Maroc : Sound Energy active la mise en service du site gazier de Tendrara

Sound Energy a annoncé le lancement des premières opérations de mise en service sur le site gazier de Tendrara, dans l’est du Maroc. Cette étape clé intervient avec l’arrivée du gaz du puits TE-6 dans le réseau de collecte récemment construit par l’opérateur Mana Energy Ltd. L’installation, fin novembre, du système de contrôle numérique SCADA, dernier élément technique requis, a permis d’autoriser les premiers flux de gaz, préalable indispensable à la future production commerciale de gaz naturel liquéfié (GNL).

Le développement du projet s’appuie sur les puits TE-6 et TE-7, ainsi qu’un nouveau forage, destinés à alimenter une micro-usine de liquéfaction en cours de construction. Réalisée et opérée par la société italienne Italfluid Geoenergy, cette unité doit permettre la « valorisation locale » du gaz de Tendrara.

Un contrat d’achat a d’ores et déjà été conclu avec Afriquia Gaz, portant sur 100 millions de mètres cubes par an durant dix ans. Le prix sera indexé sur les marchés de référence TTF (Europe) et Henry Hub (États-Unis), dans une fourchette comprise entre 6 et 8,35 dollars par million de BTU, selon la société.

La mise en service complète de l’usine est prévue entre la fin du premier trimestre et le deuxième trimestre 2026, période à laquelle devraient débuter les premières livraisons.

Au Kenya, l’Union européenne voit sa porte d’entrée sur le marché est-africain menacée par la justice

Le Kenya a décidé de faire appel d’une décision de la Cour de justice d’Afrique de l’Est (EACJ) ayant suspendu la mise en œuvre de l’accord de partenariat économique (APE) signé avec l’Union européenne (UE) en 2023. Selon le ministre du Commerce, des Investissements et de l’Industrie, Lee Kinyanjui, cette mesure judiciaire risque en effet de mettre en péril des exportations annuelles supérieures à 1 milliard d’euros vers le marché européen.

Cette procédure judiciaire intervient après une plainte déposée l’année dernière par l’ONG Centre for Law Economics and Policy on East African Integration (CLEP East Africa). L’organisation ougandaise estime que l’accord commercial UE-Kenya contrevient aux dispositions du traité instituant le marché commun de la Communauté d’Afrique de l’Est. L’EACJ, basée en Tanzanie, a suspendu sa mise en œuvre le 24 novembre.

En vigueur depuis juillet 2024, l’accord en question a pour but de libéraliser le commerce entre la première économie d’Afrique de l’Est (en matière de PIB, selon les chiffres du FMI) et l’Union européenne. Il prévoit une suppression de droits de douane sur les produits originaires du Kenya au moment de leur entrée sur le marché européen. Un calendrier prévoit par ailleurs l’ouverture progressive du marché kényan aux produits provenant des 27 pays membres de l’UE.

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Porte d’entrée de l’UE sur l’Afrique de l’Est

La sous-région est-africaine est l’une des plus dynamiques du continent sur le plan économique. Dans sa mise à jour de novembre sur les perspectives économiques de l’Afrique en 2025, la Banque africaine de développement (BAD) confirme ce rôle de locomotive, avec une croissance économique attendue à 5,9% cette année et 6,2% en 2026. Il s’agit des taux les plus élevés du continent, bien au-dessus de la croissance moyenne de 4,2% attendue en 2025 et 4,3 % en 2026.

Depuis plus d’une décennie, Bruxelles cherche à s’imposer sur ce marché porteur, à travers la signature en 2014 d’un Accord de partenariat économique plus large avec la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Ce cadre de coopération prévoyait l’ouverture progressive des marchés de l’Afrique de l’Est aux produits européens, mais il n’a jamais été mis en œuvre. Sur les cinq membres de l’EAC d’alors (le Kenya, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et l’Ouganda), seul le Kenya l’a ratifié. Faute d’avancées, Nairobi a finalement obtenu en 2021 l’accord des autres membres de la Communauté pour renégocier directement un accord bilatéral avec Bruxelles.

Niger,Mali,Gabon… comprendre la diplomatie économique du Maroc dans une Afrique de crise !

Depuis quelques années, le Maroc grâce à une véritable diplomatie économique, a pu asseoir son influence en Afrique. Banque, BTP, NTIC, Assurance, Mine, exportations de produits…Le savoir-faire marocain à une aura sur le continent. Cependant comment le Maroc arrive à tenir dans ce paysage instable ?

Après le Mali, la Guinée, le Burkina Faso et le Niger, le Gabon a été le cinquième pays d’Afrique francophone secoué par un coup d’Etat depuis 2020, rallongeant ainsi la liste des pays instables sur le continent.  Rappelons que les coups d’État en Afrique étaient en déclin ces deux dernières décennies. Sur la période 2011-2021, dans une étude, les chercheurs américains Jonathan Powell (University of Central Florida) et Clayton Thyne (University of Kentucky) ont comptabilisé moins d’un coup d’État réussi par an sur le continent. Sur les 486 coups d’État réussis ou ratés depuis 1950, 214 – dont 106 réussis – ont eu lieu en Afrique.

Aujourd’hui au-delà du narratif qui explique les conséquences géopolitique et géostratégique de ces instabilités, il y’a tout de même une autre réalité celle des enjeux économiques. Considéré comme le premier investisseur africain sur le continent, le Maroc   aura en quinze ans investi quelque 4 milliards de dollars US en Afrique, soit 60% de ses réalisations à l’étranger.

Mali, Niger, et Gabon… comment le Maroc navigue en ces eaux ?

En Afrique centrale, le Gabon est le premier partenaire du Maroc. Selon un rapport du Policy Center, les flux commerciaux entre les deux pays, sur la période 1999-202à, passent de 19,6 millions de dollars à 82,8 millions de dollars, soit une croissance annuelle moyenne de 10,1%. Les principaux produits exportés par le Maroc vers le Gabon sont les produits alimentaires et Du côté des importations, trois groupes de produits sont essentiellement importés par le Maroc. Il s’agit : des articles manufacturés (63,2%), des matières brutes non comestibles, sauf carburants (29,6%) et des produits alimentaires et animaux vivants (6,8%).

Les principaux groupes de produits exportés par le Maroc au Gabon sont respectivement tirés par les poissons, crustacés, mollusques et préparations (79,32%), les machines et appareils électriques (55,95%), les articles manufacturés en métal (62,21%) et les constructions préfabriqués, appareils sanitaires de chauffage et d’éclairage (29,96%).

Dans le domaine des services, Attijariwafa Bank qui a racheté l’UGB en 2008 a ouvert depuis cette acquisition, plusieurs agences à Libreville et à l’intérieur du pays. Entre 2009 et 2020, sa clientèle est passée de 35 000 à 80 000 clients. Dans le domaine des télécommunications, Maroc Télécom, actionnaire majoritaire de Gabon Télécom et de sa filiale de téléphonie mobile, est considéré actuellement comme l’entreprise de téléphonie mobile la plus dynamique grâce à ses offres promotionnelles tous azimuts. Deuxième opérateur de téléphonie mobile (Le Gabon en compte quatre), Gabon télécom compte actuellement près d’un million d’abonnés. Dans le secteur minier, le groupe marocain Managen exploite depuis février 2012 la mine d’or de Bakoudou, à plus de 650km au sud-est de Libreville. Cette exploitation industrielle a nécessité un investissement de 16 milliards de FCFA. Les opérateurs économiques marocains sont aussi présents dans le secteur des assurances à travers la société Colina. Dans le secteur de la construction, la société ADDOHA du Maroc a créé la société Ciments d’Afrique (CIMAF) qui construit une usine pour la production du ciment dont la capacité de production sera de 500 000 tonnes par an, extensible à un million de tonnes par an.

 Du côté du Mali,  les deux visites de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Mali en 2013 et 2014 ont permis la signature de 17 accords et conventions concernant plusieurs aspects de coopération sectorielle. Selon l’Office des changes du Maroc (2017), le Mali est l’une des meilleures destinations en termes d’exportations et d’implantations des entreprises marocaines grâce aux bonnes relations économiques entre les deux pays ; en effet, le Mali est le pays qui a reçu le plus d’IDE (Investissements Directs à l’Etranger) marocains en Afrique subsaharienne avec 58,9%, 35,6% et 28% des investissements marocains respectivement en 2009, 2013 et 2016. Cela s’explique par la présence des entreprises marocaines au Mali dans tous les secteurs clés que le Maroc investit. Ce sont les secteurs de la banque, de l’assurance et de la télécommunication. Quant au troisième touché par les instabilités : le gros investissement lancé par le Maroc au Niger  de près de 3,3 milliards de dollars en 2021 dans plusieurs domaines notamment des projets industriels et d’infrastructure en disent long sur les enjeux économiques du Maroc dans ce pays. Aujourd’hui le constat d’optique est que les coups de force jettent une forme d’insécurité sur le climat des affaires. Contacté par Disrupt Yasmina Asrarguis, Spécialiste en géopolitique nous confie que « le Maroc connaît l’Afrique sub-saharienne et maîtrise les facteurs d’instabilité politiques propres au continent. En ce sens, ni les décideurs, ni les diplomates, ni les investisseurs marocains présents sur le terrain ne sont surpris de voir les transitions en cours au Sahel ou plus récemment au Gabon. En revanche, le véritable enjeu va être celui d’une reconfiguration géopolitique des intérêts et des influences étrangères sur le continent. Inutile de rappeler que le déclin du leadership américain et français, fera le bonheur des investisseurs chinois, russes, émiratis, saoudiens, qataris, et turcs. L’Afrique est un continent de richesse incommensurable et les dirigeants marocains et africains ont tout intérêt à travailler ensemble à la mise en place de nouvelles coopérations Sud-Sud ». De son coté l’expert en Géopolitique Anas Abdoun déclare : « Le Maroc aborde la région sahélienne et l’Afrique de l’Ouest non pas comme un simple espace d’influence, mais comme une partie intégrante de son propre environnement régional. Cette approche transcende la logique purement opportuniste pour s’inscrire dans une relation « d’appartenance » historique, culturelle, économique et politique. Dès lors, les opérateurs économiques marocains, soutenus par les politiques publiques et la diplomatie du Royaume, évoluent dans un terrain familier : ils comprennent les dynamiques locales, s’adaptent aux conjonctures et anticipent mieux les risques. Cette connaissance intime de l’espace africain permet de consolider des partenariats économiques sur le long terme, au-delà des fluctuations politiques ou des contextes sécuritaires mouvants. Au-delà de cette appartenance régionale, le Maroc pratique une neutralité stratégique dans ses relations bilatérales ». Et d’ajouter : « Là où d’autres puissances internationales revoient leurs engagements et leurs investissements à la baisse lors de changements de régime (qu’ils soient constitutionnels ou militaires), le Maroc choisit de maintenir le cap. Il ne s’aligne pas sur un camp politique en particulier, préférant conserver une proximité institutionnelle avec les États, quelle que soit la nature des alternances au pouvoir. Ce positionnement de long terme, dénué de parti pris conjoncturel, contribue à forger une image de partenaire fiable et prévisible. En conséquence, même dans un contexte africain marqué par l’instabilité — qu’elle soit sécuritaire, politique ou économique — la présence marocaine reste solide. Les succès des banques, des entreprises de BTP, des assurances, du numérique, ou encore du secteur minier et agroalimentaire marocain sur le continent découlent de cette approche intégrée, fondée sur la connaissance fine du terrain, la solidarité régionale et la constance diplomatique. Au final, pour nombre de pays africains, le Maroc n’est pas simplement un investisseur ou un opérateur économique parmi d’autres : il représente un partenaire stratégique consensuel, porteur d’une vision de développement partagée et, surtout, durable. »

La dynamique du Sahel

Le Maroc ces dernières années a développé la diplomatie du Sahel pour s’adapter à cette nouvelle réalité. Cette nouvelle approche de coopération s’articule autour du  triptyque paix, sécurité et développement. A l’heure où le monde et les espaces géoéconomique se recomposent davantage, l’Afrique a plus que besoin d’aller vers une politique économique des grands ensembles. « Contre vents et marées, les pays de l’Afrique atlantique tentent de construire leur autonomie stratégique. Dans cette quête, la mer pourrait constituer la figure de proue, et ce, pour deux raisons : d’abord, la maîtrise de la mer permettra aux pays de la région d’asseoir leur souveraineté sur une bonne partie de leur territoire jadis ignorée, les espaces maritimes ; ensuite, l’exploitation intelligente des ressources marines pourrait constituer un inestimable vecteur de croissance et de développement. », souligne une  étude du Policy center. « Je pense que cette initiative constitue un excellent prélude à une intégration intra-africaine accrue, puisqu’elle peut être perçue comme un catalyseur d’émergence économique et d’inclusion de davantage de pays, notamment les pays du Sahel n’ayant pas l’opportunité d’une façade atlantique », nous confie Hicham Bensaid Alaoui économiste, Ceo d’Alliance Trade Maroc.  De son côté l’économiste Driss Aissaoui déclare : « le projet de l’initiative atlantique, c’est l’avenir. C’est plus d’une vingtaine de pays africain qui vont utiliser leur savoir et leur savoir-faire pour transmettre de la valeur et devenir des vecteurs de richesse et de développement ».

*Côte d’Ivoire: Revirement sur un contrat d’aménagement des quartiers défavorisés d’Abidjan

Grabuge dans l’aménagement des quartiers précaires d’Abidjan. Le 20 novembre, l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a annulé les attributions au trio gagnant des contrats pour les infrastructures de voirie et de réseaux de drainage. Des chantiers totalisant 30 millions d’euros.

Le trio, composé par Globex–International Bathily Holding (IBH-CI), Bel Mabrouk des travaux et investissements et Chantier SARL Côte d’Ivoire, avait été sélectionné le 21 juillet.

Dépôt après la date limite

Mais l’Arcop a identifié des irrégularités dans la passation du marché. Selon le régulateur, la cellule de suivi du Projet d’aménagement des quartiers restructurés d’Abidjan, rattachée au ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, a changé le lieu de dépôt des offres sans publier ce changement dans le Bulletin officiel des marchés publics (BOMP).

D’autant que les offres de deux entreprises, à savoir Société générale des travaux du Maroc (SGTM, de la famille Kabbaj) et Porteo BTP (Côte d’Ivoire), ont été acceptées en dépit d’un dépôt après la date limite.

Quartiers défavorisés à connecter

Divers manquements relevés au moyen d’un recours introduit par un usager anonyme le 16 octobre, ce qui a poussé le régulateur à annuler le contrat et à relancer l’appel d’offres. De quoi rebattre les cartes de ces chantiers de BTP dans la capitale économique.

L’aménagement des communes de Yopougon, Koumassi et Abobo devra ainsi attendre. Il visait notamment les quartiers défavorisés de Grand Campement, Divo 1 & 2 et Akromiabla (Koumassi), celui de Gesco (Yopougon) et celui d’Agoueto PK18 (Abobo). Le projet devait bénéficier à plus de 300 000 habitants.

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Centrafrique : le canadien CVMR décroche un méga-contrat minier de 25 ans sur l’uranium, l’or et le coltan


Avant la présidentielle, les autorités du pays ont scellé un accord avec un géant nord-américain des mines. Celui-ci lorgne l’uranium, le coltan, le cuivre, l’or et le nickel du sol centrafricain.

Le groupe canadien Chemical Vapour Metal Refining (CVMR) a annoncé avoir a conclu un accord avec l’État Centrafricain portant sur l’exploration, l’exploitation et le raffinage de ses ressources minières stratégiques (uranium, coltan, cuivre, or et nickel) pour une période de 25 ans. Selon les informations communiquées fin novembre par l’entreprise et confirmées par Bangui, cet accord formalise un protocole de négociation engagé depuis 2023.

Bangui présente ce partenariat public-privé comme une étape déterminante pour renforcer la transformation locale et garantir que les richesses du sous-sol contribuent directement à la croissance économique du pays. Les deux Parties ont convenu de l’implémentation de ce méga projet et la valorisation desdits minerais dans les 12 mois suivant la signature de ce partenariat. Le projet prévoit également la construction d’unités de raffinage, le transfert de technologies, la création d’emplois et la mise en place de programmes de formation en lien avec les universités et centres d’enseignement supérieur nationaux.

50 millions de dollars d’investissement

Pour y parvenir, le géant nord-américain des mines avait créé en juin dernier une filiale locale dénommée CVMR Sarl (Centrafrique) pour superviser les activités d’exploration, d’exploitation et de raffinage de l’uranium, du tantale, du niobium, du cuivre, de l’antimoine, du nickel et de l’or. Les opérations d’extraction de l’uranium seront spécifiquement gérées par une filiale américaine, Uranium Power Corporation. Kamran M. Khozan, patron de CVMR a également annoncé avoir engagé des négociations en cours pour lancer un « mécanisme financier dédié » afin de canaliser des capitaux extérieurs une fois les premières découvertes confirmées.

Pour rappel, le potentiel minier du pays reste toutefois difficile à mesurer en raison de la prédominance de l’activité artisanale. D’après le rapport ITIE 2022, la production artisanale d’or atteindrait environ 5 735 tonnes, contre 1 536 tonnes seulement déclarées et exportées par les 26 sociétés formelles recensées. Ces exportations ont généré 31,4 milliards FCFA, illustrant l’ampleur du secteur informel et le manque à gagner pour l’État.

Paul Kagame et Felix Tshisekedi vont signer l’accord de paix à Washington

Donald Trump attend à Washington, le 4 décembre, les présidents du Rwanda et de la RDC pour signer un accord de paix, sur fond de tensions persistantes entre les deux pays. L’accord de paix, conclu par les deux pays africains fin juin à Washington et qui n’a pas permis de faire taire les armes, vise à mettre un terme à la guerre sanglante dans l’est de la RDC.

Le président rwandais Paul Kagame et le président congolais Félix Tshisekedi vont signer, le 4 décembre, « l’accord historique de paix » que le président américain a facilité entre les deux pays, a fait savoir la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, lors d’une conférence de presse.À Kinshasa, la porte-parole de Félix Tshisekedi, Tina Salama, a confirmé sa présence à Washington afin « d’entériner l’accord de paix avec le Rwanda ».

Le cabinet international Gibson Dunn vise le Maroc

Le cabinet international Gibson Dunn prépare son implantation au Maroc avec une stratégie orientée vers l’accompagnement des investisseurs Américains. La firme ambitionne de se positionner comme partenaire juridique de référence pour les acteurs souhaitant opérer dans les secteurs stratégiques des banques et de la transition énergétique. En ligne de mire : le conseil aux institutions financières, ainsi que les projets liés aux énergies renouvelables, à l’hydrogène vert et au dessalement, segments en forte croissance dans le Royaume. Cette offensive marque une nouvelle étape dans l’attractivité du marché marocain auprès du juridique américain, notamment sur les verticales de l’énergie propre et des infrastructures critiques.

Pour rappel, le cabinet Gibson, Dunn & Crutcher s’est imposé parmi les firmes juridiques les plus influentes au monde, en particulier sur les opérations internationales complexes, les fusions-acquisitions, le financement de projets et le regulatory advisory. Reconnu pour sa proximité historique avec les marchés américains, notamment à travers ses liens d’accompagnement avec des investisseurs et multinationales, le cabinet compte aujourd’hui plus de 1 800 avocats répartis dans plus de 20 bureaux sur trois continents. Son expertise couvre des secteurs hautement stratégiques comme les marchés financiers, l’énergie, les infrastructures, les télécommunications ou encore la conformité réglementaire.

Le Niger rompt avec le français Orano et porte son uranium sur le marché mondial

Le régime du Niger a annoncé dimanche 30 novembre au soir mettre sur le marché international l’uranium produit par la Somaïr, filiale du géant français Orano nationalisée par Niamey en juin. La Somaïr, Société des mines de l’Aïr, était détenue à 63,4 % par Orano et à 36,6 % par l’Etat du Niger. Orano en a perdu le contrôle opérationnel.

L’exploitation de l’uranium au Niger est au centre d’un bras de fer entre la junte, au pouvoir depuis un coup d’Etat perpétré en juillet 2023, et le groupe Orano. Un dossier qui illustre les tensions entre l’ex-puissance coloniale française et les militaires nigériens. Ces derniers ne cachent pas leur volonté de se tourner vers de nouveaux partenaires, comme l’Iran ou la Russie, quand Moscou a déclaré en juillet sa volonté d’exploiter l’uranium nigérien.

« Le Niger, digne, met sur le marché international sa propre production », a déclaré un journaliste de la télévision d’Etat Télé Sahel, rapportant des propos tenus récemment par le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani. Selon le média, le leader de la junte a revendiqué « le droit légitime du Niger de disposer de ses richesses naturelles, de les vendre à qui souhaite acheter, dans les règles du marché, en toute indépendance ».

L’un des plus importants gisements d’uranium au monde

Orano avait acté en décembre 2024 la perte du contrôle opérationnel de ses trois filiales minières au Niger : la mine de la Somaïr, celle de Cominak (fermée depuis 2021) et le gisement d’Imouraren. Ce dernier site est l’un des plus importants gisements d’uranium au monde, avec des réserves estimées à 200 000 tonnes. Niamey avait retiré à Orano son permis d’exploitation. En juin, la junte militaire a annoncé la nationalisation de la Somaïr.

Orano, dont le capital est détenu à plus de 90 % par l’Etat français, a engagé plusieurs procédures d’arbitrage international contre l’Etat du Niger. A la fin de septembre, l’entreprise a annoncé la décision en sa faveur d’un tribunal concernant la mine de la Somaïr. Selon Orano, ce tribunal a enjoint au Niger de ne pas vendre l’uranium produit par la Somaïr, dont le site compte environ 1 300 tonnes de concentré, représentant une valeur marchande de 250 millions d’euros.

Libye : L’affaire Baayo et les zones d’ombre de la finance pétrolière

Au centre de l’attention : Abdelhakim Baayo, un technocrate libyen au profil jusqu’ici plutôt discret, propulsé sur le devant de la scène par des accusations de mauvaise gestion, voire de détournement de fonds publics. Dans les détails, les soupçons qui pèsent sur Abdelhakim Baayo découlent principalement de rapports d’audit et d’enquêtes journalistiques, notamment celles relayées par le consortium OCCRP. Ils concernent sa période à la tête d’Alhammra, la filiale espagnole de la Lafico (Libyan Foreign Investment Company), elle-même une branche du fonds souverain libyen (LIA).

L’accusation centrale est celle d’un mélange des genres : Baayo aurait utilisé les ressources de la société étatique pour son enrichissement personnel. Le point focal de ce dossier est l’acquisition d’un luxueux appartement à Madrid. Selon les auditeurs, l’achat aurait été masqué par des jeux d’écritures comptables et l’utilisation de sociétés écrans, le tout facilité par le chaos administratif, attisé par les puissances étrangères comme les Emirats Arabes unis, qui régne à Tripoli. Cependant, face à ces allégations graves, Abdelhakim Baayo oppose un démenti formel. L’homme d’affaires, qui a par le passé nourri des ambitions présidentielles en Libye, voit dans ces révélations une manœuvre politique destinée à l’écarter de la scène nationale future. Pour sa défense, il s’appuie sur le terrain judiciaire. Baayo et ses conseils rappellent régulièrement que la justice espagnole a déjà été saisie de plaintes similaires concernant la gestion d’Alhammra et l’achat de cet appartement. Jusqu’à présent, les tribunaux ibériques ont classé ces affaires, estimant les preuves insuffisantes pour caractériser des infractions pénales. Une victoire juridique que l’intéressé brandit comme un bouclier contre ce qu’il qualifie de campagne de dénigrement.

L’Angola signe un protocole d’accord avec Alstom pour développer une ligne ferroviaire à Luanda

Le ministère angolais des Transports et le groupe français Alstom ont signé cette semaine un protocole d’accord portant sur le développement de la Blue Line, un projet de train suburbain destiné à renforcer l’offre de mobilité à Luanda. L’annonce a été faite en marge du 7ᵉ sommet Union africaine – Union européenne (UA-UE), tenu les 24 et 25 novembre dans la capitale angolaise.

Longue de 50 km, la Blue Line doit relier Cacuaco à Benfica en longeant la façade maritime de Luanda, dont elle vise à désengorger les principaux axes routiers. La ville est l’une des plus densément peuplées du continent africain, avec plus de 10 millions d’habitants, selon World Population. La collaboration doit analyser la viabilité commerciale, technique et stratégique de la ligne ferroviaire côtière. Des études de faisabilité complètes seront menées, ouvrant la voie à la mise en œuvre du projet si les conclusions sont jugées favorables.

Ce projet vient s’ajouter aux initiatives déjà engagées par les autorités angolaises pour moderniser le réseau ferroviaire urbain du pays. L’opérateur public exploite actuellement un service express reliant le centre-ville de la capitale aux zones périphériques, mais celui-ci reste freiné par des contraintes techniques, limitant la vitesse et la fréquence des navettes.

Certains projets évoqués depuis quelques années peinent par ailleurs à démarrer, faute de financement. C’est le cas du métro de surface devant raccorder le nouvel aéroport international António Agostinho Neto, en périphérie de Luanda.