Archive d’étiquettes pour : Afrique

Atlantic Re : Ibrahima Ndoye nommé Directeur central pour l’Afrique de l’Ouest 

Atlantic Re (ex-Société Centrale de Réassurance du Maroc) poursuit son repositionnement continental avec la nomination d’Ibrahima Ndoye au poste de Directeur central en charge de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. Basé à Abidjan, il aura pour mission d’accélérer la présence du réassureur sur la façade atlantique du continent, un axe stratégique où le groupe cherche à renforcer durablement son empreinte.

Cette nomination intervient alors qu’Atlantic Re, actionnaire de référence de la Sen Re, déploie une stratégie d’expansion ambitieuse visant à consolider ses positions en Afrique francophone. Le rebranding opéré en 2024, accompagné de la feuille de route Reach2030, marque la volonté du groupe de passer d’un champion national marocain à un acteur panafricain structurant.

Avec un chiffre d’affaires avoisinant 4 milliards de dirhams (environ 400 millions de dollars) en 2024, dont près de 30 % réalisés à l’international, Atlantic Re se positionne parmi les leaders africains de la réassurance. Le groupe figure d’ailleurs dans le trio de tête continental en volume de primes, avec une présence dans plus de 70 pays, plus de 500 partenaires et trois bureaux régionaux à l’étranger — Abidjan, Kigali et Le Caire. Les perspectives de croissance restent solides : le plan Reach2030 table sur une progression de 20 % à 30 % du volume d’affaires à horizon 2030, portée par une montée en gamme technique et un ancrage régional renforcé.

*Côte d’Ivoire: Revirement sur un contrat d’aménagement des quartiers défavorisés d’Abidjan

Grabuge dans l’aménagement des quartiers précaires d’Abidjan. Le 20 novembre, l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a annulé les attributions au trio gagnant des contrats pour les infrastructures de voirie et de réseaux de drainage. Des chantiers totalisant 30 millions d’euros.

Le trio, composé par Globex–International Bathily Holding (IBH-CI), Bel Mabrouk des travaux et investissements et Chantier SARL Côte d’Ivoire, avait été sélectionné le 21 juillet.

Dépôt après la date limite

Mais l’Arcop a identifié des irrégularités dans la passation du marché. Selon le régulateur, la cellule de suivi du Projet d’aménagement des quartiers restructurés d’Abidjan, rattachée au ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, a changé le lieu de dépôt des offres sans publier ce changement dans le Bulletin officiel des marchés publics (BOMP).

D’autant que les offres de deux entreprises, à savoir Société générale des travaux du Maroc (SGTM, de la famille Kabbaj) et Porteo BTP (Côte d’Ivoire), ont été acceptées en dépit d’un dépôt après la date limite.

Quartiers défavorisés à connecter

Divers manquements relevés au moyen d’un recours introduit par un usager anonyme le 16 octobre, ce qui a poussé le régulateur à annuler le contrat et à relancer l’appel d’offres. De quoi rebattre les cartes de ces chantiers de BTP dans la capitale économique.

L’aménagement des communes de Yopougon, Koumassi et Abobo devra ainsi attendre. Il visait notamment les quartiers défavorisés de Grand Campement, Divo 1 & 2 et Akromiabla (Koumassi), celui de Gesco (Yopougon) et celui d’Agoueto PK18 (Abobo). Le projet devait bénéficier à plus de 300 000 habitants.

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Centrafrique : le canadien CVMR décroche un méga-contrat minier de 25 ans sur l’uranium, l’or et le coltan


Avant la présidentielle, les autorités du pays ont scellé un accord avec un géant nord-américain des mines. Celui-ci lorgne l’uranium, le coltan, le cuivre, l’or et le nickel du sol centrafricain.

Le groupe canadien Chemical Vapour Metal Refining (CVMR) a annoncé avoir a conclu un accord avec l’État Centrafricain portant sur l’exploration, l’exploitation et le raffinage de ses ressources minières stratégiques (uranium, coltan, cuivre, or et nickel) pour une période de 25 ans. Selon les informations communiquées fin novembre par l’entreprise et confirmées par Bangui, cet accord formalise un protocole de négociation engagé depuis 2023.

Bangui présente ce partenariat public-privé comme une étape déterminante pour renforcer la transformation locale et garantir que les richesses du sous-sol contribuent directement à la croissance économique du pays. Les deux Parties ont convenu de l’implémentation de ce méga projet et la valorisation desdits minerais dans les 12 mois suivant la signature de ce partenariat. Le projet prévoit également la construction d’unités de raffinage, le transfert de technologies, la création d’emplois et la mise en place de programmes de formation en lien avec les universités et centres d’enseignement supérieur nationaux.

50 millions de dollars d’investissement

Pour y parvenir, le géant nord-américain des mines avait créé en juin dernier une filiale locale dénommée CVMR Sarl (Centrafrique) pour superviser les activités d’exploration, d’exploitation et de raffinage de l’uranium, du tantale, du niobium, du cuivre, de l’antimoine, du nickel et de l’or. Les opérations d’extraction de l’uranium seront spécifiquement gérées par une filiale américaine, Uranium Power Corporation. Kamran M. Khozan, patron de CVMR a également annoncé avoir engagé des négociations en cours pour lancer un « mécanisme financier dédié » afin de canaliser des capitaux extérieurs une fois les premières découvertes confirmées.

Pour rappel, le potentiel minier du pays reste toutefois difficile à mesurer en raison de la prédominance de l’activité artisanale. D’après le rapport ITIE 2022, la production artisanale d’or atteindrait environ 5 735 tonnes, contre 1 536 tonnes seulement déclarées et exportées par les 26 sociétés formelles recensées. Ces exportations ont généré 31,4 milliards FCFA, illustrant l’ampleur du secteur informel et le manque à gagner pour l’État.

Maroc : Saham Bank décroche sa première notation Ba1 chez Moody’s

Saham Bank annonce que Moody’s Ratings lui a attribué, pour la première fois, une notation long terme Ba1, assortie d’une perspective stable. Cette décision reflète l’appréciation de Moody’s quant à la solidité du profil financier de la Banque, soutenu par une rentabilité robuste, une capitalisation élevée, ainsi qu’une gouvernance jugée saine.

Selon l’analyse de Moody’s, la notation s’appuie notamment sur une rentabilité structurellement solide portée par une franchise bien établie auprès des corporates multinationaux et d’une clientèle retail premium et une capitalisation forte, offrant une capacité d’absorption des chocs et un socle de développement durable.

Elle repose aussi sur des standards de gouvernance solides, renforcés par l’engagement du nouvel actionnaire à maintenir un niveau élevé d’exigence en matière de gouvernance d’entreprise, et une approche prudente et conservatrice en matière de classification et de gestion des risques, contribuant à la résilience du profil de crédit.

Moody’s met également en avant l’importance de Saham Bank dans le système financier Marocain, avec une position significative dans plusieurs domaines clés : paiements domestiques et internationaux, market making sur le change et le fixed income, prêts interbancaires et d’autres domaines où la banque opère contribuant ainsi à l’écosystème financier du Royaume.

Afrique du Sud : Eskom anticipe un bénéfice annuel de 930 millions $ sur son exercice 2026

En Afrique du Sud, Eskom est le principal fournisseur d’électricité. La compagnie qui autrefois plombait l’économie avec des problèmes récurrents connait depuis peu un redressement progressif de ses activités.  

En Afrique du Sud, le fournisseur public d’électricité Eskom pourrait enchaîner un second exercice financier consécutif dans le vert.

Dans un communiqué publié le 28 novembre 2025, l’entreprise étatique dit anticiper un bénéfice après impôt autour de 16 milliards de rands (937 millions $) d’ici la fin de son année financière en mars 2026, soit un niveau similaire à celui enregistré un an plus tôt.

Cet optimisme de la compagnie s’explique notamment par des résultats positifs affichés au terme de la première moitié de son exercice achevé en septembre dernier.  Sur cette période, la compagnie a dégagé un bénéfice net de 24,3 milliards de rands (1,4 milliard $).

Avec la baisse des taux d’intérêt et du niveau d’endettement, les coûts financiers ont baissé de 14 % à 15,3 milliards de rands (896 millions $) alors que la hausse moyenne des tarifs de l’électricité de 12,7 % à partir d’avril a permis de booster le chiffre d’affaires de 4 % à 191,3 milliards de rands (11,2 milliards $).

Dans la nation arc-en-ciel, Eskom souligne que les coupures d’électricité n’ont été appliquées que durant 4 jours entre mars et septembre. Un véritable redressement après une triste année 2023 marquée par plus de 300 jours de délestages qui a plombé l’économie la plus industrialisée du continent.

Paul Kagame et Felix Tshisekedi vont signer l’accord de paix à Washington

Donald Trump attend à Washington, le 4 décembre, les présidents du Rwanda et de la RDC pour signer un accord de paix, sur fond de tensions persistantes entre les deux pays. L’accord de paix, conclu par les deux pays africains fin juin à Washington et qui n’a pas permis de faire taire les armes, vise à mettre un terme à la guerre sanglante dans l’est de la RDC.

Le président rwandais Paul Kagame et le président congolais Félix Tshisekedi vont signer, le 4 décembre, « l’accord historique de paix » que le président américain a facilité entre les deux pays, a fait savoir la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, lors d’une conférence de presse.À Kinshasa, la porte-parole de Félix Tshisekedi, Tina Salama, a confirmé sa présence à Washington afin « d’entériner l’accord de paix avec le Rwanda ».

La BIDC inaugure son premier bureau régional à Abidjan

La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) a inauguré ce 1er décembre 2025 à Abidjan son premier bureau régional. Il s’agit d’une étape stratégique visant à rapprocher l’institution de ses États membres, accélérer la mise en œuvre des projets et renforcer son rôle dans l’intégration ouest-africaine.

La cérémonie, organisée dans la capitale économique ivoirienne, concrétise un projet lancé en mai 2025 lors de la signature d’un accord d’établissement entre la Côte d’Ivoire et la direction de la BIDC. Cette antenne couvrira non seulement la Côte d’Ivoire, mais aussi cinq autres pays de la façade ouest de la CEDEAO : le Liberia, la Sierra Leone, la Gambie, la Guinée-Bissau et le Sénégal. Pour l’institution basée à Lomé, cette implantation marque un tournant dans sa stratégie de proximité, en lui permettant d’être plus présente sur le terrain, plus réactive et mieux alignée sur les priorités nationales et régionales.

La ministre ivoirienne de l’Économie, du Plan et du Développement, Nialé Kaba, a souligné que ce bureau régional « traduit la volonté de la Banque de se rapprocher davantage des États membres » dans un contexte de transformations profondes dans les domaines de l’industrialisation, de la digitalisation, de la transition énergétique ainsi que de l’intensification des projets transfrontaliers. Selon elle, cette présence physique doit faciliter l’identification des besoins, améliorer le suivi des opérations et renforcer l’impact des financements sur les économies de la sous-région.

Le président du Conseil des gouverneurs de la BIDC et ministre ghanéen des Finances, Cassiel Ato Forson, a inscrit cette ouverture dans une dynamique institutionnelle de croissance. Il a rappelé que la Banque a doublé son portefeuille de prêts au cours des cinq dernières années, estimant que l’antenne d’Abidjan permettra d’intervenir « à plus grande échelle » et selon des standards de proximité déjà adoptés par de nombreuses institutions de développement dans le monde.

Pour le président de la BIDC, Dr George Agyekum Donkor, ce bureau constitue « une plateforme transformative pour une coopération plus profonde ». Il y voit un levier pour renforcer le dialogue avec les gouvernements, le secteur privé et les partenaires techniques, mais aussi pour accroître la visibilité opérationnelle et la capacité de coordination de la Banque au sein de la CEDEAO.

Cette ouverture se déroule également dans un contexte institutionnel particulier. Trois pays actionnaires de la Banque — le Mali, le Niger et le Burkina Faso — ont annoncé leur retrait de la CEDEAO. Leur avenir au sein du capital de la BIDC reste, à ce stade, indéterminé, l’institution n’ayant pas encore communiqué sur les implications de cette situation pour sa gouvernance ou sa structure actionnariale. Cette incertitude n’empêche toutefois pas la Banque de poursuivre sa stratégie d’expansion et de consolidation opérationnelle.

L’inauguration du bureau d’Abidjan coïncide avec la préparation par la Côte d’Ivoire de son Plan national de développement 2026-2030, qui doit s’appuyer davantage sur les institutions financières régionales pour soutenir les priorités nationales. Nialé Kaba considère que l’arrivée de la BIDC à Abidjan constituera « un levier stratégique » pour mieux articuler financements nationaux et contributions régionales, et pour renforcer le rôle de la Côte d’Ivoire comme hub économique au sein de la communauté ouest-africaine.

Namibie-Chine: Remise officielle d’une station satellite financée par la Chine

La Chine vient de remettre officiellement à la Namibie une station terrestre de réception et traitement de données satellitaires, premier projet high-tech financé par Pékin dans le pays. Le 20 novembre 2025, l’ambassadeur Zhao Weiping et le Dr Lisho Mundia, ministère namibien l’Éducation et de l’Innovation, ont signé le certificat de transfert, marquant une étape clé de la coopération entre les deux pays. D’une part, le projet incarne la promesse chinoise de «modernisation partagée» du FOCAC, renforçant l’influence de Pékin en Afrique australe via des infrastructures spatiales. D’autre part, la Namibie, riche en ressources mais limitée technologiquement, acquiert un outil pour la gestion des terres, l’agriculture et la sécurité environnementale, réduisant sa dépendance aux acteurs occidentaux. Pékin se positionne ainsi en leader spatial dans la région, offrant un accès à ses satellites (comme les séries Gaofen) sans transfert de dette. Toutefois, l’initiative soulève des questions sur la gouvernance des données et l’alignement futur de la Namibie dans la compétition spatiale USA-Chine

S&P revoit à la hausse la note de l’Afrique du Sud

S&P, l’une des trois principales agences de notation financière, a amélioré la note de la dette de l’Afrique du Sud pour la première fois depuis vingt ans, a annoncé, vendredi 14 novembre, l’agence anciennement Standard & Poor’s. La qualité de crédit de la première économie du continent africain, à savoir sa capacité à rembourser sa dette, n’avait plus été revue à la hausse depuis août 2005 par S&P, qui cite des « réformes dans l’électricité et d’autres secteurs soutenant la croissance » pour expliquer sa décision.

Aérien Bpifrance engage un bras de fer avec Air Sénégal

Selon Africa Intelligence, la banque publique d’investissement française a engagé une action devant la justice afin de mettre la main sur deux appareils dont elle a garanti le financement. Une décision qui fait suite à d’importants impayés d’Air Sénégal dont la situation financière est profondément dégradée. Les appareils, obtenus dans le cadre d’un crédit-bail à l’export, sont utilisés par Air Sénégal en échange d’un loyer. Ils restent cependant la propriété de leurs créanciers jusqu’à l’échéance du contrat et peuvent être saisis si la compagnie ne respecte plus ses obligations financières. Depuis plusieurs mois, Bpifrance aurait alerté Air Sénégal sur ses retards répétés de paiement liés à ces appareils. Un conflit qui rappel celui de Carlyle Aviation concernant les deux Airbus A321 immobilisés, faute d’accord avec Air Sénégal.

Afin de pallier les carences causées par ces immobilisations, Air Sénégal multiplie les locations d’appareils par le biais de contrats ACMI (aircraft, crew, maintenance, insurance), une pratique s’avérant extrêmement coûteuse. Dans une tentative visant à alléger sa dette, évaluée à environ 150 millions d’euros, la compagnie a même récemment sous-traité une partie de son personnel, dont des pilotes, à Air Côte d’Ivoire, suscitant les critiques d’une partie de la classe politique.