Services pétroliers: comment la dynamique africaine booste les résultats d’Halliburton

L’Afrique confirme son rôle moteur dans la performance internationale de la multinationale américaine parapétrolière Halliburton. Le géant des services pétroliers affiche des résultats supérieurs aux attentes pour le quatrième trimestre 2025, enregistrant une croissance de 2,9% de ses revenus internationaux, portés à 3,5 milliards de dollars. Le continent africain y contribue de manière significative. Deux leviers sont explicitement cités: une activité améliorée de construction de puits à travers le continent et, plus spécifiquement, une activité de stimulation plus élevée en Angola, une technologie clé pour optimiser la production des puits.

Entendez par «activité de stimulation» des techniques d’augmentation de la productivité des puits, principalement la fracturation hydraulique (fracking) et l’acidification. Des interventions qui créent ou élargissent des fissures dans la roche-réservoir pour faciliter l’écoulement des hydrocarbures vers le puits, optimisant ainsi la récupération. Dans le contexte africain,l’augmentation des activités de stimulation en Angola reflète le développement de champs matures ou complexes, nécessitant ces technologies pour maintenir ou accroître la production, signe d’une activité pétrolière active et techniquement exigeante.

Des éléments qui démontrent une vitalité certaine des projets pétroliers et gaziers sur le sol africain. Si Halliburton anticipe une stabilité de ses activités internationales en 2026, cette croissance trimestrielle soutenue par l’Afrique, contrastant avec la stagnation nord-américaine, souligne l’attractivité persistante et la résilience opérationnelle du secteur énergétique dans plusieurs bassins africains.

Acquisition de la banque kenyane NCBA par la sud-africaine Nedbank: en quoi l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, la Côte d’Ivoire et le Ghana sont concernés

Nedbank, l’un des principaux groupes bancaires sud-africains, est sur le point d’acquérir une participation majoritaire dans NCBA, conglomérat de services financiers basé en Afrique de l’Est, principalement au Kenya, issu de la fusion en 2019 entre la Commercial Bank of Africa (CBA) et NIC Bank. Montant mis sur la table: 856 millions de dollars. Une transaction structurante qui positionne l’un des plus grands groupes de services financiers d’Afrique de l’Est comme filiale du géant sud-africain.

Plus en détail, la structure financière de l’opération Nedbank-NCBA combine 20% de règlement en cash (soit environ 171 millions USD) et 80% en nouvelles actions Nedbank. Ce qui en soit constitue un mécanisme stratégique aux multiples implications. Concrètement, ce choix limite la sortie immédiate de trésorerie pour l’acquéreur sud-africain tout en ancrant les actionnaires historiques de NCBA au capital élargi de Nedbank via l’attribution d’actions cotées à Johannesburg. Une dilution qui intègre les intérêts kényans dans le succès futur du groupe unifié, alignant les objectifs de long terme. L’émission de nouveaux titres facilite également la valorisation basée sur le cours actuel de Nedbank (250 rands), offrant une transparence immédiate sur la parité d’échange. Une approche mixte qui optimise l’emploi du capital bancaire, préserve la solidité financière du groupe et symbolise une fusion d’intérêts panafricains plutôt qu’une simple prise de contrôle. Elle renforce enfin l’interconnexion des marchés boursiers de Johannesburg et Nairobi.

Ainsi, cette prise de contrôle illustre puissamment la dynamique sud-sud et l’ambition panafricaine des champions bancaires du continent. Nedbank consolide ainsi son ancrage stratégique en Afrique de l’Est, région qu’il valorise pour ses fondamentaux macroéconomiques, sa démographie dynamique et son rôle de corridor commercial continental et intercontinental. NCBA, présent au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Rwanda et via le digital en Côte d’Ivoire et au Ghana avec ses 60 millions de clients, conserve son leadership local, sa marque et sa cote à Nairobi. Une alliance qui crée un acteur financier hybride, combinant la capillarité locale de NCBA et la puissance capitaliste, l’expertise et la vision panafricaine affirmée de Nedbank, promettant une plateforme de croissance renforcée pour la sous-région.

La société nigériane Terra Industries lève 11,75 millions de dollars pour construire des systèmes de défense autonomes.

La startup nigériane Terra Industries , spécialisée dans les technologies de défense , a annoncé une levée de fonds de 11,75 millions de dollars américains pour développer des systèmes de sécurité autonomes destinés à protéger les infrastructures critiques du continent. Ce tour de table a été mené par la société de capital-risque américaine 8VC, avec la participation de Lux Capital, Valor Equity Partners, SV Angel et plusieurs investisseurs stratégiques.

Fondée en 2024 par Nathan Nwachuku et Maxwell Maduka, Terra conçoit et fabrique des drones autonomes, des tours de guet, des véhicules terrestres sans pilote et des systèmes de surveillance maritime, grâce à sa plateforme propriétaire ArtemisOS. Cette technologie permet la détection des menaces en temps réel et une réponse coordonnée dans des environnements isolés et à haut risque.

Terra affirme que ses systèmes sécurisent déjà des infrastructures d’une valeur d’environ 11 milliards de dollars américains, notamment des centrales électriques et des exploitations minières au Nigeria et au Ghana. Ce nouveau financement permettra d’étendre la production à Abuja, de développer l’ingénierie et d’accroître le déploiement de ses solutions sur les marchés africains, alors que les gouvernements et les opérateurs recherchent des alternatives locales aux systèmes de défense étrangers.

La fintech nigériane Cardtonic lève 2,1 millions de dollars en amorçage pour développer Pil, une plateforme de gestion des dépenses professionnelle

La fintech nigériane Cardtonic a levé 2,1 millions de dollars en amorçage pour développer Pil, une plateforme autonome de gestion des dépenses professionnelles. Cette levée de fonds marque l’expansion de Cardtonic, initialement axée sur les produits grand public, vers les infrastructures. Elle confirme la transformation de Cardtonic, passée d’une fintech autofinancée et centrée sur le commerce de détail à un fournisseur d’outils financiers essentiels pour les entreprises africaines.

Cardtonic, exploitée par The Tonic Technologies Ltd., cofondée par Balogun Usman et Faturoti Kayode (Kay), qui l’ont lancée en 2019 , avec Emmanuel Sohe comme actuel directeur général (PDG), est une plateforme notable pour les cartes virtuelles en dollars, les eSIM, l’échange de cartes-cadeaux, le paiement de factures et l’achat de gadgets en Afrique.

Pil est née des difficultés rencontrées par Cardtonic dans la gestion des abonnements, des paiements publicitaires et des dépenses transfrontalières, en raison de la fiabilité aléatoire des cartes et du manque de visibilité. La plateforme propose aux entreprises des fonctionnalités de contrôle multi-cartes, un suivi des transactions en temps réel et des tableaux de bord de dépenses centralisés, ainsi que des solutions de financement multidevises en naira, cedi et stablecoins.

Conçu comme un produit indépendant et non comme un module complémentaire, Pil cible les startups et les PME en quête d’un contrôle financier plus rigoureux. Grâce à son intégration prévue avec des logiciels comptables tels que QuickBooks et Xero, Cardtonic positionne Pil comme un système d’exploitation pour la gestion des dépenses des entreprises en Afrique, avant son lancement en janvier 2026.

La startup Savannah, spécialisée dans les talents technologiques africains, est rachetée par la société israélienne Commit.

Savannah , une société de développement de talents logiciels axée sur l’Afrique et autofinancée, a été rachetée par la société israélienne de services logiciels Commit dans le cadre d’une transaction en espèces estimée à plusieurs millions de dollars, selon des personnes proches du dossier.

Fondée fin 2022, Savannah s’est développée sans financement externe, recrutant plus de 100 développeurs de logiciels expérimentés dans différents pays, dont le Nigeria, le Ghana et le Kenya, et les plaçant auprès de startups internationales telles que Firefly, Aqua Security, Port et Bright Data.

Cette acquisition permet à Savannah d’accéder à la plateforme mondiale de Commit tout en conservant son équipe et ses opérations intactes, le fondateur Itai Azogui et l’ensemble du personnel rejoignant Commit.

Savannah opérera désormais au sein de la division offshore de Commit, qui emploie déjà des centaines de développeurs en Europe de l’Est.

Guinée: au-delà de la première livraison de 200.000 tonnes de fer Simandou vers la Chine

La Guinée s’affirme comme un acteur minier mondial stratégique avec la première livraison de minerai de fer du gisement de Simandou vers la Chine, le 17 janvier 2026. Ce méga-projet, l’un des plus ambitieux d’Afrique, illustre la capacité du pays à mobiliser des investissements transformateurs et à structurer des partenariats internationaux complexes.

D’une ampleur inédite (120 millions de tonnes de capacité annuelle planifiée, ressources dépassant 4 milliards de tonnes à 65% de fer), Simandou dépasse la simple exploitation minière. Il intègre une chaîne logistique intégrée « mine-chemin de fer-port maritime-transport fluvial », matérialisée par le Transguinéen (650 km), construit aux standards chinois. Cette infrastructure structurante, transférée à l’opérateur national Transguinéen (dont l’État guinéen détient 15%), redéfinit la connectivité du pays et crée un héritage pérenne.

Le modèle de gouvernance associe étroitement la Guinée (via l’État et le consortium Winning Simandou – WCS) à des géants miniers (Rio Tinto, Chinalco) et industriels chinois (Baowu, CRCC, CHEC). Ce partenariat Afrique-Asie, qualifié de « cas typique de collaboration sino-étrangère », mobilise un écosystème d’entreprises chinoises (Baowu Resources, China Railway Construction, China Harbour) démontrant une approche intégrée « groupe ». La redevance étatique de 15% dans la société opérant les infrastructures et la participation via WCS (détenu à 49% par des intérêts chinois dont Baowu et Weiqiao) positionnent la Guinée comme bénéficiaire actif.

En défintive, Simandou symbolise la maîtrise de ressources stratégiques. Il renforce la sécurité d’approvisionnement de la Chine (premier importateur mondial), réduisant sa dépendance à l’Australie et au Brésil, tout en offrant à la Guinée un levier économique sans précédent. Les ports guinéens (Marabaya) et les hubs logistiques associés (Yantai, Rizhao) catalysent les échanges Afrique-Asie. Les défis résideront dans l’optimisation des retombées socio-économiques locales et la gestion environnementale, mais le projet consacre déjà la Guinée comme épicentre minier global.

Reprise partielle du transport maritime via le canal de Suez: Un impact mitigé pour les ports d’Afrique de l’Est et Australe

Le groupe maritime danois Maersk vient d’annoncer la reprise progressive de ses services via le canal de Suez et la mer Rouge à compter du 26 janvier 2026, débutant par sa ligne hebdomadaire reliant le Moyen-Orient et l’Inde à la côte Est des États-Unis, connu sous le nom de MECL. Une décision, motivée par une stabilisation sécuritaire relative et la trêve à Gaza, qui marque un premier pas vers la normalisation des échanges après deux ans de perturbations dues aux attaques houthistes.

Un réajustement qui souligne un double enjeu. D’une part, les ports d’Afrique de l’Est et Australe, comme ceux bénéficiant des détours par le Cap de Bonne-Espérance (Durban, Le Cap, Port Elizabeth, etc.) pourraient voir leur activité temporairement renforcée diminuer si le retour à Suez s’accélère, affectant potentiellement leurs revenus logistiques. D’autre part, la prudence de Maersk – avec des plans de reconversion vers Le Cap en cas de dégradation sécuritaire – maintient une incertitude stratégique pour ces corridors.

Maersk déclare que sa ligne MECL sera le premier du groupe à reprendre progressivement la route de Suez, avec un départ depuis le port de Salalah, à Oman. Ce qui illustre que la relance reste ciblée et fragile.De son côté, Hapag-Lloyd observe sans suivre pour l’instant. Le cours de l’action du groupe Maersk a chuté de plus de 7% à l’annonce de cette nouvelle, anticipant une baisse des taux de fret liée à la réduction des distances. La stabilisation du trafic dépendra de la pérennité de la trêve au Proche-Orient.

Coupe d’Afrique des nations: qu’il pleuve ou qu’il neige, l’édition 2025 consacrera pour la 4e année consécutive l’ère des sélectionneurs africains

L’élimination des derniers sélectionneurs étrangers en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 au Maroc garantit une victoire inédite: pour la 4e édition consécutive, un sélectionneur africain soulèvera le trophée, après Djamel Belmadi en 2019, Aliou Cissé en 2021, et Emerse Fae en 2023. Un triomphe qui marque une rupture définitive avec l’ère de la dépendance aux experts européens. Les quatre demi-finalistes – Maroc (Walid Regragui), Nigeria (Eric Chelle), Sénégal (Pape Thiaw), Égypte (Hossam Hassan) – incarnent cette domination technique 100% africaine, révélant une maturité tactique et une confiance institutionnelle sans précédent. Une légitimité conquise de haute lutte par des pionniers comme le Ghanéen Charles Gyamfi (3 titres) et l’Égyptien Hassan Shehata (triplé 2006-2010), démontrant précocement le potentiel local. Les chiffres sont éloquents: sur 35 éditions, y compris celle de 2025, les entraîneurs africains auront désormais remporté 18 titres, soit un titre de plus que les étrangers. Ainsi, la série victorieuse des sélectionneurs locaux symbolise bien plus qu’un succès sportif: elle consacre l’Afrique comme terre d’excellence footballistique autonome, fierté partagée par toutes les sous-régions représentées en demi-finale. Le continent affirme ainsi sa capacité à produire et à s’appuyer sur ses propres talents pour briller au plus haut niveau.

Stratégie Continentale: Comment DoubleTree by Hilton stimule l’attractivité événementielle du Congo-Brazzaville, du Togo et consolide le leadership du Maroc

Tout récemment, le 22 décembre dernier, le groupe Hilton a fait trois annonces d’ouvertures simultanées dans trois pays distinctes d’Afrique. Le premier est le Congo-Brazzaville. Ce pays d’Afrique centrale se distingue par un projet structurant: le DoubleTree by Hilton Kintele, intégré au plus grand centre de conférences de la sous-région (75 000 m²). De quoi renforcer l’attractivité économique du Congo-Brazzaville et le positionner en hub événementiel régional dès 2026. Deuxième pays: le Togo. Ce pays d’Afrique de l’Ouest émerge avec son premier hôtel international à l’aéroport de Lomé (DoubleTree by Hilton), comblant un déficit d’infrastructures upscale pour voyageurs d’affaires et transitaires, symbole de l’ouverture au tourisme business. La troisième annonce concerne le Maroc. Déjà leader en matière d’attractivité touristique sur le continent, ce pays d’Afrique du Nord consolide sa domination avec le DoubleTree by Hilton Marrakech La Palmeraie (228 chambres, ouverture prévue pour 2028). Ce qui porte à 16 projets le pipeline hôtelier du groupe Hilton, dont le prestigieux Waldorf Astoria Rabat Salé. Des projets qui révèlent une stratégie continentale ciblée: Hilton capitalise sur des partenariats locaux (SEDIC au Congo, SODEXH SA au Togo) pour étendre sa marque DoubleTree (700 hôtels à travers le monde), valorisant à la fois les marchés émergents (Congo, Togo, Angola, Éthiopie) et les destinations matures (Maroc), tout en stimulant les écosystèmes MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Exhibitions) et le tourisme lifestyle.

Réseaux sociaux: TECNO, la CAF et TikTok à l’œuvre dans la construction d’un écosystème créatif panafricain

Le Maroc, hôte de la CAN 2025, s’affirme comme épicentre stratégique des synergies Afrique-Tech à travers les TECNO Glory Night Awards. Cet événement, copiloté avec TikTok Live et la CAF, consolide au moins trois dynamiques majeures qui méritent d’être soulignées. La première: un leadership régional émergent. Le Maroc avec influenceurs primés (@hajar_arssalanee et @brahimlogia), le Nigeria (4 lauréats dont @ultimatekombo2) et le Sénégal (@fallu_et ses videos) illustrent l’hégémonie ouest-africaine et maghrébine dans l’économie créative numérique. La Côte d’Ivoire, le Kenya et le Cameroun confirment leur essor. Deuxième dynamique: la consolidation de la stratégie d’influence continentale de la marque technologique, qui capitalise sur son statut de partenaire Global de la CAF pour fusionner sport, tech et création locale. La campagne #MyPowerMoment (thèmes Power your Glory/Rise/Joy/Creativity) mobilise une vingtaine de pays, transformant l’utilisateur en ambassadeur via des récits authentiques mis en valeur par l’IA TECNO (photo 3D, portrait d’optimisation, MEGAPAD). Troisième dynamique: la consolidation d’un écosystème de valorisation créative à l’échelle du continent. Les 5 catégories de prix (Excellence du moment, Moment King/Queen, Creative Spark, Visual Master, The TECNO Partner) révèlent une segmentation fine des talents. L’Ouganda et le Mali, bien que moins représentés, prouvent la capillarité de cette dynamique. Ainsi, TECNO s’affirme comme architecte d’une plateforme panafricaine unissant technologie, contenu émotionnel et réseaux d’influence – accélérant l’intégration des marchés créatifs émergents dans le récit numérique continental.