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McKinsey supprime 200 emplois pour laisser la place à l’IA

Doucement mais sûrement, l’intelligence artificielle bouleverse le milieu du conseil. Selon des informations obtenues par l’agence d’information financière Bloomberg, McKinsey a supprimé environ 200 emplois dans le monde la semaine dernière. Suivant ainsi le mouvement de ses concurrents qui ont de plus en plus recours à l’IA pour exécuter les tâches de certains collaborateurs.

Le chiffre peut paraître anecdotique, dans un groupe qui compte pas loin de 40.000 salariés, mais, selon une source interne, le cabinet traque actuellement toutes les tâches qui pourraient être automatisées par l’IA au sein de sa structure. Et il n’exclut pas de prochaines réductions d’effectifs.

« Avec l’IA générative, le conseil devient une commodité. Ce rôle de conseiller doit ainsi globalement se transformer pour continuer à apporter des services encore plus à valeur ajoutée », expliquait Thierry Groues, associé KPMG en France, responsable Business Consulting dans une interview parue dans  les Echos.

Comment Ecobank s’impose face aux géants bancaires anglophones

Dans un paysage bancaire africain dominé depuis deux décennies par les mastodontes anglophones, Ecobank Transnational Incorporated (ETI) affiche une trajectoire ascendante qui bouleverse les équilibres régionaux.

Présent dans 33 pays, le groupe panafricain a gagné plusieurs places dans le classement des banques les plus performantes du continent, confirmant une dynamique que peu d’acteurs francophones avaient réussi à enclencher jusqu’ici. Au-delà de la communication institutionnelle, cette progression repose sur une stratégie méthodique, calibrée sur l’intégration régionale, la consolidation opérationnelle et une accélération digitale désormais au cœur de son modèle.

Un modèle panafricain devenu un avantage stratégique

L’une des forces d’Ecobank réside dans une implantation géographique unique. Avec le réseau le plus étendu d’Afrique subsaharienne, la banque bénéficie d’un socle permettant de mutualiser ses plateformes techniques, ses solutions de paiements et ses infrastructures de trésorerie. Cette architecture lui confère des effets d’échelle rares : coûts rationalisés, gestion des risques uniformisée, offre unifiée pour les entreprises opérant sur plusieurs marchés. Dans les classements récents, Ecobank s’est distingué par son efficacité opérationnelle : 5ᵉ en rentabilité et 9ᵉ en rendement des actifs (ROA). Des indicateurs qui traduisent une montée en puissance maîtrisée et un repositionnement crédible face aux groupes nigérians ou sud-africains, traditionnellement dominants. En chiffre, Son taux de créances non performantes est, lui, passé de 6,6 % à 5,7 % entre les premiers semestres 2024 et 2025. En parallèle, le groupe a signé un partenariat avec Google, en juillet, en vue d’utiliser l’IA pour certaines tâches répétitives. Il s’est également concentré sur l’automatisation de l’évaluation  du risque de crédit afin de gagner encore en rentabilité.

Consolidation avant expansion : une rupture avec l’ancienne doctrine

Contrairement aux logiques d’expansion agressive adoptées par plusieurs banques africaines au début des années 2010, Ecobank a recentré son effort sur les marchés où il dispose déjà de leviers solides.

Cette stratégie de consolidation présente trois avantages majeurs :

  • Optimisation des marges avant tout nouvel investissement régional.
  • Stabilisation du risque opérationnel, un enjeu critique dans un réseau multi-pays.
  • Renforcement de la qualité des actifs, indispensable dans un contexte bancaire de plus en plus régulé.

Loin d’une contraction défensive, cette méthode s’apparente à une phase de durcissement structurel, préalable à une expansion plus sélective et mieux financée.

Le digital comme moteur de compétitivité

L’autre pilier clé de la transformation du groupe est technologique.

Dans un continent où l’interopérabilité, les transactions transfrontalières et le mobile-money redéfinissent les usages, Ecobank a fait du digital un différenciateur stratégique, et non un simple outil complémentaire.

Le groupe mise aujourd’hui sur :

  • une plateforme unifiée pour les paiements régionaux,
  • des solutions de gestion de trésorerie adaptées aux multinationales africaines,
  • une infrastructure technologique harmonisée d’un pays à l’autre.

Résultat : réduction des coûts, accélération du traitement des transactions et montée en gamme sur les services à valeur ajoutée, d’où une place renforcée dans les secteurs corporate et PME internationales.

Des performances financières qui confortent le repositionnement

Cette transformation interne se lit dans les comptes du groupe : coûts sous contrôle, productivité améliorée, rentabilité consolidée.

Dans un contexte où plusieurs banques panafricaines naviguent difficilement entre inflation, volatilité des devises et durcissement règlementaire, Ecobank apparaît comme l’un des rares groupes à réussir à convertir son modèle multi-pays en avantage compétitif.

La diversification géographique protège le groupe des chocs locaux, tandis que l’ancrage digital réduit la dépendance historique au réseau physique, coûteux et complexe.

Des risques toujours présents, mais mieux maîtrisés

Malgré cette dynamique, les défis structurels demeurent :

  • Régulations hétérogènes selon les pays
  • Concurrence croissante des banques nigérianes (UBA, Access Bank, FirstBank)
  • Pression des fintechs locales et régionales
  • Risques liés au taux de change et aux environnements macro-économiques fragiles

Mais Ecobank aborde ces défis avec un modèle restructuré et une gouvernance davantage orientée vers la performance et la discipline opérationnelle. Loin d’un simple effet de cycle, la progression d’Ecobank s’inscrit dans une stratégie pensée sur le long terme : consolider, digitaliser, standardiser, avant d’étendre.

En s’appuyant sur une plateforme unique sur le continent et une architecture technologique transfrontalière, la banque panafricaine se positionne comme un challenger sérieux des géants anglophones, capable de rééquilibrer le rapport de force dans la finance africaine.

Son évolution sera l’un des marqueurs à suivre dans la reconfiguration actuelle du secteur bancaire sur le continent.

IA: Comment reconnaître une intelligence artificielle ?


L’avènement de l’intelligence artificielle et ses capacités de génération de textes sèment le doute. Cette dissertation, cet article de presse, ce livre ou encore les multiples post ont-ils un auteur humain ou sont-ils le fruit d’une IA ? Comment faire la différence?

L’émergence des intelligences artificielles génératives, comme ChatGPT ou DeepSeek, bouleverse aujourd’hui notre rapport à l’écriture. Bien avant leur apparution, structurer une pensée, rédiger un texte ou argumenter demandait un effort intellectuel considérable. Aujourd’hui, quelques mots-clés avec une bonne formulation  suffisent pour obtenir un contenu rédigé en quelques secondes. Cette automatisation soulève des questions de fond : la créativité et la réflexion individuelle risquent-elles de s’éroder ? Sommes-nous en train de déléguer trop facilement une tâche qui, au-delà des mots, forge notre esprit critique ? Au Usa, point d’ancrage de ces innovations qui changent notre monde, le média en ligne américain vox dans une tribune s’interrogeait sur une histoire qui a choqué le monde universitaires. Selon vox, « Jebar King, un jeune homme de 31 ans vivant à Los Angeles (Californie), a été chargé par sa famille de rédiger la nécrologie de sa grand-mère décédée. Lui qui n’avait jamais été confronté à un tel exercice ne savait pas par où commencer.. Après avoir fourni à ChatGPT quelques éléments de contexte sur la vie de sa grand-mère, l’outil lui a donné la base pour l’un des textes les plus personnels qu’il ait jamais écrits. ». «Je savais que c’était une belle nécrologie et qu’elle rendait hommage à sa vie. Peu importe qu’elle provienne de ChatGPT», confie Jebar King à Vox.Au Maroc, l’intérêt pour ces outils est particulièrement marqué. Une étude publiée par  invest. billionaire classe le pays parmi les plus gros consommateurs de ces technologies, témoignant d’une adoption massive qui ne manque pas d’interroger sur ses implications à long terme. Jusqu’où pouvons-nous faire confiance à ces intelligences artificielles ? « Les IA sont désormais parmi nous et font partie de nos pratiques quotidiennes. Pour un romancier, elles seraient néfastes pour sa carrière si celle-ci vacillait et se fragilisait à mesure que les interconnexions s’intensifient et que les frontières disparaissent. Or, jusqu’à nouvel ordre, rien au monde ne modifiera la donne qui prouve que les aventures entreprises et les émotions exprimées par un humain ne sont pas encore en péril. Certes, la concurrence sera âpre, mais c’est au marché de faire la différence entre un humain et un humanoïde. Entre les deux, la lutte sera rude et la partie difficile à gagner, mais le public sera le juge de paix »,, prévient l’écrivain Fouad Souiba. Et de poursuivre ; « À présent, il existe aussi l’option pour le romancier d’additionner son imaginaire à celui de la machine pour n’en faire qu’un. Dans mon prochain roman, j’aborde cet univers passionnant des IA avec une approche complémentaire, mais jamais belliqueuse, car c’est toujours l’humain qui a et aura le dernier mot ».

 Comment faire la différence ?

 Les robots  de l’IA  paraissent très intelligents. En moins d’une minute, cette intelligence est capable de répondre à nos questions dans le format demandé : un commentaire de texte, une recette, un article scientifique, un roman… Pourtant, ChatGPT et ses concurrents ne sont pas des créateurs et n’ont pas de rigueur scientifique comme les écrivains, les journalistes ou les chercheurs. Et surtout ne donnent pas d’âme aux mots. Ils utilisent les bases de données sur lesquelles ils ont été entraînés et les probabilités pour générer le texte qu’on leur demande. Ils enchaînent des platitudes et les poncifs sans jamais sortir des sentiers battus ni émettre d’avis tranché sur le sujet. Ils ne donnent pas d’exemple personnel et ne citent pas de sources fiables. En somme, le contenu est très structuré et cohérent, mais il est déshumanisé, dépossédé de ce petit truc que chaque lecteur percoit dans l’écrit d’une personne réelle. ChatGPT le reconnaît lui-même lorsque nous l’interrogeons directement sur la platitude de ses contenus : « mes textes peuvent sembler plats, car je privilégie la clarté, la neutralité et la cohérence. J’évite les digressions, les émotions trop marquées et les formulations subjectives pour rester universel et compréhensible. » 

Et au-delà de la platitude, certains mots sont révélateurs du style de l’IA. Très attachée à fournir un texte bien structuré et cohérent, elle multiplie l’emploi des connecteurs logiques. Par ailleurs ces textes sont  très académiques  et annonce son plan d’article dans l’introduction sans style. « Reconnaître une intelligence artificielle, aujourd’hui, ne relève plus uniquement de l’analyse du fond, mais aussi de la compréhension du contexte technologique. Une IA génère des contenus souvent cohérents, rapides, mais sans vécu, sans aspérités humaines. Pour les identifier, il faut combiner des approches techniques (détection de patterns linguistiques, outils d’analyse sémantique) et critiques (pertinence du propos, profondeur, ton). Ainsi, il est important d’accompagner les entreprises à intégrer l’IA de façon responsable, en formant à la fois à son usage et à la lecture fine de ses productions. L’enjeu n’est plus seulement de savoir si un contenu est généré par une IA, mais de maîtriser ce que l’on en fait, stratégiquement et éthiquement », nous confie Omar Benmoussa Managing Partner Maltem Academy.

Les limites de ces solutions

Le Président de l’Apebi Redouane El Haloui a quant à lui mis le curseur sur les limites de cette technologie. « Pour la fédération, l’IA est un outil puissant, mais l’intelligence reste humaine Les intelligences artificielles comme GPT et DeepSeek ont certes profondément transformé notre manière de produire et de consommer l’information. Mais ces modèles ne sont rien sans les données fournies par les humains. Aujourd’hui, nous assistons à un phénomène inquiétant : l’information tourne en boucle, sans réelle innovation. L’illusion de la créativité artificielle Prenons l’exemple de Stack Overflow, une plateforme autrefois essentielle pour les développeurs. Elle était un véritable puits de connaissances, alimenté par des échanges humains dynamiques. Pourtant, depuis l’explosion des IA génératives, l’activité sur Stack Overflow a chuté drastiquement, certains estimant que la plateforme est revenue à un niveau de contribution similaire à celui de 2008. »

« Pourquoi ? Parce que les développeurs préfèrent aujourd’hui interroger l’IA plutôt que de poser des questions à leurs pairs. Résultat : l’IA régurgite des informations existantes, et l’innovation stagne. Si ces outils permettent un gain de temps considérable, ils ne créent rien de réellement neuf. La créativité reste l’apanage de l’homme. Les modèles d’IA commencent timidement à proposer du contenu plus sophistiqué, mais nous sommes encore loin d’une intelligence véritablement créative. » Pour ce dernier, « l’IA ne doit pas être un substitut à la réflexion humaine, mais un outil au service de notre intelligence collective. Il faut veiller à ce qu’elle ne devienne pas un miroir déformant, où nous nous contentons de recycler d’anciennes idées au lieu d’en créer de nouvelles. L’avenir : un équilibre entre IA et intelligence humaine Le Maroc s’engage dans cette voie en investissant dans ses propres capacités numériques et en encourageant un usage responsable et éthique des technologies d’IA. L’objectif est clair : ne pas subir l’IA, mais l’intégrer intelligemment pour renforcer notre autonomie technologique ».