Pétrole brut: comment les tarifs douaniers américains et les sanctions contre la Russie dynamisent les achats indiens au Nigeria et en Angola

Le Nigeria, premier producteur pétrolier d’Afrique, capitalise sur le réalignement stratégique de l’Inde sous pression américaine. En 2025-2026, New Delhi a réduit massivement ses achats de brut russe (-30% de part de marché en février 2025) et se tourne vers le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Pour ce qui est de l’Afrique, les importations indiennes depuis le continent ont bondi à 330 000 barils/jour en février 2025, tandis que le Nigeria a exporté plus de 2 millions de barils entre septembre et octobre 2025 via des contrats clés avec Indian Oil Corporation et Bharat Petroleum. Une dynamique qui consacre le pétrole nigérian, à faible soufre et idéal pour les raffineries indiennes, comme alternative stratégique. De manière paradoxale, la raffinerie Dangote au Nigeria importe du brut américain, révélant les logiques économiques complexes du marché. Le repositionnement de l’Inde profite également à l’Angola (1 million de barils achetés par l’Inde) et renforce la place de l’Afrique face aux producteurs du Moyen-Orient. Washington joue un rôle décisif dans ce réalignement: le doublement des tarifs douaniers sur les biens indiens (50% en 2025) et les sanctions contre la Russie accélèrent ce virage. Le Nigeria émerge ainsi comme pivot énergétique, illustrant la capacité africaine à tirer parti des tensions globales pour valoriser ses ressources.

Comment le Nigeria a atténué son grave problème d’inflation grâce à de nouvelles méthodes mathématiques

Le taux d’inflation officiel du Nigeria a subi une transformation statistique, un processus technique qui a radicalement modifié le chiffre principal utilisé par des millions de personnes pour évaluer leur coût de la vie.

Les dernières données du Bureau national des statistiques (BNS) indiquent une forte baisse de l’inflation à 15,15 % en décembre. Ce chiffre, en recul par rapport aux 34,80 % enregistrés un an plus tôt, semble signaler un net ralentissement de la hausse des prix. Toutefois, ce résultat ne s’explique pas uniquement par la baisse des prix ; il résulte également d’un changement d’échelle dans la mesure de l’inflation.

Au cœur de ce changement se trouve un processus appelé « réajustement ». En termes simples, le Nigeria mesurait les variations de prix pour une économie de 2025 en utilisant une liste de courses et des habitudes de consommation de 2009. Après 15 ans — bien au-delà du cycle de mise à jour quinquennal recommandé —, cette liste ne reflétait plus la réalité.

Dans une enquête nationale, le Bureau national des statistiques (NBS) a constaté que les Nigérians n’achetaient plus 201 articles obsolètes. Disparus du panier de consommation officiel, des objets comme les téléviseurs noir et blanc et les téléphones Nokia 3310 ont été retirés. À leur place, les statisticiens ont ajouté 404 nouveaux produits et services que les Nigérians achètent réellement aujourd’hui, portant le panier total à 934 articles, contre environ 740 auparavant. Cette mise à jour, basée sur les habitudes de consommation de 2023 , vise à ce que l’indice reflète la vie moderne.

La nouvelle méthode de calcul, adoptée début 2022, a rapidement permis de réduire l’inflation globale au Nigéria à  24,48 % en janvier 2025 (contre 34,80 % en décembre 2024), suite à la modification de la méthodologie et de l’année de base. Cet indicateur s’est globalement stabilisé tout au long de l’année 2022. Il convient toutefois de noter que, malgré l’atténuation des fortes fluctuations des prix observées précédemment, les prix sont restés élevés.

La mise à jour du panier n’était qu’une étape.

Le Bureau national des statistiques (BNS) s’est alors heurté à un obstacle mathématique. En fixant l’année de référence à 2024, la comparaison directe de décembre 2025 avec décembre 2024 aurait engendré une hausse artificielle. Les responsables estimaient qu’avec l’ancien calcul, l’inflation aurait semblé bondir à 31,2 %. Le BNS a qualifié ce phénomène de « hausse artificielle » due à l’effet de base, une distorsion technique , et non une véritable flambée des prix.

Pour éviter cela, le bureau a modifié sa méthode de calcul. Au lieu de comparer ce mois-ci au même mois de l’année précédente, il a utilisé une moyenne sur douze mois des prix de 2024 comme point de référence. Cela a permis de normaliser le chiffre et d’éviter la distorsion ponctuelle, ce qui explique le taux de 15,15 % enregistré.

Le gouvernement et les instances internationales ont approuvé cette réforme. Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré que la nouvelle méthode aligne le Nigéria sur les meilleures pratiques internationales et le cadre de la CEDEAO. Le vice-gouverneur de la Banque centrale, Muhammad Sani Abdullahi, a affirmé qu’il s’agissait d’une solution à un « problème purement mathématique », et non d’une tentative de dissimuler une hausse des prix.

Ce changement soudain a toutefois suscité l’attention d’économistes de renom. Yemi Kale, qui a dirigé l’agence statistique du Nigéria pendant dix ans, a averti que la transition avait peut-être été précipitée, créant un écart dans les comparaisons annuelles et faussant ainsi l’analyse.

« Comment calcule-t-on les chiffres d’une année sur l’autre quand on affirme que les chiffres précédents ne sont pas comparables ? », a-t-il demandé , soulignant ainsi des préoccupations quant à la cohérence et à la transparence.

Pour le Nigérian moyen, le décalage entre le nouveau taux de change officiel, plus bas, et les prix quotidiens du marché reste palpable.

Bien que le Bureau national des statistiques (NBS) fasse état d’une baisse significative de l’inflation alimentaire à 10,84 %, la pression sur le coût de la vie, évoquée par des organisations comme le Nigerian Economic Summit Group (NESG), n’a pas disparu du jour au lendemain. Ces nouveaux calculs offrent un point de référence révisé, mais pour beaucoup, le pouvoir d’achat reste le critère ultime.

Stress hydrique, répit pluviométrique et réponse technologique: l’Égypte, le Maroc, la Tunisie, et le Soudan ciblés par l’offre turque d’agriculture intelligente

Le lundi 12 janvier 2026, lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants à Rabat, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau du Maroc annonçait la fin d’une période de sept ans de sécheresse au Maroc. Une déclaration qui repose sur des précipitations abondantes (108 mm du 1er septembre 2025 au 12 janvier 2026, excédent de 95% par rapport à l’année précédente et 17,6% par rapport à la moyenne), des chutes de neige exceptionnelles couvrant jusqu’à 55 495 km², et un taux de remplissage des barrages passé à 46% (équivalent à 7,7 milliards de m³).

C’est dans ce contexte que la Turquie cible précisément le Maroc, l’Égypte, la Tunisie, et le Soudan, via la 22e édition du Salon Konya Agriculture 2026, qui ouvrira ses portes du 7 au 11 avril 2026. En effet, leur quête commune de résilience agricole, malgré un répit pluviométrique, maintient l’urgence d’innovations en irrigation de précision et énergies renouvelables. Le salon turc capitalise ainsi sur cette fenêtre d’opportunité pour consolider des partenariats technologiques, transformant l’abondance actuelle en modernisation structurelle face à l’incertitude climatique.

La Turquie à travers le Salon Konya Agriculture 2026 se positionne comme hub technologique des achats de mécanisation et solutions d’agriculture intelligente pour les marchés MENA.

L’événement, soutenu par le gouvernement turc et les chambres agricoles, offre une vitrine industrielle turque (tracteurs, irrigation de précision, énergies renouvelables) alignée sur les besoins en modernisation face aux défis démographiques et climatiques. Des sessions B2B et démonstrations sont annoncés et visent à permettent de renforcer les transferts de technologie et les partenariats agro-industriels, capitalisant sur la position géostratégique de la Turquie. Pour les pays d’Afrique du Nord, ce salon incarne une opportunité concrète d’accès à des innovations adaptées aux contraintes régionales, mais souligne aussi leur dépendance croissante aux fournisseurs externes pour leur transformation agricole.

La société nigériane Terra Industries lève 11,75 millions de dollars pour construire des systèmes de défense autonomes.

La startup nigériane Terra Industries , spécialisée dans les technologies de défense , a annoncé une levée de fonds de 11,75 millions de dollars américains pour développer des systèmes de sécurité autonomes destinés à protéger les infrastructures critiques du continent. Ce tour de table a été mené par la société de capital-risque américaine 8VC, avec la participation de Lux Capital, Valor Equity Partners, SV Angel et plusieurs investisseurs stratégiques.

Fondée en 2024 par Nathan Nwachuku et Maxwell Maduka, Terra conçoit et fabrique des drones autonomes, des tours de guet, des véhicules terrestres sans pilote et des systèmes de surveillance maritime, grâce à sa plateforme propriétaire ArtemisOS. Cette technologie permet la détection des menaces en temps réel et une réponse coordonnée dans des environnements isolés et à haut risque.

Terra affirme que ses systèmes sécurisent déjà des infrastructures d’une valeur d’environ 11 milliards de dollars américains, notamment des centrales électriques et des exploitations minières au Nigeria et au Ghana. Ce nouveau financement permettra d’étendre la production à Abuja, de développer l’ingénierie et d’accroître le déploiement de ses solutions sur les marchés africains, alors que les gouvernements et les opérateurs recherchent des alternatives locales aux systèmes de défense étrangers.

La fintech nigériane Cardtonic lève 2,1 millions de dollars en amorçage pour développer Pil, une plateforme de gestion des dépenses professionnelle

La fintech nigériane Cardtonic a levé 2,1 millions de dollars en amorçage pour développer Pil, une plateforme autonome de gestion des dépenses professionnelles. Cette levée de fonds marque l’expansion de Cardtonic, initialement axée sur les produits grand public, vers les infrastructures. Elle confirme la transformation de Cardtonic, passée d’une fintech autofinancée et centrée sur le commerce de détail à un fournisseur d’outils financiers essentiels pour les entreprises africaines.

Cardtonic, exploitée par The Tonic Technologies Ltd., cofondée par Balogun Usman et Faturoti Kayode (Kay), qui l’ont lancée en 2019 , avec Emmanuel Sohe comme actuel directeur général (PDG), est une plateforme notable pour les cartes virtuelles en dollars, les eSIM, l’échange de cartes-cadeaux, le paiement de factures et l’achat de gadgets en Afrique.

Pil est née des difficultés rencontrées par Cardtonic dans la gestion des abonnements, des paiements publicitaires et des dépenses transfrontalières, en raison de la fiabilité aléatoire des cartes et du manque de visibilité. La plateforme propose aux entreprises des fonctionnalités de contrôle multi-cartes, un suivi des transactions en temps réel et des tableaux de bord de dépenses centralisés, ainsi que des solutions de financement multidevises en naira, cedi et stablecoins.

Conçu comme un produit indépendant et non comme un module complémentaire, Pil cible les startups et les PME en quête d’un contrôle financier plus rigoureux. Grâce à son intégration prévue avec des logiciels comptables tels que QuickBooks et Xero, Cardtonic positionne Pil comme un système d’exploitation pour la gestion des dépenses des entreprises en Afrique, avant son lancement en janvier 2026.

La startup Savannah, spécialisée dans les talents technologiques africains, est rachetée par la société israélienne Commit.

Savannah , une société de développement de talents logiciels axée sur l’Afrique et autofinancée, a été rachetée par la société israélienne de services logiciels Commit dans le cadre d’une transaction en espèces estimée à plusieurs millions de dollars, selon des personnes proches du dossier.

Fondée fin 2022, Savannah s’est développée sans financement externe, recrutant plus de 100 développeurs de logiciels expérimentés dans différents pays, dont le Nigeria, le Ghana et le Kenya, et les plaçant auprès de startups internationales telles que Firefly, Aqua Security, Port et Bright Data.

Cette acquisition permet à Savannah d’accéder à la plateforme mondiale de Commit tout en conservant son équipe et ses opérations intactes, le fondateur Itai Azogui et l’ensemble du personnel rejoignant Commit.

Savannah opérera désormais au sein de la division offshore de Commit, qui emploie déjà des centaines de développeurs en Europe de l’Est.

Stratégie post-tarifs douaniers américains: les leviers de la diversification forcée des entreprises chinoises vers l’Afrique 

L’Afrique émerge comme un acteur clé dans la reconfiguration mondiale des échanges, avec une hausse spectaculaire de 25,8% des exportations chinoises en 2025, loin devant celles vers l’Asie du Sud-Est (13,4 %), vers l’Union européenne (8,4 %), et vers l’Amérique latine (7,4 %). Une performance, soulignée par Reuters, qui place le continent au cœur de la diversification commerciale forcée de la Chine, suite aux tarifs douaniers américains drastiques. Toutefois, cette dynamique masque des tensions structurelles.

Les entreprises chinoises, en quête de marchés alternatifs, ciblent désormais l’Afrique mais adoptent des stratégies à risque: volumes élevés de commandes à bas prix, cycles de paiement prolongés et exposition accrue aux défauts de paiement. Pour les commerciaux locaux, comme le révèlent les témoignages recueillis, cette réorientation se traduit par une intensification du travail, des rémunérations réduites et une pression psychologique croissante – phénomènes corroborés par la chute de 13,1% des profits industriels en Chine fin 2025.

Si l’Afrique bénéficie d’un accès élargi aux biens manufacturés, cette relation asymétrique soulève des défis. La concurrence féroce entre exportateurs chinois pousse à une guerre des prix, fragilisant la rentabilité des deux côtés. Les interactions commerciales, décrites comme plus complexes qu’avec les clients américains (marchandage accru, méconnaissance culturelle), alourdissent la charge mentale des vendeurs.

Pour l’Afrique, cette dépendance accrue à des importations low-cost chinoises pourrait freiner l’industrialisation locale, tout en exposant les économies à des pratiques commerciales précaires. La durabilité de ce modèle reste en question: comme l’analyse Chen Bo, chercheur principal à l’Institut d’études Est-asiatiques de l’Université nationale de Singapour, une croissance pérenne ne saurait reposer uniquement sur l’exportation. L’Afrique doit saisir cette opportunité pour négocier des partenariats équilibrés et accélérer son intégration manufacturière, sous peine de reproduire les déséquilibres sino-américains.

Finie la coopération fragmentée: la BAD et l’alliance de dix institutions financières arabes optent pour le co-investissement à grande échelle

Le 14 janvier 2026, une avancée majeure pour le financement du développement en Afrique a été scellée à Abidjan, au siège de la Banque africaine de développement (BAD). Le Groupe de coordination arabe, alliance de dix institutions financières arabes, et le Groupe de la BAD ont adopté une déclaration commune pour un partenariat stratégique structuré. Une initiative qui vise à transformer la coopération fragmentée en co-investissement programmatique à grande échelle, répondant au déficit criant de financement. L’objectif est clair: ancrer un cofinancement arabo-africain robuste pour mobiliser des capitaux publics et privés vers les priorités continentales que sont l’énergie, la résilience climatique, la sécurité alimentaire et l’intégration régionale. Ce partenariat renforcé, s’inscrivant dans la nouvelle architecture financière africaine, place la Côte d’Ivoire et le siège de la BAD au cœur d’une dynamique géoéconomique prometteuse entre l’Afrique et le monde arabe.

Diplomatie du ‘non-alignement’ : la stratégie kényane pour négocier avec Pékin et Washington.

Le Kenya vient de s’illustrer par une manœuvre commerciale et géopolitique remarquable en concluant un accord préliminaire avec la Chine, garantissant un accès en franchise de droits pour 98,2% de ses exportations vers le vaste marché chinois. Cet « Early Harvest Arrangement », négocié discrètement, vise à corriger un déficit commercial colossal de 549,82 milliards de shillings (4,27 milliards USD) en 2024 largement en faveur de Pékin. Le gouvernement kényan y voit un levier pour libérer le « vaste potentiel économique » de ses exportateurs, notamment agricoles, bien que les produits éligibles spécifiques restent à préciser et que des initiatives passées (comme l’avocat) n’aient pas suffi à combler l’écart.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large de la Chine d’éliminer les droits de douane pour les 53 États africains ayant des relations diplomatiques avec elle, annoncée en réponse aux droits de douane de Donald Trump. Pour être conforme à l’OMC, des accords bilatéraux comme celui avec le Kenya (pays à revenu intermédiaire) sont nécessaires. Bien qu’asymétrique initialement, l’accord deviendrait réciproque à terme, accordant aux nations africaines un délai pour renforcer leur compétitivité face à la puissance industrielle chinoise.

Le Kenya démontre ainsi une habileté diplomatique notable en jonglant avec ses grands partenaires. Alors qu’il approfondit ses liens économiques et financiers avec Pékin – son principal créancier bilatéral, avec qui il convertit même des prêts en yuan pour réduire les coûts –, il négocie simultanément un accord commercial distinct avec l’administration Trump. Le gouvernement rejette fermement toute idée de tension, affirmant que la poursuite de l’AGOA et d’un pacte avec les États-Unis est compatible avec le rapprochement chinois, défendu par le président Ruto comme essentiel pour réduire le déficit commercial. Une double approche qui positionne le Kenya en stratège avisé du commerce international africain.

Infrastructures, santé, éducation… : Diomaye Faye détaille un plan d’investissements 2026 d’environ 1 milliard $ au Sénégal

L’économie sénégalaise est demeurée résiliente en 2025 selon le FMI, malgré la révélation fin 2024 d’une dette du secteur public et parapublic estimée à 132% du PIB. D’importantes réformes ont été engagées, laissant espérer plus de marge de manœuvre financière pour l’État au cours des prochaines années. 

Infrastructures, Santé, Éducation, Eau, Énergie, Numérique, Logement… Lors de son discours à la nation le mercredi 31 décembre 2025, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé une série d’investissements publics majeurs pour l’année 2026, présentée comme « celle de la relance effective de l’investissement public ». Au travers d’une enveloppe globale chiffrée à plus de 561 milliards FCFA (plus de 1 milliard USD), l’exécutif entend améliorer les services essentiels, accélérer la transformation des territoires et renforcer la souveraineté alimentaire et numérique.

Éducation : priorité aux salles de classe et à l’enseignement supérieur

Dans le secteur éducatif, l’État prévoit ainsi un effort conséquent pour éradiquer les infrastructures provisoires et améliorer les conditions d’apprentissage. Une enveloppe de 29 milliards FCFA est prévue pour 2026, dans le cadre d’un budget global de 62,8 milliards FCFA destiné à la construction et l’équipement de 2500 salles de classe, 300 blocs administratifs, 50 000 mètres linéaires de clôture et 480 blocs d’hygiène, entre autres. 

L’enseignement supérieur ainsi que la formation professionnelle et technique bénéficieront également d’un budget de 31 milliards FCFA, orienté vers la construction, la réhabilitation et l’équipement d’infrastructures.

Santé : centres de proximité, Diamniadio et renforcement des plateaux techniques 

La santé fait l’objet d’un « effort majeur » avec 91 milliards FCFA dédiés à la construction de 35 centres de santé de proximité, à l’achèvement de l’Hôpital oncologique de Diamniadio, ainsi qu’au renforcement des plateaux techniques sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de rapprocher l’offre de soins des populations, d’améliorer la qualité des prises en charge, et de renforcer les capacités des structures sanitaires face aux besoins croissants.

Eau : Grand Transfert d’Eau, hydraulique rurale et irrigation 

L’accès à l’eau est aussi érigé en priorité stratégique, avec le « Grand Transfert d’Eau » qui doit être lancé avec un premier financement public de 50 milliards FCFA. Ce projet vise à mobiliser 1,8 million de m³ par jour pour couvrir durablement les besoins en eau potable des centres urbains Dakar, Mbour, Thiès et Touba. Au-delà de l’eau potable, le programme prévoit aussi l’irrigation de près de 15 000 hectares, en appui aux objectifs de souveraineté alimentaire et de renforcement de l’élevage.

En milieu rural, la relance de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable mobiliserait 55 milliards FCFA, avec notamment la construction de 101 forages et de 96 châteaux d’eau.

Infrastructures : routes, équipements structurants et Dakar 2026 

Les infrastructures devraient connaître une accélération « significative ». Plus de 100 milliards FCFA sont annoncés pour les routes, les aménagements urbains et les équipements structurants, y compris ceux liés aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Les programmes PUDC, PUMA et PROMOVILLES disposeront de 51 milliards FCFA, afin de renforcer les services de base et de contribuer au désenclavement. 

Autre chantier phare, la construction du deuxième pont de Ziguinchor, dotée d’une enveloppe initiale de 25 milliards FCFA pour améliorer la mobilité en Casamance. Dans la même dynamique, le Plan Diomaye pour la Casamance, dont les effets sont jugés déjà « significatifs », devrait s’étendre progressivement aux autres départements des régions du Sud.

Monde rural : coopératives, fermes intégrées et agropoles

Des investissements « ciblés » sont annoncés dans le monde rural, avec 18 milliards FCFA dédiés aux coopératives agricoles communautaires et aux premières fermes intégrées. S’y ajoute une enveloppe de plus de 91 milliards FCFA pour les agropoles du Sud et du Centre, afin de renforcer la production, la transformation locale et l’emploi, dans une logique de chaînes de valeur plus intégrées.

Énergie et numérique : électrification et internet pour près d’un million de personnes

Dans le secteur de l’énergie, 2026 est présentée comme une année d’« accélération décisive », avec le raccordement prévu de 3637 localités supplémentaires, représentant 113 654 ménages et environ 1 235 755 personnes.

Côté numérique, une annonce retient particulièrement l’attention : le déploiement d’antennes satellitaires qui permettront à près d’un million de personnes d’accéder gratuitement à internet cette année. Une mesure qui, conformément aux objectifs avancés, doit ouvrir de nouvelles perspectives pour l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat et l’inclusion numérique.

Logement : impulsion pour 30 000 logements et rénovation urbaine 

L’accès au logement, autre axe structurant du plan, sera soutenu par 20 milliards FCFA destinés à impulser le programme des 30 000 logements et celui de la rénovation urbaine. Au-delà des chiffres, ce message du président Diomaye Faye se veut résolument mobilisateur. Ces investissements annoncés traduisent une conviction forte : le Sénégal possède la volonté, l’intelligence collective et la capacité de travail nécessaires pour relever les défis identifiés en 2024, notamment le niveau d’endettement national.

« L’année 2025 a été placée sous le signe de la rigueur, de la résilience et de la consolidation de la transparence. Grâce à une réduction drastique du train de vie de l’État, une gestion plus exigeante, la renégociation de contrats et la rationalisation de nombreuses niches, des ressources substantielles ont été dégagées. Elles seront intégralement consacrées aux investissements prioritaires de 2026 », a souligné le président de la République.