Côte d’Ivoire : 39 millions d’euros de la BAD pour la promotion de la croissance inclusive



Le conseil d’administration du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, ce 19 novembre à Abidjan, un financement de 38,92 millions d’euros, soit 25,52 milliards FCFA, destiné à soutenir la mise en œuvre du Projet d’appui à la gouvernance pour la promotion de la croissance inclusive (PAGOCI). Ce concours financier se compose de deux prêts, à savoir 29,19 millions d’euros provenant de la BAD et 9,73 millions d’euros octroyés par le Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel de la banque panafricaine.

L’ambition du PAGOCI s’inscrit au cœur des priorités économiques ivoiriennes : renforcer la gouvernance financière, améliorer l’efficacité de la dépense publique et accroître la mobilisation des ressources domestiques. ‘’L’objectif du projet est de favoriser une croissance forte, résiliente et inclusive grâce à des politiques publiques stratégiques, sensibles au genre et au changement climatique, à une mobilisation accrue des ressources nationales et à une utilisation plus efficiente et transparente des fonds publics », a expliqué Kevin Lumbila, chef de division Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre au département de la gouvernance et des réformes économiques de la BAD.

Concrètement, le projet vise à appuyer la mise en œuvre du Plan national de développement, renforcer la programmation budgétaire, optimiser la gestion des investissements publics et consolider les dispositifs de contrôle et d’audit. Dans un contexte de diversification économique et d’ambitions élevées en matière de développement, la Côte d’Ivoire doit garantir des ressources publiques stables et soutenables. Le PAGOCI s’attaque directement à cette nécessité en soutenant une mobilisation renforcée des recettes intérieures.

L’amélioration de la transparence et de la redevabilité des administrations constitue aussi un levier essentiel pour stimuler la confiance des investisseurs et créer un climat plus favorable au développement du secteur privé, indispensable à la croissance et à la création d’emplois. L’État ivoirien ambitionne d’accéder au rang de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d’ici 2030. Cette transformation repose sur la réussite du Plan national de développement 2026-2030, qui place la gouvernance économique et financière au cœur de ses priorités. Le PAGOCI vient renforcer les capacités institutionnelles, notamment dans l’intégration des enjeux du genre et du changement climatique dans la sélection et la priorisation des investissements publics. Le projet soutiendra aussi l’élaboration de la Stratégie genre de la Politique nationale de l’égalité et de l’équité du genre.Activez pour voir l’image en plus grand.

Les États d’Afrique de l’Est ont demandé l’ouverture des frontières pour les petits commerçants.

  • La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.
  • Elles comprennent  la révision des règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle et le renforcement de la connectivité régionale.

Les petites entreprises peuvent contribuer davantage à la croissance économique de l’Afrique de l’Est si la région parvient à une liberté de circulation absolue des biens et des personnes.

La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.

Il s’agit notamment de réviser les règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle, et d’améliorer la connectivité régionale grâce à des réseaux d’infrastructures harmonisés et interopérables qui facilitent la circulation fluide des biens, des services et des personnes à travers nos frontières, comme les portiques intelligents.

Elle a également plaidé pour la mise en œuvre du système de paiement et de règlement de la CAE afin de simplifier les paiements transfrontaliers, de réduire les coûts de transaction et de permettre les règlements en monnaies locales ; et pour l’expansion des réseaux d’apprentissage et de renforcement des capacités, en particulier pour les femmes et les jeunes, afin d’améliorer leur participation au commerce transfrontalier.

Nduva a souligné l’importance des petits commerçants dans l’économie régionale, affirmant qu’ils représentent près de 90 % des nouveaux emplois et contribuent à plus de 30 % du PIB de la CAE.

« Les autorités locales doivent permettre aux petites entreprises d’Afrique de l’Est de commercer librement afin de stimuler davantage le commerce régional, qui a progressé de 27,1 % l’an dernier, passant de 14,2 milliards de dollars (1,8 billion de shillings kenyans) à 18 milliards de dollars (2,3 billions de shillings kenyans) », a-t-elle déclaré.

« Ces résultats témoignent de l’intégration croissante des marchés entre nos huit États partenaires et de la vigueur grandissante de notre marché intérieur. »

Le commerce total de la CAE avec le reste du monde a augmenté de 22 %, passant de 115,4 milliards de dollars (14,9 billions de shillings kényans) (juin 2024) à 140,8 milliards de dollars (18,2 billions de shillings kényans) (juin 2025).

Elle a qualifié le salon EAC MSMEs de l’une des plateformes régionales les plus durables et les plus influentes, rassemblant artisans, innovateurs et petites entreprises de tous les États partenaires.

« Elle constitue un marché dynamique permettant de présenter des produits, d’élargir l’accès au marché et de développer des réseaux d’affaires régionaux. »

Le salon a débuté en 1999 à Arusha avec seulement 134 PME. Il accueille cette année 2 331 exposants, soit près du double des 1 334 exposants qui avaient participé à l’édition précédente à Juba.

Elle s’est montrée optimiste quant à la croissance économique de la région, affirmant que les indicateurs macroéconomiques reflètent une résilience et un dynamisme qui lui ont permis de maintenir un taux de croissance moyen du PIB de 5,3 %.

« Pour l’avenir, les secteurs de l’agriculture et de la fabrication devraient enregistrer une croissance continue, soutenue par de solides performances commerciales et par le développement du tissu industriel régional. »

Elle a indiqué qu’actuellement, les exportations de produits manufacturés représentent moins de 30 % des exportations totales, composées principalement de ciment, de textiles et de produits chimiques de base, avec une solide base agricole offrant un immense potentiel pour l’agro-transformation et les industries à valeur ajoutée.

« En approfondissant les chaînes de valeur régionales, en stimulant l’innovation et en renforçant les capacités des MPME, nous pouvons passer d’une structure d’exportation dominée par les matières premières à une structure axée sur des biens manufacturés diversifiés et à forte valeur ajoutée. »

Elle a souligné les principales réalisations accomplies à ce jour dans le domaine du commerce régional, notamment l’harmonisation de près de 2 040 normes régionales et la réduction de 50 % du délai moyen de résolution des obstacles non tarifaires.

Selon la CAE, le temps de dédouanement des marchandises aux frontières a diminué de 75 %, la plupart des transactions étant désormais effectuées en moins d’une journée grâce à la mise en œuvre des guichets uniques aux frontières, à la connectivité numérique des principaux organismes de facilitation du commerce et à d’autres initiatives transfrontalières.

Parallèlement, la communauté s’est associée à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) pour élaborer une stratégie et un plan d’action régionaux pour l’économie bleue (2025-2034) 

La stratégie et le plan d’action ont été élaborés avec le soutien technique et financier du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est de la CEA (SRO-EA).

Il fournit un cadre global pour l’utilisation durable et la conservation des ressources aquatiques, notamment les océans, les lacs et les rivières, afin de stimuler le développement socio-économique et d’améliorer la sécurité alimentaire dans toute la Communauté d’Afrique de l’Est.

Ses principaux objectifs sont de maximiser le potentiel économique par la création d’emplois et la création de valeur ajoutée, de réduire la pauvreté et de promouvoir la coopération régionale, tout en assurant la durabilité environnementale.

Point essentiel, cette stratégie est directement liée à l’action climatique. Elle promeut un développement sobre en carbone et renforce la résilience climatique de la région en protégeant et en restaurant des écosystèmes aquatiques vitaux, tels que les mangroves et les récifs coralliens, qui constituent des défenses naturelles et d’importants puits de carbone bleu.

En outre, la stratégie vise à orienter la mise en œuvre des activités de l’économie bleue aux niveaux national et régional, à renforcer l’intégration régionale et à consolider le soutien apporté aux États partenaires pour traduire les politiques en actions concrètes.

La stratégie attend désormais l’approbation finale du Conseil des ministres de la CAE lors de sa prochaine réunion.

Le littoral de la région, long de 3 000 kilomètres et bordant l’océan Indien, combiné à des systèmes d’eau douce comme le lac Victoria, recèle un potentiel inexploité, notamment en matière de pêche durable, d’aquaculture, de transport maritime, d’énergies renouvelables et de tourisme marin.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de la pêche en Afrique pourrait croître de 10 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie s’il est géré de manière durable.

Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda représentent déjà plus de 60 % de la production halieutique de la région, mais leur contribution au PIB reste faible.

Le problème ne réside pas dans la disponibilité des ressources, mais dans l’absence de stratégie cohérente. Les infrastructures, les cadres réglementaires et les mécanismes d’investissement sont en retard par rapport au potentiel du secteur.

Malgré cela, la  région est confrontée à des menaces croissantes liées aux changements climatiques, notamment l’érosion côtière, la montée du niveau de la mer et la diminution des stocks de poissons. 

Le Conseil d’administration du Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) tient sa réunion inaugurale en présentiel à Rabat.

Le Conseil d’administration du Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) s’est réuni pour la toute première fois en personne à Rabat, au Maroc, en marge du Forum africain sur l’investissement (AIF).

Le Conseil d’administration a approuvé le plan de travail 2026 du RPFF, qui vise des engagements de près de 100 millions d’euros. Ces ressources devraient permettre de mobiliser plus de 550 millions d’euros de cofinancement provenant des ressources ordinaires de la Banque africaine de développement. Ces investissements favoriseront une croissance inclusive, amélioreront la prestation de services essentiels, renforceront la résilience climatique et s’attaqueront aux causes profondes des migrations irrégulières.

Cette réunion marque une étape importante pour le RPFF, approuvé par le Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement en février 2025. Le Dr Kevin K. Kariuki, vice-président en charge de l’énergie, du climat et de la croissance verte, a souligné l’importance cruciale du RPFF, insistant sur son rôle essentiel pour relever les défis profonds et interdépendants auxquels l’Afrique est confrontée. Le RPFF mobilise et oriente des ressources vers des investissements stratégiques dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’eau, grâce au cofinancement – ​​par le biais de prêts concessionnels ou de subventions – de projets de la Banque africaine de développement, ainsi qu’à la fourniture d’une assistance technique. Doté d’un capital initial de 158 millions d’euros, le RPFF bénéficie du soutien de ses partenaires fondateurs : l’Italie et les Émirats arabes unis (EAU).

« L’Italie est profondément attachée à l’avènement d’une nouvelle ère de partenariat avec les nations africaines, conformément au Plan Mattei. Le RPFF est un pilier de cet engagement, traduisant des objectifs communs en projets concrets qui autonomiseront les communautés, stimuleront la croissance économique et renforceront la résilience climatique », a déclaré Lorenzo Ortona, représentant de l’Italie au Conseil d’administration du RPFF. « L’approbation de cet ambitieux plan de travail à l’horizon 2026 souligne notre détermination collective à accélérer le développement durable et à relever les défis urgents qui se posent sur le continent. »

« Les Émirats arabes unis croient fermement au pouvoir de la collaboration internationale pour parvenir à un développement durable et lutter contre le changement climatique », a déclaré Sarah Jasim, directrice du département du développement durable de l’Agence des Émirats arabes unis d’aide au développement et représentante des Émirats arabes unis au Conseil d’administration du RPFF. « Notre soutien au RPFF témoigne de notre engagement à donner aux nations africaines les moyens de bâtir des infrastructures résilientes, de créer des opportunités et d’améliorer la vie de leurs citoyens. Nous sommes impatients de constater l’impact transformateur des projets présentés dans le plan de travail annuel 2026. »

Au cours de ses premiers mois d’activité, le RPFF a déjà approuvé deux projets témoignant de son engagement immédiat en faveur d’un impact concret sur le terrain. Le Projet de développement de la chaîne de valeur agricole de la région orientale (ERAVCDP) en Angola est une contribution de 17 millions d’euros sous forme de prêt concessionnel à un projet de 183 millions d’euros visant à améliorer la transformation agricole et le développement de la chaîne de valeur, renforçant ainsi la sécurité alimentaire régionale et les opportunités économiques. Le Programme de développement résilient de l’eau pour l’amélioration des moyens de subsistance (Borana Resilient Water Development for Improved Livelihoods II) en Éthiopie est une contribution de 6 millions d’euros à un projet de 60 millions d’euros qui améliore l’accès à l’eau et à l’assainissement résilients face au changement climatique pour les communautés pastorales de la zone de Borana, renforce la gestion des bassins versants et promeut des mesures essentielles d’adaptation au changement climatique, en mettant l’accent sur la participation des femmes.

Le Dr Daniel Schroth, directeur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique à la Banque africaine de développement et chef de l’unité de coordination technique du RPFF, a déclaré : « Nous sommes immensément reconnaissants envers nos partenaires fondateurs, l’Italie et les Émirats arabes unis, pour leur soutien et leur engagement pionniers. Ensemble, nous avons créé un mécanisme qui sera un catalyseur de développement transformateur, permettant de relever les défis climatiques et de favoriser la prospérité sur tout le continent. »

À propos du mécanisme de financement du processus de Rome/plan Mattei (RPFF)

Le Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) est un mécanisme de financement multidonateurs hébergé par la Banque africaine de développement. Le RPFF est un instrument clé pour la réalisation des objectifs du Processus de Rome et du Plan Mattei. Il a soutenu des projets d’infrastructures souveraines respectueuses du climat dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’eau en Afrique afin de favoriser le développement durable et de contribuer à la lutte contre les causes profondes des migrations irrégulières. Grâce à ses deux guichets de financement : (i) un guichet d’assistance technique non remboursable et (ii) un guichet d’investissement (prêt concessionnel et subvention), il garantit que les financements sont alloués là où ils peuvent avoir le plus grand impact à long terme, tout en renforçant la bonne gouvernance et les capacités institutionnelles, en créant des emplois, en améliorant les conditions de vie et en renforçant la résilience des communautés vulnérables.

Dette publique : quand la BM tire la sonnette  !

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Selon les données de la Banque mondiale, le stock de la dette extérieure (publique et privée) des pays africains s’établit, à fin 2023, à plus de 1.154 milliards de dollars. Dix pays du continent s’accaparent 70% de ce fardeau qui pèse lourd sur leurs économies. Décryptage.

Pour beaucoup de pays, l’emprunt sur les marchés internationaux est devenu une véritable alternative de financement de l’action publique. ils sont nombreux les Etats qui optent pour les  emprunts extérieures  pour financer leur développements au  grand dam des coûts d’emprunts trois fois plus élevés que ceux des États avancés selon un calcul de l’OCDE.Même si les objectifs sont louables, le développement par la dette extérieure pour beaucoup d’économistes place les Etats africains dans une position inconfortable. Ces prêts faramineux accordés aux emprunteurs pour des projets de financements d’infrastructure    dans certains cas viennent avec de nombreux défis, dont le plus important n’est que le poids de la dette..Le nouveau rapport de la Banque Mondiale sur l’etat de la dette tire encore la sonnette d’alarme. Selon la Banque,  le stock de la dette extérieure du continent s’est établi autour de 1.154 milliards de dollars, en hausse de 7,84% par rapport à son niveau de 2022.À titre de comparaison, le stock total de la dette extérieure mondiale (hors pays de l’OCDE) s’est établi à 8.837 milliards de dollars. Toujours, selon le rapport la dette extérieure du continent africaine représente donc 13,06% de la dette extérieure mondiale. Cette dette est dominée par les emprunts publics bilatéraux et multilatéraux qui représentent plus de 62% de la totalité de la dette extérieure africaine. La conjoncture économique mondiale difficile (Covid, guerre Russie-Ukraine…) et la flambée des cours des matières premières et des hydrocarbures, selon la Banque, sont les motifs qui ont possé les pays africains a ’endetter davantage 

Afrique : 864 milliards

En Afrique subsaharienne, la dette extérieure s’établit à 864 milliards de dollars à fin 2023 dont 59% de dette publique et 41% de dette privée. La proportion de la dette publique au niveau des pays d’Afrique du Nord est beaucoup plus importante et tournerait autour de 65% pour un stock de la dette extérieure de 290 milliards de dollars. Cette dette représente 170% des exportations en valeur et 44% du Revenu global brut de la région (RGN: PIB + revenus nets reçus de l’étrangers pour la rémunération des salariés, la propriété et les impôts et subventions nettes sur la production).

Dans les détails, les principaux créanciers publics des pays africains sont la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Banque africaine de développement (BAD), la Chine…Rappelons que ces es dernières décennies, Pékin  a été le berceau de la nouvelle destination de la politique de la dette africaine.Le montant des prêts qu’elle a accordés à 49 pays africains et institutions régionales entre 2000 et 2022 à dépasser les 170 milliards de dollars. Rappelons d’ailleurs ici que la dette publique en Afrique a atteint le chiffre effrayant de 1 800 milliards de dollars US en 2022.

En chiffre, les pays les plus endetté sont, l’Algérie, avec une  dette extérieure de 7,31 milliards de dollars ,Idem pour l’Éthiopie, 5e puissance économique africaine, avec un endettement extérieur de 33,30 milliards de dollars.. La Tunisie et le Sénégal, loin de figurer parmi les grandes puissances économiques du continent, font partie du Top 10 africain avec respectivement 41,28 et 39,95 milliards de dollars.  En ce qui concerne le cas du Maroc, la dette publique représente 64% de la dette extérieure du pays dont 49% sont une dette multilatérale. Les principaux créanciers sont la Banque mondiale (20%), la BAD (10%), la France (5%), l’Allemagne (5%)… Quant à la dette extérieure privée, elle est dominée par les emprunts obligataires (27%) devant ceux des banques commerciales et autres (9%). En 2023, le service de la dette s’est établi à 4,99 milliards de dollars, représentant 4% du Revenu global net.

 L’épargne publique.Une alternative ?

L’analyse établie par la dernière publication de la Fondation Mo Ibrahim dresse un premier un constat sans appel : les dépenses domestiques, comme extérieures, ne permettent pas d’atteindre les objectifs de développement socio-économique. Or, aujourd’hui, le taux d’épargne nationale moyen de l’Afrique est respectivement de 20 %. Comme l’a démontré l’ascension économique des quatre dragons asiatiques (Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan), l’épargne publique a un rôle clé dans la croissance économique. Elle permet à un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino réduit notamment la dette extérieure.  Aujourd’hui cette question en soulève une autre en occurrence la dépense publique. La solution de la dette s’est érigée en doctrine de gouvernance. Dans de nombreux pays occidentaux l’appel public à l’épargne ainsi que la gestion efficiente des dépenses publiques sont des outils de financement pratique et moins contraignants. Dans cette Afrique enclin aux défis constants de développement socio-économique le financement est aujourd’hui un enjeu de gouvernance. Et beaucoup de voix appellent l’option de l’épargne publique. Car elle permet à un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino réduit notamment la dette extérieure.

La BAD rencontre les marchés boursiers du continent

Le Groupe de la Banque africaine de développement a entamé, mardi à Abidjan, une série de réunions de haut niveau avec les institutions africaines de financement du développement et les partenaires financiers du secteur privé afin de forger un plan historique pour une nouvelle architecture financière africaine, conçue pour combler le déficit de financement nécessaire pour répondre aux besoins de développement du continent.

À l’invitation du président de l’institution panafricaine, plus d’une cinquantaine de représentants de banques régionales et continentales et d’institutions de financement du développement sont réunis au siège du Groupe de la Banque, les 18 et 19 novembre, pour des discussions que M. Ould Tah a qualifiées de vitales pour le destin du continent.

« En tant qu’architectes des marchés de capitaux africains, vous êtes les gardiens des institutions financières et les catalyseurs de l’avenir de notre continent », a déclaré le président Ould Tah au début de la première session journalière à laquelle participaient les responsables des bourses de valeurs mobilières, des fonds de capital-investissement et des fonds de capital-risque africains.

Cette réunion, la première du genre entre le Groupe de la Banque et les marchés boursiers d’Afrique, vise à examiner leur rôle dans le financement à long terme, en mettant un accent particulier sur la réforme de la mobilisation des capitaux en Afrique. Félix Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’Afrique de l’Ouest (BRVM), a salué la tenue d’une telle réunion, soulignant la nécessité d’une transformation profonde.

« Des écarts existent entre les besoins de financement et les ressources disponibles, mais nous devons réfléchir aux réformes nécessaires pour parvenir à la capitalisation des fonds de pension africains. En effet, ces derniers ont été créés à l’origine pour financer les gouvernements », a fait remarquer M. Amenounve.

Les principales institutions financières du continent représentées aux réunions d’aujourd’hui comprennent le Projet de liaison des bourses africaines (AELP), les marchés boursiers du Rwanda, du Mozambique, du Cabo Verde, de Nairobi et de Tunis, la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’Afrique de l’Ouest (BRVM), le directeur régional de la Bourse de l’Afrique centrale, les marchés boursiers de Casablanca et du Ghana.

Le chinois Sinopec va construire en Algérie une unité d’hydrotraitement de naphta lourd à 437 millions $

Les raffineries de pétrole de Sonatrach couvrent totalement les besoins du marché algérien en carburants depuis 2020. La nouvelle unité d’hydrotraitement de naphta lourd permettra d’augmenter davantage la capacité de production d’essence du pays.

Sonatrach a signé le lundi 17 novembre un contrat avec Sinopec Guangzhou Engineering, pour la construction d’une unité d’hydrotraitement de naphta lourd au niveau de sa raffinerie située dans la ville d’Arzew, au Nord-Ouest de l’Algérie. Ce contrat clé en main de type « ingénierie, approvisionnement, construction et mise en service (EPCC) » a été signé à Alger par Slimane Slimani, vice-président de la compagnie pétrolière publique algérienne chargé du segment raffinage et pétrochimie, et Wang Xiaowei, vice-président de la société chinoise.

Pour rappel, le coût de l’infrastructure prévue sur une superficie de 5 hectares et dont la construction devrait durer 30 mois, est estimé à 57 milliards de dinars algériens (environ 437 millions USD). L’unité présentera une capacité de traitement de 738 000 tonnes de naphta lourd par an, ce qui doit permettre de faire passer la capacité de production annuelle d’essence de la raffinerie d’Arzew de 550 000 à 1,2 million de tonnes. 

L’hydrotraitement de naphta lourd est un procédé de raffinage de ce produit issu de la distillation du pétrole, qui utilise de l’hydrogène pour éliminer les impuretés comme le soufre et l’azote. Cette étape est essentielle pour le purifier et le préparer à des utilisations ultérieures, principalement l’alimentation de l’unité de reformage catalytique qui le transforme en essence de haute qualité.

General Electric et l’Angola : autopsie d’un scandale à 1,1 milliard de dollars

En choisissant la société portugaise controversée Aenergy comme intermédiaire commercial à Luanda, le géant énergétique américain a emprunté une voie périlleuse . Nous retraçons l’une des plus grandes fraudes africaines  contemporaines…

Pendant des années, le dossier est resté un bruit de fond, une rumeur lourde circulant dans les couloirs des ministères à Luanda et dans les open spaces feutrés du siège africain de General Electric. Il a fallu l’arrestation d’un cadre du groupe aux États-Unis et la publication d’éléents accablants pour que la lumière se fasse, lentement, sur ce qui s’annonce comme l’un des scandales industriels les plus retentissants de l’Afrique moderne.

Un scandale où se mêlent ambitions nationales, opacité administrative, mécanismes financiers de haute voltige et manipulations documentaires dont l’ampleur dépasse les frontières angolaises.

L’Angola veut moderniser son électricité — et voit grand

  • L’Angola est dans une phase de transition complexe. Après des années de boom pétrolier, le pays cherche à moderniser ses infrastructures et résoudre l’un de ses vieux démons : un réseau électrique fragile, vieillissant, marqué par des délestages chroniques.

C’est dans ce contexte que le gouvernement angolais signe un accord majeur avec GE Capital, la branche financière du géant américain General Electric :

un financement de 1,1 milliard de dollars destiné à soutenir une série de contrats structurants dans les secteurs de l’énergie et de l’eau.

L’opération est calibrée comme un symbole. L’Angola veut montrer qu’il peut attirer les grands noms mondiaux, sécuriser des technologies de pointe et mettre en œuvre un programme énergétique ambitieux pour répondre à la hausse rapide de la demande intérieure. Le financement doit couvrir treize projets, allant de l’installation de turbines mobiles TM2500 à la rénovation d’infrastructures stratégiques. Une société angolaise est désignée comme maître d’œuvre local, en coordination avec GE Power, fournisseur technique du matériel. Lorsque les premiers décaissements tombent — plus de 640 millions de dollars dès décembre 2017 —, l’optimisme est total. À Luanda, on parle déjà de “changements visibles” à court terme.

Mais derrière cette mise en scène moderniste, des fissures commencent à apparaître.

Un engrenage trouble : turbines fantômes et documents douteux

Très vite, un élément inattendu surgit : les chiffres ne correspondent plus. Les contrats initiaux prévoient la fourniture de huit turbines TM2500 .un matériel lourd, stratégique, dont chaque unité coûte des dizaines de millions de dollars. Mais des responsables de GE Angola affirment que douze, voire quatorze turbines auraient été commandées. Une différence énorme, aux conséquences financières vertigineuses. Pour justifier ces commandes additionnelles, des lettres d’intention supposément émises par des entreprises publiques angolaises — ENDE et PRODEL — sont présentées. Sur le papier, elles semblent authentiques : logos officiels, signatures, cachets institutionnels. Pourtant, quelque chose cloche. La société angolaise partenaire, censée être au cœur du dispositif, affirme n’avoir jamais eu connaissance de ces lettres. Pire : plusieurs documents semblent avoir été produits en dehors des procédures administratives habituelles. L’affaire prend un tournant lorsque, face aux incohérences répétées, la société demande l’ouverture d’une enquête pénale pour déterminer si ces documents ne seraient pas des faux grossiers. Au lieu de donner suite, le ministère de l’Énergie et de l’Eau réagit brusquement : en septembre 2019, il résilie unilatéralement l’ensemble des treize contrats, invoquant une rupture de confiance.

Du jour au lendemain, le programme énergétique de 1,1 milliard de dollars est stoppé net.

L’explosion judiciaire : un cadre de GE rattrapé par la justice américaine

L’affaire aurait pu s’arrêter là, dans le flou et l’opacité habituels des litiges industriels en Afrique. Mais un événement va tout bouleverser. En 2024, un ancien dirigeant de  General Electric Angola, Wilson Daniel  Freita Da Costa, est arrêté aux États-Unis. L’homme, présenté comme un rouage essentiel des opérations angolaises de GE, est accusé d’avoir orchestré une vaste manipulation documentaire.

Son procès révèle des éléments stupéfiants :

  • Utilisation de faux documents sur papier à en-tête officiel angolais,
  • Falsification de signatures de dirigeants d’entreprises publiques,
  • Création de fausses demandes d’équipements non prévus,
  • Communication trompeuse avec GE Capital pour débloquer des fonds supplémentaires,
  • Utilisation des circuits financiers internationaux pour valider des opérations fictives.

En mars 2025, le verdict tombe :

sept ans de prison pour fraude électronique et usurpation d’identité aggravée. Une condamnation lourde, rare dans les affaires internationales liées à l’énergie, et qui confirme l’existence d’un schéma organisé pour détourner ou manipuler les flux financiers liés au prêt angolais.

Le grand flou : où est passé l’argent ?

Au cœur du scandale demeure une zone grise, épaisse, opaque : quelle partie du financement a réellement été utilisée pour des équipements livrés ? Et que reste-t-il aujourd’hui des actifs financés par les 1,1 milliard de dollars ?

Les éléments connus laissent penser que :

  • Certaines turbines n’ont jamais été commandées officiellement,
  • D’autres n’auraient jamais été livrées,
  • Et une partie des fonds débloqués pourrait avoir servi à financer des opérations non conformes aux contrats initiaux.

Le gouvernement angolais, en annulant les contrats, a laissé en suspens la question des responsabilités financières. La société angolaise partenaire accuse l’État de rupture abusive. GE, de son côté, affirme avoir agi sur la base de documents “présentés comme authentiques”. Pour les citoyens angolais, l’impression est amère : une dette publique colossale a été engagée, mais les bénéfices tangibles restent difficiles à identifier.

Un miroir de la gouvernance angolaise : fragilités, opacités et opportunisme

Au-delà des chiffres, cette affaire agit comme un révélateur de la gouvernance angolaise.

Elle met en lumière :

  • Un État où les chaînes de validation administrative sont poreuses,
  • Une faible traçabilité des grands contrats,
  • Une dépendance excessive aux intermédiaires,
  • Un déficit de contrôle des financements internationaux,
  • Et une tendance à gérer les crises par la rupture plutôt que par l’audit.

Pour un pays qui cherche à attirer des investisseurs pour sa diversification économique, le signal envoyé est préoccupant. Pour General Electric, cette affaire est un coup dur. Elle interroge la capacité du groupe américain à sécuriser ses opérations dans des environnements institutionnels fragiles et à détecter les manipulations internes.

Plus qu’un scandale : un tournant

L’affaire GE–Angola n’est pas un simple litige commercial. C’est un révélateur systémique. Elle montre comment un pays engagé dans une modernisation rapide peut être piégé par sa propre fragilité institutionnelle — et comment une multinationale peut devenir l’acteur involontaire, ou complaisant, d’un montage aux contours douteux. Elle rappelle aussi une vérité fondamentale : dans le secteur de l’énergie, les grands projets reposent autant sur des turbines et des câbles que sur la confiance, la transparence et l’intégrité des acteurs.

L’ombre de la famille dos Santos

Sous la houlette du ministre de l’Énergie et de l’Eau, toujours en poste aujourd’hui, et après des années de politique énergétique volontariste, l’Angola est parvenu à tripler sa production électrique, passant de 2 400 mégawatts (MW) en 2015 à 6 200 MW en 2023 – les douze turbines ne représentent qu’environ 300 MW sur ce total. Toutefois, « l’affaire des turbines » a mis à nu des failles structurelles dans un régime rongé par la corruption au moment de la prise de pouvoir de João Lourenço, en 2017. Huit ans après cette affaire, à Lisbonne, l’ombre de la famille dos Santos plane toujours sur la soudaine puissance financière de Ricardo Machado – et sur les zones grises d’un mégacontrat dans lequel intérêts d’État et performances d’entreprise se sont dangereusement confondus

Chronologie des faits

Mohamed, le Wali qui veut transformer Casablanca !

 Non loin du rond point d’Europe, un bureau de Tabac d’une quarantaine d’années n’a pas échappé au plan de réaménagement de la ville. Et même les devantures débordantes de certains cafés prestigieux…C’est clair, le ménage est en marche. Décryptage;

« Le Maroc, fort de son ambition de devenir un acteur clé sur la scène internationale, s’engage dans une transformation profonde à l’horizon 2030. Et il faut dire que ce dynamisme s’inscrit dans le cadre de la régionalisation avancée, un processus décentralisé qui met en avant le potentiel des territoires. Ainsi des Schémas régionaux d’aménagement du territoire et des Programmes de développement régionaux (PDR) ont été préparés, et le Maroc est aujourd’hui inscrit dans une continuité affirmée de ces programmes. « L ‘aménagement de la ville de Casablanca date depuis le temps du Wali Driss Benhima. Lorsqu’on observe les actions du nouveau Wali, on voit clairement qu’il est inscrit dans une continuité », nous confie une de nos sources. En effet, depuis quelques semaines, les grandes rues de la “ville blanche” on subit un véritable relooking. Pendant presque un mois  sur les grands axes de la ville, les bulldozer étaient à l’œuvre. Piétons, automobilistes, chacun a été témoin du grand coup de balai du nouveau Wali qui s’est donné pour mission de transformer la ville de Casablanca. 

En quelques mois, l’on a pu observer les faits. Des voies renouvelées, les chemins pour piétons impeccables…Le fait le plus marquant et qui bien entendu envoi le signal du changement en cours est celui du réaménagement des devantures  débordantes de certains cafés et même des anciens bureaux de tabac sur les grands boulevards qui ont  fait le bonheur des citadins fumeurs. « Cette dynamique dans l’exécution des projets est incroyable, il faut le reconnaître. Aujourd’hui quand vous allez en plein centre ville, on voit de visu la transformation d’un grand boulevard comme Zerktouni. Sans oublier cette nouvelle harmonisation qui a mis fin au débordement des devantures des cafés qui à mon avis impactait le décor de ces espaces », nous confie une de nos sources.  Et de poursuivre : » Le Wali et ses équipes sont inscrits dans une vision de transformation de l’espace publique. Et il faut dire que dans ce genre d’opérations , l’intérêt et le confort public prime sur les quelques intérêts particuliers ». Depuis donc le 19 Octobre 2023, Mohamed Mhidia  a déjà eu à diriger, depuis 2007, les wilayas de cinq des douze régions que compte le Royaume: Taza-Al Hoceima-Taounate d’abord, puis Marrakech-Tensift-Al Haouz, l’Oriental, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima, a pris à bras le corps les défis de la ville de Casablanca.

L’effet Mondial 2030

La Coupe du monde de football approche, et le monde entier aura alors les yeux rivés sur la capitale économique du Royaume. Le moment est important, et s’il est une élite  qui en est convaincue, c’est bien le wali de la région de Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia.  « Casablanca étant le moteur de l’économie marocaine, et en même temps la vitrine, à l’aune du rendez-vous du mondial, il y a un grand effort a faire sur le plan de l’aménagement territorial », nous précise notre source. Et d’ajouter : « Cependant il y a lieu de préciser que toute cette dynamique qu’on voit est le fruit d’un effort d’ensemble, notamment celui du Wali, du Maire de Casablanca et également du président de la Région ». Il faut d’ailleurs rappeler que toute cette stratégie d’aménagement s’inscrit dans le grand champ du marketing territorial. Cette discipline qui s’interesse au branding des territoires. 

«Le marketing territorial, lorsqu’il est bien compris, bien exécuté et bien évalué, se révèle être un levier puissant pour valoriser l’ensemble des atouts d’un territoire, qu’ils soient humains, économiques, naturels ou culturels», nous confie hicham echattabi expert en Marketing Territorial. Mais encore faut-il faire preuve d’intelligence collective tout en mettant en commun des compétences, des connaissances, des réflexions et des innovations… pour servir une cause commune. «L’un des aspects essentiels de cette discipline réside dans la coordination des acteurs locaux et l’implication des citoyens. Elle réunit un groupe diversifié de parties prenantes, intéressées, mais autrement dissociées ou même concurrentes, en les informant des faiblesses et des forces de la ville ou de la région, et en les tenant au courant des actions des autres. Cette stimulation de la coopération multiacteurs conduit probablement au développement de nouveaux projets et initiatives, ainsi qu’à l’élaboration de politiques bénéfiques pour l’ensemble du territoire», affirme ce spécialiste en marketing territorial Ce qu’il faut bien retenir des explications de notre interlocu- teur c’est que «le marketing territorial, ou plus précisément le branting territorial, ne se résume pas à la création d’un simple slogan ou logo pour une ville ou une région, ni à la participation à des événements ou salons. Il s’agit, au contraire, d’un travail de longue haleine».

Au sujet du mondial, l’expert explique que : « La Coupe du Monde 2030 représente pour le Maroc bien plus qu’un simple défi sportif. Elle constitue une opportunité exceptionnelle pour renforcer son image à l’échelle mondiale et consolider une offre territoriale attractive, tant au niveau national que régional. Cependant, pour maximiser l’impact de cet événement, il est indispensable d’accompagner cette promotion par des stratégies de nation branding et de marketing territorial solides, tant au niveau central que régional. Ces stratégies doivent aller au-delà de la simple préparation de l’événement et s’inscrire dans un processus continu, dépassant la seule période de la compétition. Cela permettra non seulement de capitaliser sur l’événement en tant que tel, mais aussi de pérenniser ses effets en termes d’attractivité et de compétitivité territoriales à long terme. En effet, les méga-événements sportifs comme la Coupe du Monde de la FIFA ou les Jeux olympiques (JO) sont des vitrines mondiales, mais il serait une erreur de se reposer uniquement sur cet effet temporaire. Une stratégie pérenne doit être fondée sur des actions concrètes et durables. Les pays qui aspirent à renforcer leur attractivité, que ce soit pour attirer des talents, des investisseurs, des touristes, ou améliorer la qualité de vie de leurs résidents, doivent élaborer une offre territoriale cohérente et engageante, reposant sur des initiatives concrètes et cela avant et après ces évènements. Il est également essentiel de bien planifier les infrastructures, tant pour l’événement que pour l’après-événement.  »

Le Maroc prépare la révision de son Code des investissements agricoles

Au Maroc, le secteur agricole contribue à hauteur de 10 % au PIB. Alors que la sécheresse persistante affecte l’appareil productif, le gouvernement cherche à renforcer l’attractivité du secteur pour les investisseurs et à poursuivre la mise en œuvre des programmes de développement agricole.

Au Maroc, le ministère de l’Agriculture vient d’engager une étude visant la refonte du Code des investissements agricoles (CIA), un texte fondateur adopté en 1969. Selon les informations relayées par plusieurs médias locaux le 10 novembre dernier, l’objectif de cette démarche est de moderniser ce cadre juridique afin de mieux encadrer les nouveaux investissements ruraux et de l’adapter aux mutations économiques, sociales et environnementales qu’a connues le pays au cours des cinq dernières décennies.

Considéré pendant un demi-siècle comme la « charte du développement agricole », le CIA régit des domaines aussi essentiels que l’irrigation, l’aménagement foncier, les régimes de culture et les incitations à l’investissement privé.

D’après le ministère de l’Agriculture, l’étude annoncée s’étalera sur une période de neuf mois et se déroulera en trois phases. La première consistera à établir un état des lieux et un diagnostic complet du dispositif actuel afin d’en mesurer la pertinence face aux mutations économiques et institutionnelles du pays. La deuxième permettra d’identifier les besoins en nouveaux outils juridiques, en cohérence avec les politiques agricoles en cours et les orientations du nouveau modèle de développement. Enfin, la troisième proposera des scénarios de réforme et une feuille de route destinée à accompagner le ministère dans la révision du corpus législatif.