General Electric et l’Angola : autopsie d’un scandale à 1,1 milliard de dollars

En choisissant la société portugaise controversée Aenergy comme intermédiaire commercial à Luanda, le géant énergétique américain a emprunté une voie périlleuse . Nous retraçons l’une des plus grandes fraudes africaines  contemporaines…

Pendant des années, le dossier est resté un bruit de fond, une rumeur lourde circulant dans les couloirs des ministères à Luanda et dans les open spaces feutrés du siège africain de General Electric. Il a fallu l’arrestation d’un cadre du groupe aux États-Unis et la publication d’éléents accablants pour que la lumière se fasse, lentement, sur ce qui s’annonce comme l’un des scandales industriels les plus retentissants de l’Afrique moderne.

Un scandale où se mêlent ambitions nationales, opacité administrative, mécanismes financiers de haute voltige et manipulations documentaires dont l’ampleur dépasse les frontières angolaises.

L’Angola veut moderniser son électricité — et voit grand

  • L’Angola est dans une phase de transition complexe. Après des années de boom pétrolier, le pays cherche à moderniser ses infrastructures et résoudre l’un de ses vieux démons : un réseau électrique fragile, vieillissant, marqué par des délestages chroniques.

C’est dans ce contexte que le gouvernement angolais signe un accord majeur avec GE Capital, la branche financière du géant américain General Electric :

un financement de 1,1 milliard de dollars destiné à soutenir une série de contrats structurants dans les secteurs de l’énergie et de l’eau.

L’opération est calibrée comme un symbole. L’Angola veut montrer qu’il peut attirer les grands noms mondiaux, sécuriser des technologies de pointe et mettre en œuvre un programme énergétique ambitieux pour répondre à la hausse rapide de la demande intérieure. Le financement doit couvrir treize projets, allant de l’installation de turbines mobiles TM2500 à la rénovation d’infrastructures stratégiques. Une société angolaise est désignée comme maître d’œuvre local, en coordination avec GE Power, fournisseur technique du matériel. Lorsque les premiers décaissements tombent — plus de 640 millions de dollars dès décembre 2017 —, l’optimisme est total. À Luanda, on parle déjà de “changements visibles” à court terme.

Mais derrière cette mise en scène moderniste, des fissures commencent à apparaître.

Un engrenage trouble : turbines fantômes et documents douteux

Très vite, un élément inattendu surgit : les chiffres ne correspondent plus. Les contrats initiaux prévoient la fourniture de huit turbines TM2500 .un matériel lourd, stratégique, dont chaque unité coûte des dizaines de millions de dollars. Mais des responsables de GE Angola affirment que douze, voire quatorze turbines auraient été commandées. Une différence énorme, aux conséquences financières vertigineuses. Pour justifier ces commandes additionnelles, des lettres d’intention supposément émises par des entreprises publiques angolaises — ENDE et PRODEL — sont présentées. Sur le papier, elles semblent authentiques : logos officiels, signatures, cachets institutionnels. Pourtant, quelque chose cloche. La société angolaise partenaire, censée être au cœur du dispositif, affirme n’avoir jamais eu connaissance de ces lettres. Pire : plusieurs documents semblent avoir été produits en dehors des procédures administratives habituelles. L’affaire prend un tournant lorsque, face aux incohérences répétées, la société demande l’ouverture d’une enquête pénale pour déterminer si ces documents ne seraient pas des faux grossiers. Au lieu de donner suite, le ministère de l’Énergie et de l’Eau réagit brusquement : en septembre 2019, il résilie unilatéralement l’ensemble des treize contrats, invoquant une rupture de confiance.

Du jour au lendemain, le programme énergétique de 1,1 milliard de dollars est stoppé net.

L’explosion judiciaire : un cadre de GE rattrapé par la justice américaine

L’affaire aurait pu s’arrêter là, dans le flou et l’opacité habituels des litiges industriels en Afrique. Mais un événement va tout bouleverser. En 2024, un ancien dirigeant de  General Electric Angola, Wilson Daniel  Freita Da Costa, est arrêté aux États-Unis. L’homme, présenté comme un rouage essentiel des opérations angolaises de GE, est accusé d’avoir orchestré une vaste manipulation documentaire.

Son procès révèle des éléments stupéfiants :

  • Utilisation de faux documents sur papier à en-tête officiel angolais,
  • Falsification de signatures de dirigeants d’entreprises publiques,
  • Création de fausses demandes d’équipements non prévus,
  • Communication trompeuse avec GE Capital pour débloquer des fonds supplémentaires,
  • Utilisation des circuits financiers internationaux pour valider des opérations fictives.

En mars 2025, le verdict tombe :

sept ans de prison pour fraude électronique et usurpation d’identité aggravée. Une condamnation lourde, rare dans les affaires internationales liées à l’énergie, et qui confirme l’existence d’un schéma organisé pour détourner ou manipuler les flux financiers liés au prêt angolais.

Le grand flou : où est passé l’argent ?

Au cœur du scandale demeure une zone grise, épaisse, opaque : quelle partie du financement a réellement été utilisée pour des équipements livrés ? Et que reste-t-il aujourd’hui des actifs financés par les 1,1 milliard de dollars ?

Les éléments connus laissent penser que :

  • Certaines turbines n’ont jamais été commandées officiellement,
  • D’autres n’auraient jamais été livrées,
  • Et une partie des fonds débloqués pourrait avoir servi à financer des opérations non conformes aux contrats initiaux.

Le gouvernement angolais, en annulant les contrats, a laissé en suspens la question des responsabilités financières. La société angolaise partenaire accuse l’État de rupture abusive. GE, de son côté, affirme avoir agi sur la base de documents “présentés comme authentiques”. Pour les citoyens angolais, l’impression est amère : une dette publique colossale a été engagée, mais les bénéfices tangibles restent difficiles à identifier.

Un miroir de la gouvernance angolaise : fragilités, opacités et opportunisme

Au-delà des chiffres, cette affaire agit comme un révélateur de la gouvernance angolaise.

Elle met en lumière :

  • Un État où les chaînes de validation administrative sont poreuses,
  • Une faible traçabilité des grands contrats,
  • Une dépendance excessive aux intermédiaires,
  • Un déficit de contrôle des financements internationaux,
  • Et une tendance à gérer les crises par la rupture plutôt que par l’audit.

Pour un pays qui cherche à attirer des investisseurs pour sa diversification économique, le signal envoyé est préoccupant. Pour General Electric, cette affaire est un coup dur. Elle interroge la capacité du groupe américain à sécuriser ses opérations dans des environnements institutionnels fragiles et à détecter les manipulations internes.

Plus qu’un scandale : un tournant

L’affaire GE–Angola n’est pas un simple litige commercial. C’est un révélateur systémique. Elle montre comment un pays engagé dans une modernisation rapide peut être piégé par sa propre fragilité institutionnelle — et comment une multinationale peut devenir l’acteur involontaire, ou complaisant, d’un montage aux contours douteux. Elle rappelle aussi une vérité fondamentale : dans le secteur de l’énergie, les grands projets reposent autant sur des turbines et des câbles que sur la confiance, la transparence et l’intégrité des acteurs.

L’ombre de la famille dos Santos

Sous la houlette du ministre de l’Énergie et de l’Eau, toujours en poste aujourd’hui, et après des années de politique énergétique volontariste, l’Angola est parvenu à tripler sa production électrique, passant de 2 400 mégawatts (MW) en 2015 à 6 200 MW en 2023 – les douze turbines ne représentent qu’environ 300 MW sur ce total. Toutefois, « l’affaire des turbines » a mis à nu des failles structurelles dans un régime rongé par la corruption au moment de la prise de pouvoir de João Lourenço, en 2017. Huit ans après cette affaire, à Lisbonne, l’ombre de la famille dos Santos plane toujours sur la soudaine puissance financière de Ricardo Machado – et sur les zones grises d’un mégacontrat dans lequel intérêts d’État et performances d’entreprise se sont dangereusement confondus

Chronologie des faits

IA: Comment reconnaître une intelligence artificielle ?


L’avènement de l’intelligence artificielle et ses capacités de génération de textes sèment le doute. Cette dissertation, cet article de presse, ce livre ou encore les multiples post ont-ils un auteur humain ou sont-ils le fruit d’une IA ? Comment faire la différence?

L’émergence des intelligences artificielles génératives, comme ChatGPT ou DeepSeek, bouleverse aujourd’hui notre rapport à l’écriture. Bien avant leur apparution, structurer une pensée, rédiger un texte ou argumenter demandait un effort intellectuel considérable. Aujourd’hui, quelques mots-clés avec une bonne formulation  suffisent pour obtenir un contenu rédigé en quelques secondes. Cette automatisation soulève des questions de fond : la créativité et la réflexion individuelle risquent-elles de s’éroder ? Sommes-nous en train de déléguer trop facilement une tâche qui, au-delà des mots, forge notre esprit critique ? Au Usa, point d’ancrage de ces innovations qui changent notre monde, le média en ligne américain vox dans une tribune s’interrogeait sur une histoire qui a choqué le monde universitaires. Selon vox, « Jebar King, un jeune homme de 31 ans vivant à Los Angeles (Californie), a été chargé par sa famille de rédiger la nécrologie de sa grand-mère décédée. Lui qui n’avait jamais été confronté à un tel exercice ne savait pas par où commencer.. Après avoir fourni à ChatGPT quelques éléments de contexte sur la vie de sa grand-mère, l’outil lui a donné la base pour l’un des textes les plus personnels qu’il ait jamais écrits. ». «Je savais que c’était une belle nécrologie et qu’elle rendait hommage à sa vie. Peu importe qu’elle provienne de ChatGPT», confie Jebar King à Vox.Au Maroc, l’intérêt pour ces outils est particulièrement marqué. Une étude publiée par  invest. billionaire classe le pays parmi les plus gros consommateurs de ces technologies, témoignant d’une adoption massive qui ne manque pas d’interroger sur ses implications à long terme. Jusqu’où pouvons-nous faire confiance à ces intelligences artificielles ? « Les IA sont désormais parmi nous et font partie de nos pratiques quotidiennes. Pour un romancier, elles seraient néfastes pour sa carrière si celle-ci vacillait et se fragilisait à mesure que les interconnexions s’intensifient et que les frontières disparaissent. Or, jusqu’à nouvel ordre, rien au monde ne modifiera la donne qui prouve que les aventures entreprises et les émotions exprimées par un humain ne sont pas encore en péril. Certes, la concurrence sera âpre, mais c’est au marché de faire la différence entre un humain et un humanoïde. Entre les deux, la lutte sera rude et la partie difficile à gagner, mais le public sera le juge de paix »,, prévient l’écrivain Fouad Souiba. Et de poursuivre ; « À présent, il existe aussi l’option pour le romancier d’additionner son imaginaire à celui de la machine pour n’en faire qu’un. Dans mon prochain roman, j’aborde cet univers passionnant des IA avec une approche complémentaire, mais jamais belliqueuse, car c’est toujours l’humain qui a et aura le dernier mot ».

 Comment faire la différence ?

 Les robots  de l’IA  paraissent très intelligents. En moins d’une minute, cette intelligence est capable de répondre à nos questions dans le format demandé : un commentaire de texte, une recette, un article scientifique, un roman… Pourtant, ChatGPT et ses concurrents ne sont pas des créateurs et n’ont pas de rigueur scientifique comme les écrivains, les journalistes ou les chercheurs. Et surtout ne donnent pas d’âme aux mots. Ils utilisent les bases de données sur lesquelles ils ont été entraînés et les probabilités pour générer le texte qu’on leur demande. Ils enchaînent des platitudes et les poncifs sans jamais sortir des sentiers battus ni émettre d’avis tranché sur le sujet. Ils ne donnent pas d’exemple personnel et ne citent pas de sources fiables. En somme, le contenu est très structuré et cohérent, mais il est déshumanisé, dépossédé de ce petit truc que chaque lecteur percoit dans l’écrit d’une personne réelle. ChatGPT le reconnaît lui-même lorsque nous l’interrogeons directement sur la platitude de ses contenus : « mes textes peuvent sembler plats, car je privilégie la clarté, la neutralité et la cohérence. J’évite les digressions, les émotions trop marquées et les formulations subjectives pour rester universel et compréhensible. » 

Et au-delà de la platitude, certains mots sont révélateurs du style de l’IA. Très attachée à fournir un texte bien structuré et cohérent, elle multiplie l’emploi des connecteurs logiques. Par ailleurs ces textes sont  très académiques  et annonce son plan d’article dans l’introduction sans style. « Reconnaître une intelligence artificielle, aujourd’hui, ne relève plus uniquement de l’analyse du fond, mais aussi de la compréhension du contexte technologique. Une IA génère des contenus souvent cohérents, rapides, mais sans vécu, sans aspérités humaines. Pour les identifier, il faut combiner des approches techniques (détection de patterns linguistiques, outils d’analyse sémantique) et critiques (pertinence du propos, profondeur, ton). Ainsi, il est important d’accompagner les entreprises à intégrer l’IA de façon responsable, en formant à la fois à son usage et à la lecture fine de ses productions. L’enjeu n’est plus seulement de savoir si un contenu est généré par une IA, mais de maîtriser ce que l’on en fait, stratégiquement et éthiquement », nous confie Omar Benmoussa Managing Partner Maltem Academy.

Les limites de ces solutions

Le Président de l’Apebi Redouane El Haloui a quant à lui mis le curseur sur les limites de cette technologie. « Pour la fédération, l’IA est un outil puissant, mais l’intelligence reste humaine Les intelligences artificielles comme GPT et DeepSeek ont certes profondément transformé notre manière de produire et de consommer l’information. Mais ces modèles ne sont rien sans les données fournies par les humains. Aujourd’hui, nous assistons à un phénomène inquiétant : l’information tourne en boucle, sans réelle innovation. L’illusion de la créativité artificielle Prenons l’exemple de Stack Overflow, une plateforme autrefois essentielle pour les développeurs. Elle était un véritable puits de connaissances, alimenté par des échanges humains dynamiques. Pourtant, depuis l’explosion des IA génératives, l’activité sur Stack Overflow a chuté drastiquement, certains estimant que la plateforme est revenue à un niveau de contribution similaire à celui de 2008. »

« Pourquoi ? Parce que les développeurs préfèrent aujourd’hui interroger l’IA plutôt que de poser des questions à leurs pairs. Résultat : l’IA régurgite des informations existantes, et l’innovation stagne. Si ces outils permettent un gain de temps considérable, ils ne créent rien de réellement neuf. La créativité reste l’apanage de l’homme. Les modèles d’IA commencent timidement à proposer du contenu plus sophistiqué, mais nous sommes encore loin d’une intelligence véritablement créative. » Pour ce dernier, « l’IA ne doit pas être un substitut à la réflexion humaine, mais un outil au service de notre intelligence collective. Il faut veiller à ce qu’elle ne devienne pas un miroir déformant, où nous nous contentons de recycler d’anciennes idées au lieu d’en créer de nouvelles. L’avenir : un équilibre entre IA et intelligence humaine Le Maroc s’engage dans cette voie en investissant dans ses propres capacités numériques et en encourageant un usage responsable et éthique des technologies d’IA. L’objectif est clair : ne pas subir l’IA, mais l’intégrer intelligemment pour renforcer notre autonomie technologique ».

L’ONMT et EasyJet scellent un accord

L’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) annonce un partenariat stratégique de cinq ans avec EasyJet. Cette alliance prévoit l’ouverture de la première base hors Europe de la compagnie à Marrakech, l’affectation de trois Airbus, une hausse de 17 % de l’offre vers le Maroc dès 2026 et une projection ambitieuse de 12 millions de passagers à l’horizon 2030.

L’Office National Marocain du Tourisme officialise la signature d’un partenariat stratégique de cinq ans avec EasyJet, visant à accélérer la montée en puissance du Maroc sur la scène touristique mondiale. Cet accord, initié et piloté par l’ONMT, vise à renforcer durablement la connectivité internationale du Royaume en s’appuyant sur l’une des compagnies les plus influentes du continent européen.

Au cœur de cette alliance, EasyJet inaugure sa première base opérationnelle hors Europe à l’aéroport de Marrakech. Cette implantation constitue un signal fort de confiance dans le potentiel du Maroc et résulte de négociations approfondies menées par l’ONMT. Trois Airbus y seront basés dès le lancement, pour un investissement global supérieur à 150 millions d’euros. Il s’agit du premier engagement de ce type dans un nouveau pays pour EasyJet depuis de nombreuses années.

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La montée en capacité se traduira dès 2026 par une augmentation de 17 pour cent de l’offre vers le Maroc, accompagnée d’un développement renforcé des séjours via EasyJet Holidays. Cette dynamique permettra une diffusion élargie des flux touristiques à travers le pays, en cohérence avec la stratégie de diversification et d’expansion portée par l’ONMT.

L’ouverture de la base de Marrakech générera près de 100 emplois directs ainsi que plusieurs milliers d’emplois indirects dans l’aérien, le tourisme et les services. Chaque avion basé représente environ 30 millions d’euros de valeur ajoutée brute pour le tissu économique local, confirmant le rôle structurant de l’aérien dans la croissance territoriale.

Maroc : Mohamed Alami Nafakh-Lazrak signe un partenariat stratégique avec Rixos Hotels

Le Groupe Alliances, vient de conclure un partenariat stratégique avec Rixos Hotels, marquant l’entrée au Maroc de la prestigieuse chaîne turque.

Ce rapprochement, représentant un investissement global de 3 milliards de DH, introduit dans le Royaume un concept inédit : le « Palace tout compris », version haut de gamme du modèle « all inclusive » qui fait la renommée internationale de Rixos.

Sous l’impulsion de son PDG, Mohamed Alami Nafakh-Lazrak, Alliances confirme sa position de pionnier du développement touristique et immobilier. Après plus de trois décennies à façonner les territoires, il franchit une nouvelle étape, plaçant le Maroc sur la carte des destinations de luxe intégral. Ce partenariat incarne une vision claire : conjuguer excellence, hospitalité et attractivité économique au service du rayonnement du Royaume, à la veille de la Coupe du monde 2030.

Trois projets phares sont déjà lancés : deux à Marrakech — un vaste complexe Rixos de 400 chambres et 60 villas sur 26 hectares, et l’Aliée Marrakech, établissement lifestyle luxe — ainsi qu’un troisième à Larache, au cœur de la station Lixus, avec 400 chambres et une ambition de relance régionale. À l’horizon 2029, ces projets devraient générer plus de 5 000 emplois directs et indirects, consolidant le rôle d’Alliances comme acteur majeur du développement touristique national.

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ZAMBIE: La BEI et la ZICB mobilisent 35 millions $ pour stimuler les PME

 En Zambie, les PME représentent 70% du PIB, 88% de l’emploi et comptent pour 97% de toutes les entreprises de l’économie, selon des chiffres officiels. Pourtant, leur accès au financement reste encore limité.

Pour dynamiser le secteur agricole, EIB Global, la branche internationale de la Banque européenne d’investissement (BEI), s’associe à la Zambia Industrial Commercial Bank (ZICB) pour mobiliser 30 millions d’euros (35 millions $) destinés aux PME du secteur agricole, a annoncé la banque européenne qans un communiqué publié le mercredi 12 novembre 2025.

L’accord vise à faciliter l’accès au financement pour les PME actives dans la chaîne de valeur agroalimentaire, notamment celles qui travaillent avec les petits exploitants agricoles. Une part d’au moins 30 % des fonds sera dédiée aux entreprises détenues ou dirigées par des femmes, une mesure essentielle dans un pays où près de la moitié des entrepreneures considèrent l’accès au financement comme un obstacle majeur.

Ce financement s’accompagne d’un mécanisme de partage des risques de 4 millions d’euros, financé par la Commission européenne, pour encourager la ZICB à prêter davantage aux PME tout en réduisant l’exposition de la banque aux aléas climatiques et économiques.

« Soutenir la croissance des PME agroalimentaires et des petits exploitants agricoles grâce à ce mécanisme de financement permettra à la Zambie de consolider les progrès réalisés dans le secteur agricole », a déclaré le CEO de la ZICB, Ngenda Nyambe.

Mohamed, le Wali qui veut transformer Casablanca !

 Non loin du rond point d’Europe, un bureau de Tabac d’une quarantaine d’années n’a pas échappé au plan de réaménagement de la ville. Et même les devantures débordantes de certains cafés prestigieux…C’est clair, le ménage est en marche. Décryptage;

« Le Maroc, fort de son ambition de devenir un acteur clé sur la scène internationale, s’engage dans une transformation profonde à l’horizon 2030. Et il faut dire que ce dynamisme s’inscrit dans le cadre de la régionalisation avancée, un processus décentralisé qui met en avant le potentiel des territoires. Ainsi des Schémas régionaux d’aménagement du territoire et des Programmes de développement régionaux (PDR) ont été préparés, et le Maroc est aujourd’hui inscrit dans une continuité affirmée de ces programmes. « L ‘aménagement de la ville de Casablanca date depuis le temps du Wali Driss Benhima. Lorsqu’on observe les actions du nouveau Wali, on voit clairement qu’il est inscrit dans une continuité », nous confie une de nos sources. En effet, depuis quelques semaines, les grandes rues de la “ville blanche” on subit un véritable relooking. Pendant presque un mois  sur les grands axes de la ville, les bulldozer étaient à l’œuvre. Piétons, automobilistes, chacun a été témoin du grand coup de balai du nouveau Wali qui s’est donné pour mission de transformer la ville de Casablanca. 

En quelques mois, l’on a pu observer les faits. Des voies renouvelées, les chemins pour piétons impeccables…Le fait le plus marquant et qui bien entendu envoi le signal du changement en cours est celui du réaménagement des devantures  débordantes de certains cafés et même des anciens bureaux de tabac sur les grands boulevards qui ont  fait le bonheur des citadins fumeurs. « Cette dynamique dans l’exécution des projets est incroyable, il faut le reconnaître. Aujourd’hui quand vous allez en plein centre ville, on voit de visu la transformation d’un grand boulevard comme Zerktouni. Sans oublier cette nouvelle harmonisation qui a mis fin au débordement des devantures des cafés qui à mon avis impactait le décor de ces espaces », nous confie une de nos sources.  Et de poursuivre : » Le Wali et ses équipes sont inscrits dans une vision de transformation de l’espace publique. Et il faut dire que dans ce genre d’opérations , l’intérêt et le confort public prime sur les quelques intérêts particuliers ». Depuis donc le 19 Octobre 2023, Mohamed Mhidia  a déjà eu à diriger, depuis 2007, les wilayas de cinq des douze régions que compte le Royaume: Taza-Al Hoceima-Taounate d’abord, puis Marrakech-Tensift-Al Haouz, l’Oriental, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima, a pris à bras le corps les défis de la ville de Casablanca.

L’effet Mondial 2030

La Coupe du monde de football approche, et le monde entier aura alors les yeux rivés sur la capitale économique du Royaume. Le moment est important, et s’il est une élite  qui en est convaincue, c’est bien le wali de la région de Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia.  « Casablanca étant le moteur de l’économie marocaine, et en même temps la vitrine, à l’aune du rendez-vous du mondial, il y a un grand effort a faire sur le plan de l’aménagement territorial », nous précise notre source. Et d’ajouter : « Cependant il y a lieu de préciser que toute cette dynamique qu’on voit est le fruit d’un effort d’ensemble, notamment celui du Wali, du Maire de Casablanca et également du président de la Région ». Il faut d’ailleurs rappeler que toute cette stratégie d’aménagement s’inscrit dans le grand champ du marketing territorial. Cette discipline qui s’interesse au branding des territoires. 

«Le marketing territorial, lorsqu’il est bien compris, bien exécuté et bien évalué, se révèle être un levier puissant pour valoriser l’ensemble des atouts d’un territoire, qu’ils soient humains, économiques, naturels ou culturels», nous confie hicham echattabi expert en Marketing Territorial. Mais encore faut-il faire preuve d’intelligence collective tout en mettant en commun des compétences, des connaissances, des réflexions et des innovations… pour servir une cause commune. «L’un des aspects essentiels de cette discipline réside dans la coordination des acteurs locaux et l’implication des citoyens. Elle réunit un groupe diversifié de parties prenantes, intéressées, mais autrement dissociées ou même concurrentes, en les informant des faiblesses et des forces de la ville ou de la région, et en les tenant au courant des actions des autres. Cette stimulation de la coopération multiacteurs conduit probablement au développement de nouveaux projets et initiatives, ainsi qu’à l’élaboration de politiques bénéfiques pour l’ensemble du territoire», affirme ce spécialiste en marketing territorial Ce qu’il faut bien retenir des explications de notre interlocu- teur c’est que «le marketing territorial, ou plus précisément le branting territorial, ne se résume pas à la création d’un simple slogan ou logo pour une ville ou une région, ni à la participation à des événements ou salons. Il s’agit, au contraire, d’un travail de longue haleine».

Au sujet du mondial, l’expert explique que : « La Coupe du Monde 2030 représente pour le Maroc bien plus qu’un simple défi sportif. Elle constitue une opportunité exceptionnelle pour renforcer son image à l’échelle mondiale et consolider une offre territoriale attractive, tant au niveau national que régional. Cependant, pour maximiser l’impact de cet événement, il est indispensable d’accompagner cette promotion par des stratégies de nation branding et de marketing territorial solides, tant au niveau central que régional. Ces stratégies doivent aller au-delà de la simple préparation de l’événement et s’inscrire dans un processus continu, dépassant la seule période de la compétition. Cela permettra non seulement de capitaliser sur l’événement en tant que tel, mais aussi de pérenniser ses effets en termes d’attractivité et de compétitivité territoriales à long terme. En effet, les méga-événements sportifs comme la Coupe du Monde de la FIFA ou les Jeux olympiques (JO) sont des vitrines mondiales, mais il serait une erreur de se reposer uniquement sur cet effet temporaire. Une stratégie pérenne doit être fondée sur des actions concrètes et durables. Les pays qui aspirent à renforcer leur attractivité, que ce soit pour attirer des talents, des investisseurs, des touristes, ou améliorer la qualité de vie de leurs résidents, doivent élaborer une offre territoriale cohérente et engageante, reposant sur des initiatives concrètes et cela avant et après ces évènements. Il est également essentiel de bien planifier les infrastructures, tant pour l’événement que pour l’après-événement.  »

Le Maroc prépare la révision de son Code des investissements agricoles

Au Maroc, le secteur agricole contribue à hauteur de 10 % au PIB. Alors que la sécheresse persistante affecte l’appareil productif, le gouvernement cherche à renforcer l’attractivité du secteur pour les investisseurs et à poursuivre la mise en œuvre des programmes de développement agricole.

Au Maroc, le ministère de l’Agriculture vient d’engager une étude visant la refonte du Code des investissements agricoles (CIA), un texte fondateur adopté en 1969. Selon les informations relayées par plusieurs médias locaux le 10 novembre dernier, l’objectif de cette démarche est de moderniser ce cadre juridique afin de mieux encadrer les nouveaux investissements ruraux et de l’adapter aux mutations économiques, sociales et environnementales qu’a connues le pays au cours des cinq dernières décennies.

Considéré pendant un demi-siècle comme la « charte du développement agricole », le CIA régit des domaines aussi essentiels que l’irrigation, l’aménagement foncier, les régimes de culture et les incitations à l’investissement privé.

D’après le ministère de l’Agriculture, l’étude annoncée s’étalera sur une période de neuf mois et se déroulera en trois phases. La première consistera à établir un état des lieux et un diagnostic complet du dispositif actuel afin d’en mesurer la pertinence face aux mutations économiques et institutionnelles du pays. La deuxième permettra d’identifier les besoins en nouveaux outils juridiques, en cohérence avec les politiques agricoles en cours et les orientations du nouveau modèle de développement. Enfin, la troisième proposera des scénarios de réforme et une feuille de route destinée à accompagner le ministère dans la révision du corpus législatif.

L’Afrique du Sud met le cap sur la stabilité avec un objectif d’inflation maitrisée à 3 %



Pour la première fois en vingt-cinq ans, l’Afrique du Sud abaisse son objectif d’inflation à 3 %, avec une marge de tolérance de ±1 %. Cette décision, présentée par le ministre des Finances Enoch Godongwana lors de la revue budgétaire de mi-année, marque un tournant stratégique dans la politique macroéconomique du pays.

CAN 2025 : Danone lance le “Prix Addahabiy”




À l’occasion de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, Danone lance une grande opération promotionnelle intitulée « Prix Addahabiy de Danone ». Du 10 novembre au 14 décembre 2025, les consommateurs pourront tenter de remporter 100 g d’or 18 carats en forme de ballon, d’une valeur de plus de 100 000 dirhams, en collectant les lettres du mot « Maghrib » sur les opercules des produits Danone. Cette initiative, qui s’inscrit dans le partenariat entre Danone et la CAF, vise à « nourrir la passion pour le football africain » et à renforcer la proximité de la marque avec les Marocains à travers des moments fédérateurs.

« L’Afrique doit construire ses propres outils de développement »

Entretien avec Stanislas Zézé, PDG de Bloomfield Investment Corporation

Qu’est-ce que la notation financière ?

Président-Directeur Général de Bloomfield Investment Corporation, première agence de notation financière d’Afrique francophone, Stanislas Zézé, surnommé « l’homme aux chaussettes rouges », livre une réflexion lucide sur la place de la notation financière dans le développement du continent en marge de la 6e édition du CHOISEUL BUSINESS FORUM À RABAT.

Stanislas Zézé (S.Z) : La notation financière consiste à évaluer la crédibilité d’une entité — État, entreprise ou collectivité —, c’est-à-dire sa capacité et sa volonté à honorer ses engagements financiers. En clair, elle mesure le degré de confiance que l’on peut accorder à un emprunteur. Cette évaluation s’appuie sur une analyse approfondie, à la fois quantitative et qualitative, de nombreux paramètres : solidité économique, qualité de la gouvernance, niveau d’endettement, environnement institutionnel et politique, entre autres.

Quels sont les principaux critères retenus ?

S.Z : Tout dépend du type d’entité évaluée. Pour un État, on considère des éléments comme la croissance, la gestion de la dette, la stabilité politique, la qualité des institutions ou encore la structure démographique.

Pour une entreprise, l’analyse porte sur la gouvernance, la capacité à générer du cash-flow, la flexibilité financière, le niveau d’endettement, la gestion des risques et l’impact environnemental éventuel de ses activités. Nous établissons ensuite deux notes : une à court terme, qui mesure la capacité à faire face aux obligations à moins d’un an (liquidité, trésorerie), et une autre à long terme, qui évalue les fondamentaux sur plusieurs années. Ces notes s’accompagnent d’une perspective (positive, stable ou négative) actualisée chaque trimestre.

En quoi la notation financière est-elle utile pour les États et les entreprises africaines ?

S.Z : Elle est avant tout un outil de crédibilité. Une bonne note inspire confiance aux investisseurs et facilite l’accès au financement à des conditions avantageuses. À l’inverse, une note faible entraîne des taux d’intérêt plus élevés, mais n’exclut pas la possibilité d’emprunter. Pour les autorités de régulation, la notation apporte plus de transparence et renforce la confiance sur les marchés. Pour les États ou les entreprises, elle sert aussi de tableau de bord stratégique, permettant d’identifier leurs forces et leurs faiblesses.

Les notations utilisent souvent des codes comme AAA, BBB ou Caa1. Comment les interpréter ?

S.Z : Ces codes traduisent une échelle de confiance. Chez Bloomfield, nous utilisons la même grille que Fitch, Moody’s ou Standard & Poor’s. Sur une échelle de 0 à 20, une note AAA équivaut à 20, A+ à 15, BBB- à 10 et D à 0. Plus la note est élevée, plus le risque de défaut est faible. Aujourd’hui, en monnaie locale, la Côte d’Ivoire et le Bénin se situent autour de 15, tandis que le Burkina Faso affiche une note proche de 10.

Comment évolue la notation avec les critères extra-financiers ?

S.Z : La notation extra-financière ne mesure pas la solvabilité, mais la performance environnementale, sociale et de gouvernance (ESG).$ Chez Bloomfield, nous intégrons ces paramètres dans nos analyses uniquement lorsqu’ils ont un impact financier direct. Ce type d’évaluation séduit les investisseurs soucieux de durabilité — ceux qui veulent s’assurer, par exemple, que leur argent ne finance pas des projets nuisibles à l’environnement — mais elle ne détermine pas la capacité d’un État ou d’une entreprise à rembourser sa dette.

Qui initie le processus de notation ?

S.Z : Trois cas existent.

  • La notation sollicitée : demandée par le client pour attester de sa solidité financière avant une levée de fonds ou pour rassurer ses partenaires.
  • La notation obligatoire : imposée par la réglementation, notamment dans la zone UEMOA, pour toute émission obligataire à la BRVM.
  • La notation non sollicitée : décidée par l’agence sur la base d’informations publiques, sans participation de l’entité concernée.

Chez Bloomfield, nous nous limitons aux notations sollicitées et obligatoires, car elles garantissent la fiabilité et la transparence du processus.

Quelle est votre vision pour l’Afrique ?

S.Z : L’Afrique doit s’émanciper des modèles importés et bâtir ses propres outils de développement. Cela commence par la confiance en soi et la rigueur.

Nos jeunes doivent adopter une culture de la performance et du respect, s’imposer par leur compétence, et refuser les complexes hérités du passé. C’est à cette condition que notre continent sera respecté et pourra dicter ses propres standards au reste du monde.