Libye : L’affaire Baayo et les zones d’ombre de la finance pétrolière

Au centre de l’attention : Abdelhakim Baayo, un technocrate libyen au profil jusqu’ici plutôt discret, propulsé sur le devant de la scène par des accusations de mauvaise gestion, voire de détournement de fonds publics. Dans les détails, les soupçons qui pèsent sur Abdelhakim Baayo découlent principalement de rapports d’audit et d’enquêtes journalistiques, notamment celles relayées par le consortium OCCRP. Ils concernent sa période à la tête d’Alhammra, la filiale espagnole de la Lafico (Libyan Foreign Investment Company), elle-même une branche du fonds souverain libyen (LIA).

L’accusation centrale est celle d’un mélange des genres : Baayo aurait utilisé les ressources de la société étatique pour son enrichissement personnel. Le point focal de ce dossier est l’acquisition d’un luxueux appartement à Madrid. Selon les auditeurs, l’achat aurait été masqué par des jeux d’écritures comptables et l’utilisation de sociétés écrans, le tout facilité par le chaos administratif, attisé par les puissances étrangères comme les Emirats Arabes unis, qui régne à Tripoli. Cependant, face à ces allégations graves, Abdelhakim Baayo oppose un démenti formel. L’homme d’affaires, qui a par le passé nourri des ambitions présidentielles en Libye, voit dans ces révélations une manœuvre politique destinée à l’écarter de la scène nationale future. Pour sa défense, il s’appuie sur le terrain judiciaire. Baayo et ses conseils rappellent régulièrement que la justice espagnole a déjà été saisie de plaintes similaires concernant la gestion d’Alhammra et l’achat de cet appartement. Jusqu’à présent, les tribunaux ibériques ont classé ces affaires, estimant les preuves insuffisantes pour caractériser des infractions pénales. Une victoire juridique que l’intéressé brandit comme un bouclier contre ce qu’il qualifie de campagne de dénigrement.

Namibie-Chine: Remise officielle d’une station satellite financée par la Chine

La Chine vient de remettre officiellement à la Namibie une station terrestre de réception et traitement de données satellitaires, premier projet high-tech financé par Pékin dans le pays. Le 20 novembre 2025, l’ambassadeur Zhao Weiping et le Dr Lisho Mundia, ministère namibien l’Éducation et de l’Innovation, ont signé le certificat de transfert, marquant une étape clé de la coopération entre les deux pays. D’une part, le projet incarne la promesse chinoise de «modernisation partagée» du FOCAC, renforçant l’influence de Pékin en Afrique australe via des infrastructures spatiales. D’autre part, la Namibie, riche en ressources mais limitée technologiquement, acquiert un outil pour la gestion des terres, l’agriculture et la sécurité environnementale, réduisant sa dépendance aux acteurs occidentaux. Pékin se positionne ainsi en leader spatial dans la région, offrant un accès à ses satellites (comme les séries Gaofen) sans transfert de dette. Toutefois, l’initiative soulève des questions sur la gouvernance des données et l’alignement futur de la Namibie dans la compétition spatiale USA-Chine

CloudFret : bâtir un leader LogiTech régional à partir du terrain

CloudFret, né comme réponse concrète à la fragmentation du transport routier, a bâti sa croissance sur le terrain, avant de structurer une plateforme propriétaire visant à redéfinir les standards du fret transfrontalier Maroc–Europe–Afrique. Rencontre avec une LogiTech marocaine qui veut transformer l’exécution logistique en infrastructure intelligente régionale.

Dans l’écosystème tech marocain, où l’innovation est souvent présentée avant même d’être éprouvée, certaines startups prennent le chemin inverse : l’exécution d’abord, la communication ensuite. CloudFret s’inscrit dans cette école du réel. Le projet, né d’un constat opérationnel — des camions circulant à vide, des données fragmentées, une chaîne d’information défaillante et des marges comprimées — a émergé non pas dans une salle de réunion, mais sur les routes, dans les dépôts logistiques et au contact direct des professionnels du secteur. C’est au croisement de ces échanges avec transporteurs, chargeurs industriels et commissionnaires que la startup a façonné son modèle. Très tôt, une conviction stratégique s’est imposée : le fret routier souffre moins d’une crise de demande que d’une crise de coordination. Et cette coordination ne peut se construire qu’en maîtrisant les flux réels avant d’y greffer une couche technologique intelligente.

Aujourd’hui, alors que la demande africaine en solutions logistiques numériques pourrait représenter un marché de plus de 25 milliards $ d’ici 2030 selon plusieurs estimations sectorielles, CloudFret ambitionne de devenir un leader régional LogiTech depuis le Maroc, capable de rivaliser avec les standards internationaux. Mais à l’inverse des approches purement marketplace ou SaaS, l’entreprise a fait un choix structurant : bâtir une souveraineté technologique via le développement d’un ERP logistique propriétaire, adapté aux réalités transfrontalières Maroc–Europe et Maroc–Afrique. Un pari stratégique, qui va à l’encontre de la dépendance aux solutions importées souvent calibrées pour des marchés où les flux, la réglementation et les acteurs sont plus homogènes et moins fragmentés. Ce positionnement ne relève ni d’un effet de mode, ni d’un storytelling marketing : il est la réponse stratégique à un besoin d’infrastructure d’information intelligente. Dans cette Interview exclusive Driss Jabar, CEO de CloudFret, revient sur la vision de cette startup.

1) Pouvez-vous revenir sur votre parcours et revenir sur les premiers pas de votre entreprise cloudfret ?

CloudFret n’est pas née avec l’obsession d’être « tech ». À ses débuts, l’entreprise n’avait ni pitch deck flamboyant, ni communication virale, ni branding fait pour séduire les médias. L’approche était inverse : écouter, cartographier, comprendre et livrer un résultat tangible aux acteurs du transport — avant d’industrialiser une plateforme. « La technologie ne devait jamais rendre leur métier plus complexe, mais immédiatement plus rentable et mieux coordonné. » C’est sur ce principe que CloudFret a commencé à agréger un réseau d’acteurs, dans un secteur où plus de 30 % des trajets au Maroc se font à vide, selon des projections du marché informel, faute d’information centralisée et d’outils de coordination performants.

Cette sobriété assumée dans la communication n’est pas timidité : elle est maturité observée. CloudFret a refusé de se perdre dans des promesses d’automatisation futuriste alors qu’un enjeu prioritaire dominait : la confiance. Car les transporteurs, souvent indépendants ou opérant avec de faibles marges, demandent plus une preuve qu’un discours. CloudFret leur a donc parlé dans le même langage : celui des flux, des kilomètres, des délais, des coûts et des opportunités optimisées.

2) Votre offre a atteint une maturité indéniable. Quel est votre mindset ?

Si le défaut de coordination a été identifié dès le départ, la solution n’a pas été arrêtée avant l’analyse opérationnelle. Les premiers déploiements ont été réalisés sur le corridor stratégique Maroc–Europe — une route commerciale par laquelle transite près de 73 % des exportations marocaines par voie terrestre combinée ferry via le détroit de Gibraltar et Tanger-Algésiras. Une observation terrain a façonné le produit : les solutions globales importées ne répondent pas suffisamment aux spécificités de ce corridor et aux flux croisés vers l’Afrique subsaharienne.

À ce stade, l’entreprise commence à structurer non seulement une place de marché digitale, mais un modèle hybride capable d’absorber la complexité des flux. Marketplace pour l’intermédiation intelligente, SaaS pour la gestion optimisée, services premium pour la valeur ajoutée opérationnelle : l’entreprise assemble ces trois briques non comme une juxtaposition produit, mais comme un système logique d’optimisation de l’information et des exécutions.

3) L’écosystème startup Marocain est plein de défis. Comment avez-vous surmonté ces défis ?

Dans un secteur aussi normé qu’informel, structuré qu’atomisé, CloudFret a fait un choix rare pour une startup nord-africaine : bâtir une solution ERP propriétaire, conçue pour les réalités industrielles et transfrontalières du Maroc et de l’Afrique de l’Ouest. Ce choix s’inscrit dans une logique comparable aux grands champions technologiques régionaux qui ont construit leur force en internalisant leurs solutions — plutôt qu’en les sous-traitant.

Pourquoi ce choix compte :

  • Les ERP logistiques existants sont souvent conçus pour des supply chains moins fragmentées, avec des standards de données plus uniformes.
  • Les corridors Maroc–Europe et Afrique de l’Ouest sont caractérisés par des ruptures d’information, des intermédiaires multiples et des variations réglementaires.
  • Un ERP propriétaire signifie : maîtrise du modèle de données, contrôle du produit, indépendance stratégique, avantage compétitif durable.

Ce pilier permet à CloudFret de s’appuyer sur une souveraineté technologique, ce que peu d’entreprises logistiques marocaines ou subsahariennes ont encore initié en interne dans le numérique industriel.

4) Une ambition régionale ?

CloudFret ne vise pas simplement à augmenter le volume d’intermédiation digitale. L’objectif est plus systémique :

  • réduire structurellement les trajets à vide ;
  • fluidifier les corridors Maroc–Europe–Afrique ;
  • bâtir de nouveaux standards de transport routier numérique ;
  • démontrer qu’un software logistique né au Maroc peut rivaliser avec les solutions mondiales ;

Ce leadership pourra se mesurer non pas uniquement en volumes, mais en impact économique, environnemental et opérationnel.

En sommes ; CloudFret n’appartient pas à la catégorie des startups « météores », dont l’éclat de communication dépasse parfois la réalité produit. L’entreprise s’est construite à partir d’un problème concret, ajusté à travers une observation opérationnelle rigoureuse, et structuré autour d’un choix stratégique : l’exécution précède la narration, la souveraineté technologique précède la dépendance, et la rentabilité précède l’euphorie.

Dans un secteur historiquement refractaire à la digitalisation profonde, CloudFret veut faire plus qu’introduire du logiciel : bâtir une infrastructure logistique intelligente, durable et capable de connecter la région Afrique-Atlantique à l’Europe et au continent.

Trois startups africaines à l’honneur à VivaTech 2025

Parmi les neuf finalistes du concours AfricaTech à VivaTech, la marocaine Cloudfret optimise le fret routier pour réduire les trajets de camions à vide, avec à la clé une mobilité plus propre.

L’égyptienne Reme-D développe, elle, des tests de diagnostic médical qui n’ont pas besoin de chaîne du froid, un atout crucial dans les zones sans accès constant à l’électricité.

Enfin, la startup sud-africaine Happy Pay propose une révolution du crédit : des prêts gratuits dans un pays où le coût de l’emprunt reste un frein majeur à l’inclusion financière.

L’Angola signe un protocole d’accord avec Alstom pour développer une ligne ferroviaire à Luanda

Le ministère angolais des Transports et le groupe français Alstom ont signé cette semaine un protocole d’accord portant sur le développement de la Blue Line, un projet de train suburbain destiné à renforcer l’offre de mobilité à Luanda. L’annonce a été faite en marge du 7ᵉ sommet Union africaine – Union européenne (UA-UE), tenu les 24 et 25 novembre dans la capitale angolaise.

Longue de 50 km, la Blue Line doit relier Cacuaco à Benfica en longeant la façade maritime de Luanda, dont elle vise à désengorger les principaux axes routiers. La ville est l’une des plus densément peuplées du continent africain, avec plus de 10 millions d’habitants, selon World Population. La collaboration doit analyser la viabilité commerciale, technique et stratégique de la ligne ferroviaire côtière. Des études de faisabilité complètes seront menées, ouvrant la voie à la mise en œuvre du projet si les conclusions sont jugées favorables.

Ce projet vient s’ajouter aux initiatives déjà engagées par les autorités angolaises pour moderniser le réseau ferroviaire urbain du pays. L’opérateur public exploite actuellement un service express reliant le centre-ville de la capitale aux zones périphériques, mais celui-ci reste freiné par des contraintes techniques, limitant la vitesse et la fréquence des navettes.

Certains projets évoqués depuis quelques années peinent par ailleurs à démarrer, faute de financement. C’est le cas du métro de surface devant raccorder le nouvel aéroport international António Agostinho Neto, en périphérie de Luanda.

Aérien Bpifrance engage un bras de fer avec Air Sénégal

Selon Africa Intelligence, la banque publique d’investissement française a engagé une action devant la justice afin de mettre la main sur deux appareils dont elle a garanti le financement. Une décision qui fait suite à d’importants impayés d’Air Sénégal dont la situation financière est profondément dégradée. Les appareils, obtenus dans le cadre d’un crédit-bail à l’export, sont utilisés par Air Sénégal en échange d’un loyer. Ils restent cependant la propriété de leurs créanciers jusqu’à l’échéance du contrat et peuvent être saisis si la compagnie ne respecte plus ses obligations financières. Depuis plusieurs mois, Bpifrance aurait alerté Air Sénégal sur ses retards répétés de paiement liés à ces appareils. Un conflit qui rappel celui de Carlyle Aviation concernant les deux Airbus A321 immobilisés, faute d’accord avec Air Sénégal.

Afin de pallier les carences causées par ces immobilisations, Air Sénégal multiplie les locations d’appareils par le biais de contrats ACMI (aircraft, crew, maintenance, insurance), une pratique s’avérant extrêmement coûteuse. Dans une tentative visant à alléger sa dette, évaluée à environ 150 millions d’euros, la compagnie a même récemment sous-traité une partie de son personnel, dont des pilotes, à Air Côte d’Ivoire, suscitant les critiques d’une partie de la classe politique.

Kenya : Consolidated Bank poursuit sa forte hausse des bénéfices

  • Selon Fred Ronoh, directeur par intérim des finances et de l’administration, l’établissement de crédit réalise des progrès significatifs dans tous ses domaines clés malgré un environnement opérationnel difficile.
  • Ronoh a déclaré que la banque restait déterminée à renforcer son bilan, à diversifier ses revenus et à investir dans des solutions axées sur le client.

Consolidated Bank Group a poursuivi son redressement financier, affichant un bénéfice avant impôt de 94,7 millions de shillings pour les neuf mois se terminant le 30 septembre 2025. Cela représente un retournement spectaculaire de 177 % par rapport à la perte de 122,4 millions de shillings enregistrée au cours de la même période l’année précédente.

La banque a attribué cette amélioration des performances à la mise en œuvre continue de son plan stratégique quinquennal axé sur le thème « redressement et croissance ».

Selon Fred Ronoh, directeur par intérim des finances et de l’administration, l’établissement de crédit réalise des progrès significatifs dans tous ses domaines clés malgré un environnement opérationnel difficile.

Ronoh a déclaré que la banque restait déterminée à consolider son bilan, à diversifier ses sources de revenus et à investir dans des solutions axées sur le client. Il a souligné que cette évolution positive témoignait de la mise en œuvre rigoureuse de la stratégie de la banque.

L’actif total de la banque a connu une croissance impressionnante de 22 %, atteignant 19,3 milliards de shillings, contre 15,8 milliards de shillings enregistrés au cours de la même période l’année précédente.

Les dépôts de la clientèle ont également progressé de 4 % pour atteindre 12,3 milliards de shillings. Les avances nettes, en revanche, ont légèrement reculé de 2 %, clôturant le trimestre à 8,3 milliards de shillings.

Consolidated Bank a maintenu un niveau de liquidités élevé, à 31 %, soit bien au-dessus du minimum légal de 20 %.

La rentabilité de la banque a été stimulée par la croissance des bénéfices et l’amélioration de son efficacité opérationnelle. Le bénéfice net a progressé de 27 %, passant de 711 millions de shillings à 903 millions de shillings. La forte hausse des revenus d’intérêts provenant des titres d’État a également joué un rôle déterminant, atteignant 583 millions de shillings contre 278 millions l’année précédente.

Dans le même temps, les charges d’intérêts ont diminué de 9 % pour s’établir à 581 millions de shillings, contribuant ainsi à l’amélioration des marges de la banque. Les produits hors intérêts ont progressé de 10 % pour atteindre 484 millions de shillings, participant à une hausse globale de 21 % du résultat d’exploitation total, qui s’élève à 1,4 milliard de shillings, contre 1,1 milliard un an plus tôt.

Les charges d’exploitation n’ont progressé que de 2 %, atteignant 1,29 milliard de shillings contre 1,27 milliard, signe d’une gestion rigoureuse des coûts. Toutefois, les provisions pour dépréciation des créances douteuses ont augmenté, passant de 211 millions à 267 millions de shillings, en raison d’une hausse de 9 % du volume brut de ces créances. La banque a indiqué poursuivre activement ses efforts de recouvrement et renforcer sa gestion des risques.

La direction affirme que la banque est bien positionnée pour une croissance durable, grâce à la solidité de son bilan et à ses investissements dans les canaux bancaires numériques.

Côte d’Ivoire : 39 millions d’euros de la BAD pour la promotion de la croissance inclusive



Le conseil d’administration du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, ce 19 novembre à Abidjan, un financement de 38,92 millions d’euros, soit 25,52 milliards FCFA, destiné à soutenir la mise en œuvre du Projet d’appui à la gouvernance pour la promotion de la croissance inclusive (PAGOCI). Ce concours financier se compose de deux prêts, à savoir 29,19 millions d’euros provenant de la BAD et 9,73 millions d’euros octroyés par le Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel de la banque panafricaine.

L’ambition du PAGOCI s’inscrit au cœur des priorités économiques ivoiriennes : renforcer la gouvernance financière, améliorer l’efficacité de la dépense publique et accroître la mobilisation des ressources domestiques. ‘’L’objectif du projet est de favoriser une croissance forte, résiliente et inclusive grâce à des politiques publiques stratégiques, sensibles au genre et au changement climatique, à une mobilisation accrue des ressources nationales et à une utilisation plus efficiente et transparente des fonds publics », a expliqué Kevin Lumbila, chef de division Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre au département de la gouvernance et des réformes économiques de la BAD.

Concrètement, le projet vise à appuyer la mise en œuvre du Plan national de développement, renforcer la programmation budgétaire, optimiser la gestion des investissements publics et consolider les dispositifs de contrôle et d’audit. Dans un contexte de diversification économique et d’ambitions élevées en matière de développement, la Côte d’Ivoire doit garantir des ressources publiques stables et soutenables. Le PAGOCI s’attaque directement à cette nécessité en soutenant une mobilisation renforcée des recettes intérieures.

L’amélioration de la transparence et de la redevabilité des administrations constitue aussi un levier essentiel pour stimuler la confiance des investisseurs et créer un climat plus favorable au développement du secteur privé, indispensable à la croissance et à la création d’emplois. L’État ivoirien ambitionne d’accéder au rang de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d’ici 2030. Cette transformation repose sur la réussite du Plan national de développement 2026-2030, qui place la gouvernance économique et financière au cœur de ses priorités. Le PAGOCI vient renforcer les capacités institutionnelles, notamment dans l’intégration des enjeux du genre et du changement climatique dans la sélection et la priorisation des investissements publics. Le projet soutiendra aussi l’élaboration de la Stratégie genre de la Politique nationale de l’égalité et de l’équité du genre.Activez pour voir l’image en plus grand.

Les États d’Afrique de l’Est ont demandé l’ouverture des frontières pour les petits commerçants.

  • La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.
  • Elles comprennent  la révision des règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle et le renforcement de la connectivité régionale.

Les petites entreprises peuvent contribuer davantage à la croissance économique de l’Afrique de l’Est si la région parvient à une liberté de circulation absolue des biens et des personnes.

La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.

Il s’agit notamment de réviser les règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle, et d’améliorer la connectivité régionale grâce à des réseaux d’infrastructures harmonisés et interopérables qui facilitent la circulation fluide des biens, des services et des personnes à travers nos frontières, comme les portiques intelligents.

Elle a également plaidé pour la mise en œuvre du système de paiement et de règlement de la CAE afin de simplifier les paiements transfrontaliers, de réduire les coûts de transaction et de permettre les règlements en monnaies locales ; et pour l’expansion des réseaux d’apprentissage et de renforcement des capacités, en particulier pour les femmes et les jeunes, afin d’améliorer leur participation au commerce transfrontalier.

Nduva a souligné l’importance des petits commerçants dans l’économie régionale, affirmant qu’ils représentent près de 90 % des nouveaux emplois et contribuent à plus de 30 % du PIB de la CAE.

« Les autorités locales doivent permettre aux petites entreprises d’Afrique de l’Est de commercer librement afin de stimuler davantage le commerce régional, qui a progressé de 27,1 % l’an dernier, passant de 14,2 milliards de dollars (1,8 billion de shillings kenyans) à 18 milliards de dollars (2,3 billions de shillings kenyans) », a-t-elle déclaré.

« Ces résultats témoignent de l’intégration croissante des marchés entre nos huit États partenaires et de la vigueur grandissante de notre marché intérieur. »

Le commerce total de la CAE avec le reste du monde a augmenté de 22 %, passant de 115,4 milliards de dollars (14,9 billions de shillings kényans) (juin 2024) à 140,8 milliards de dollars (18,2 billions de shillings kényans) (juin 2025).

Elle a qualifié le salon EAC MSMEs de l’une des plateformes régionales les plus durables et les plus influentes, rassemblant artisans, innovateurs et petites entreprises de tous les États partenaires.

« Elle constitue un marché dynamique permettant de présenter des produits, d’élargir l’accès au marché et de développer des réseaux d’affaires régionaux. »

Le salon a débuté en 1999 à Arusha avec seulement 134 PME. Il accueille cette année 2 331 exposants, soit près du double des 1 334 exposants qui avaient participé à l’édition précédente à Juba.

Elle s’est montrée optimiste quant à la croissance économique de la région, affirmant que les indicateurs macroéconomiques reflètent une résilience et un dynamisme qui lui ont permis de maintenir un taux de croissance moyen du PIB de 5,3 %.

« Pour l’avenir, les secteurs de l’agriculture et de la fabrication devraient enregistrer une croissance continue, soutenue par de solides performances commerciales et par le développement du tissu industriel régional. »

Elle a indiqué qu’actuellement, les exportations de produits manufacturés représentent moins de 30 % des exportations totales, composées principalement de ciment, de textiles et de produits chimiques de base, avec une solide base agricole offrant un immense potentiel pour l’agro-transformation et les industries à valeur ajoutée.

« En approfondissant les chaînes de valeur régionales, en stimulant l’innovation et en renforçant les capacités des MPME, nous pouvons passer d’une structure d’exportation dominée par les matières premières à une structure axée sur des biens manufacturés diversifiés et à forte valeur ajoutée. »

Elle a souligné les principales réalisations accomplies à ce jour dans le domaine du commerce régional, notamment l’harmonisation de près de 2 040 normes régionales et la réduction de 50 % du délai moyen de résolution des obstacles non tarifaires.

Selon la CAE, le temps de dédouanement des marchandises aux frontières a diminué de 75 %, la plupart des transactions étant désormais effectuées en moins d’une journée grâce à la mise en œuvre des guichets uniques aux frontières, à la connectivité numérique des principaux organismes de facilitation du commerce et à d’autres initiatives transfrontalières.

Parallèlement, la communauté s’est associée à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) pour élaborer une stratégie et un plan d’action régionaux pour l’économie bleue (2025-2034) 

La stratégie et le plan d’action ont été élaborés avec le soutien technique et financier du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est de la CEA (SRO-EA).

Il fournit un cadre global pour l’utilisation durable et la conservation des ressources aquatiques, notamment les océans, les lacs et les rivières, afin de stimuler le développement socio-économique et d’améliorer la sécurité alimentaire dans toute la Communauté d’Afrique de l’Est.

Ses principaux objectifs sont de maximiser le potentiel économique par la création d’emplois et la création de valeur ajoutée, de réduire la pauvreté et de promouvoir la coopération régionale, tout en assurant la durabilité environnementale.

Point essentiel, cette stratégie est directement liée à l’action climatique. Elle promeut un développement sobre en carbone et renforce la résilience climatique de la région en protégeant et en restaurant des écosystèmes aquatiques vitaux, tels que les mangroves et les récifs coralliens, qui constituent des défenses naturelles et d’importants puits de carbone bleu.

En outre, la stratégie vise à orienter la mise en œuvre des activités de l’économie bleue aux niveaux national et régional, à renforcer l’intégration régionale et à consolider le soutien apporté aux États partenaires pour traduire les politiques en actions concrètes.

La stratégie attend désormais l’approbation finale du Conseil des ministres de la CAE lors de sa prochaine réunion.

Le littoral de la région, long de 3 000 kilomètres et bordant l’océan Indien, combiné à des systèmes d’eau douce comme le lac Victoria, recèle un potentiel inexploité, notamment en matière de pêche durable, d’aquaculture, de transport maritime, d’énergies renouvelables et de tourisme marin.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de la pêche en Afrique pourrait croître de 10 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie s’il est géré de manière durable.

Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda représentent déjà plus de 60 % de la production halieutique de la région, mais leur contribution au PIB reste faible.

Le problème ne réside pas dans la disponibilité des ressources, mais dans l’absence de stratégie cohérente. Les infrastructures, les cadres réglementaires et les mécanismes d’investissement sont en retard par rapport au potentiel du secteur.

Malgré cela, la  région est confrontée à des menaces croissantes liées aux changements climatiques, notamment l’érosion côtière, la montée du niveau de la mer et la diminution des stocks de poissons. 

Un examen plus approfondi des projets aéroportuaires en Afrique

D’après les données du Conseil international des aéroports (ACI) , le trafic passagers atteindra 261 millions d’ici la fin de l’année. La flotte commerciale du continent compte actuellement environ 1 490 appareils en service, et 200 autres sont en commande auprès des compagnies aériennes africaines.

Vous trouverez ci-dessous un aperçu plus détaillé de certains des principaux projets d’expansion et de construction d’aéroports qui façonnent le paysage aéronautique africain.

Aéroport international de Bishoftu, Éthiopie

Ethiopian Airlines Group (EAG) finance la construction d’un nouvel aéroport situé à 40 kilomètres au sud-ouest de l’aéroport international d’Addis-Abeba Bole. Le nouvel aéroport international de Bishoftu (BIA) permettra de fluidifier le trafic passagers à Addis-Abeba et de positionner l’Éthiopie comme un acteur majeur du secteur aérien.

Il s’agit d’un projet phare, entièrement nouveau, qui adoptera une approche progressive adaptée à la croissance de la demande. La première phase, d’une valeur de 12,5 milliards de dollars américains, devrait s’achever en 2030 et pourra accueillir jusqu’à 60 millions de passagers par an.

Mesfin Tasew, PDG d’EAG, a déclaré que l’aéroport international de Bishoftu marque une étape historique dans le développement de l’aviation africaine et contribuera de manière significative à l’essor des entreprises sur le continent.

La Banque africaine de développement (BAD), Dar Al-Handasah Consultants (DAR) et KPMG ont apporté leur soutien à cette initiative. Le cabinet Clyde & Co. en assure le conseil juridique.

Une fois pleinement développé, l’aéroport international de Bandaranaike (BIA) aura une capacité de 110 millions de passagers par an, ce qui en fera le plus grand aéroport de tout le continent.

EAG a publié les documents relatifs au projet, notamment un modèle financier, à l’intention des prêteurs potentiels. Les offres de présélection des entreprises EPC sont attendues d’ici mi-décembre.

Le projet est actuellement présenté aux Journées de marché de l’Africa Investment Forum (AIF) au Maroc jusqu’au 28 novembre.

Aéroport international Mohammed V, Maroc

En prévision de l’organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2030, l’Office national des aéroports du Maroc (ONDA) a annoncé sa stratégie directrice « Aéroports 2030 ». Ce plan vise à renforcer la position du pays en tant que plaque tournante stratégique de l’aviation pour les échanges internationaux. Le Maroc prévoit d’accroître sa capacité de trafic aéroportuaire de 30 millions à 80 millions de passagers d’ici 2030.

Ce mois-ci, l’ONDA a lancé un appel d’offres public de 980 millions de dollars pour la construction d’un nouveau terminal à l’aéroport international Mohammed V. Ce projet devrait permettre d’accroître la capacité d’accueil de l’aéroport jusqu’à 30 millions de passagers par an.

Le terminal en forme de H bénéficiera d’un accès direct à la ligne ferroviaire à grande vitesse Kénitra-Marrakech, offrant des liaisons rapides vers d’autres grandes villes marocaines.

Les motifs puisent leur inspiration dans les forces naturelles de l’océan Atlantique, ainsi que dans les couleurs et le dynamisme de la diversité marocaine. On y retrouve notamment des motifs géométriques andalous et des tapis des montagnes de l’Atlas.

Lors de l’annonce du projet en début d’année, les investissements prévus s’élevaient à 1,5 milliard de dollars. Il s’agit de l’un des plus importants projets d’infrastructure de l’histoire de l’aviation du pays.

L’aéroport international Mohammed V représente plus d’un tiers du trafic aérien total du Maroc, Royal Air Maroc (RAM) l’utilisant comme principal hub. La compagnie aérienne a signé un contrat de performance avec l’État visant à augmenter sa flotte de 50 à 200 appareils d’ici 2037.

Le projet de nouveau terminal devrait être achevé en 2029.

Aéroport international de Bugesera, Rwanda

Il s’agit d’un tout nouvel aéroport, construit pour soutenir les opérations de l’aéroport international de Kigali existant. Le nouvel aéroport international de Bugesera (NBIA), d’une valeur de 2 milliards de dollars, devait initialement être achevé en 2026. Son achèvement est désormais reporté à la mi-2028.

Une fois achevé, l’aéroport international Ninoy Aquino (NBIA) devrait accueillir plus de 14 millions de passagers par an.

Les plans prévoient un toit inspiré du relief vallonné du pays, une piste de 3,8 kilomètres et une voie de circulation parallèle. Un terminal passagers moderne, un terminal présidentiel et des installations de fret d’une capacité de 150 000 tonnes par an sont également inclus.

L’African Trade & Investment Development Insurance a approuvé en juillet 2025 une contre-garantie de 84 millions de dollars pour aider les banques rwandaises à émettre plus de 322 millions de dollars d’obligations et de garanties destinées à la construction de la NBIA.

Le Qatar détient 60 % des parts de RwandAir et est un investisseur important à l’aéroport international Ninoy Aquino (NBIA). Cheikh Tamim, émir du Qatar, s’est rendu au Rwanda la semaine dernière pour discuter du renforcement des liens aériens entre les deux pays, entre autres sujets.

Le gouvernement rwandais a récemment alloué 499 millions de dollars à l’aéroport dans son budget 2025/26. Il recherche également des financements extérieurs, notamment un prêt de 200 millions de dollars auprès de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures.

La mobilisation du projet a débuté en 2017.

Le Conseil d’administration du Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) tient sa réunion inaugurale en présentiel à Rabat.

Le Conseil d’administration du Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) s’est réuni pour la toute première fois en personne à Rabat, au Maroc, en marge du Forum africain sur l’investissement (AIF).

Le Conseil d’administration a approuvé le plan de travail 2026 du RPFF, qui vise des engagements de près de 100 millions d’euros. Ces ressources devraient permettre de mobiliser plus de 550 millions d’euros de cofinancement provenant des ressources ordinaires de la Banque africaine de développement. Ces investissements favoriseront une croissance inclusive, amélioreront la prestation de services essentiels, renforceront la résilience climatique et s’attaqueront aux causes profondes des migrations irrégulières.

Cette réunion marque une étape importante pour le RPFF, approuvé par le Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement en février 2025. Le Dr Kevin K. Kariuki, vice-président en charge de l’énergie, du climat et de la croissance verte, a souligné l’importance cruciale du RPFF, insistant sur son rôle essentiel pour relever les défis profonds et interdépendants auxquels l’Afrique est confrontée. Le RPFF mobilise et oriente des ressources vers des investissements stratégiques dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’eau, grâce au cofinancement – ​​par le biais de prêts concessionnels ou de subventions – de projets de la Banque africaine de développement, ainsi qu’à la fourniture d’une assistance technique. Doté d’un capital initial de 158 millions d’euros, le RPFF bénéficie du soutien de ses partenaires fondateurs : l’Italie et les Émirats arabes unis (EAU).

« L’Italie est profondément attachée à l’avènement d’une nouvelle ère de partenariat avec les nations africaines, conformément au Plan Mattei. Le RPFF est un pilier de cet engagement, traduisant des objectifs communs en projets concrets qui autonomiseront les communautés, stimuleront la croissance économique et renforceront la résilience climatique », a déclaré Lorenzo Ortona, représentant de l’Italie au Conseil d’administration du RPFF. « L’approbation de cet ambitieux plan de travail à l’horizon 2026 souligne notre détermination collective à accélérer le développement durable et à relever les défis urgents qui se posent sur le continent. »

« Les Émirats arabes unis croient fermement au pouvoir de la collaboration internationale pour parvenir à un développement durable et lutter contre le changement climatique », a déclaré Sarah Jasim, directrice du département du développement durable de l’Agence des Émirats arabes unis d’aide au développement et représentante des Émirats arabes unis au Conseil d’administration du RPFF. « Notre soutien au RPFF témoigne de notre engagement à donner aux nations africaines les moyens de bâtir des infrastructures résilientes, de créer des opportunités et d’améliorer la vie de leurs citoyens. Nous sommes impatients de constater l’impact transformateur des projets présentés dans le plan de travail annuel 2026. »

Au cours de ses premiers mois d’activité, le RPFF a déjà approuvé deux projets témoignant de son engagement immédiat en faveur d’un impact concret sur le terrain. Le Projet de développement de la chaîne de valeur agricole de la région orientale (ERAVCDP) en Angola est une contribution de 17 millions d’euros sous forme de prêt concessionnel à un projet de 183 millions d’euros visant à améliorer la transformation agricole et le développement de la chaîne de valeur, renforçant ainsi la sécurité alimentaire régionale et les opportunités économiques. Le Programme de développement résilient de l’eau pour l’amélioration des moyens de subsistance (Borana Resilient Water Development for Improved Livelihoods II) en Éthiopie est une contribution de 6 millions d’euros à un projet de 60 millions d’euros qui améliore l’accès à l’eau et à l’assainissement résilients face au changement climatique pour les communautés pastorales de la zone de Borana, renforce la gestion des bassins versants et promeut des mesures essentielles d’adaptation au changement climatique, en mettant l’accent sur la participation des femmes.

Le Dr Daniel Schroth, directeur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique à la Banque africaine de développement et chef de l’unité de coordination technique du RPFF, a déclaré : « Nous sommes immensément reconnaissants envers nos partenaires fondateurs, l’Italie et les Émirats arabes unis, pour leur soutien et leur engagement pionniers. Ensemble, nous avons créé un mécanisme qui sera un catalyseur de développement transformateur, permettant de relever les défis climatiques et de favoriser la prospérité sur tout le continent. »

À propos du mécanisme de financement du processus de Rome/plan Mattei (RPFF)

Le Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) est un mécanisme de financement multidonateurs hébergé par la Banque africaine de développement. Le RPFF est un instrument clé pour la réalisation des objectifs du Processus de Rome et du Plan Mattei. Il a soutenu des projets d’infrastructures souveraines respectueuses du climat dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’eau en Afrique afin de favoriser le développement durable et de contribuer à la lutte contre les causes profondes des migrations irrégulières. Grâce à ses deux guichets de financement : (i) un guichet d’assistance technique non remboursable et (ii) un guichet d’investissement (prêt concessionnel et subvention), il garantit que les financements sont alloués là où ils peuvent avoir le plus grand impact à long terme, tout en renforçant la bonne gouvernance et les capacités institutionnelles, en créant des emplois, en améliorant les conditions de vie et en renforçant la résilience des communautés vulnérables.