné Koné, ministre de l’agriculture, qui vise à garantir des revenus aux 2 millions de producteurs tout en préservant la position dominante du pays (production record de 1,5 million de tonnes en 2025).

Pourtant, la crise parallèle du cacao illustre les limites du modèle. Fixé à 2 800 FCFA/kg (4,268 euros) en octobre 2025, en hausse de 1 000 FCFA (1,524 euros), le prix officiel du cacao – pilier vital (15-20% du PIB) – est devenu intenable face à l’effondrement des cours mondiaux passés de 12 000 à 5 000 USD/tonne. Résultat: les exportateurs bloquent leurs achats depuis mi-octobre 2025, obligeant l’État à racheter les stocks accumulés dans les coopératives pour payer les planteurs. Des montagnes de fèves s’entassent aux ports d’Abidjan et San Pedro, tandis que des producteurs vendent sous le prix garanti.

Une dualité qui souligne un dilemme majeur: comment concilier rémunération attractive des producteurs et compétitivité internationale face à une volatilité extrême ? La Côte d’Ivoire tente d’équilibrer soutien immédiat (interventions financières sur instruction présidentielle) et flexibilité (révision possible du prix de l’anacarde si les marchés remontent). Mais l’impasse cacaoyère démontre les risques systémiques des prix fixes dans une économie dépendante de matières premières. Le succès de la transformation locale d’anacarde (600 000 tonnes en 2025) reste un rare point positif dans ce paysage tendu, où la résilience des « braves paysans » est mise à rude épreuve.

IDE panafricains: Aliko Dangote scelle en personne l’entrée de Dangote Group au Burundi

« Petit pays » d’Afrique de l’Est au potentiel longtemps méconnu, le Burundi opère un virage stratégique majeur en attirant l’attention des plus grands investisseurs africains. Répondant à l’appel du Président Evariste Ndayishimiye lancé en décembre 2024, une délégation nigériane de haut niveau, menée par l’ancien Président Olusegun Obasanjo et l’homme le plus riche d’Afrique, président fondateur du groupe Dangote, Aliko Dangote, vient de signer des accords à suivre prêt, le 7 février 2026 à Bujumbura.

Un déplacement inédit qui consacre le Burundi comme nouvelle destination d’investissement, notamment pour Dangote Group, après le Sénégal, la Sierra Leone, le Ghana, le Cameroun, le Congo (Brazzaville), l’Éthiopie, la Tanzanie, la Zambie, l’Afrique du Sud, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Libéria, et le Togo.

Concrètement, deux engagements structurants ont été actés. Le premier: un mémorandum d’entente stratégique à long terme entre le Gouvernement burundais et Dangote Group. Il couvre des secteurs clés de diversification économique: raffinerie, fertilisants, exploitation des mines et ressources naturelles, infrastructures routières et ferroviaires, et logements. Une expansion significative pour le géant nigérian, historiquement centré sur le ciment et des terminaux d’importation en dehors du Nigeria. Rappelons que l’expansion de Dangote Group a commencé dans les années 2010 avec des usines de ciment et des terminaux d’importation.

Le deuxième engagement acté est un accord précontractuel avec le groupement Unique Construction & MATHU, spécialisé dans le BTP et le génie civil, pour développer le terminal logistique de Rubirizi et ses routes d’accès, renforçant les infrastructures de transport.

Des engagements qui matérialisent une offensive de séduction étatique réussie et positionnent le pays comme nouveau front des investissements transformatifs en Afrique de l’Est, avec des retombées multisectorielles potentielles.

Ce double partenariat envoie un signal sans équivoque: le Burundi veut sortir de l’isolement économique et désormais être perçue comme une terre d’opportunités capable d’attirer les plus grands capitaux privés panafricains. Pour le Président Evariste Ndayishimiye, cette concrétisation démontre la crédibilité de sa vision et la confiance des investisseurs dans le potentiel naturel du pays. Une dynamique, qualifiée d’inédite et qui positionne résolument le Burundi sur la carte des économies africaines en transformation accélérée.

Douanes africaines: le choc de l’IA est déjà là et ça marche au Bénin, en Éthiopie, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Ghana

Adaptation réglementaire en temps réel, dédouanement accéléré, recettes optimisées… Nous assistons à un tournant décisif pour les douanes africaines, notamment grâce à l’IA qui étend le champ des possibilités en devenant un levier concret de souveraineté fiscale.

La récente conférence et exposition technologique de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) 2026 à Abou Dhabi, nous a permis de le constater par des cas d’usages concret.

Entre autres solutions boostées par l’IA, braquons nos projecteurs sur Webb Fontaine Zerø, un système douanier de nouvelle génération, intégralement reconstruit sur des grands modèles de langage (LLM). Solution qui élimine les anciennes infrastructures pour une plateforme native IA.

Concrètement, le lancement de Webb Fontaine Zerø révolutionne les systèmes douaniers africains en imposant trois mutations irréversibles. Premièrement, l’adaptation réglementaire devient instantanée: les douanes du Bénin, de l’Éthiopie ou du Nigeria ajustent désormais en temps réel leurs processus aux évolutions tarifaires de la ZLECAf et aux normes OMD, éliminant les mois de latence des mises à jour manuelles. Deuxièmement, les systèmes hérités disparaissent au profit d’architectures IA natives, comme au Bénin où Webb Customs a généré plus de 30 milliards FCFA de recettes (45,734 millions d’euros) grâce à l’analyse prédictive, réduisant de 80% les erreurs de sous-évaluation et les contrôles physiques obsolètes. Troisièmement, la transparence s’impose comme une obligation: l’écosystème numérique unifié (Single Window) permet un suivi en temps réel des marchandises, bloquant les détournements aux points critiques comme le port de Cotonou, tandis que le risk scoring IA (Webb Risk Intelligence) réduit la fraude, sécurisant les recettes (+30% en Éthiopie, soit 5 milliards USD collectés).

De manière opérationnelle, le dédouanement dépasse 80% de traitement en 24h via la pré-saisie automatisée des données (Webb ACI), tandis que la valorisation IA des biens (Webb Valuation) tarit les pertes fiscales. L’interconnexion régionale (Bénin-Côte d’Ivoire-Ghana) fluidifie les corridors ZLECAf sous des standards communs. Cependant, les pays non équipés risquent l’isolement commercial, et la maintenance des LLM exige une expertise locale urgente à développer. Des avancées, incarnées par les 27 bureaux automatisés éthiopiens, qui font de l’IA un pilier de souveraineté fiscale et d’intégration continentale.

Commerce international: le Lesotho, vulnérable champion de la dépendance à l’AGOA, obtient un sursis précaire

Pendant que le Nigeria et le Kenya saisissent l’opportunité de la prolongation d’un an de l’AGOA pour finaliser des accords commerciaux pivots avec les Émirats Arabes Unis et la Chine et diversifier leurs débouchés, le cas du Lesotho révèle une dépendance asymétrique criante envers le marché américain. Qualifié d’exportateur africain le plus dépendant des États-Unis, ce petit royaume montagneux d’Afrique australe illustre la vulnérabilité extrême d’économies tributaires d’accords non pérennes.

Ainsi, grâce à la prolongation d’un an de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’au 31 décembre 2026, le Lesotho respire temporairement. Cet accord commercial, vitale pour son économie, avait expiré en septembre 2025, entraînant des licenciements massifs dans le secteur textile, pilier des exportations du Lesotho, représentant environ 10% de son PIB (près de 2 milliards de dollars).

Bien que l’extension lève une menace immédiate sur des centaines de milliers d’emplois, elle ne résout pas l’incertitude structurelle. Le ministre du Commerce du Lesotho, Mokhethi Shelile, déplore un délai trop court, inadapté pour une planification économique stable pour les entreprises et réclame urgemment un cadre commercial américain pérenne pour l’Afrique. La vulnérabilité du Lesotho est accentuée par les droits de douane punitifs de Trump (initialement 50%, réduits à 15%), rendant ses vêtements moins compétitifs sur ce marché crucial (276 millions USD d’échanges totaux en 2024). Ainsi, ce sursis technique est accueilli avec un optimisme prudent, mais le besoin d’une solution à long terme est criant.

Télécoms: le Nigeria, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et le Cameroun en ligne de mire dans une opération de consolidation de MTN

Le Nigeria, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et le Cameroun se positionnent au cœur d’une transaction panafricaine d’envergure révélée ce 5 février 2026. MTN Group, géant sud-africain des télécoms et leader africain, négocie activement le rachat total d’IHS Holdings, aussi connue sous le nom d’IHS Towers, pour environ 2,76 milliards de dollars.

Il faut savoir que IHS Holdings est l’un des principaux opérateurs indépendants d’infrastructures télécoms partagées au monde, spécialisé dans les marchés émergents. L’entreprise possède, exploite et développe plus de 40 000 tours télécoms, principalement en Afrique subsaharienne (comme le Nigeria, Côte d’Ivoire, Cameroun), en Amérique latine (Brésil, Colombie) et au Moyen-Orient. L’entreprise propose des services de colocation, construction de tours, solutions in-building, petites cellules, fibre optique et téléphonie rurale pour des opérateurs mobiles majeurs, couvrant environ 750 millions de personnes.

Ainsi, l’acquisition potentielle des 75% restants du capital d’IHS Holdings (intégration verticale) souligne la stratégie agressive d’un opérateur africain cherchant à reprendre le contrôle direct d’infrastructures critiques – notamment au Nigeria, marché phare d’IHS et terrain historique de son fondateur Sam Darwish ; mais aussi la Côte d’Ivoire et le Cameroun, pour ne parler que des pays africains.

L’offre potentielle s’alignerait sur le dernier cours de bourse d’IHS à New York. Si les discussions échouent, MTN étudierait d’autres options pour valoriser sa participation actuelle, tout en respectant sa discipline capitalistique.

La démarche de MTN, déjà principal client et actionnaire d’IHS, illustre la maturité croissante du secteur des télécoms africaines, la volonté de renforcer la souveraineté infrastructurelle sur le continent, ainsi que l’ambition d’un opérateur panafricain de maîtriser davantage sa chaîne de valeur et d’optimiser ses actifs dans un marché en consolidation.

L’opération, si conclue, valoriserait fortement une success story africaine née à Lagos, cotée à New York et Francfort, et déployée dans plusieurs économies émergentes. Elle démontre la capacité des acteurs africains à piloter des consolidations majeures structurantes pour le numérique régional.

Prolongation d’un an de l’AGOA: comment ces pays africains en profite pour consolider leurs plans B

Un an de vie supplémentaire pour l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) ! Expiré le 30 septembre 2025 mais récemment réactivé jusqu’au 31 décembre 2026 par le président Donald Trump, après un vote du Sénat le 3 février 2026, l’accord commercial américain accordant des accès préférentiels sans droits de douane à certains produits originaires de pays d’Afrique vers les États-Unis offre un sursis technique aux 30 à 40 pays africains éligibles.

Mais en même temps, cette prolongation confirme la fragilité de l’AGOA, particulièrement pour l’Afrique du Sud, menacée d’exclusion malgré son importance industrielle (exclusion coûtant -0,2% de PIB). Une précarité, couplée aux tensions politiques Washington-Pretoria et aux droits de douane ciblés (30%), qui catalyse une remarquable diversification stratégique africaine.

De plus en plus de pays africains capitalisent sur cette prolongation pour sécuriser leurs investissements existants, tandis que le Nigeria et le Kenya illustrent la dynamique émergente en finalisant des accords commerciaux pivots avec les Émirats Arabes Unis et la Chine.

Plus significatif encore, l’appel pressant du Président d’Afreximbank, George Elombi, à accélérer la ZLECAf lors d’un récent événement à Johannesburg, cristallise la prise de conscience continentale: «le sort de nos économies ne peut plus être lié à la bienveillance d’autrui».

L’Afrique démontre ainsi, par des actes concrets et un discours fort, sa volonté proactive de réduire sa dépendance et de construire sa résilience commerciale intracontinentale face aux aléas géopolitiques extérieurs.

Exploration pétrolière offshore: le « Nouveau Brésil » n’est pas en Amérique Latine, il est en Afrique

L’Afrique de l’Ouest et Australe émerge comme épicentre stratégique de l’exploration pétrolière offshore, attirant massivement les majors (Chevron, TotalEnergies, Shell) en quête du « nouveau Brésil ». La Namibie domine incontestablement le paysage avec des découvertes de 6,2 milliards de barils équivalent pétrole (boe) dans son bassin de l’Orange, zone la plus prolifique. Elle affiche un taux de succès de forage exceptionnel (>70%) et abrite les méga-découvertes de TotalEnergies (Venus, Mopane, potentiel >10 milliards de barils) et d’Azule Energy. L’Angola se démarque par des réformes réglementaires audacieuses (décret présidentiel 2024 avec incitations fiscales) et son retrait de l’OPEP, relançant l’exploration (premier puits dédié au gaz par Azule/BP, succès significatif) après le retour de Shell. Le bassin comprenant la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, et la Guinée suscite un intérêt croissant, avec l’entrée de Chevron en Guinée-Bissau sur des blocs au potentiel estimé à des multi-milliards de barils. Ces régions capitalisent sur une géologie analogue au Brésil, des politiques incitatives et un besoin crucial des majors de reconstituer leurs réserves face à une demande persistante. Les défis techniques (eaux profondes, ratio gaz/pétrole élevé) persistent, mais l’Afrique s’affirme comme frontière majeure de l’E&P global.

Diversification des alliances: la place de ces nations dans le «cercle restreint» de partenaires clés de Berlin

Relance de la raffinerie de Trinité-et-Tobago: opportunité à saisir pour le Nigeria et l’Angola

La potentielle réouverture de la raffinerie de Guaracara, située à Trinité-et-Tobago, avec Indian Oil Corp représente un débouché stratégique pour les producteurs africains de brut lourd. Historiquement, cette raffinerie de 165 000 barils/jour traitait des bruts nigérians et angolais, fournisseurs clés en raison de leur compatibilité technique.

La relance, visée fin 2026, pourrait rouvrir un marché majeur pour les deux pays africains cités plus haut, voire d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et australe, s’il y a compatibilité technique.

Bien que le Dr Roodal Moonilal, ministre de l’Énergie et des Industries énergétiques de Trinité-et-Tobago, évoque la possibilité de réimporter du pétrole vénézuélien, et que l’accent immédiat reste sur le développement gazier transfrontalier.

La renaissance de la raffinerie de Guaracara positionnerait le Nigeria et l’Angola comme partenaires énergétiques prioritaires des Caraïbes, renforçant les liens commerciaux Sud-Sud. Cela dit, une vigilance s’impose sur les délais concrets après l’échec récent d’attribution de blocs à CNOOC.

Le Maroc, pionnier africain de la transition technologique, accueille l’implantation stratégique de Tesla

« Tesla débarque au Maroc. Nous sommes ravis de vous inviter à notre lancement officiel au Maroc ». Le message publié sur le site de la marque est clair. Tesla officialise son entrée sur le marché marocain. Et ce, le 6 février 2026 à Casablanca. L’événement prévu pour se tenir à AnfaPlace Mall vise à présenter les Model 3 et Y, détaillant l’expérience propriétaire et la recharge domestique, éléments clés de l’écosystème durable du constructeur. Une implantation qui souligne la confiance dans le positionnement économique et infrastructurel du Maroc, hub régional émergent. Ce lancement reflète aussi la stratégie de marque internationale de Tesla, ciblant des marchés urbains dynamiques dotés d’infrastructures commerciales premium. En s’ancrant au Maroc, Tesla valorise non seulement un pays leader en transition énergétique africaine mais promeut sa vision d' »abondance extraordinaire », combinant innovation technologique et développement urbain durable. Ce lancement consacre le Royaume comme plaque tournante continentale pour les énergies vertes et l’adoption des véhicules électriques.