Lancement Officiel de Women in AI Morocco

L’écosystème technologique marocain s’apprête à franchir un jalon majeur avec le lancement officiel du chapitre Women in AI Morocco, à l’occasion du Women in AI Morocco Summit 2025, qui se tiendra le 5 décembre au Technopark Casablanca. Cet événement marque la naissance d’un réseau structuré au service de l’inclusion et du leadership féminin dans l’IA.

La participation prestigieuse de Mme Amal El Fallah SeghrouchniMinistre Déléguée chargée de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration, souligne l’importance stratégique de cette initiative, dans un contexte où l’IA constitue un levier majeur de souveraineté digitale et économique.

Un momentum aligné avec Maroc Digital 2030

L’événement s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de “Maroc Digital 2030”, qui vise à faire du Maroc un hub technologique régional.

Le lancement du chapitre Women in AI Morocco vient répondre à cet enjeu en créant un espace structuré dédié au développement des compétences, au mentorat, à la recherche et à l’innovation responsable dans l’IA.

Un quadruple objectif stratégique

En partenariat avec Technopark et DXC Technology, l’événement s’articule autour de quatre objectifs majeurs :

–       Structurer un écosystème national IA inclusif à travers le lancement officiel du chapitre Women in AI Morocco ;

–       Valoriser le leadership féminin dans les STEM et inspirer la nouvelle génération ;

–       Positionner le Maroc comme une force régionale motrice dans l’adoption de l’IA ;

–       Encourager une IA fondamentalement éthique, inclusive et durable.

Pour rappel, le Summit offrira une plateforme unique pour valoriser les talents féminins marocains et renforcer les collaborations institutionnelles dans l’IA. Organisé en présence de personnalités institutionnelles, de leaders de l’écosystème digital marocain et d’experts internationaux (Émirats arabes unis, États-Unis, Afrique), il favorisera des échanges de haut niveau, des rencontres stratégiques et des perspectives de coopération internationale.

Le cabinet britannique Ashurst officialise son bureau à Casablanca

Ashurst a annoncé lundi l’ouverture de son bureau à Casablanca, destiné à établir une présence locale et à étendre son activité sur le continent. L’entreprise a précisé que son équipe marocaine réunit les avocats Meriem Komiha et Youssef Tork, en qualité de juristes principaux ainsi que Yasmine Hitane, juriste associée. L’ensemble sera dirigé par Ouns Lemseffer, associée et responsable du Maroc. Selon l’institution, «l’équipe casablancaise, multilingue et adossée aux pôles implantés à Londres, Paris, Madrid et au Moyen-Orient, accompagnera les clients actifs ou investisseurs en Afrique dans les domaines du développement de projets, du financement, des opérations structurées, des marchés de capitaux et des opérations de fusion-acquisition et capital-investissement.»

Ashurst a indiqué que la nouvelle structure apporte une compétence accrue en matière de financement de projets, de financement structuré et de mobilisation de capitaux privés, tant au Maroc que dans l’ensemble de l’Afrique francophone. Ouns Lemseffer a souligné, selon les termes rapportés, que «l’ouverture du bureau de Casablanca constitue un élément déterminant de la stratégie africaine, l’équipe offrant une combinaison rare de standards internationaux et d’une connaissance approfondie des législations locales et des relations avec les autorités de régulation.» Elle a ajouté que «la présence sur le terrain permet de saisir les occasions offertes aux clients, tout en poursuivant l’accompagnement des opérations les plus complexes sur le continent.»

David Charlier, coresponsable de Projects & Energy Transition EMEA, a déclaré que «l’ouverture du premier bureau africain et l’arrivée d’une équipe de haut niveau à Casablanca marquent une étape significative pour Ashurst.» Il a affirmé que «l’expansion en Afrique constitue l’évolution logique d’une présence vieille de cent vingt ans sur le continent», exprimant sa confiance dans la capacité de direction d’Ouns Lemseffer et dans son aptitude à développer l’activité de la société dans une région qualifiée de décisive.

Le Niger rompt avec le français Orano et porte son uranium sur le marché mondial

Le régime du Niger a annoncé dimanche 30 novembre au soir mettre sur le marché international l’uranium produit par la Somaïr, filiale du géant français Orano nationalisée par Niamey en juin. La Somaïr, Société des mines de l’Aïr, était détenue à 63,4 % par Orano et à 36,6 % par l’Etat du Niger. Orano en a perdu le contrôle opérationnel.

L’exploitation de l’uranium au Niger est au centre d’un bras de fer entre la junte, au pouvoir depuis un coup d’Etat perpétré en juillet 2023, et le groupe Orano. Un dossier qui illustre les tensions entre l’ex-puissance coloniale française et les militaires nigériens. Ces derniers ne cachent pas leur volonté de se tourner vers de nouveaux partenaires, comme l’Iran ou la Russie, quand Moscou a déclaré en juillet sa volonté d’exploiter l’uranium nigérien.

« Le Niger, digne, met sur le marché international sa propre production », a déclaré un journaliste de la télévision d’Etat Télé Sahel, rapportant des propos tenus récemment par le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani. Selon le média, le leader de la junte a revendiqué « le droit légitime du Niger de disposer de ses richesses naturelles, de les vendre à qui souhaite acheter, dans les règles du marché, en toute indépendance ».

L’un des plus importants gisements d’uranium au monde

Orano avait acté en décembre 2024 la perte du contrôle opérationnel de ses trois filiales minières au Niger : la mine de la Somaïr, celle de Cominak (fermée depuis 2021) et le gisement d’Imouraren. Ce dernier site est l’un des plus importants gisements d’uranium au monde, avec des réserves estimées à 200 000 tonnes. Niamey avait retiré à Orano son permis d’exploitation. En juin, la junte militaire a annoncé la nationalisation de la Somaïr.

Orano, dont le capital est détenu à plus de 90 % par l’Etat français, a engagé plusieurs procédures d’arbitrage international contre l’Etat du Niger. A la fin de septembre, l’entreprise a annoncé la décision en sa faveur d’un tribunal concernant la mine de la Somaïr. Selon Orano, ce tribunal a enjoint au Niger de ne pas vendre l’uranium produit par la Somaïr, dont le site compte environ 1 300 tonnes de concentré, représentant une valeur marchande de 250 millions d’euros.

Afrique: Yvon Sana Bangui élu président de l’Association des banques centrales

Le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a été élu président de l’Association des banques centrales africaines (ABCA), le 28 novembre, à Yaoundé au Cameroun. Il succède à la gouverneure de la banque centrale de l’Ile Maurice, Priscilla Muthoora Thakoor.

Le gouverneur de la BEAC a été porté à la tête de l’ABCA qui regroupe 41 banques centrales lors des 47es réunions annuelles des gouverneurs de cette institution continentale, organisées sur le thème  « Changement climatique et stabilité macroéconomique : le rôle des banques centrales ». « Je vais fonder ma mission sur une seule priorité : le projet d’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain », a déclaré Yvon Sana Bangui, précisant qu’il s’agit d’une étape fondamentale dans la mise en œuvre d’un projet datant d’une vingtaine d’années.

Cet institut dont la création est prévue pour 2026 sera chargée entre autres de mener les études économiques et statistiques, de surveiller les critères de convergence macroéconomique des pays africains en vue de préparer la création de la banque centrale africaine et de l’union monétaire du continent.

En marge des réunions annuelles de l’ABCA, il s’est tenu un symposium ayant réuni dans la capitale camerounaise quarante gouverneurs de banques centrales. Le gouverneur de la BEAC a estimé qu’une telle mobilisation « traduit la volonté des banques centrales à bâtir une Afrique économiquement et monétairement souveraine ».

Il s’est dit, par ailleurs, conscient de l’immensité de sa tâche à la présidence de l’ABCA. « C’est une grande responsabilité. Je pense qu’avec la contribution de tous, nous saurons relever les défis. C’est ensemble que nous allons apporter les transformations structurelles aux réformes engagées par l’ABCA », a-t-il signifié.

Maroc : le secteur des assurances enregistre une croissance de 7,2 % sur les neuf premiers mois de 2025

Le marché marocain des assurances confirme sa dynamique de croissance en 2025, avec une nouvelle performance solide à fin septembre. Le chiffre d’affaires global du secteur a atteint 48,26 milliards de dirhams, en hausse de 7,2% par rapport à la même période en 2024, selon les dernières statistiques publiées par l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS). Cette progression place l’exercice 2025 sur la trajectoire d’une année record, portée à la fois par les branches Vie et Non-Vie, ainsi que par plusieurs segments moteurs.

La branche Vie affiche un cumul de 21 milliards de dirhams à fin septembre 2025, en augmentation de 6,9% sur un an. L’épargne en dirhams, principal pilier du segment, poursuit sa croissance modérée avec 16,52 milliards de dirhams (+2,1%). Les garanties décès progressent également pour atteindre 2,74 milliards de dirhams (+5,5%). Mais c’est l’épargne en unités de compte qui enregistre la plus forte accélération, avec une hausse spectaculaire de 102,2%, portant son cumul à 1,74 milliard de dirhams, confirmant un engouement renforcé pour les placements financiers à potentiel de rendement plus élevé.

27,26 milliards de dirhams pour la Non-Vie

La branche Non-Vie, qui représente le plus gros volume de primes, totalise 27,26 milliards de dirhams à fin septembre, en hausse de 7,5%. Le segment Automobile, toujours premier contributeur de cette branche, génère 12,73 milliards de dirhams, soit une progression de 7,6%, dont 10,38 milliards de dirhams en responsabilité civile (+6,8%). Les accidents corporels affichent, également, une croissance soutenue avec 4,57 milliards de dirhams (+6,2%), incluant 3,94 milliards de dirhams pour la maladie (+7%). Les événements catastrophiques, portés par le régime de couverture contre les risques majeurs, enregistrent une hausse significative de 12,6% pour atteindre 548,2 millions de dirhams.

Plusieurs autres segments contribuent également à la hausse des primes Non-Vie. Les risques techniques connaissent une expansion exceptionnelle, grimpant à 502,4 millions de dirhams (+71,5%), tout comme les acceptations Non-Vie qui progressent de 23,6% pour atteindre 790,3 millions de dirhams. L’Assistance maintient sa croissance dynamique avec 1,41 milliard de dirhams (+7,8%), tandis que le crédit-caution gagne 15,6% pour s’établir à 263,8 millions de dirhams. En revanche, certaines branches reculent, notamment l’Incendie, qui se contracte légèrement à 2,12 milliards de dirhams (-0,8%), et la responsabilité civile générale, en hausse limitée à 687,6 millions de dirhams (+2,6%).

Dans l’ensemble, la trajectoire du secteur reste ferme et homogène, soutenue par les principales activités. Le classement des Top 5 segments par cumul à fin septembre 2025 confirme la domination des grandes branches traditionnelles. L’épargne en dirhams occupe largement la première position, suivie de l’automobile, deuxième contributeur du marché. Les accidents corporels complètent le podium, tandis que les garanties décès occupent la quatrième place. Le segment accidents du travail et maladies professionnelles (AT & MP) ferme ce Top 5 avec 2,29 milliards de dirhams, devançant légèrement l’incendie.

Libye : L’affaire Baayo et les zones d’ombre de la finance pétrolière

Au centre de l’attention : Abdelhakim Baayo, un technocrate libyen au profil jusqu’ici plutôt discret, propulsé sur le devant de la scène par des accusations de mauvaise gestion, voire de détournement de fonds publics. Dans les détails, les soupçons qui pèsent sur Abdelhakim Baayo découlent principalement de rapports d’audit et d’enquêtes journalistiques, notamment celles relayées par le consortium OCCRP. Ils concernent sa période à la tête d’Alhammra, la filiale espagnole de la Lafico (Libyan Foreign Investment Company), elle-même une branche du fonds souverain libyen (LIA).

L’accusation centrale est celle d’un mélange des genres : Baayo aurait utilisé les ressources de la société étatique pour son enrichissement personnel. Le point focal de ce dossier est l’acquisition d’un luxueux appartement à Madrid. Selon les auditeurs, l’achat aurait été masqué par des jeux d’écritures comptables et l’utilisation de sociétés écrans, le tout facilité par le chaos administratif, attisé par les puissances étrangères comme les Emirats Arabes unis, qui régne à Tripoli. Cependant, face à ces allégations graves, Abdelhakim Baayo oppose un démenti formel. L’homme d’affaires, qui a par le passé nourri des ambitions présidentielles en Libye, voit dans ces révélations une manœuvre politique destinée à l’écarter de la scène nationale future. Pour sa défense, il s’appuie sur le terrain judiciaire. Baayo et ses conseils rappellent régulièrement que la justice espagnole a déjà été saisie de plaintes similaires concernant la gestion d’Alhammra et l’achat de cet appartement. Jusqu’à présent, les tribunaux ibériques ont classé ces affaires, estimant les preuves insuffisantes pour caractériser des infractions pénales. Une victoire juridique que l’intéressé brandit comme un bouclier contre ce qu’il qualifie de campagne de dénigrement.

CloudFret : bâtir un leader LogiTech régional à partir du terrain

CloudFret, né comme réponse concrète à la fragmentation du transport routier, a bâti sa croissance sur le terrain, avant de structurer une plateforme propriétaire visant à redéfinir les standards du fret transfrontalier Maroc–Europe–Afrique. Rencontre avec une LogiTech marocaine qui veut transformer l’exécution logistique en infrastructure intelligente régionale.

Dans l’écosystème tech marocain, où l’innovation est souvent présentée avant même d’être éprouvée, certaines startups prennent le chemin inverse : l’exécution d’abord, la communication ensuite. CloudFret s’inscrit dans cette école du réel. Le projet, né d’un constat opérationnel — des camions circulant à vide, des données fragmentées, une chaîne d’information défaillante et des marges comprimées — a émergé non pas dans une salle de réunion, mais sur les routes, dans les dépôts logistiques et au contact direct des professionnels du secteur. C’est au croisement de ces échanges avec transporteurs, chargeurs industriels et commissionnaires que la startup a façonné son modèle. Très tôt, une conviction stratégique s’est imposée : le fret routier souffre moins d’une crise de demande que d’une crise de coordination. Et cette coordination ne peut se construire qu’en maîtrisant les flux réels avant d’y greffer une couche technologique intelligente.

Aujourd’hui, alors que la demande africaine en solutions logistiques numériques pourrait représenter un marché de plus de 25 milliards $ d’ici 2030 selon plusieurs estimations sectorielles, CloudFret ambitionne de devenir un leader régional LogiTech depuis le Maroc, capable de rivaliser avec les standards internationaux. Mais à l’inverse des approches purement marketplace ou SaaS, l’entreprise a fait un choix structurant : bâtir une souveraineté technologique via le développement d’un ERP logistique propriétaire, adapté aux réalités transfrontalières Maroc–Europe et Maroc–Afrique. Un pari stratégique, qui va à l’encontre de la dépendance aux solutions importées souvent calibrées pour des marchés où les flux, la réglementation et les acteurs sont plus homogènes et moins fragmentés. Ce positionnement ne relève ni d’un effet de mode, ni d’un storytelling marketing : il est la réponse stratégique à un besoin d’infrastructure d’information intelligente. Dans cette Interview exclusive Driss Jabar, CEO de CloudFret, revient sur la vision de cette startup.

1) Pouvez-vous revenir sur votre parcours et revenir sur les premiers pas de votre entreprise cloudfret ?

CloudFret n’est pas née avec l’obsession d’être « tech ». À ses débuts, l’entreprise n’avait ni pitch deck flamboyant, ni communication virale, ni branding fait pour séduire les médias. L’approche était inverse : écouter, cartographier, comprendre et livrer un résultat tangible aux acteurs du transport — avant d’industrialiser une plateforme. « La technologie ne devait jamais rendre leur métier plus complexe, mais immédiatement plus rentable et mieux coordonné. » C’est sur ce principe que CloudFret a commencé à agréger un réseau d’acteurs, dans un secteur où plus de 30 % des trajets au Maroc se font à vide, selon des projections du marché informel, faute d’information centralisée et d’outils de coordination performants.

Cette sobriété assumée dans la communication n’est pas timidité : elle est maturité observée. CloudFret a refusé de se perdre dans des promesses d’automatisation futuriste alors qu’un enjeu prioritaire dominait : la confiance. Car les transporteurs, souvent indépendants ou opérant avec de faibles marges, demandent plus une preuve qu’un discours. CloudFret leur a donc parlé dans le même langage : celui des flux, des kilomètres, des délais, des coûts et des opportunités optimisées.

2) Votre offre a atteint une maturité indéniable. Quel est votre mindset ?

Si le défaut de coordination a été identifié dès le départ, la solution n’a pas été arrêtée avant l’analyse opérationnelle. Les premiers déploiements ont été réalisés sur le corridor stratégique Maroc–Europe — une route commerciale par laquelle transite près de 73 % des exportations marocaines par voie terrestre combinée ferry via le détroit de Gibraltar et Tanger-Algésiras. Une observation terrain a façonné le produit : les solutions globales importées ne répondent pas suffisamment aux spécificités de ce corridor et aux flux croisés vers l’Afrique subsaharienne.

À ce stade, l’entreprise commence à structurer non seulement une place de marché digitale, mais un modèle hybride capable d’absorber la complexité des flux. Marketplace pour l’intermédiation intelligente, SaaS pour la gestion optimisée, services premium pour la valeur ajoutée opérationnelle : l’entreprise assemble ces trois briques non comme une juxtaposition produit, mais comme un système logique d’optimisation de l’information et des exécutions.

3) L’écosystème startup Marocain est plein de défis. Comment avez-vous surmonté ces défis ?

Dans un secteur aussi normé qu’informel, structuré qu’atomisé, CloudFret a fait un choix rare pour une startup nord-africaine : bâtir une solution ERP propriétaire, conçue pour les réalités industrielles et transfrontalières du Maroc et de l’Afrique de l’Ouest. Ce choix s’inscrit dans une logique comparable aux grands champions technologiques régionaux qui ont construit leur force en internalisant leurs solutions — plutôt qu’en les sous-traitant.

Pourquoi ce choix compte :

  • Les ERP logistiques existants sont souvent conçus pour des supply chains moins fragmentées, avec des standards de données plus uniformes.
  • Les corridors Maroc–Europe et Afrique de l’Ouest sont caractérisés par des ruptures d’information, des intermédiaires multiples et des variations réglementaires.
  • Un ERP propriétaire signifie : maîtrise du modèle de données, contrôle du produit, indépendance stratégique, avantage compétitif durable.

Ce pilier permet à CloudFret de s’appuyer sur une souveraineté technologique, ce que peu d’entreprises logistiques marocaines ou subsahariennes ont encore initié en interne dans le numérique industriel.

4) Une ambition régionale ?

CloudFret ne vise pas simplement à augmenter le volume d’intermédiation digitale. L’objectif est plus systémique :

  • réduire structurellement les trajets à vide ;
  • fluidifier les corridors Maroc–Europe–Afrique ;
  • bâtir de nouveaux standards de transport routier numérique ;
  • démontrer qu’un software logistique né au Maroc peut rivaliser avec les solutions mondiales ;

Ce leadership pourra se mesurer non pas uniquement en volumes, mais en impact économique, environnemental et opérationnel.

En sommes ; CloudFret n’appartient pas à la catégorie des startups « météores », dont l’éclat de communication dépasse parfois la réalité produit. L’entreprise s’est construite à partir d’un problème concret, ajusté à travers une observation opérationnelle rigoureuse, et structuré autour d’un choix stratégique : l’exécution précède la narration, la souveraineté technologique précède la dépendance, et la rentabilité précède l’euphorie.

Dans un secteur historiquement refractaire à la digitalisation profonde, CloudFret veut faire plus qu’introduire du logiciel : bâtir une infrastructure logistique intelligente, durable et capable de connecter la région Afrique-Atlantique à l’Europe et au continent.

Trois startups africaines à l’honneur à VivaTech 2025

Parmi les neuf finalistes du concours AfricaTech à VivaTech, la marocaine Cloudfret optimise le fret routier pour réduire les trajets de camions à vide, avec à la clé une mobilité plus propre.

L’égyptienne Reme-D développe, elle, des tests de diagnostic médical qui n’ont pas besoin de chaîne du froid, un atout crucial dans les zones sans accès constant à l’électricité.

Enfin, la startup sud-africaine Happy Pay propose une révolution du crédit : des prêts gratuits dans un pays où le coût de l’emprunt reste un frein majeur à l’inclusion financière.

L’Angola signe un protocole d’accord avec Alstom pour développer une ligne ferroviaire à Luanda

Le ministère angolais des Transports et le groupe français Alstom ont signé cette semaine un protocole d’accord portant sur le développement de la Blue Line, un projet de train suburbain destiné à renforcer l’offre de mobilité à Luanda. L’annonce a été faite en marge du 7ᵉ sommet Union africaine – Union européenne (UA-UE), tenu les 24 et 25 novembre dans la capitale angolaise.

Longue de 50 km, la Blue Line doit relier Cacuaco à Benfica en longeant la façade maritime de Luanda, dont elle vise à désengorger les principaux axes routiers. La ville est l’une des plus densément peuplées du continent africain, avec plus de 10 millions d’habitants, selon World Population. La collaboration doit analyser la viabilité commerciale, technique et stratégique de la ligne ferroviaire côtière. Des études de faisabilité complètes seront menées, ouvrant la voie à la mise en œuvre du projet si les conclusions sont jugées favorables.

Ce projet vient s’ajouter aux initiatives déjà engagées par les autorités angolaises pour moderniser le réseau ferroviaire urbain du pays. L’opérateur public exploite actuellement un service express reliant le centre-ville de la capitale aux zones périphériques, mais celui-ci reste freiné par des contraintes techniques, limitant la vitesse et la fréquence des navettes.

Certains projets évoqués depuis quelques années peinent par ailleurs à démarrer, faute de financement. C’est le cas du métro de surface devant raccorder le nouvel aéroport international António Agostinho Neto, en périphérie de Luanda.

Aérien Bpifrance engage un bras de fer avec Air Sénégal

Selon Africa Intelligence, la banque publique d’investissement française a engagé une action devant la justice afin de mettre la main sur deux appareils dont elle a garanti le financement. Une décision qui fait suite à d’importants impayés d’Air Sénégal dont la situation financière est profondément dégradée. Les appareils, obtenus dans le cadre d’un crédit-bail à l’export, sont utilisés par Air Sénégal en échange d’un loyer. Ils restent cependant la propriété de leurs créanciers jusqu’à l’échéance du contrat et peuvent être saisis si la compagnie ne respecte plus ses obligations financières. Depuis plusieurs mois, Bpifrance aurait alerté Air Sénégal sur ses retards répétés de paiement liés à ces appareils. Un conflit qui rappel celui de Carlyle Aviation concernant les deux Airbus A321 immobilisés, faute d’accord avec Air Sénégal.

Afin de pallier les carences causées par ces immobilisations, Air Sénégal multiplie les locations d’appareils par le biais de contrats ACMI (aircraft, crew, maintenance, insurance), une pratique s’avérant extrêmement coûteuse. Dans une tentative visant à alléger sa dette, évaluée à environ 150 millions d’euros, la compagnie a même récemment sous-traité une partie de son personnel, dont des pilotes, à Air Côte d’Ivoire, suscitant les critiques d’une partie de la classe politique.

Les États d’Afrique de l’Est ont demandé l’ouverture des frontières pour les petits commerçants.

  • La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.
  • Elles comprennent  la révision des règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle et le renforcement de la connectivité régionale.

Les petites entreprises peuvent contribuer davantage à la croissance économique de l’Afrique de l’Est si la région parvient à une liberté de circulation absolue des biens et des personnes.

La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.

Il s’agit notamment de réviser les règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle, et d’améliorer la connectivité régionale grâce à des réseaux d’infrastructures harmonisés et interopérables qui facilitent la circulation fluide des biens, des services et des personnes à travers nos frontières, comme les portiques intelligents.

Elle a également plaidé pour la mise en œuvre du système de paiement et de règlement de la CAE afin de simplifier les paiements transfrontaliers, de réduire les coûts de transaction et de permettre les règlements en monnaies locales ; et pour l’expansion des réseaux d’apprentissage et de renforcement des capacités, en particulier pour les femmes et les jeunes, afin d’améliorer leur participation au commerce transfrontalier.

Nduva a souligné l’importance des petits commerçants dans l’économie régionale, affirmant qu’ils représentent près de 90 % des nouveaux emplois et contribuent à plus de 30 % du PIB de la CAE.

« Les autorités locales doivent permettre aux petites entreprises d’Afrique de l’Est de commercer librement afin de stimuler davantage le commerce régional, qui a progressé de 27,1 % l’an dernier, passant de 14,2 milliards de dollars (1,8 billion de shillings kenyans) à 18 milliards de dollars (2,3 billions de shillings kenyans) », a-t-elle déclaré.

« Ces résultats témoignent de l’intégration croissante des marchés entre nos huit États partenaires et de la vigueur grandissante de notre marché intérieur. »

Le commerce total de la CAE avec le reste du monde a augmenté de 22 %, passant de 115,4 milliards de dollars (14,9 billions de shillings kényans) (juin 2024) à 140,8 milliards de dollars (18,2 billions de shillings kényans) (juin 2025).

Elle a qualifié le salon EAC MSMEs de l’une des plateformes régionales les plus durables et les plus influentes, rassemblant artisans, innovateurs et petites entreprises de tous les États partenaires.

« Elle constitue un marché dynamique permettant de présenter des produits, d’élargir l’accès au marché et de développer des réseaux d’affaires régionaux. »

Le salon a débuté en 1999 à Arusha avec seulement 134 PME. Il accueille cette année 2 331 exposants, soit près du double des 1 334 exposants qui avaient participé à l’édition précédente à Juba.

Elle s’est montrée optimiste quant à la croissance économique de la région, affirmant que les indicateurs macroéconomiques reflètent une résilience et un dynamisme qui lui ont permis de maintenir un taux de croissance moyen du PIB de 5,3 %.

« Pour l’avenir, les secteurs de l’agriculture et de la fabrication devraient enregistrer une croissance continue, soutenue par de solides performances commerciales et par le développement du tissu industriel régional. »

Elle a indiqué qu’actuellement, les exportations de produits manufacturés représentent moins de 30 % des exportations totales, composées principalement de ciment, de textiles et de produits chimiques de base, avec une solide base agricole offrant un immense potentiel pour l’agro-transformation et les industries à valeur ajoutée.

« En approfondissant les chaînes de valeur régionales, en stimulant l’innovation et en renforçant les capacités des MPME, nous pouvons passer d’une structure d’exportation dominée par les matières premières à une structure axée sur des biens manufacturés diversifiés et à forte valeur ajoutée. »

Elle a souligné les principales réalisations accomplies à ce jour dans le domaine du commerce régional, notamment l’harmonisation de près de 2 040 normes régionales et la réduction de 50 % du délai moyen de résolution des obstacles non tarifaires.

Selon la CAE, le temps de dédouanement des marchandises aux frontières a diminué de 75 %, la plupart des transactions étant désormais effectuées en moins d’une journée grâce à la mise en œuvre des guichets uniques aux frontières, à la connectivité numérique des principaux organismes de facilitation du commerce et à d’autres initiatives transfrontalières.

Parallèlement, la communauté s’est associée à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) pour élaborer une stratégie et un plan d’action régionaux pour l’économie bleue (2025-2034) 

La stratégie et le plan d’action ont été élaborés avec le soutien technique et financier du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est de la CEA (SRO-EA).

Il fournit un cadre global pour l’utilisation durable et la conservation des ressources aquatiques, notamment les océans, les lacs et les rivières, afin de stimuler le développement socio-économique et d’améliorer la sécurité alimentaire dans toute la Communauté d’Afrique de l’Est.

Ses principaux objectifs sont de maximiser le potentiel économique par la création d’emplois et la création de valeur ajoutée, de réduire la pauvreté et de promouvoir la coopération régionale, tout en assurant la durabilité environnementale.

Point essentiel, cette stratégie est directement liée à l’action climatique. Elle promeut un développement sobre en carbone et renforce la résilience climatique de la région en protégeant et en restaurant des écosystèmes aquatiques vitaux, tels que les mangroves et les récifs coralliens, qui constituent des défenses naturelles et d’importants puits de carbone bleu.

En outre, la stratégie vise à orienter la mise en œuvre des activités de l’économie bleue aux niveaux national et régional, à renforcer l’intégration régionale et à consolider le soutien apporté aux États partenaires pour traduire les politiques en actions concrètes.

La stratégie attend désormais l’approbation finale du Conseil des ministres de la CAE lors de sa prochaine réunion.

Le littoral de la région, long de 3 000 kilomètres et bordant l’océan Indien, combiné à des systèmes d’eau douce comme le lac Victoria, recèle un potentiel inexploité, notamment en matière de pêche durable, d’aquaculture, de transport maritime, d’énergies renouvelables et de tourisme marin.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de la pêche en Afrique pourrait croître de 10 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie s’il est géré de manière durable.

Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda représentent déjà plus de 60 % de la production halieutique de la région, mais leur contribution au PIB reste faible.

Le problème ne réside pas dans la disponibilité des ressources, mais dans l’absence de stratégie cohérente. Les infrastructures, les cadres réglementaires et les mécanismes d’investissement sont en retard par rapport au potentiel du secteur.

Malgré cela, la  région est confrontée à des menaces croissantes liées aux changements climatiques, notamment l’érosion côtière, la montée du niveau de la mer et la diminution des stocks de poissons.