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Les États d’Afrique de l’Est ont demandé l’ouverture des frontières pour les petits commerçants.

  • La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.
  • Elles comprennent  la révision des règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle et le renforcement de la connectivité régionale.

Les petites entreprises peuvent contribuer davantage à la croissance économique de l’Afrique de l’Est si la région parvient à une liberté de circulation absolue des biens et des personnes.

La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.

Il s’agit notamment de réviser les règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle, et d’améliorer la connectivité régionale grâce à des réseaux d’infrastructures harmonisés et interopérables qui facilitent la circulation fluide des biens, des services et des personnes à travers nos frontières, comme les portiques intelligents.

Elle a également plaidé pour la mise en œuvre du système de paiement et de règlement de la CAE afin de simplifier les paiements transfrontaliers, de réduire les coûts de transaction et de permettre les règlements en monnaies locales ; et pour l’expansion des réseaux d’apprentissage et de renforcement des capacités, en particulier pour les femmes et les jeunes, afin d’améliorer leur participation au commerce transfrontalier.

Nduva a souligné l’importance des petits commerçants dans l’économie régionale, affirmant qu’ils représentent près de 90 % des nouveaux emplois et contribuent à plus de 30 % du PIB de la CAE.

« Les autorités locales doivent permettre aux petites entreprises d’Afrique de l’Est de commercer librement afin de stimuler davantage le commerce régional, qui a progressé de 27,1 % l’an dernier, passant de 14,2 milliards de dollars (1,8 billion de shillings kenyans) à 18 milliards de dollars (2,3 billions de shillings kenyans) », a-t-elle déclaré.

« Ces résultats témoignent de l’intégration croissante des marchés entre nos huit États partenaires et de la vigueur grandissante de notre marché intérieur. »

Le commerce total de la CAE avec le reste du monde a augmenté de 22 %, passant de 115,4 milliards de dollars (14,9 billions de shillings kényans) (juin 2024) à 140,8 milliards de dollars (18,2 billions de shillings kényans) (juin 2025).

Elle a qualifié le salon EAC MSMEs de l’une des plateformes régionales les plus durables et les plus influentes, rassemblant artisans, innovateurs et petites entreprises de tous les États partenaires.

« Elle constitue un marché dynamique permettant de présenter des produits, d’élargir l’accès au marché et de développer des réseaux d’affaires régionaux. »

Le salon a débuté en 1999 à Arusha avec seulement 134 PME. Il accueille cette année 2 331 exposants, soit près du double des 1 334 exposants qui avaient participé à l’édition précédente à Juba.

Elle s’est montrée optimiste quant à la croissance économique de la région, affirmant que les indicateurs macroéconomiques reflètent une résilience et un dynamisme qui lui ont permis de maintenir un taux de croissance moyen du PIB de 5,3 %.

« Pour l’avenir, les secteurs de l’agriculture et de la fabrication devraient enregistrer une croissance continue, soutenue par de solides performances commerciales et par le développement du tissu industriel régional. »

Elle a indiqué qu’actuellement, les exportations de produits manufacturés représentent moins de 30 % des exportations totales, composées principalement de ciment, de textiles et de produits chimiques de base, avec une solide base agricole offrant un immense potentiel pour l’agro-transformation et les industries à valeur ajoutée.

« En approfondissant les chaînes de valeur régionales, en stimulant l’innovation et en renforçant les capacités des MPME, nous pouvons passer d’une structure d’exportation dominée par les matières premières à une structure axée sur des biens manufacturés diversifiés et à forte valeur ajoutée. »

Elle a souligné les principales réalisations accomplies à ce jour dans le domaine du commerce régional, notamment l’harmonisation de près de 2 040 normes régionales et la réduction de 50 % du délai moyen de résolution des obstacles non tarifaires.

Selon la CAE, le temps de dédouanement des marchandises aux frontières a diminué de 75 %, la plupart des transactions étant désormais effectuées en moins d’une journée grâce à la mise en œuvre des guichets uniques aux frontières, à la connectivité numérique des principaux organismes de facilitation du commerce et à d’autres initiatives transfrontalières.

Parallèlement, la communauté s’est associée à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) pour élaborer une stratégie et un plan d’action régionaux pour l’économie bleue (2025-2034) 

La stratégie et le plan d’action ont été élaborés avec le soutien technique et financier du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est de la CEA (SRO-EA).

Il fournit un cadre global pour l’utilisation durable et la conservation des ressources aquatiques, notamment les océans, les lacs et les rivières, afin de stimuler le développement socio-économique et d’améliorer la sécurité alimentaire dans toute la Communauté d’Afrique de l’Est.

Ses principaux objectifs sont de maximiser le potentiel économique par la création d’emplois et la création de valeur ajoutée, de réduire la pauvreté et de promouvoir la coopération régionale, tout en assurant la durabilité environnementale.

Point essentiel, cette stratégie est directement liée à l’action climatique. Elle promeut un développement sobre en carbone et renforce la résilience climatique de la région en protégeant et en restaurant des écosystèmes aquatiques vitaux, tels que les mangroves et les récifs coralliens, qui constituent des défenses naturelles et d’importants puits de carbone bleu.

En outre, la stratégie vise à orienter la mise en œuvre des activités de l’économie bleue aux niveaux national et régional, à renforcer l’intégration régionale et à consolider le soutien apporté aux États partenaires pour traduire les politiques en actions concrètes.

La stratégie attend désormais l’approbation finale du Conseil des ministres de la CAE lors de sa prochaine réunion.

Le littoral de la région, long de 3 000 kilomètres et bordant l’océan Indien, combiné à des systèmes d’eau douce comme le lac Victoria, recèle un potentiel inexploité, notamment en matière de pêche durable, d’aquaculture, de transport maritime, d’énergies renouvelables et de tourisme marin.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de la pêche en Afrique pourrait croître de 10 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie s’il est géré de manière durable.

Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda représentent déjà plus de 60 % de la production halieutique de la région, mais leur contribution au PIB reste faible.

Le problème ne réside pas dans la disponibilité des ressources, mais dans l’absence de stratégie cohérente. Les infrastructures, les cadres réglementaires et les mécanismes d’investissement sont en retard par rapport au potentiel du secteur.

Malgré cela, la  région est confrontée à des menaces croissantes liées aux changements climatiques, notamment l’érosion côtière, la montée du niveau de la mer et la diminution des stocks de poissons. 

Dette publique : quand la BM tire la sonnette  !

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Selon les données de la Banque mondiale, le stock de la dette extérieure (publique et privée) des pays africains s’établit, à fin 2023, à plus de 1.154 milliards de dollars. Dix pays du continent s’accaparent 70% de ce fardeau qui pèse lourd sur leurs économies. Décryptage.

Pour beaucoup de pays, l’emprunt sur les marchés internationaux est devenu une véritable alternative de financement de l’action publique. ils sont nombreux les Etats qui optent pour les  emprunts extérieures  pour financer leur développements au  grand dam des coûts d’emprunts trois fois plus élevés que ceux des États avancés selon un calcul de l’OCDE.Même si les objectifs sont louables, le développement par la dette extérieure pour beaucoup d’économistes place les Etats africains dans une position inconfortable. Ces prêts faramineux accordés aux emprunteurs pour des projets de financements d’infrastructure    dans certains cas viennent avec de nombreux défis, dont le plus important n’est que le poids de la dette..Le nouveau rapport de la Banque Mondiale sur l’etat de la dette tire encore la sonnette d’alarme. Selon la Banque,  le stock de la dette extérieure du continent s’est établi autour de 1.154 milliards de dollars, en hausse de 7,84% par rapport à son niveau de 2022.À titre de comparaison, le stock total de la dette extérieure mondiale (hors pays de l’OCDE) s’est établi à 8.837 milliards de dollars. Toujours, selon le rapport la dette extérieure du continent africaine représente donc 13,06% de la dette extérieure mondiale. Cette dette est dominée par les emprunts publics bilatéraux et multilatéraux qui représentent plus de 62% de la totalité de la dette extérieure africaine. La conjoncture économique mondiale difficile (Covid, guerre Russie-Ukraine…) et la flambée des cours des matières premières et des hydrocarbures, selon la Banque, sont les motifs qui ont possé les pays africains a ’endetter davantage 

Afrique : 864 milliards

En Afrique subsaharienne, la dette extérieure s’établit à 864 milliards de dollars à fin 2023 dont 59% de dette publique et 41% de dette privée. La proportion de la dette publique au niveau des pays d’Afrique du Nord est beaucoup plus importante et tournerait autour de 65% pour un stock de la dette extérieure de 290 milliards de dollars. Cette dette représente 170% des exportations en valeur et 44% du Revenu global brut de la région (RGN: PIB + revenus nets reçus de l’étrangers pour la rémunération des salariés, la propriété et les impôts et subventions nettes sur la production).

Dans les détails, les principaux créanciers publics des pays africains sont la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Banque africaine de développement (BAD), la Chine…Rappelons que ces es dernières décennies, Pékin  a été le berceau de la nouvelle destination de la politique de la dette africaine.Le montant des prêts qu’elle a accordés à 49 pays africains et institutions régionales entre 2000 et 2022 à dépasser les 170 milliards de dollars. Rappelons d’ailleurs ici que la dette publique en Afrique a atteint le chiffre effrayant de 1 800 milliards de dollars US en 2022.

En chiffre, les pays les plus endetté sont, l’Algérie, avec une  dette extérieure de 7,31 milliards de dollars ,Idem pour l’Éthiopie, 5e puissance économique africaine, avec un endettement extérieur de 33,30 milliards de dollars.. La Tunisie et le Sénégal, loin de figurer parmi les grandes puissances économiques du continent, font partie du Top 10 africain avec respectivement 41,28 et 39,95 milliards de dollars.  En ce qui concerne le cas du Maroc, la dette publique représente 64% de la dette extérieure du pays dont 49% sont une dette multilatérale. Les principaux créanciers sont la Banque mondiale (20%), la BAD (10%), la France (5%), l’Allemagne (5%)… Quant à la dette extérieure privée, elle est dominée par les emprunts obligataires (27%) devant ceux des banques commerciales et autres (9%). En 2023, le service de la dette s’est établi à 4,99 milliards de dollars, représentant 4% du Revenu global net.

 L’épargne publique.Une alternative ?

L’analyse établie par la dernière publication de la Fondation Mo Ibrahim dresse un premier un constat sans appel : les dépenses domestiques, comme extérieures, ne permettent pas d’atteindre les objectifs de développement socio-économique. Or, aujourd’hui, le taux d’épargne nationale moyen de l’Afrique est respectivement de 20 %. Comme l’a démontré l’ascension économique des quatre dragons asiatiques (Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan), l’épargne publique a un rôle clé dans la croissance économique. Elle permet à un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino réduit notamment la dette extérieure.  Aujourd’hui cette question en soulève une autre en occurrence la dépense publique. La solution de la dette s’est érigée en doctrine de gouvernance. Dans de nombreux pays occidentaux l’appel public à l’épargne ainsi que la gestion efficiente des dépenses publiques sont des outils de financement pratique et moins contraignants. Dans cette Afrique enclin aux défis constants de développement socio-économique le financement est aujourd’hui un enjeu de gouvernance. Et beaucoup de voix appellent l’option de l’épargne publique. Car elle permet à un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino réduit notamment la dette extérieure.

Les opérations de Banque Chaabi du Maroc dans le viseur de l’ACPR

Selon nos informations, le détail des manquements soulève des questions structurelles sur son dispositif de conformité.

Nouveau revers pour Banque Chaabi du Maroc (BCDM). La Commission des sanctions de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a une fois encore épinglé la filiale française de Banque centrale populaire (BCP), a appris Africa Business+. Une procédure disciplinaire qui intervient douze ans après une première sanction en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT), dans un dossier suivi de près par le superviseur.

Dans le détail, le premier manquement retenu concerne le dispositif de surveillance automatisé des opérations. Entre le 1ᵉʳ janvier 2021 et le 15 mars 2022, l’outil de détection d’opérations atypiques a généré 38 020 alertes, dont 63 % étaient encore en attente de traitement au moment du contrôle de l’autorité. Pour l’ACPR, ce niveau de stock est incompatible avec l’obligation de traiter les alertes « dans des délais raisonnables ».

Exigences de KYC

La banque est également sanctionnée pour une mauvaise qualification de plusieurs profils : onze clients, ayant franchi le seuil interne de sept opérations sur douze mois, ont continué d’être traités comme « occasionnels », alors qu’ils relevaient d’une relation d’affaires, selon la règlementation française. Une erreur qui a mécaniquement réduit le niveau de vigilance et les exigences de KYC applicables. Autre manquement : des déclarations de soupçon transmises avec des délais anormaux, certaines opérations potentiellement atypiques réalisées en 2019 et en 2020 n’ayant été déclarées à Tracfin qu’en 2023, en contradiction avec l’obligation d’information « sans délai ».

Enfin, la gouvernance LCB-FT présente également des failles structurelles pour le superviseur bancaire. Le siège ne disposait d’aucun accès direct aux outils de filtrage et de surveillance utilisés par les succursales de Belgique, d’Italie et d’Espagne, l’obligeant à s’appuyer sur des reportings partiels pour effectuer le contrôle de deuxième niveau. Une architecture jugée par l’institution comme incompatible avec un dispositif de conformité intégré et fiable.

Un dispositif renforcé mais encore insuffisant

BCDM, filiale française du deuxième plus grand groupe bancaire du Maroc, a pour activité principale l’intermédiation historique destinée aux Marocains du monde (MDM) et exercée pour le compte de la maison mère. Cette activité représente l’essentiel de son modèle : 77 % du produit d’exploitation en 2022, selon l’ACPR.
Au moment du contrôle, l’établissement comptait environ 400 salariés, dont 38 en conformité, un bilan proche de 400 millions d’euros et un produit net bancaire de plus de 50 millions d’euros, après deux années de pertes en 2023 et en 2024.

Dans sa nouvelle décision, l’ACPR rappelle que, depuis la première sanction, la banque a investi environ 7,5 millions d’euros pour renforcer son dispositif de conformité. Mais, malgré ces efforts, le contrôle sur place mené entre février et juin 2023 montre que des lacunes importantes subsistent dans le dispositif. Des lacunes qui justifient, selon l’autorité, le prononcé d’un blâme et d’une sanction pécuniaire de 250 000 euros. Fin octobre, le conseil d’administration de la filiale a procédé à un remaniement de sa gouvernance, après le départ de Naziha Belkeziz, pour désigner Idriss Bensmaïl en tant que nouveau président du conseil d’administration et nommer Abdelghani Bouanfir au poste de directeur général.

Nigeria : Zenith Bank étudie des opportunités d’expansions en Afrique de l’Est

Zenith Bank, l’un des plus grands groupes bancaires du Nigeria, a informé ses actionnaires qu’elle étudie plusieurs pistes d’expansion régionale. Dans une note datée du mardi 18 novembre 2025, la banque explique avoir engagé des échanges avec différentes autorités de régulation, afin d’examiner la possibilité d’entrer sur des marchés d’Afrique de l’Est.

L’extension envisagée peut inclure l’acquisition d’établissements financiers déjà présents dans la région. Cette approche correspond à la stratégie de long terme de la banque, qui repose sur l’augmentation de sa présence en Afrique subsaharienne et sur la diversification de ses sources de revenus.

Réaction aux rumeurs sur Paramount Bank

La communication de Zenith Bank intervient après la diffusion de rumeurs annonçant un rachat de Paramount Bank, un établissement bancaire kényan de petite taille. Selon ces rumeurs, la banque nigériane aurait déjà engagé des discussions avancées pour une acquisition.

Zenith Bank précise qu’aucune décision n’a été prise et qu’aucune transaction n’est en cours. La direction rappelle que toute conclusion hâtive publiée sans autorisation officielle ne reflète pas la réalité du processus interne.

À ce jour, elle ne dispose d’aucune implantation en Afrique de l’Est. Elle concentre toutefois ses premières étapes d’expansion continentale sur l’Afrique francophone.

Notons par ailleurs qu’elle a ouvert une succursale à Paris en novembre 2024, une implantation stratégique destinée à faciliter les transactions euro-africaines et à renforcer les relations avec les investisseurs institutionnels.

Dans la continuité, la banque nigériane a annoncé son intérêt pour le Cameroun et la Côte d’Ivoire, deux marchés où les groupes bancaires nigérians renforcent progressivement leur présence. L’ambition est d’étendre progressivement son réseau africain, tout en adaptant ses opérations aux exigences réglementaires locales et aux besoins de financement des économies où elle souhaite s’implanter.

Pour rappel, Zenith Bank suit les pas d’autres institutions nigérianes qui se sont déjà installées au Kenya. Au cours des cinq dernières années, United Bank for Africa (UBA) et Guaranty Trust Bank (GTBank), ont en effet pénétré le marché kényan, marquant ainsi une évolution des institutions financières ouest-africaines qui cherchent à se développer au-delà de leurs marchés nationaux. En avril 2025, Access Bank a finalisé l’acquisition de National Bank of Kenya (NBK), filiale du groupe KCB. L’opération a été validée par les autorités réglementaires des deux pays, et certains actifs de la NBK ont été transférés à KCB Bank Kenya, selon la loi bancaire kényane.

Actifs publics: le Sénégal s’associe à la BOAD

L’État du Sénégal et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ont annoncé dans un communiqué publié ce lundi 24 novembre 2025, la création du Fonds de valorisation des actifs du Sénégal (Fovas). Il s’agit d’un nouvel outil destiné à regrouper des infrastructures publiques jugées stratégiques au sein d’un mécanisme unique.

Le but est de mobiliser des ressources financières supplémentaires pour l’État, en s’appuyant sur ces actifs publics que le pays possède. Le Fovas intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à renforcer sa stratégie de financement, sans envisager une restructuration de sa dette publique comme le recommandait le FMI. Le gouvernement souhaite plutôt diversifier ses sources de revenus internes et améliorer la mobilisation des recettes disponibles.

Le principe du Fovas est simple : utiliser les infrastructures existantes comme sources de revenus. Les actifs concernés peuvent être des routes, des ports, des aéroports, des bâtiments publics, ou encore des installations logistiques. Le fonds cherchera à organiser leur exploitation économique pour générer des recettes. Les revenus obtenus serviront à financer de nouveaux projets et soutenir la croissance économique. Le mécanisme permettra aussi de réduire la pression sur le budget public.

La BOAD apportera son expertise en structuration financière. Elle jouera aussi un rôle d’intermédiaire pour attirer des investisseurs privés et des partenaires internationaux capables d’accompagner le fonds dans son développement.

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Ericsson : En Afrique subsaharienne, la 5G devrait être multipliée par 15 d’ici 2031

Parallèlement au déploiement de la 5G, l’Afrique subsaharienne sera la seule région au monde où les abonnements 4G continueront à croître durant les six prochaines années. Ces deux générations permettront d’augmenter significativement le trafic de données mobiles dans la région. 

Le nombre d’abonnements aux réseaux de téléphonie mobile de cinquième génération (5G) en Afrique subsaharienne devrait passer de 27 millions en 2025 à 400 millions en 2031, enregistrant ainsi une croissance annuelle moyenne de 57% durant cette période, selon un rapport publié le jeudi 20 novembre par le géant suédois des équipements de télécommunications Ericsson.

Intitulé « Ericsson Mobility Report November 2025 », le rapport précise que les abonnements 4G devraient enregistrer une croissance moins soutenue de 3% en moyenne par an dans la région, passant de 490 millions cette année à 570 millions en 2031.

L’Afrique subsaharienne sera ainsi la seule région au monde où les abonnements 4G continueront à croître, au moment où la plupart des autres régions devraient connaître des baisses à deux chiffres de ce type d’abonnements ( -30% en Europe de l’Ouest, -29% en Chine, -27% dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe, etc.).

Parallèlement, le déclin des réseaux 3G devrait intervenir plus rapidement que celui des réseaux 2G. Le nombre d’abonnements 3G devant diminuer de 8 % en moyenne annuelle pour s’établir à 89 millions en 2031. Les abonnements 2G devraient, quant à eux, baisser de 7 % par an durant la période sous revue pour se situer à 243 millions.

En 2031, les abonnements 5G devraient représenter environ 31 % de l’ensemble des abonnements aux réseaux de téléphonie mobile contre 44 % pour la 4G.

Marchés africains | Aliments pour bébés : Nestlé accusé de tromperie sur marchandise

Une enquête publiée par Public Eye relance le débat sur les pratiques de Nestlé en matière d’alimentation infantile en Afrique. L’ONG suisse a déclaré, mardi 18 novembre, que la multinationale propose sur le continent des céréales pour bébés contenant des niveaux élevés de sucres ajoutés, alors que les produits équivalents vendus en Europe n’en contiennent pas.

Nestlé rejette ces accusations et affirme se conformer à toutes les réglementations en vigueur.

Ce n’est pas la première fois que l’ONG suisse aborde ce problème. L’an dernier, elle avait publié un rapport révélant la présence de quantités importantes de sucres ajoutés dans des marques phares telles que Nido et Cerelac, exportées vers les pays les moins avancés d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, alors que les mêmes produits destinés à l’Europe n’en contenaient pas.

Selon l’enquête, Public Eye et ses partenaires ont acheté une centaine de produits Cerelac dans vingt pays africains, puis les ont fait analyser par Inovalys, un laboratoire français spécialisé dans l’agroalimentaire.

Comment Ecobank s’impose face aux géants bancaires anglophones

Dans un paysage bancaire africain dominé depuis deux décennies par les mastodontes anglophones, Ecobank Transnational Incorporated (ETI) affiche une trajectoire ascendante qui bouleverse les équilibres régionaux.

Présent dans 33 pays, le groupe panafricain a gagné plusieurs places dans le classement des banques les plus performantes du continent, confirmant une dynamique que peu d’acteurs francophones avaient réussi à enclencher jusqu’ici. Au-delà de la communication institutionnelle, cette progression repose sur une stratégie méthodique, calibrée sur l’intégration régionale, la consolidation opérationnelle et une accélération digitale désormais au cœur de son modèle.

Un modèle panafricain devenu un avantage stratégique

L’une des forces d’Ecobank réside dans une implantation géographique unique. Avec le réseau le plus étendu d’Afrique subsaharienne, la banque bénéficie d’un socle permettant de mutualiser ses plateformes techniques, ses solutions de paiements et ses infrastructures de trésorerie. Cette architecture lui confère des effets d’échelle rares : coûts rationalisés, gestion des risques uniformisée, offre unifiée pour les entreprises opérant sur plusieurs marchés. Dans les classements récents, Ecobank s’est distingué par son efficacité opérationnelle : 5ᵉ en rentabilité et 9ᵉ en rendement des actifs (ROA). Des indicateurs qui traduisent une montée en puissance maîtrisée et un repositionnement crédible face aux groupes nigérians ou sud-africains, traditionnellement dominants. En chiffre, Son taux de créances non performantes est, lui, passé de 6,6 % à 5,7 % entre les premiers semestres 2024 et 2025. En parallèle, le groupe a signé un partenariat avec Google, en juillet, en vue d’utiliser l’IA pour certaines tâches répétitives. Il s’est également concentré sur l’automatisation de l’évaluation  du risque de crédit afin de gagner encore en rentabilité.

Consolidation avant expansion : une rupture avec l’ancienne doctrine

Contrairement aux logiques d’expansion agressive adoptées par plusieurs banques africaines au début des années 2010, Ecobank a recentré son effort sur les marchés où il dispose déjà de leviers solides.

Cette stratégie de consolidation présente trois avantages majeurs :

  • Optimisation des marges avant tout nouvel investissement régional.
  • Stabilisation du risque opérationnel, un enjeu critique dans un réseau multi-pays.
  • Renforcement de la qualité des actifs, indispensable dans un contexte bancaire de plus en plus régulé.

Loin d’une contraction défensive, cette méthode s’apparente à une phase de durcissement structurel, préalable à une expansion plus sélective et mieux financée.

Le digital comme moteur de compétitivité

L’autre pilier clé de la transformation du groupe est technologique.

Dans un continent où l’interopérabilité, les transactions transfrontalières et le mobile-money redéfinissent les usages, Ecobank a fait du digital un différenciateur stratégique, et non un simple outil complémentaire.

Le groupe mise aujourd’hui sur :

  • une plateforme unifiée pour les paiements régionaux,
  • des solutions de gestion de trésorerie adaptées aux multinationales africaines,
  • une infrastructure technologique harmonisée d’un pays à l’autre.

Résultat : réduction des coûts, accélération du traitement des transactions et montée en gamme sur les services à valeur ajoutée, d’où une place renforcée dans les secteurs corporate et PME internationales.

Des performances financières qui confortent le repositionnement

Cette transformation interne se lit dans les comptes du groupe : coûts sous contrôle, productivité améliorée, rentabilité consolidée.

Dans un contexte où plusieurs banques panafricaines naviguent difficilement entre inflation, volatilité des devises et durcissement règlementaire, Ecobank apparaît comme l’un des rares groupes à réussir à convertir son modèle multi-pays en avantage compétitif.

La diversification géographique protège le groupe des chocs locaux, tandis que l’ancrage digital réduit la dépendance historique au réseau physique, coûteux et complexe.

Des risques toujours présents, mais mieux maîtrisés

Malgré cette dynamique, les défis structurels demeurent :

  • Régulations hétérogènes selon les pays
  • Concurrence croissante des banques nigérianes (UBA, Access Bank, FirstBank)
  • Pression des fintechs locales et régionales
  • Risques liés au taux de change et aux environnements macro-économiques fragiles

Mais Ecobank aborde ces défis avec un modèle restructuré et une gouvernance davantage orientée vers la performance et la discipline opérationnelle. Loin d’un simple effet de cycle, la progression d’Ecobank s’inscrit dans une stratégie pensée sur le long terme : consolider, digitaliser, standardiser, avant d’étendre.

En s’appuyant sur une plateforme unique sur le continent et une architecture technologique transfrontalière, la banque panafricaine se positionne comme un challenger sérieux des géants anglophones, capable de rééquilibrer le rapport de force dans la finance africaine.

Son évolution sera l’un des marqueurs à suivre dans la reconfiguration actuelle du secteur bancaire sur le continent.

CrossBoundary Energy sécurise 200 millions $ pour étendre son portefeuille en Afrique

Dans plusieurs pays africains, les solutions solaires déployées directement sur les sites industriels offrent une alternative crédible aux réseaux instables. Elles soutiennent la continuité des opérations et renforcent la compétitivité des entreprises.

CrossBoundary Energy (CBE), investisseur dans des projets d’énergie solaire hors réseau et membre de CrossBoundary Group, a annoncé le mercredi 19 novembre avoir mobilisé 200 millions USD de dette senior, à titre de deuxième tranche d’un mécanisme de financement structuré par Standard Bank. L’opération confirme l’intérêt des prêteurs pour son modèle d’énergie fournie aux industries africaines. 

La première tranche du mécanisme avait été clôturée en décembre 2024. Elle avait ouvert la voie à une série d’engagements supplémentaires obtenus en 2025 auprès de Norfund, Impact Fund Denmark et de l’Emerging Africa and Asia Infrastructure Fund. CBE avait aussi signé le 14 juillet 2025 un accord de garantie d’une valeur de 495 millions USD avec l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) du groupe de la Banque mondiale. Cette garantie couvre des risques de transfert et de change dans les pays où l’entreprise déploie ses actif

CrossBoundary Energy (CBE), investisseur dans des projets d’énergie solaire hors réseau et membre de CrossBoundary Group, a annoncé le mercredi 19 novembre avoir mobilisé 200 millions USD de dette senior, à titre de deuxième tranche d’un mécanisme de financement structuré par Standard Bank. L’opération confirme l’intérêt des prêteurs pour son modèle d’énergie fournie aux industries africaines. 

La première tranche du mécanisme avait été clôturée en décembre 2024. Elle avait ouvert la voie à une série d’engagements supplémentaires obtenus en 2025 auprès de Norfund, Impact Fund Denmark et de l’Emerging Africa and Asia Infrastructure Fund. CBE avait aussi signé le 14 juillet 2025 un accord de garantie d’une valeur de 495 millions USD avec l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) du groupe de la Banque mondiale. Cette garantie couvre des risques de transfert et de change dans les pays où l’entreprise déploie ses actif

La BAD rencontre les marchés boursiers du continent

Le Groupe de la Banque africaine de développement a entamé, mardi à Abidjan, une série de réunions de haut niveau avec les institutions africaines de financement du développement et les partenaires financiers du secteur privé afin de forger un plan historique pour une nouvelle architecture financière africaine, conçue pour combler le déficit de financement nécessaire pour répondre aux besoins de développement du continent.

À l’invitation du président de l’institution panafricaine, plus d’une cinquantaine de représentants de banques régionales et continentales et d’institutions de financement du développement sont réunis au siège du Groupe de la Banque, les 18 et 19 novembre, pour des discussions que M. Ould Tah a qualifiées de vitales pour le destin du continent.

« En tant qu’architectes des marchés de capitaux africains, vous êtes les gardiens des institutions financières et les catalyseurs de l’avenir de notre continent », a déclaré le président Ould Tah au début de la première session journalière à laquelle participaient les responsables des bourses de valeurs mobilières, des fonds de capital-investissement et des fonds de capital-risque africains.

Cette réunion, la première du genre entre le Groupe de la Banque et les marchés boursiers d’Afrique, vise à examiner leur rôle dans le financement à long terme, en mettant un accent particulier sur la réforme de la mobilisation des capitaux en Afrique. Félix Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’Afrique de l’Ouest (BRVM), a salué la tenue d’une telle réunion, soulignant la nécessité d’une transformation profonde.

« Des écarts existent entre les besoins de financement et les ressources disponibles, mais nous devons réfléchir aux réformes nécessaires pour parvenir à la capitalisation des fonds de pension africains. En effet, ces derniers ont été créés à l’origine pour financer les gouvernements », a fait remarquer M. Amenounve.

Les principales institutions financières du continent représentées aux réunions d’aujourd’hui comprennent le Projet de liaison des bourses africaines (AELP), les marchés boursiers du Rwanda, du Mozambique, du Cabo Verde, de Nairobi et de Tunis, la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’Afrique de l’Ouest (BRVM), le directeur régional de la Bourse de l’Afrique centrale, les marchés boursiers de Casablanca et du Ghana.