Le cabinet international Gibson Dunn vise le Maroc

Le cabinet international Gibson Dunn prépare son implantation au Maroc avec une stratégie orientée vers l’accompagnement des investisseurs Américains. La firme ambitionne de se positionner comme partenaire juridique de référence pour les acteurs souhaitant opérer dans les secteurs stratégiques des banques et de la transition énergétique. En ligne de mire : le conseil aux institutions financières, ainsi que les projets liés aux énergies renouvelables, à l’hydrogène vert et au dessalement, segments en forte croissance dans le Royaume. Cette offensive marque une nouvelle étape dans l’attractivité du marché marocain auprès du juridique américain, notamment sur les verticales de l’énergie propre et des infrastructures critiques.

Pour rappel, le cabinet Gibson, Dunn & Crutcher s’est imposé parmi les firmes juridiques les plus influentes au monde, en particulier sur les opérations internationales complexes, les fusions-acquisitions, le financement de projets et le regulatory advisory. Reconnu pour sa proximité historique avec les marchés américains, notamment à travers ses liens d’accompagnement avec des investisseurs et multinationales, le cabinet compte aujourd’hui plus de 1 800 avocats répartis dans plus de 20 bureaux sur trois continents. Son expertise couvre des secteurs hautement stratégiques comme les marchés financiers, l’énergie, les infrastructures, les télécommunications ou encore la conformité réglementaire.

Le Niger rompt avec le français Orano et porte son uranium sur le marché mondial

Le régime du Niger a annoncé dimanche 30 novembre au soir mettre sur le marché international l’uranium produit par la Somaïr, filiale du géant français Orano nationalisée par Niamey en juin. La Somaïr, Société des mines de l’Aïr, était détenue à 63,4 % par Orano et à 36,6 % par l’Etat du Niger. Orano en a perdu le contrôle opérationnel.

L’exploitation de l’uranium au Niger est au centre d’un bras de fer entre la junte, au pouvoir depuis un coup d’Etat perpétré en juillet 2023, et le groupe Orano. Un dossier qui illustre les tensions entre l’ex-puissance coloniale française et les militaires nigériens. Ces derniers ne cachent pas leur volonté de se tourner vers de nouveaux partenaires, comme l’Iran ou la Russie, quand Moscou a déclaré en juillet sa volonté d’exploiter l’uranium nigérien.

« Le Niger, digne, met sur le marché international sa propre production », a déclaré un journaliste de la télévision d’Etat Télé Sahel, rapportant des propos tenus récemment par le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani. Selon le média, le leader de la junte a revendiqué « le droit légitime du Niger de disposer de ses richesses naturelles, de les vendre à qui souhaite acheter, dans les règles du marché, en toute indépendance ».

L’un des plus importants gisements d’uranium au monde

Orano avait acté en décembre 2024 la perte du contrôle opérationnel de ses trois filiales minières au Niger : la mine de la Somaïr, celle de Cominak (fermée depuis 2021) et le gisement d’Imouraren. Ce dernier site est l’un des plus importants gisements d’uranium au monde, avec des réserves estimées à 200 000 tonnes. Niamey avait retiré à Orano son permis d’exploitation. En juin, la junte militaire a annoncé la nationalisation de la Somaïr.

Orano, dont le capital est détenu à plus de 90 % par l’Etat français, a engagé plusieurs procédures d’arbitrage international contre l’Etat du Niger. A la fin de septembre, l’entreprise a annoncé la décision en sa faveur d’un tribunal concernant la mine de la Somaïr. Selon Orano, ce tribunal a enjoint au Niger de ne pas vendre l’uranium produit par la Somaïr, dont le site compte environ 1 300 tonnes de concentré, représentant une valeur marchande de 250 millions d’euros.

Libye : L’affaire Baayo et les zones d’ombre de la finance pétrolière

Au centre de l’attention : Abdelhakim Baayo, un technocrate libyen au profil jusqu’ici plutôt discret, propulsé sur le devant de la scène par des accusations de mauvaise gestion, voire de détournement de fonds publics. Dans les détails, les soupçons qui pèsent sur Abdelhakim Baayo découlent principalement de rapports d’audit et d’enquêtes journalistiques, notamment celles relayées par le consortium OCCRP. Ils concernent sa période à la tête d’Alhammra, la filiale espagnole de la Lafico (Libyan Foreign Investment Company), elle-même une branche du fonds souverain libyen (LIA).

L’accusation centrale est celle d’un mélange des genres : Baayo aurait utilisé les ressources de la société étatique pour son enrichissement personnel. Le point focal de ce dossier est l’acquisition d’un luxueux appartement à Madrid. Selon les auditeurs, l’achat aurait été masqué par des jeux d’écritures comptables et l’utilisation de sociétés écrans, le tout facilité par le chaos administratif, attisé par les puissances étrangères comme les Emirats Arabes unis, qui régne à Tripoli. Cependant, face à ces allégations graves, Abdelhakim Baayo oppose un démenti formel. L’homme d’affaires, qui a par le passé nourri des ambitions présidentielles en Libye, voit dans ces révélations une manœuvre politique destinée à l’écarter de la scène nationale future. Pour sa défense, il s’appuie sur le terrain judiciaire. Baayo et ses conseils rappellent régulièrement que la justice espagnole a déjà été saisie de plaintes similaires concernant la gestion d’Alhammra et l’achat de cet appartement. Jusqu’à présent, les tribunaux ibériques ont classé ces affaires, estimant les preuves insuffisantes pour caractériser des infractions pénales. Une victoire juridique que l’intéressé brandit comme un bouclier contre ce qu’il qualifie de campagne de dénigrement.

L’Angola signe un protocole d’accord avec Alstom pour développer une ligne ferroviaire à Luanda

Le ministère angolais des Transports et le groupe français Alstom ont signé cette semaine un protocole d’accord portant sur le développement de la Blue Line, un projet de train suburbain destiné à renforcer l’offre de mobilité à Luanda. L’annonce a été faite en marge du 7ᵉ sommet Union africaine – Union européenne (UA-UE), tenu les 24 et 25 novembre dans la capitale angolaise.

Longue de 50 km, la Blue Line doit relier Cacuaco à Benfica en longeant la façade maritime de Luanda, dont elle vise à désengorger les principaux axes routiers. La ville est l’une des plus densément peuplées du continent africain, avec plus de 10 millions d’habitants, selon World Population. La collaboration doit analyser la viabilité commerciale, technique et stratégique de la ligne ferroviaire côtière. Des études de faisabilité complètes seront menées, ouvrant la voie à la mise en œuvre du projet si les conclusions sont jugées favorables.

Ce projet vient s’ajouter aux initiatives déjà engagées par les autorités angolaises pour moderniser le réseau ferroviaire urbain du pays. L’opérateur public exploite actuellement un service express reliant le centre-ville de la capitale aux zones périphériques, mais celui-ci reste freiné par des contraintes techniques, limitant la vitesse et la fréquence des navettes.

Certains projets évoqués depuis quelques années peinent par ailleurs à démarrer, faute de financement. C’est le cas du métro de surface devant raccorder le nouvel aéroport international António Agostinho Neto, en périphérie de Luanda.

Côte d’Ivoire : 39 millions d’euros de la BAD pour la promotion de la croissance inclusive



Le conseil d’administration du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, ce 19 novembre à Abidjan, un financement de 38,92 millions d’euros, soit 25,52 milliards FCFA, destiné à soutenir la mise en œuvre du Projet d’appui à la gouvernance pour la promotion de la croissance inclusive (PAGOCI). Ce concours financier se compose de deux prêts, à savoir 29,19 millions d’euros provenant de la BAD et 9,73 millions d’euros octroyés par le Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel de la banque panafricaine.

L’ambition du PAGOCI s’inscrit au cœur des priorités économiques ivoiriennes : renforcer la gouvernance financière, améliorer l’efficacité de la dépense publique et accroître la mobilisation des ressources domestiques. ‘’L’objectif du projet est de favoriser une croissance forte, résiliente et inclusive grâce à des politiques publiques stratégiques, sensibles au genre et au changement climatique, à une mobilisation accrue des ressources nationales et à une utilisation plus efficiente et transparente des fonds publics », a expliqué Kevin Lumbila, chef de division Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre au département de la gouvernance et des réformes économiques de la BAD.

Concrètement, le projet vise à appuyer la mise en œuvre du Plan national de développement, renforcer la programmation budgétaire, optimiser la gestion des investissements publics et consolider les dispositifs de contrôle et d’audit. Dans un contexte de diversification économique et d’ambitions élevées en matière de développement, la Côte d’Ivoire doit garantir des ressources publiques stables et soutenables. Le PAGOCI s’attaque directement à cette nécessité en soutenant une mobilisation renforcée des recettes intérieures.

L’amélioration de la transparence et de la redevabilité des administrations constitue aussi un levier essentiel pour stimuler la confiance des investisseurs et créer un climat plus favorable au développement du secteur privé, indispensable à la croissance et à la création d’emplois. L’État ivoirien ambitionne d’accéder au rang de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d’ici 2030. Cette transformation repose sur la réussite du Plan national de développement 2026-2030, qui place la gouvernance économique et financière au cœur de ses priorités. Le PAGOCI vient renforcer les capacités institutionnelles, notamment dans l’intégration des enjeux du genre et du changement climatique dans la sélection et la priorisation des investissements publics. Le projet soutiendra aussi l’élaboration de la Stratégie genre de la Politique nationale de l’égalité et de l’équité du genre.Activez pour voir l’image en plus grand.

Les États d’Afrique de l’Est ont demandé l’ouverture des frontières pour les petits commerçants.

  • La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.
  • Elles comprennent  la révision des règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle et le renforcement de la connectivité régionale.

Les petites entreprises peuvent contribuer davantage à la croissance économique de l’Afrique de l’Est si la région parvient à une liberté de circulation absolue des biens et des personnes.

La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.

Il s’agit notamment de réviser les règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle, et d’améliorer la connectivité régionale grâce à des réseaux d’infrastructures harmonisés et interopérables qui facilitent la circulation fluide des biens, des services et des personnes à travers nos frontières, comme les portiques intelligents.

Elle a également plaidé pour la mise en œuvre du système de paiement et de règlement de la CAE afin de simplifier les paiements transfrontaliers, de réduire les coûts de transaction et de permettre les règlements en monnaies locales ; et pour l’expansion des réseaux d’apprentissage et de renforcement des capacités, en particulier pour les femmes et les jeunes, afin d’améliorer leur participation au commerce transfrontalier.

Nduva a souligné l’importance des petits commerçants dans l’économie régionale, affirmant qu’ils représentent près de 90 % des nouveaux emplois et contribuent à plus de 30 % du PIB de la CAE.

« Les autorités locales doivent permettre aux petites entreprises d’Afrique de l’Est de commercer librement afin de stimuler davantage le commerce régional, qui a progressé de 27,1 % l’an dernier, passant de 14,2 milliards de dollars (1,8 billion de shillings kenyans) à 18 milliards de dollars (2,3 billions de shillings kenyans) », a-t-elle déclaré.

« Ces résultats témoignent de l’intégration croissante des marchés entre nos huit États partenaires et de la vigueur grandissante de notre marché intérieur. »

Le commerce total de la CAE avec le reste du monde a augmenté de 22 %, passant de 115,4 milliards de dollars (14,9 billions de shillings kényans) (juin 2024) à 140,8 milliards de dollars (18,2 billions de shillings kényans) (juin 2025).

Elle a qualifié le salon EAC MSMEs de l’une des plateformes régionales les plus durables et les plus influentes, rassemblant artisans, innovateurs et petites entreprises de tous les États partenaires.

« Elle constitue un marché dynamique permettant de présenter des produits, d’élargir l’accès au marché et de développer des réseaux d’affaires régionaux. »

Le salon a débuté en 1999 à Arusha avec seulement 134 PME. Il accueille cette année 2 331 exposants, soit près du double des 1 334 exposants qui avaient participé à l’édition précédente à Juba.

Elle s’est montrée optimiste quant à la croissance économique de la région, affirmant que les indicateurs macroéconomiques reflètent une résilience et un dynamisme qui lui ont permis de maintenir un taux de croissance moyen du PIB de 5,3 %.

« Pour l’avenir, les secteurs de l’agriculture et de la fabrication devraient enregistrer une croissance continue, soutenue par de solides performances commerciales et par le développement du tissu industriel régional. »

Elle a indiqué qu’actuellement, les exportations de produits manufacturés représentent moins de 30 % des exportations totales, composées principalement de ciment, de textiles et de produits chimiques de base, avec une solide base agricole offrant un immense potentiel pour l’agro-transformation et les industries à valeur ajoutée.

« En approfondissant les chaînes de valeur régionales, en stimulant l’innovation et en renforçant les capacités des MPME, nous pouvons passer d’une structure d’exportation dominée par les matières premières à une structure axée sur des biens manufacturés diversifiés et à forte valeur ajoutée. »

Elle a souligné les principales réalisations accomplies à ce jour dans le domaine du commerce régional, notamment l’harmonisation de près de 2 040 normes régionales et la réduction de 50 % du délai moyen de résolution des obstacles non tarifaires.

Selon la CAE, le temps de dédouanement des marchandises aux frontières a diminué de 75 %, la plupart des transactions étant désormais effectuées en moins d’une journée grâce à la mise en œuvre des guichets uniques aux frontières, à la connectivité numérique des principaux organismes de facilitation du commerce et à d’autres initiatives transfrontalières.

Parallèlement, la communauté s’est associée à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) pour élaborer une stratégie et un plan d’action régionaux pour l’économie bleue (2025-2034) 

La stratégie et le plan d’action ont été élaborés avec le soutien technique et financier du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est de la CEA (SRO-EA).

Il fournit un cadre global pour l’utilisation durable et la conservation des ressources aquatiques, notamment les océans, les lacs et les rivières, afin de stimuler le développement socio-économique et d’améliorer la sécurité alimentaire dans toute la Communauté d’Afrique de l’Est.

Ses principaux objectifs sont de maximiser le potentiel économique par la création d’emplois et la création de valeur ajoutée, de réduire la pauvreté et de promouvoir la coopération régionale, tout en assurant la durabilité environnementale.

Point essentiel, cette stratégie est directement liée à l’action climatique. Elle promeut un développement sobre en carbone et renforce la résilience climatique de la région en protégeant et en restaurant des écosystèmes aquatiques vitaux, tels que les mangroves et les récifs coralliens, qui constituent des défenses naturelles et d’importants puits de carbone bleu.

En outre, la stratégie vise à orienter la mise en œuvre des activités de l’économie bleue aux niveaux national et régional, à renforcer l’intégration régionale et à consolider le soutien apporté aux États partenaires pour traduire les politiques en actions concrètes.

La stratégie attend désormais l’approbation finale du Conseil des ministres de la CAE lors de sa prochaine réunion.

Le littoral de la région, long de 3 000 kilomètres et bordant l’océan Indien, combiné à des systèmes d’eau douce comme le lac Victoria, recèle un potentiel inexploité, notamment en matière de pêche durable, d’aquaculture, de transport maritime, d’énergies renouvelables et de tourisme marin.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de la pêche en Afrique pourrait croître de 10 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie s’il est géré de manière durable.

Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda représentent déjà plus de 60 % de la production halieutique de la région, mais leur contribution au PIB reste faible.

Le problème ne réside pas dans la disponibilité des ressources, mais dans l’absence de stratégie cohérente. Les infrastructures, les cadres réglementaires et les mécanismes d’investissement sont en retard par rapport au potentiel du secteur.

Malgré cela, la  région est confrontée à des menaces croissantes liées aux changements climatiques, notamment l’érosion côtière, la montée du niveau de la mer et la diminution des stocks de poissons. 

Le Conseil d’administration du Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) tient sa réunion inaugurale en présentiel à Rabat.

Le Conseil d’administration du Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) s’est réuni pour la toute première fois en personne à Rabat, au Maroc, en marge du Forum africain sur l’investissement (AIF).

Le Conseil d’administration a approuvé le plan de travail 2026 du RPFF, qui vise des engagements de près de 100 millions d’euros. Ces ressources devraient permettre de mobiliser plus de 550 millions d’euros de cofinancement provenant des ressources ordinaires de la Banque africaine de développement. Ces investissements favoriseront une croissance inclusive, amélioreront la prestation de services essentiels, renforceront la résilience climatique et s’attaqueront aux causes profondes des migrations irrégulières.

Cette réunion marque une étape importante pour le RPFF, approuvé par le Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement en février 2025. Le Dr Kevin K. Kariuki, vice-président en charge de l’énergie, du climat et de la croissance verte, a souligné l’importance cruciale du RPFF, insistant sur son rôle essentiel pour relever les défis profonds et interdépendants auxquels l’Afrique est confrontée. Le RPFF mobilise et oriente des ressources vers des investissements stratégiques dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’eau, grâce au cofinancement – ​​par le biais de prêts concessionnels ou de subventions – de projets de la Banque africaine de développement, ainsi qu’à la fourniture d’une assistance technique. Doté d’un capital initial de 158 millions d’euros, le RPFF bénéficie du soutien de ses partenaires fondateurs : l’Italie et les Émirats arabes unis (EAU).

« L’Italie est profondément attachée à l’avènement d’une nouvelle ère de partenariat avec les nations africaines, conformément au Plan Mattei. Le RPFF est un pilier de cet engagement, traduisant des objectifs communs en projets concrets qui autonomiseront les communautés, stimuleront la croissance économique et renforceront la résilience climatique », a déclaré Lorenzo Ortona, représentant de l’Italie au Conseil d’administration du RPFF. « L’approbation de cet ambitieux plan de travail à l’horizon 2026 souligne notre détermination collective à accélérer le développement durable et à relever les défis urgents qui se posent sur le continent. »

« Les Émirats arabes unis croient fermement au pouvoir de la collaboration internationale pour parvenir à un développement durable et lutter contre le changement climatique », a déclaré Sarah Jasim, directrice du département du développement durable de l’Agence des Émirats arabes unis d’aide au développement et représentante des Émirats arabes unis au Conseil d’administration du RPFF. « Notre soutien au RPFF témoigne de notre engagement à donner aux nations africaines les moyens de bâtir des infrastructures résilientes, de créer des opportunités et d’améliorer la vie de leurs citoyens. Nous sommes impatients de constater l’impact transformateur des projets présentés dans le plan de travail annuel 2026. »

Au cours de ses premiers mois d’activité, le RPFF a déjà approuvé deux projets témoignant de son engagement immédiat en faveur d’un impact concret sur le terrain. Le Projet de développement de la chaîne de valeur agricole de la région orientale (ERAVCDP) en Angola est une contribution de 17 millions d’euros sous forme de prêt concessionnel à un projet de 183 millions d’euros visant à améliorer la transformation agricole et le développement de la chaîne de valeur, renforçant ainsi la sécurité alimentaire régionale et les opportunités économiques. Le Programme de développement résilient de l’eau pour l’amélioration des moyens de subsistance (Borana Resilient Water Development for Improved Livelihoods II) en Éthiopie est une contribution de 6 millions d’euros à un projet de 60 millions d’euros qui améliore l’accès à l’eau et à l’assainissement résilients face au changement climatique pour les communautés pastorales de la zone de Borana, renforce la gestion des bassins versants et promeut des mesures essentielles d’adaptation au changement climatique, en mettant l’accent sur la participation des femmes.

Le Dr Daniel Schroth, directeur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique à la Banque africaine de développement et chef de l’unité de coordination technique du RPFF, a déclaré : « Nous sommes immensément reconnaissants envers nos partenaires fondateurs, l’Italie et les Émirats arabes unis, pour leur soutien et leur engagement pionniers. Ensemble, nous avons créé un mécanisme qui sera un catalyseur de développement transformateur, permettant de relever les défis climatiques et de favoriser la prospérité sur tout le continent. »

À propos du mécanisme de financement du processus de Rome/plan Mattei (RPFF)

Le Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) est un mécanisme de financement multidonateurs hébergé par la Banque africaine de développement. Le RPFF est un instrument clé pour la réalisation des objectifs du Processus de Rome et du Plan Mattei. Il a soutenu des projets d’infrastructures souveraines respectueuses du climat dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’eau en Afrique afin de favoriser le développement durable et de contribuer à la lutte contre les causes profondes des migrations irrégulières. Grâce à ses deux guichets de financement : (i) un guichet d’assistance technique non remboursable et (ii) un guichet d’investissement (prêt concessionnel et subvention), il garantit que les financements sont alloués là où ils peuvent avoir le plus grand impact à long terme, tout en renforçant la bonne gouvernance et les capacités institutionnelles, en créant des emplois, en améliorant les conditions de vie et en renforçant la résilience des communautés vulnérables.

Dette publique : quand la BM tire la sonnette  !

D

Selon les données de la Banque mondiale, le stock de la dette extérieure (publique et privée) des pays africains s’établit, à fin 2023, à plus de 1.154 milliards de dollars. Dix pays du continent s’accaparent 70% de ce fardeau qui pèse lourd sur leurs économies. Décryptage.

Pour beaucoup de pays, l’emprunt sur les marchés internationaux est devenu une véritable alternative de financement de l’action publique. ils sont nombreux les Etats qui optent pour les  emprunts extérieures  pour financer leur développements au  grand dam des coûts d’emprunts trois fois plus élevés que ceux des États avancés selon un calcul de l’OCDE.Même si les objectifs sont louables, le développement par la dette extérieure pour beaucoup d’économistes place les Etats africains dans une position inconfortable. Ces prêts faramineux accordés aux emprunteurs pour des projets de financements d’infrastructure    dans certains cas viennent avec de nombreux défis, dont le plus important n’est que le poids de la dette..Le nouveau rapport de la Banque Mondiale sur l’etat de la dette tire encore la sonnette d’alarme. Selon la Banque,  le stock de la dette extérieure du continent s’est établi autour de 1.154 milliards de dollars, en hausse de 7,84% par rapport à son niveau de 2022.À titre de comparaison, le stock total de la dette extérieure mondiale (hors pays de l’OCDE) s’est établi à 8.837 milliards de dollars. Toujours, selon le rapport la dette extérieure du continent africaine représente donc 13,06% de la dette extérieure mondiale. Cette dette est dominée par les emprunts publics bilatéraux et multilatéraux qui représentent plus de 62% de la totalité de la dette extérieure africaine. La conjoncture économique mondiale difficile (Covid, guerre Russie-Ukraine…) et la flambée des cours des matières premières et des hydrocarbures, selon la Banque, sont les motifs qui ont possé les pays africains a ’endetter davantage 

Afrique : 864 milliards

En Afrique subsaharienne, la dette extérieure s’établit à 864 milliards de dollars à fin 2023 dont 59% de dette publique et 41% de dette privée. La proportion de la dette publique au niveau des pays d’Afrique du Nord est beaucoup plus importante et tournerait autour de 65% pour un stock de la dette extérieure de 290 milliards de dollars. Cette dette représente 170% des exportations en valeur et 44% du Revenu global brut de la région (RGN: PIB + revenus nets reçus de l’étrangers pour la rémunération des salariés, la propriété et les impôts et subventions nettes sur la production).

Dans les détails, les principaux créanciers publics des pays africains sont la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Banque africaine de développement (BAD), la Chine…Rappelons que ces es dernières décennies, Pékin  a été le berceau de la nouvelle destination de la politique de la dette africaine.Le montant des prêts qu’elle a accordés à 49 pays africains et institutions régionales entre 2000 et 2022 à dépasser les 170 milliards de dollars. Rappelons d’ailleurs ici que la dette publique en Afrique a atteint le chiffre effrayant de 1 800 milliards de dollars US en 2022.

En chiffre, les pays les plus endetté sont, l’Algérie, avec une  dette extérieure de 7,31 milliards de dollars ,Idem pour l’Éthiopie, 5e puissance économique africaine, avec un endettement extérieur de 33,30 milliards de dollars.. La Tunisie et le Sénégal, loin de figurer parmi les grandes puissances économiques du continent, font partie du Top 10 africain avec respectivement 41,28 et 39,95 milliards de dollars.  En ce qui concerne le cas du Maroc, la dette publique représente 64% de la dette extérieure du pays dont 49% sont une dette multilatérale. Les principaux créanciers sont la Banque mondiale (20%), la BAD (10%), la France (5%), l’Allemagne (5%)… Quant à la dette extérieure privée, elle est dominée par les emprunts obligataires (27%) devant ceux des banques commerciales et autres (9%). En 2023, le service de la dette s’est établi à 4,99 milliards de dollars, représentant 4% du Revenu global net.

 L’épargne publique.Une alternative ?

L’analyse établie par la dernière publication de la Fondation Mo Ibrahim dresse un premier un constat sans appel : les dépenses domestiques, comme extérieures, ne permettent pas d’atteindre les objectifs de développement socio-économique. Or, aujourd’hui, le taux d’épargne nationale moyen de l’Afrique est respectivement de 20 %. Comme l’a démontré l’ascension économique des quatre dragons asiatiques (Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan), l’épargne publique a un rôle clé dans la croissance économique. Elle permet à un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino réduit notamment la dette extérieure.  Aujourd’hui cette question en soulève une autre en occurrence la dépense publique. La solution de la dette s’est érigée en doctrine de gouvernance. Dans de nombreux pays occidentaux l’appel public à l’épargne ainsi que la gestion efficiente des dépenses publiques sont des outils de financement pratique et moins contraignants. Dans cette Afrique enclin aux défis constants de développement socio-économique le financement est aujourd’hui un enjeu de gouvernance. Et beaucoup de voix appellent l’option de l’épargne publique. Car elle permet à un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino réduit notamment la dette extérieure.

La BAD rencontre les marchés boursiers du continent

Le Groupe de la Banque africaine de développement a entamé, mardi à Abidjan, une série de réunions de haut niveau avec les institutions africaines de financement du développement et les partenaires financiers du secteur privé afin de forger un plan historique pour une nouvelle architecture financière africaine, conçue pour combler le déficit de financement nécessaire pour répondre aux besoins de développement du continent.

À l’invitation du président de l’institution panafricaine, plus d’une cinquantaine de représentants de banques régionales et continentales et d’institutions de financement du développement sont réunis au siège du Groupe de la Banque, les 18 et 19 novembre, pour des discussions que M. Ould Tah a qualifiées de vitales pour le destin du continent.

« En tant qu’architectes des marchés de capitaux africains, vous êtes les gardiens des institutions financières et les catalyseurs de l’avenir de notre continent », a déclaré le président Ould Tah au début de la première session journalière à laquelle participaient les responsables des bourses de valeurs mobilières, des fonds de capital-investissement et des fonds de capital-risque africains.

Cette réunion, la première du genre entre le Groupe de la Banque et les marchés boursiers d’Afrique, vise à examiner leur rôle dans le financement à long terme, en mettant un accent particulier sur la réforme de la mobilisation des capitaux en Afrique. Félix Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’Afrique de l’Ouest (BRVM), a salué la tenue d’une telle réunion, soulignant la nécessité d’une transformation profonde.

« Des écarts existent entre les besoins de financement et les ressources disponibles, mais nous devons réfléchir aux réformes nécessaires pour parvenir à la capitalisation des fonds de pension africains. En effet, ces derniers ont été créés à l’origine pour financer les gouvernements », a fait remarquer M. Amenounve.

Les principales institutions financières du continent représentées aux réunions d’aujourd’hui comprennent le Projet de liaison des bourses africaines (AELP), les marchés boursiers du Rwanda, du Mozambique, du Cabo Verde, de Nairobi et de Tunis, la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’Afrique de l’Ouest (BRVM), le directeur régional de la Bourse de l’Afrique centrale, les marchés boursiers de Casablanca et du Ghana.

Le chinois Sinopec va construire en Algérie une unité d’hydrotraitement de naphta lourd à 437 millions $

Les raffineries de pétrole de Sonatrach couvrent totalement les besoins du marché algérien en carburants depuis 2020. La nouvelle unité d’hydrotraitement de naphta lourd permettra d’augmenter davantage la capacité de production d’essence du pays.

Sonatrach a signé le lundi 17 novembre un contrat avec Sinopec Guangzhou Engineering, pour la construction d’une unité d’hydrotraitement de naphta lourd au niveau de sa raffinerie située dans la ville d’Arzew, au Nord-Ouest de l’Algérie. Ce contrat clé en main de type « ingénierie, approvisionnement, construction et mise en service (EPCC) » a été signé à Alger par Slimane Slimani, vice-président de la compagnie pétrolière publique algérienne chargé du segment raffinage et pétrochimie, et Wang Xiaowei, vice-président de la société chinoise.

Pour rappel, le coût de l’infrastructure prévue sur une superficie de 5 hectares et dont la construction devrait durer 30 mois, est estimé à 57 milliards de dinars algériens (environ 437 millions USD). L’unité présentera une capacité de traitement de 738 000 tonnes de naphta lourd par an, ce qui doit permettre de faire passer la capacité de production annuelle d’essence de la raffinerie d’Arzew de 550 000 à 1,2 million de tonnes. 

L’hydrotraitement de naphta lourd est un procédé de raffinage de ce produit issu de la distillation du pétrole, qui utilise de l’hydrogène pour éliminer les impuretés comme le soufre et l’azote. Cette étape est essentielle pour le purifier et le préparer à des utilisations ultérieures, principalement l’alimentation de l’unité de reformage catalytique qui le transforme en essence de haute qualité.