Aérien Bpifrance engage un bras de fer avec Air Sénégal

Selon Africa Intelligence, la banque publique d’investissement française a engagé une action devant la justice afin de mettre la main sur deux appareils dont elle a garanti le financement. Une décision qui fait suite à d’importants impayés d’Air Sénégal dont la situation financière est profondément dégradée. Les appareils, obtenus dans le cadre d’un crédit-bail à l’export, sont utilisés par Air Sénégal en échange d’un loyer. Ils restent cependant la propriété de leurs créanciers jusqu’à l’échéance du contrat et peuvent être saisis si la compagnie ne respecte plus ses obligations financières. Depuis plusieurs mois, Bpifrance aurait alerté Air Sénégal sur ses retards répétés de paiement liés à ces appareils. Un conflit qui rappel celui de Carlyle Aviation concernant les deux Airbus A321 immobilisés, faute d’accord avec Air Sénégal.

Afin de pallier les carences causées par ces immobilisations, Air Sénégal multiplie les locations d’appareils par le biais de contrats ACMI (aircraft, crew, maintenance, insurance), une pratique s’avérant extrêmement coûteuse. Dans une tentative visant à alléger sa dette, évaluée à environ 150 millions d’euros, la compagnie a même récemment sous-traité une partie de son personnel, dont des pilotes, à Air Côte d’Ivoire, suscitant les critiques d’une partie de la classe politique.

Les États d’Afrique de l’Est ont demandé l’ouverture des frontières pour les petits commerçants.

  • La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.
  • Elles comprennent  la révision des règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle et le renforcement de la connectivité régionale.

Les petites entreprises peuvent contribuer davantage à la croissance économique de l’Afrique de l’Est si la région parvient à une liberté de circulation absolue des biens et des personnes.

La secrétaire générale de la Communauté d’Afrique de l’Est, Veronica Nduva, dans un discours lu en son nom par sa vice-présidente, Annette Mutaawe, a présenté plusieurs mesures qui seront prises pour soutenir les petits commerçants de la région.

Il s’agit notamment de réviser les règles d’origine de la CAE afin de les rendre plus favorables au commerce et alignées sur la croissance industrielle, et d’améliorer la connectivité régionale grâce à des réseaux d’infrastructures harmonisés et interopérables qui facilitent la circulation fluide des biens, des services et des personnes à travers nos frontières, comme les portiques intelligents.

Elle a également plaidé pour la mise en œuvre du système de paiement et de règlement de la CAE afin de simplifier les paiements transfrontaliers, de réduire les coûts de transaction et de permettre les règlements en monnaies locales ; et pour l’expansion des réseaux d’apprentissage et de renforcement des capacités, en particulier pour les femmes et les jeunes, afin d’améliorer leur participation au commerce transfrontalier.

Nduva a souligné l’importance des petits commerçants dans l’économie régionale, affirmant qu’ils représentent près de 90 % des nouveaux emplois et contribuent à plus de 30 % du PIB de la CAE.

« Les autorités locales doivent permettre aux petites entreprises d’Afrique de l’Est de commercer librement afin de stimuler davantage le commerce régional, qui a progressé de 27,1 % l’an dernier, passant de 14,2 milliards de dollars (1,8 billion de shillings kenyans) à 18 milliards de dollars (2,3 billions de shillings kenyans) », a-t-elle déclaré.

« Ces résultats témoignent de l’intégration croissante des marchés entre nos huit États partenaires et de la vigueur grandissante de notre marché intérieur. »

Le commerce total de la CAE avec le reste du monde a augmenté de 22 %, passant de 115,4 milliards de dollars (14,9 billions de shillings kényans) (juin 2024) à 140,8 milliards de dollars (18,2 billions de shillings kényans) (juin 2025).

Elle a qualifié le salon EAC MSMEs de l’une des plateformes régionales les plus durables et les plus influentes, rassemblant artisans, innovateurs et petites entreprises de tous les États partenaires.

« Elle constitue un marché dynamique permettant de présenter des produits, d’élargir l’accès au marché et de développer des réseaux d’affaires régionaux. »

Le salon a débuté en 1999 à Arusha avec seulement 134 PME. Il accueille cette année 2 331 exposants, soit près du double des 1 334 exposants qui avaient participé à l’édition précédente à Juba.

Elle s’est montrée optimiste quant à la croissance économique de la région, affirmant que les indicateurs macroéconomiques reflètent une résilience et un dynamisme qui lui ont permis de maintenir un taux de croissance moyen du PIB de 5,3 %.

« Pour l’avenir, les secteurs de l’agriculture et de la fabrication devraient enregistrer une croissance continue, soutenue par de solides performances commerciales et par le développement du tissu industriel régional. »

Elle a indiqué qu’actuellement, les exportations de produits manufacturés représentent moins de 30 % des exportations totales, composées principalement de ciment, de textiles et de produits chimiques de base, avec une solide base agricole offrant un immense potentiel pour l’agro-transformation et les industries à valeur ajoutée.

« En approfondissant les chaînes de valeur régionales, en stimulant l’innovation et en renforçant les capacités des MPME, nous pouvons passer d’une structure d’exportation dominée par les matières premières à une structure axée sur des biens manufacturés diversifiés et à forte valeur ajoutée. »

Elle a souligné les principales réalisations accomplies à ce jour dans le domaine du commerce régional, notamment l’harmonisation de près de 2 040 normes régionales et la réduction de 50 % du délai moyen de résolution des obstacles non tarifaires.

Selon la CAE, le temps de dédouanement des marchandises aux frontières a diminué de 75 %, la plupart des transactions étant désormais effectuées en moins d’une journée grâce à la mise en œuvre des guichets uniques aux frontières, à la connectivité numérique des principaux organismes de facilitation du commerce et à d’autres initiatives transfrontalières.

Parallèlement, la communauté s’est associée à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) pour élaborer une stratégie et un plan d’action régionaux pour l’économie bleue (2025-2034) 

La stratégie et le plan d’action ont été élaborés avec le soutien technique et financier du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est de la CEA (SRO-EA).

Il fournit un cadre global pour l’utilisation durable et la conservation des ressources aquatiques, notamment les océans, les lacs et les rivières, afin de stimuler le développement socio-économique et d’améliorer la sécurité alimentaire dans toute la Communauté d’Afrique de l’Est.

Ses principaux objectifs sont de maximiser le potentiel économique par la création d’emplois et la création de valeur ajoutée, de réduire la pauvreté et de promouvoir la coopération régionale, tout en assurant la durabilité environnementale.

Point essentiel, cette stratégie est directement liée à l’action climatique. Elle promeut un développement sobre en carbone et renforce la résilience climatique de la région en protégeant et en restaurant des écosystèmes aquatiques vitaux, tels que les mangroves et les récifs coralliens, qui constituent des défenses naturelles et d’importants puits de carbone bleu.

En outre, la stratégie vise à orienter la mise en œuvre des activités de l’économie bleue aux niveaux national et régional, à renforcer l’intégration régionale et à consolider le soutien apporté aux États partenaires pour traduire les politiques en actions concrètes.

La stratégie attend désormais l’approbation finale du Conseil des ministres de la CAE lors de sa prochaine réunion.

Le littoral de la région, long de 3 000 kilomètres et bordant l’océan Indien, combiné à des systèmes d’eau douce comme le lac Victoria, recèle un potentiel inexploité, notamment en matière de pêche durable, d’aquaculture, de transport maritime, d’énergies renouvelables et de tourisme marin.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de la pêche en Afrique pourrait croître de 10 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie s’il est géré de manière durable.

Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda représentent déjà plus de 60 % de la production halieutique de la région, mais leur contribution au PIB reste faible.

Le problème ne réside pas dans la disponibilité des ressources, mais dans l’absence de stratégie cohérente. Les infrastructures, les cadres réglementaires et les mécanismes d’investissement sont en retard par rapport au potentiel du secteur.

Malgré cela, la  région est confrontée à des menaces croissantes liées aux changements climatiques, notamment l’érosion côtière, la montée du niveau de la mer et la diminution des stocks de poissons. 

Nigeria : Zenith Bank étudie des opportunités d’expansions en Afrique de l’Est

Zenith Bank, l’un des plus grands groupes bancaires du Nigeria, a informé ses actionnaires qu’elle étudie plusieurs pistes d’expansion régionale. Dans une note datée du mardi 18 novembre 2025, la banque explique avoir engagé des échanges avec différentes autorités de régulation, afin d’examiner la possibilité d’entrer sur des marchés d’Afrique de l’Est.

L’extension envisagée peut inclure l’acquisition d’établissements financiers déjà présents dans la région. Cette approche correspond à la stratégie de long terme de la banque, qui repose sur l’augmentation de sa présence en Afrique subsaharienne et sur la diversification de ses sources de revenus.

Réaction aux rumeurs sur Paramount Bank

La communication de Zenith Bank intervient après la diffusion de rumeurs annonçant un rachat de Paramount Bank, un établissement bancaire kényan de petite taille. Selon ces rumeurs, la banque nigériane aurait déjà engagé des discussions avancées pour une acquisition.

Zenith Bank précise qu’aucune décision n’a été prise et qu’aucune transaction n’est en cours. La direction rappelle que toute conclusion hâtive publiée sans autorisation officielle ne reflète pas la réalité du processus interne.

À ce jour, elle ne dispose d’aucune implantation en Afrique de l’Est. Elle concentre toutefois ses premières étapes d’expansion continentale sur l’Afrique francophone.

Notons par ailleurs qu’elle a ouvert une succursale à Paris en novembre 2024, une implantation stratégique destinée à faciliter les transactions euro-africaines et à renforcer les relations avec les investisseurs institutionnels.

Dans la continuité, la banque nigériane a annoncé son intérêt pour le Cameroun et la Côte d’Ivoire, deux marchés où les groupes bancaires nigérians renforcent progressivement leur présence. L’ambition est d’étendre progressivement son réseau africain, tout en adaptant ses opérations aux exigences réglementaires locales et aux besoins de financement des économies où elle souhaite s’implanter.

Pour rappel, Zenith Bank suit les pas d’autres institutions nigérianes qui se sont déjà installées au Kenya. Au cours des cinq dernières années, United Bank for Africa (UBA) et Guaranty Trust Bank (GTBank), ont en effet pénétré le marché kényan, marquant ainsi une évolution des institutions financières ouest-africaines qui cherchent à se développer au-delà de leurs marchés nationaux. En avril 2025, Access Bank a finalisé l’acquisition de National Bank of Kenya (NBK), filiale du groupe KCB. L’opération a été validée par les autorités réglementaires des deux pays, et certains actifs de la NBK ont été transférés à KCB Bank Kenya, selon la loi bancaire kényane.

Actifs publics: le Sénégal s’associe à la BOAD

L’État du Sénégal et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ont annoncé dans un communiqué publié ce lundi 24 novembre 2025, la création du Fonds de valorisation des actifs du Sénégal (Fovas). Il s’agit d’un nouvel outil destiné à regrouper des infrastructures publiques jugées stratégiques au sein d’un mécanisme unique.

Le but est de mobiliser des ressources financières supplémentaires pour l’État, en s’appuyant sur ces actifs publics que le pays possède. Le Fovas intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à renforcer sa stratégie de financement, sans envisager une restructuration de sa dette publique comme le recommandait le FMI. Le gouvernement souhaite plutôt diversifier ses sources de revenus internes et améliorer la mobilisation des recettes disponibles.

Le principe du Fovas est simple : utiliser les infrastructures existantes comme sources de revenus. Les actifs concernés peuvent être des routes, des ports, des aéroports, des bâtiments publics, ou encore des installations logistiques. Le fonds cherchera à organiser leur exploitation économique pour générer des recettes. Les revenus obtenus serviront à financer de nouveaux projets et soutenir la croissance économique. Le mécanisme permettra aussi de réduire la pression sur le budget public.

La BOAD apportera son expertise en structuration financière. Elle jouera aussi un rôle d’intermédiaire pour attirer des investisseurs privés et des partenaires internationaux capables d’accompagner le fonds dans son développement.

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Marchés africains | Aliments pour bébés : Nestlé accusé de tromperie sur marchandise

Une enquête publiée par Public Eye relance le débat sur les pratiques de Nestlé en matière d’alimentation infantile en Afrique. L’ONG suisse a déclaré, mardi 18 novembre, que la multinationale propose sur le continent des céréales pour bébés contenant des niveaux élevés de sucres ajoutés, alors que les produits équivalents vendus en Europe n’en contiennent pas.

Nestlé rejette ces accusations et affirme se conformer à toutes les réglementations en vigueur.

Ce n’est pas la première fois que l’ONG suisse aborde ce problème. L’an dernier, elle avait publié un rapport révélant la présence de quantités importantes de sucres ajoutés dans des marques phares telles que Nido et Cerelac, exportées vers les pays les moins avancés d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, alors que les mêmes produits destinés à l’Europe n’en contenaient pas.

Selon l’enquête, Public Eye et ses partenaires ont acheté une centaine de produits Cerelac dans vingt pays africains, puis les ont fait analyser par Inovalys, un laboratoire français spécialisé dans l’agroalimentaire.

Comment Ecobank s’impose face aux géants bancaires anglophones

Dans un paysage bancaire africain dominé depuis deux décennies par les mastodontes anglophones, Ecobank Transnational Incorporated (ETI) affiche une trajectoire ascendante qui bouleverse les équilibres régionaux.

Présent dans 33 pays, le groupe panafricain a gagné plusieurs places dans le classement des banques les plus performantes du continent, confirmant une dynamique que peu d’acteurs francophones avaient réussi à enclencher jusqu’ici. Au-delà de la communication institutionnelle, cette progression repose sur une stratégie méthodique, calibrée sur l’intégration régionale, la consolidation opérationnelle et une accélération digitale désormais au cœur de son modèle.

Un modèle panafricain devenu un avantage stratégique

L’une des forces d’Ecobank réside dans une implantation géographique unique. Avec le réseau le plus étendu d’Afrique subsaharienne, la banque bénéficie d’un socle permettant de mutualiser ses plateformes techniques, ses solutions de paiements et ses infrastructures de trésorerie. Cette architecture lui confère des effets d’échelle rares : coûts rationalisés, gestion des risques uniformisée, offre unifiée pour les entreprises opérant sur plusieurs marchés. Dans les classements récents, Ecobank s’est distingué par son efficacité opérationnelle : 5ᵉ en rentabilité et 9ᵉ en rendement des actifs (ROA). Des indicateurs qui traduisent une montée en puissance maîtrisée et un repositionnement crédible face aux groupes nigérians ou sud-africains, traditionnellement dominants. En chiffre, Son taux de créances non performantes est, lui, passé de 6,6 % à 5,7 % entre les premiers semestres 2024 et 2025. En parallèle, le groupe a signé un partenariat avec Google, en juillet, en vue d’utiliser l’IA pour certaines tâches répétitives. Il s’est également concentré sur l’automatisation de l’évaluation  du risque de crédit afin de gagner encore en rentabilité.

Consolidation avant expansion : une rupture avec l’ancienne doctrine

Contrairement aux logiques d’expansion agressive adoptées par plusieurs banques africaines au début des années 2010, Ecobank a recentré son effort sur les marchés où il dispose déjà de leviers solides.

Cette stratégie de consolidation présente trois avantages majeurs :

  • Optimisation des marges avant tout nouvel investissement régional.
  • Stabilisation du risque opérationnel, un enjeu critique dans un réseau multi-pays.
  • Renforcement de la qualité des actifs, indispensable dans un contexte bancaire de plus en plus régulé.

Loin d’une contraction défensive, cette méthode s’apparente à une phase de durcissement structurel, préalable à une expansion plus sélective et mieux financée.

Le digital comme moteur de compétitivité

L’autre pilier clé de la transformation du groupe est technologique.

Dans un continent où l’interopérabilité, les transactions transfrontalières et le mobile-money redéfinissent les usages, Ecobank a fait du digital un différenciateur stratégique, et non un simple outil complémentaire.

Le groupe mise aujourd’hui sur :

  • une plateforme unifiée pour les paiements régionaux,
  • des solutions de gestion de trésorerie adaptées aux multinationales africaines,
  • une infrastructure technologique harmonisée d’un pays à l’autre.

Résultat : réduction des coûts, accélération du traitement des transactions et montée en gamme sur les services à valeur ajoutée, d’où une place renforcée dans les secteurs corporate et PME internationales.

Des performances financières qui confortent le repositionnement

Cette transformation interne se lit dans les comptes du groupe : coûts sous contrôle, productivité améliorée, rentabilité consolidée.

Dans un contexte où plusieurs banques panafricaines naviguent difficilement entre inflation, volatilité des devises et durcissement règlementaire, Ecobank apparaît comme l’un des rares groupes à réussir à convertir son modèle multi-pays en avantage compétitif.

La diversification géographique protège le groupe des chocs locaux, tandis que l’ancrage digital réduit la dépendance historique au réseau physique, coûteux et complexe.

Des risques toujours présents, mais mieux maîtrisés

Malgré cette dynamique, les défis structurels demeurent :

  • Régulations hétérogènes selon les pays
  • Concurrence croissante des banques nigérianes (UBA, Access Bank, FirstBank)
  • Pression des fintechs locales et régionales
  • Risques liés au taux de change et aux environnements macro-économiques fragiles

Mais Ecobank aborde ces défis avec un modèle restructuré et une gouvernance davantage orientée vers la performance et la discipline opérationnelle. Loin d’un simple effet de cycle, la progression d’Ecobank s’inscrit dans une stratégie pensée sur le long terme : consolider, digitaliser, standardiser, avant d’étendre.

En s’appuyant sur une plateforme unique sur le continent et une architecture technologique transfrontalière, la banque panafricaine se positionne comme un challenger sérieux des géants anglophones, capable de rééquilibrer le rapport de force dans la finance africaine.

Son évolution sera l’un des marqueurs à suivre dans la reconfiguration actuelle du secteur bancaire sur le continent.

DAMANE CASH and Yassir Join Forces to Boost Digital Payments in Morocco


Damane Cash partners with Yassir to streamline financial flows for thousands of drivers and couriers across Morocco, reinforcing the country’s shift toward digital payments. Through this alliance, Damane Cash leverages its payment expertise, cash-flow management technology and nationwide network to offer Yassir users faster, safer and more accessible payment solutions — enabling them to receive and manage their earnings easily, anywhere in the country. By teaming up with Yassir, Damane Cash reaffirms its role as a catalyst for payment transformation and financial inclusion in Morocco.

General Electric et l’Angola : autopsie d’un scandale à 1,1 milliard de dollars

En choisissant la société portugaise controversée Aenergy comme intermédiaire commercial à Luanda, le géant énergétique américain a emprunté une voie périlleuse . Nous retraçons l’une des plus grandes fraudes africaines  contemporaines…

Pendant des années, le dossier est resté un bruit de fond, une rumeur lourde circulant dans les couloirs des ministères à Luanda et dans les open spaces feutrés du siège africain de General Electric. Il a fallu l’arrestation d’un cadre du groupe aux États-Unis et la publication d’éléents accablants pour que la lumière se fasse, lentement, sur ce qui s’annonce comme l’un des scandales industriels les plus retentissants de l’Afrique moderne.

Un scandale où se mêlent ambitions nationales, opacité administrative, mécanismes financiers de haute voltige et manipulations documentaires dont l’ampleur dépasse les frontières angolaises.

L’Angola veut moderniser son électricité — et voit grand

  • L’Angola est dans une phase de transition complexe. Après des années de boom pétrolier, le pays cherche à moderniser ses infrastructures et résoudre l’un de ses vieux démons : un réseau électrique fragile, vieillissant, marqué par des délestages chroniques.

C’est dans ce contexte que le gouvernement angolais signe un accord majeur avec GE Capital, la branche financière du géant américain General Electric :

un financement de 1,1 milliard de dollars destiné à soutenir une série de contrats structurants dans les secteurs de l’énergie et de l’eau.

L’opération est calibrée comme un symbole. L’Angola veut montrer qu’il peut attirer les grands noms mondiaux, sécuriser des technologies de pointe et mettre en œuvre un programme énergétique ambitieux pour répondre à la hausse rapide de la demande intérieure. Le financement doit couvrir treize projets, allant de l’installation de turbines mobiles TM2500 à la rénovation d’infrastructures stratégiques. Une société angolaise est désignée comme maître d’œuvre local, en coordination avec GE Power, fournisseur technique du matériel. Lorsque les premiers décaissements tombent — plus de 640 millions de dollars dès décembre 2017 —, l’optimisme est total. À Luanda, on parle déjà de “changements visibles” à court terme.

Mais derrière cette mise en scène moderniste, des fissures commencent à apparaître.

Un engrenage trouble : turbines fantômes et documents douteux

Très vite, un élément inattendu surgit : les chiffres ne correspondent plus. Les contrats initiaux prévoient la fourniture de huit turbines TM2500 .un matériel lourd, stratégique, dont chaque unité coûte des dizaines de millions de dollars. Mais des responsables de GE Angola affirment que douze, voire quatorze turbines auraient été commandées. Une différence énorme, aux conséquences financières vertigineuses. Pour justifier ces commandes additionnelles, des lettres d’intention supposément émises par des entreprises publiques angolaises — ENDE et PRODEL — sont présentées. Sur le papier, elles semblent authentiques : logos officiels, signatures, cachets institutionnels. Pourtant, quelque chose cloche. La société angolaise partenaire, censée être au cœur du dispositif, affirme n’avoir jamais eu connaissance de ces lettres. Pire : plusieurs documents semblent avoir été produits en dehors des procédures administratives habituelles. L’affaire prend un tournant lorsque, face aux incohérences répétées, la société demande l’ouverture d’une enquête pénale pour déterminer si ces documents ne seraient pas des faux grossiers. Au lieu de donner suite, le ministère de l’Énergie et de l’Eau réagit brusquement : en septembre 2019, il résilie unilatéralement l’ensemble des treize contrats, invoquant une rupture de confiance.

Du jour au lendemain, le programme énergétique de 1,1 milliard de dollars est stoppé net.

L’explosion judiciaire : un cadre de GE rattrapé par la justice américaine

L’affaire aurait pu s’arrêter là, dans le flou et l’opacité habituels des litiges industriels en Afrique. Mais un événement va tout bouleverser. En 2024, un ancien dirigeant de  General Electric Angola, Wilson Daniel  Freita Da Costa, est arrêté aux États-Unis. L’homme, présenté comme un rouage essentiel des opérations angolaises de GE, est accusé d’avoir orchestré une vaste manipulation documentaire.

Son procès révèle des éléments stupéfiants :

  • Utilisation de faux documents sur papier à en-tête officiel angolais,
  • Falsification de signatures de dirigeants d’entreprises publiques,
  • Création de fausses demandes d’équipements non prévus,
  • Communication trompeuse avec GE Capital pour débloquer des fonds supplémentaires,
  • Utilisation des circuits financiers internationaux pour valider des opérations fictives.

En mars 2025, le verdict tombe :

sept ans de prison pour fraude électronique et usurpation d’identité aggravée. Une condamnation lourde, rare dans les affaires internationales liées à l’énergie, et qui confirme l’existence d’un schéma organisé pour détourner ou manipuler les flux financiers liés au prêt angolais.

Le grand flou : où est passé l’argent ?

Au cœur du scandale demeure une zone grise, épaisse, opaque : quelle partie du financement a réellement été utilisée pour des équipements livrés ? Et que reste-t-il aujourd’hui des actifs financés par les 1,1 milliard de dollars ?

Les éléments connus laissent penser que :

  • Certaines turbines n’ont jamais été commandées officiellement,
  • D’autres n’auraient jamais été livrées,
  • Et une partie des fonds débloqués pourrait avoir servi à financer des opérations non conformes aux contrats initiaux.

Le gouvernement angolais, en annulant les contrats, a laissé en suspens la question des responsabilités financières. La société angolaise partenaire accuse l’État de rupture abusive. GE, de son côté, affirme avoir agi sur la base de documents “présentés comme authentiques”. Pour les citoyens angolais, l’impression est amère : une dette publique colossale a été engagée, mais les bénéfices tangibles restent difficiles à identifier.

Un miroir de la gouvernance angolaise : fragilités, opacités et opportunisme

Au-delà des chiffres, cette affaire agit comme un révélateur de la gouvernance angolaise.

Elle met en lumière :

  • Un État où les chaînes de validation administrative sont poreuses,
  • Une faible traçabilité des grands contrats,
  • Une dépendance excessive aux intermédiaires,
  • Un déficit de contrôle des financements internationaux,
  • Et une tendance à gérer les crises par la rupture plutôt que par l’audit.

Pour un pays qui cherche à attirer des investisseurs pour sa diversification économique, le signal envoyé est préoccupant. Pour General Electric, cette affaire est un coup dur. Elle interroge la capacité du groupe américain à sécuriser ses opérations dans des environnements institutionnels fragiles et à détecter les manipulations internes.

Plus qu’un scandale : un tournant

L’affaire GE–Angola n’est pas un simple litige commercial. C’est un révélateur systémique. Elle montre comment un pays engagé dans une modernisation rapide peut être piégé par sa propre fragilité institutionnelle — et comment une multinationale peut devenir l’acteur involontaire, ou complaisant, d’un montage aux contours douteux. Elle rappelle aussi une vérité fondamentale : dans le secteur de l’énergie, les grands projets reposent autant sur des turbines et des câbles que sur la confiance, la transparence et l’intégrité des acteurs.

L’ombre de la famille dos Santos

Sous la houlette du ministre de l’Énergie et de l’Eau, toujours en poste aujourd’hui, et après des années de politique énergétique volontariste, l’Angola est parvenu à tripler sa production électrique, passant de 2 400 mégawatts (MW) en 2015 à 6 200 MW en 2023 – les douze turbines ne représentent qu’environ 300 MW sur ce total. Toutefois, « l’affaire des turbines » a mis à nu des failles structurelles dans un régime rongé par la corruption au moment de la prise de pouvoir de João Lourenço, en 2017. Huit ans après cette affaire, à Lisbonne, l’ombre de la famille dos Santos plane toujours sur la soudaine puissance financière de Ricardo Machado – et sur les zones grises d’un mégacontrat dans lequel intérêts d’État et performances d’entreprise se sont dangereusement confondus

Chronologie des faits

L’ONMT et EasyJet scellent un accord

L’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) annonce un partenariat stratégique de cinq ans avec EasyJet. Cette alliance prévoit l’ouverture de la première base hors Europe de la compagnie à Marrakech, l’affectation de trois Airbus, une hausse de 17 % de l’offre vers le Maroc dès 2026 et une projection ambitieuse de 12 millions de passagers à l’horizon 2030.

L’Office National Marocain du Tourisme officialise la signature d’un partenariat stratégique de cinq ans avec EasyJet, visant à accélérer la montée en puissance du Maroc sur la scène touristique mondiale. Cet accord, initié et piloté par l’ONMT, vise à renforcer durablement la connectivité internationale du Royaume en s’appuyant sur l’une des compagnies les plus influentes du continent européen.

Au cœur de cette alliance, EasyJet inaugure sa première base opérationnelle hors Europe à l’aéroport de Marrakech. Cette implantation constitue un signal fort de confiance dans le potentiel du Maroc et résulte de négociations approfondies menées par l’ONMT. Trois Airbus y seront basés dès le lancement, pour un investissement global supérieur à 150 millions d’euros. Il s’agit du premier engagement de ce type dans un nouveau pays pour EasyJet depuis de nombreuses années.

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La montée en capacité se traduira dès 2026 par une augmentation de 17 pour cent de l’offre vers le Maroc, accompagnée d’un développement renforcé des séjours via EasyJet Holidays. Cette dynamique permettra une diffusion élargie des flux touristiques à travers le pays, en cohérence avec la stratégie de diversification et d’expansion portée par l’ONMT.

L’ouverture de la base de Marrakech générera près de 100 emplois directs ainsi que plusieurs milliers d’emplois indirects dans l’aérien, le tourisme et les services. Chaque avion basé représente environ 30 millions d’euros de valeur ajoutée brute pour le tissu économique local, confirmant le rôle structurant de l’aérien dans la croissance territoriale.

Maroc : Mohamed Alami Nafakh-Lazrak signe un partenariat stratégique avec Rixos Hotels

Le Groupe Alliances, vient de conclure un partenariat stratégique avec Rixos Hotels, marquant l’entrée au Maroc de la prestigieuse chaîne turque.

Ce rapprochement, représentant un investissement global de 3 milliards de DH, introduit dans le Royaume un concept inédit : le « Palace tout compris », version haut de gamme du modèle « all inclusive » qui fait la renommée internationale de Rixos.

Sous l’impulsion de son PDG, Mohamed Alami Nafakh-Lazrak, Alliances confirme sa position de pionnier du développement touristique et immobilier. Après plus de trois décennies à façonner les territoires, il franchit une nouvelle étape, plaçant le Maroc sur la carte des destinations de luxe intégral. Ce partenariat incarne une vision claire : conjuguer excellence, hospitalité et attractivité économique au service du rayonnement du Royaume, à la veille de la Coupe du monde 2030.

Trois projets phares sont déjà lancés : deux à Marrakech — un vaste complexe Rixos de 400 chambres et 60 villas sur 26 hectares, et l’Aliée Marrakech, établissement lifestyle luxe — ainsi qu’un troisième à Larache, au cœur de la station Lixus, avec 400 chambres et une ambition de relance régionale. À l’horizon 2029, ces projets devraient générer plus de 5 000 emplois directs et indirects, consolidant le rôle d’Alliances comme acteur majeur du développement touristique national.

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