Kenya : le gouvernement dĂ©mantĂšle Safaricom…
Le gouvernement kényan poursuit son projet de scinder le géant des télécommunications Safaricom en trois entités distinctes, tout en finalisant une transaction visant à réduire sa participation et à céder le contrÎle majoritaire au groupe sud-africain Vodacom.
Le secrĂ©taire au TrĂ©sor, John Mbadi, a dĂ©clarĂ© que le gouvernement souhaite scinder la plus grande entreprise d’Afrique de l’Est en trois entitĂ©s : un opĂ©rateur de tours de tĂ©lĂ©phonie mobile, une sociĂ©tĂ© de technologies financiĂšres et une entreprise de tĂ©lĂ©communications, rapporte Bloomberg . Ce dĂ©mantĂšlement est discutĂ© en parallĂšle d’une autre transaction en cours, dans le cadre de laquelle Vodacom acquerra 20 % de parts supplĂ©mentaires dans Safaricom.
Cette acquisition permettra Ă Vodacom d’acquĂ©rir une participation de 15 % auprĂšs du gouvernement du Kenya et une participation de 5 % auprĂšs de Vodafone pour un montant total en espĂšces de 2,4 milliards de dollars amĂ©ricains, ce qui lui donnera une participation majoritaire de 55 % .
L’accord prĂ©voit le versement d’un dividende anticipĂ© de 40,2 milliards de shillings kenyans (environ 311 millions de dollars amĂ©ricains) par Vodacom au gouvernement kenyan. La sociĂ©tĂ© sud-africaine espĂšre rĂ©cupĂ©rer cette somme grĂące aux futurs dividendes versĂ©s par Safaricom d’ici deux Ă trois ans. La finalisation de l’acquisition est prĂ©vue pour le premier trimestre 2026, sous rĂ©serve de l’obtention des autorisations rĂ©glementaires.
La proposition de scission intervient alors que Safaricom affiche d’excellents rĂ©sultats financiers. L’entreprise a rĂ©cemment annoncĂ© une hausse de 52,1 % de son bĂ©nĂ©fice net consolidĂ©, qui s’Ă©lĂšve Ă 42,8 milliards de shillings kenyans (environ 331 millions de dollars amĂ©ricains) pour le semestre clos en septembre 2025. Son service de paiement mobile M-PESA, composante essentielle de la future filiale fintech, a enregistrĂ© une croissance de son chiffre d’affaires de 14 % au Kenya sur la mĂȘme pĂ©riode. L’Ă©valuation du gouvernement conclut Ă un « avantage considĂ©rable » de la scission de l’entreprise, mais le plan dĂ©finitif doit encore ĂȘtre approuvĂ© par le Conseil des ministres.
Les analystes et les autoritĂ©s de rĂ©gulation dĂ©battent depuis longtemps de la sĂ©paration des activitĂ©s de Safaricom, notamment de sa plateforme M-PESA, qui gĂšre plus de 90 % des transactions de paiement mobile au Kenya. Les partisans de cette sĂ©paration estiment qu’une entitĂ© M-PESA indĂ©pendante serait placĂ©e sous la supervision directe de la Banque centrale du Kenya, ce qui renforcerait potentiellement la stabilitĂ© financiĂšre et le contrĂŽle rĂ©glementaire. La direction de Safaricom s’est toujours opposĂ©e Ă une scission, son PDG, Peter Ndegwa, affirmant l’an dernier que la cession de M-PESA n’augmenterait pas la valeur actionnariale.
La sĂ©paration proposĂ©e permettrait Ă l’unitĂ© de tĂ©lĂ©communications de se concentrer sur la voix et les donnĂ©es, Ă l’activitĂ© de gestion des tours de tĂ©lĂ©communications de gĂ©rer l’infrastructure physique du rĂ©seau, et Ă M-PESA d’opĂ©rer en tant que sociĂ©tĂ© de services financiers indĂ©pendante. Ce changement structurel reprĂ©senterait une Ă©volution majeure pour une entreprise profondĂ©ment intĂ©grĂ©e Ă l’Ă©conomie kĂ©nyane et qui connaĂźt Ă©galement une expansion rapide en Ăthiopie, oĂč elle a rĂ©cemment atteint 10 millions de clients malgré la persistance des hostilitĂ©s .

