Kenya : le gouvernement dĂ©mantĂšle Safaricom…

Le gouvernement kényan poursuit son projet de scinder le géant des télécommunications Safaricom en trois entités distinctes, tout en finalisant une transaction visant à réduire sa participation et à céder le contrÎle majoritaire au groupe sud-africain Vodacom.

Le secrĂ©taire au TrĂ©sor, John Mbadi, a dĂ©clarĂ© que le gouvernement souhaite scinder la plus grande entreprise d’Afrique de l’Est en trois entitĂ©s : un opĂ©rateur de tours de tĂ©lĂ©phonie mobile, une sociĂ©tĂ© de technologies financiĂšres et une entreprise de tĂ©lĂ©communications, rapporte Bloomberg . Ce dĂ©mantĂšlement est discutĂ© en parallĂšle d’une autre transaction en cours, dans le cadre de laquelle Vodacom acquerra 20 % de parts supplĂ©mentaires dans Safaricom.

Cette acquisition permettra Ă  Vodacom d’acquĂ©rir une participation de 15 % auprĂšs du gouvernement du Kenya et une participation de 5 % auprĂšs de Vodafone pour un montant total en espĂšces de 2,4 milliards de dollars amĂ©ricains, ce qui lui donnera une participation majoritaire de 55 % .

L’accord prĂ©voit le versement d’un dividende anticipĂ© de 40,2 milliards de shillings kenyans (environ 311 millions de dollars amĂ©ricains) par Vodacom au gouvernement kenyan. La sociĂ©tĂ© sud-africaine espĂšre rĂ©cupĂ©rer cette somme grĂące aux futurs dividendes versĂ©s par Safaricom d’ici deux Ă  trois ans. La finalisation de l’acquisition est prĂ©vue pour le premier trimestre 2026, sous rĂ©serve de l’obtention des autorisations rĂ©glementaires.

La proposition de scission intervient alors que Safaricom affiche d’excellents rĂ©sultats financiers. L’entreprise a rĂ©cemment annoncĂ© une hausse de 52,1 % de son bĂ©nĂ©fice net consolidĂ©, qui s’Ă©lĂšve Ă  42,8 milliards de shillings kenyans (environ 331 millions de dollars amĂ©ricains) pour le semestre clos en septembre 2025. Son service de paiement mobile M-PESA, composante essentielle de la future filiale fintech, a enregistrĂ© une croissance de son chiffre d’affaires de 14 % au Kenya sur la mĂȘme pĂ©riode. L’Ă©valuation du gouvernement conclut Ă  un « avantage considĂ©rable » de la scission de l’entreprise, mais le plan dĂ©finitif doit encore ĂȘtre approuvĂ© par le Conseil des ministres.

Les analystes et les autoritĂ©s de rĂ©gulation dĂ©battent depuis longtemps de la sĂ©paration des activitĂ©s de Safaricom, notamment de sa plateforme M-PESA, qui gĂšre plus de 90 % des transactions de paiement mobile au Kenya. Les partisans de cette sĂ©paration estiment qu’une entitĂ© M-PESA indĂ©pendante serait placĂ©e sous la supervision directe de la Banque centrale du Kenya, ce qui renforcerait potentiellement la stabilitĂ© financiĂšre et le contrĂŽle rĂ©glementaire. La direction de Safaricom s’est toujours opposĂ©e Ă  une scission, son PDG, Peter Ndegwa, affirmant l’an dernier que la cession de M-PESA n’augmenterait pas la valeur actionnariale.

La sĂ©paration proposĂ©e permettrait Ă  l’unitĂ© de tĂ©lĂ©communications de se concentrer sur la voix et les donnĂ©es, Ă  l’activitĂ© de gestion des tours de tĂ©lĂ©communications de gĂ©rer l’infrastructure physique du rĂ©seau, et Ă  M-PESA d’opĂ©rer en tant que sociĂ©tĂ© de services financiers indĂ©pendante. Ce changement structurel reprĂ©senterait une Ă©volution majeure pour une entreprise profondĂ©ment intĂ©grĂ©e Ă  l’Ă©conomie kĂ©nyane et qui connaĂźt Ă©galement une expansion rapide en Éthiopie, oĂč elle a rĂ©cemment atteint 10 millions de clients malgré la persistance des hostilitĂ©s .

Au SĂ©nĂ©gal, des propositions de l’ambassadrice de France dĂ©rangent…

Selon Jeune Afrique, des propositions de l’ambassadrice de France à Dakar concernant un patron de presse sĂ©nĂ©galais – poursuivi dans son pays pour des transactions financiĂšres suspectes, dont les sommes seraient placĂ©es en France –, n’ont pas plu au gouvernement sĂ©nĂ©galais. Celui-ci dit voir dans ses dĂ©clarations « une forme d’ingĂ©rence ».

Le SĂ©nĂ©gal accuse la France de refuser l’extradition de deux de ses ressortissants, dont le patron de presse Madiambal Diagne et un homme d’affaires. Les autoritĂ©s sĂ©nĂ©galaises leur imputent « des faits graves de corruption et de dĂ©tournement de deniers publics », dans un communiquĂ© publiĂ© lundi 15 dĂ©cembre.

« L’attitude de l’ambassadrice de France, qui semble relativiser la gravitĂ© des faits de corruption et de dĂ©tournement de deniers publics reprochĂ©s Ă  deux ressortissants sĂ©nĂ©galais ayant trouvĂ© refuge en France, pourrait ĂȘtre perçue comme un jugement de valeur regrettable, a rĂ©pondu le ministĂšre sĂ©nĂ©galais de la Justice dans un communiquĂ©. Une telle posture est susceptible de remettre en question les principes universels de bonne gouvernance et de transparence, et pourrait ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme une forme d’ingĂ©rence dans une affaire que les autoritĂ©s sĂ©nĂ©galaises considĂšrent, Ă  juste titre, comme d’une importance majeure. Â»

« La justice sĂ©nĂ©galaise s’emploiera Ă  transmettre Ă  nouveau [Ă  la justice française] les informations requises [pour l’extradition des deux personnes concernĂ©es] bien que celles-ci reçoivent dĂ©jĂ  nĂ©cessairement des communiquĂ©s Â», poursuit le texte.

Notons que le 25 novembre, la justice française a reportĂ© Ă  fĂ©vrier sa dĂ©cision sur la demande d’extradition de Madiambal Diagne, ordonnant un « supplĂ©ment d’information », notamment sur « la procĂ©dure et le rĂ©gime juridique applicable au SĂ©nĂ©gal ». Mais le 11 novembre, le SĂ©nĂ©gal a annoncĂ© suspendre toute extradition vers la France, accusant Paris de refuser ses demandes d’extradition.

Maroc : Usine de polysilicium soutenue par les États-Unis …

Les États-Unis apportent leur soutien Ă  une ambitieuse initiative marocaine visant Ă  rĂ©duire la dĂ©pendance mondiale vis-Ă -vis de la Chine pour les matĂ©riaux essentiels Ă  la fabrication des semi-conducteurs, rapporte Bloomberg ce lundi. La SociĂ©tĂ© FinanciĂšre Internationale de DĂ©veloppement (DFC) de Washington a octroyĂ© 4,75 millions de dollars Ă  l’entreprise marocaine Sondiale SA pour financer les Ă©tudes prĂ©liminaires d’une usine de polysilicium de 870 millions de dollars prĂ©vue Ă  Tan-Tan, dans le sud du Maroc.

Ce projet a pour objectif de produire du polysilicium de haute puretĂ©, un matĂ©riau clĂ© pour les microprocesseurs et les panneaux solaires, dont la production est actuellement dominĂ©e par la Chine, qui assure plus de 90 % de l’approvisionnement mondial. Un responsable de la DFC, citĂ© par Bloomberg, a indiquĂ© qu’un entrepreneur principal amĂ©ricain supervisera le dĂ©veloppement de cette installation marocaine, destinĂ©e Ă  approvisionner les marchĂ©s amĂ©ricains et ceux de leurs alliĂ©s.

Pour rappel, le 22 novembre 2025, le Maroc et la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine GPM Holding ont signĂ© Ă  Tan-Tan une convention pour crĂ©er la premiĂšre unitĂ© de production de polysilicium du pays dans la zone industrielle d’El Ouatia. L’investissement s’élĂšve Ă  8 milliards de dirhams (≈730 M€) pour 30 000 tonnes annuelles, 85 % destinĂ©es Ă  l’exportation. Le projet devrait gĂ©nĂ©rer 1 500 emplois directs et renforcer l’écosystĂšme industriel local, positionnant le Maroc comme acteur clĂ© du solaire mondial.

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Centrafrique : le canadien CVMR dĂ©croche un mĂ©ga-contrat minier de 25 ans sur l’uranium, l’or et le coltan


Avant la prĂ©sidentielle, les autoritĂ©s du pays ont scellĂ© un accord avec un gĂ©ant nord-amĂ©ricain des mines. Celui-ci lorgne l’uranium, le coltan, le cuivre, l’or et le nickel du sol centrafricain.

Le groupe canadien Chemical Vapour Metal Refining (CVMR) a annoncĂ© avoir a conclu un accord avec l’État Centrafricain portant sur l’exploration, l’exploitation et le raffinage de ses ressources miniĂšres stratĂ©giques (uranium, coltan, cuivre, or et nickel) pour une pĂ©riode de 25 ans. Selon les informations communiquĂ©es fin novembre par l’entreprise et confirmĂ©es par Bangui, cet accord formalise un protocole de nĂ©gociation engagĂ© depuis 2023.

Bangui prĂ©sente ce partenariat public-privĂ© comme une Ă©tape dĂ©terminante pour renforcer la transformation locale et garantir que les richesses du sous-sol contribuent directement Ă  la croissance Ă©conomique du pays. Les deux Parties ont convenu de l’implĂ©mentation de ce mĂ©ga projet et la valorisation desdits minerais dans les 12 mois suivant la signature de ce partenariat. Le projet prĂ©voit Ă©galement la construction d’unitĂ©s de raffinage, le transfert de technologies, la crĂ©ation d’emplois et la mise en place de programmes de formation en lien avec les universitĂ©s et centres d’enseignement supĂ©rieur nationaux.

50 millions de dollars d’investissement

Pour y parvenir, le gĂ©ant nord-amĂ©ricain des mines avait créé en juin dernier une filiale locale dĂ©nommĂ©e CVMR Sarl (Centrafrique) pour superviser les activitĂ©s d’exploration, d’exploitation et de raffinage de l’uranium, du tantale, du niobium, du cuivre, de l’antimoine, du nickel et de l’or. Les opĂ©rations d’extraction de l’uranium seront spĂ©cifiquement gĂ©rĂ©es par une filiale amĂ©ricaine, Uranium Power Corporation. Kamran M. Khozan, patron de CVMR a Ă©galement annoncĂ© avoir engagĂ© des nĂ©gociations en cours pour lancer un « mĂ©canisme financier dĂ©diĂ© » afin de canaliser des capitaux extĂ©rieurs une fois les premiĂšres dĂ©couvertes confirmĂ©es.

Pour rappel, le potentiel minier du pays reste toutefois difficile Ă  mesurer en raison de la prĂ©dominance de l’activitĂ© artisanale. D’aprĂšs le rapport ITIE 2022, la production artisanale d’or atteindrait environ 5 735 tonnes, contre 1 536 tonnes seulement dĂ©clarĂ©es et exportĂ©es par les 26 sociĂ©tĂ©s formelles recensĂ©es. Ces exportations ont gĂ©nĂ©rĂ© 31,4 milliards FCFA, illustrant l’ampleur du secteur informel et le manque Ă  gagner pour l’État.

McKinsey supprime 200 emplois pour laisser la place Ă  l’IA

Doucement mais sĂ»rement, l’intelligence artificielle bouleverse le milieu du conseil. Selon des informations obtenues par l’agence d’information financiĂšre Bloomberg, McKinsey a supprimĂ© environ 200 emplois dans le monde la semaine derniĂšre. Suivant ainsi le mouvement de ses concurrents qui ont de plus en plus recours Ă  l’IA pour exĂ©cuter les tĂąches de certains collaborateurs.

Le chiffre peut paraĂźtre anecdotique, dans un groupe qui compte pas loin de 40.000 salariĂ©s, mais, selon une source interne, le cabinet traque actuellement toutes les tĂąches qui pourraient ĂȘtre automatisĂ©es par l’IA au sein de sa structure. Et il n’exclut pas de prochaines rĂ©ductions d’effectifs.

« Avec l’IA gĂ©nĂ©rative, le conseil devient une commoditĂ©. Ce rĂŽle de conseiller doit ainsi globalement se transformer pour continuer Ă  apporter des services encore plus Ă  valeur ajoutĂ©e », expliquait Thierry Groues, associĂ© KPMG en France, responsable Business Consulting dans une interview parue dans  les Echos.

Dette publique : quand la BM tire la sonnette  !

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Selon les donnĂ©es de la Banque mondiale, le stock de la dette extĂ©rieure (publique et privĂ©e) des pays africains s’établit, Ă  fin 2023, Ă  plus de 1.154 milliards de dollars. Dix pays du continent s’accaparent 70% de ce fardeau qui pĂšse lourd sur leurs Ă©conomies. DĂ©cryptage.

Pour beaucoup de pays, l’emprunt sur les marchĂ©s internationaux est devenu une vĂ©ritable alternative de financement de l’action publique. ils sont nombreux les Etats qui optent pour les  emprunts extĂ©rieures  pour financer leur dĂ©veloppements au  grand dam des coĂ»ts d’emprunts trois fois plus Ă©levĂ©s que ceux des États avancĂ©s selon un calcul de l’OCDE.MĂȘme si les objectifs sont louables, le dĂ©veloppement par la dette extĂ©rieure pour beaucoup d’Ă©conomistes place les Etats africains dans une position inconfortable. Ces prĂȘts faramineux accordĂ©s aux emprunteurs pour des projets de financements d’infrastructure    dans certains cas viennent avec de nombreux dĂ©fis, dont le plus important n’est que le poids de la dette..Le nouveau rapport de la Banque Mondiale sur l’etat de la dette tire encore la sonnette d’alarme. Selon la Banque,  le stock de la dette extĂ©rieure du continent s’est Ă©tabli autour de 1.154 milliards de dollars, en hausse de 7,84% par rapport Ă  son niveau de 2022.À titre de comparaison, le stock total de la dette extĂ©rieure mondiale (hors pays de l’OCDE) s’est Ă©tabli Ă  8.837 milliards de dollars. Toujours, selon le rapport la dette extĂ©rieure du continent africaine reprĂ©sente donc 13,06% de la dette extĂ©rieure mondiale. Cette dette est dominĂ©e par les emprunts publics bilatĂ©raux et multilatĂ©raux qui reprĂ©sentent plus de 62% de la totalitĂ© de la dette extĂ©rieure africaine. La conjoncture Ă©conomique mondiale difficile (Covid, guerre Russie-Ukraine
) et la flambĂ©e des cours des matiĂšres premiĂšres et des hydrocarbures, selon la Banque, sont les motifs qui ont possĂ© les pays africains a ’endetter davantage 

Afrique : 864 milliards

En Afrique subsaharienne, la dette extĂ©rieure s’établit Ă  864 milliards de dollars Ă  fin 2023 dont 59% de dette publique et 41% de dette privĂ©e. La proportion de la dette publique au niveau des pays d’Afrique du Nord est beaucoup plus importante et tournerait autour de 65% pour un stock de la dette extĂ©rieure de 290 milliards de dollars. Cette dette reprĂ©sente 170% des exportations en valeur et 44% du Revenu global brut de la rĂ©gion (RGN: PIB + revenus nets reçus de l’étrangers pour la rĂ©munĂ©ration des salariĂ©s, la propriĂ©tĂ© et les impĂŽts et subventions nettes sur la production).

Dans les dĂ©tails, les principaux crĂ©anciers publics des pays africains sont la Banque mondiale, le Fonds monĂ©taire international, la Banque africaine de dĂ©veloppement (BAD), la Chine
Rappelons que ces es derniĂšres dĂ©cennies, PĂ©kin  a Ă©tĂ© le berceau de la nouvelle destination de la politique de la dette africaine.Le montant des prĂȘts qu’elle a accordĂ©s Ă  49 pays africains et institutions rĂ©gionales entre 2000 et 2022 Ă  dĂ©passer les 170 milliards de dollars. Rappelons d’ailleurs ici que la dette publique en Afrique a atteint le chiffre effrayant de 1 800 milliards de dollars US en 2022.

En chiffre, les pays les plus endettĂ© sont, l’AlgĂ©rie, avec une  dette extĂ©rieure de 7,31 milliards de dollars ,Idem pour l’Éthiopie, 5e puissance Ă©conomique africaine, avec un endettement extĂ©rieur de 33,30 milliards de dollars.. La Tunisie et le SĂ©nĂ©gal, loin de figurer parmi les grandes puissances Ă©conomiques du continent, font partie du Top 10 africain avec respectivement 41,28 et 39,95 milliards de dollars.  En ce qui concerne le cas du Maroc, la dette publique reprĂ©sente 64% de la dette extĂ©rieure du pays dont 49% sont une dette multilatĂ©rale. Les principaux crĂ©anciers sont la Banque mondiale (20%), la BAD (10%), la France (5%), l’Allemagne (5%)
 Quant Ă  la dette extĂ©rieure privĂ©e, elle est dominĂ©e par les emprunts obligataires (27%) devant ceux des banques commerciales et autres (9%). En 2023, le service de la dette s’est Ă©tabli Ă  4,99 milliards de dollars, reprĂ©sentant 4% du Revenu global net.

 L’épargne publique.Une alternative ?

L’analyse Ă©tablie par la derniĂšre publication de la Fondation Mo Ibrahim dresse un premier un constat sans appel : les dĂ©penses domestiques, comme extĂ©rieures, ne permettent pas d’atteindre les objectifs de dĂ©veloppement socio-Ă©conomique. Or, aujourd’hui, le taux d’épargne nationale moyen de l’Afrique est respectivement de 20 %. Comme l’a dĂ©montrĂ© l’ascension Ă©conomique des quatre dragons asiatiques (CorĂ©e du Sud, Hong Kong, Singapour et TaĂŻwan), l’épargne publique a un rĂŽle clĂ© dans la croissance Ă©conomique. Elle permet Ă  un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino rĂ©duit notamment la dette extĂ©rieure.  Aujourd’hui cette question en soulĂšve une autre en occurrence la dĂ©pense publique. La solution de la dette s’est Ă©rigĂ©e en doctrine de gouvernance. Dans de nombreux pays occidentaux l’appel public Ă  l’Ă©pargne ainsi que la gestion efficiente des dĂ©penses publiques sont des outils de financement pratique et moins contraignants. Dans cette Afrique enclin aux dĂ©fis constants de dĂ©veloppement socio-Ă©conomique le financement est aujourd’hui un enjeu de gouvernance. Et beaucoup de voix appellent l’option de l’épargne publique. Car elle permet Ă  un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino rĂ©duit notamment la dette extĂ©rieure.

Sébastien Rollet appointed Secretary-General of BMCI



SĂ©bastien Rollet — a seasoned banking executive with over 20 years’ experience within the BNP Paribas Group — has been appointed Secretary-General of BMCI.

Having previously served as Chief Transformation Officer and head of Innovation & Transformation at BMCI, Rollet is expected to lead strategic transformation initiatives and contribute to the bank’s development goals in Morocco.
This appointment reflects BMCI’s focus on strengthening governance and accelerating operational reforms amid evolving market conditions in the Moroccan banking sector.

Les opĂ©rations de Banque Chaabi du Maroc dans le viseur de l’ACPR

Selon nos informations, le détail des manquements soulÚve des questions structurelles sur son dispositif de conformité.

Nouveau revers pour Banque Chaabi du Maroc (BCDM). La Commission des sanctions de l’AutoritĂ© de contrĂŽle prudentiel et de rĂ©solution (ACPR) a une fois encore Ă©pinglĂ© la filiale française de Banque centrale populaire (BCP), a appris Africa Business+. Une procĂ©dure disciplinaire qui intervient douze ans aprĂšs une premiĂšre sanction en matiĂšre de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT), dans un dossier suivi de prĂšs par le superviseur.

Dans le dĂ©tail, le premier manquement retenu concerne le dispositif de surveillance automatisĂ© des opĂ©rations. Entre le 1á”‰Êł janvier 2021 et le 15 mars 2022, l’outil de dĂ©tection d’opĂ©rations atypiques a gĂ©nĂ©rĂ© 38 020 alertes, dont 63 % Ă©taient encore en attente de traitement au moment du contrĂŽle de l’autoritĂ©. Pour l’ACPR, ce niveau de stock est incompatible avec l’obligation de traiter les alertes « dans des dĂ©lais raisonnables ».

Exigences de KYC

La banque est Ă©galement sanctionnĂ©e pour une mauvaise qualification de plusieurs profils : onze clients, ayant franchi le seuil interne de sept opĂ©rations sur douze mois, ont continuĂ© d’ĂȘtre traitĂ©s comme « occasionnels », alors qu’ils relevaient d’une relation d’affaires, selon la rĂšglementation française. Une erreur qui a mĂ©caniquement rĂ©duit le niveau de vigilance et les exigences de KYC applicables. Autre manquement : des dĂ©clarations de soupçon transmises avec des dĂ©lais anormaux, certaines opĂ©rations potentiellement atypiques rĂ©alisĂ©es en 2019 et en 2020 n’ayant Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es Ă  Tracfin qu’en 2023, en contradiction avec l’obligation d’information « sans dĂ©lai ».

Enfin, la gouvernance LCB-FT prĂ©sente Ă©galement des failles structurelles pour le superviseur bancaire. Le siĂšge ne disposait d’aucun accĂšs direct aux outils de filtrage et de surveillance utilisĂ©s par les succursales de Belgique, d’Italie et d’Espagne, l’obligeant Ă  s’appuyer sur des reportings partiels pour effectuer le contrĂŽle de deuxiĂšme niveau. Une architecture jugĂ©e par l’institution comme incompatible avec un dispositif de conformitĂ© intĂ©grĂ© et fiable.

Un dispositif renforcé mais encore insuffisant

BCDM, filiale française du deuxiĂšme plus grand groupe bancaire du Maroc, a pour activitĂ© principale l’intermĂ©diation historique destinĂ©e aux Marocains du monde (MDM) et exercĂ©e pour le compte de la maison mĂšre. Cette activitĂ© reprĂ©sente l’essentiel de son modĂšle : 77 % du produit d’exploitation en 2022, selon l’ACPR.‹Au moment du contrĂŽle, l’établissement comptait environ 400 salariĂ©s, dont 38 en conformitĂ©, un bilan proche de 400 millions d’euros et un produit net bancaire de plus de 50 millions d’euros, aprĂšs deux annĂ©es de pertes en 2023 et en 2024.

Dans sa nouvelle dĂ©cision, l’ACPR rappelle que, depuis la premiĂšre sanction, la banque a investi environ 7,5 millions d’euros pour renforcer son dispositif de conformitĂ©. Mais, malgrĂ© ces efforts, le contrĂŽle sur place menĂ© entre fĂ©vrier et juin 2023 montre que des lacunes importantes subsistent dans le dispositif. Des lacunes qui justifient, selon l’autoritĂ©, le prononcĂ© d’un blĂąme et d’une sanction pĂ©cuniaire de 250 000 euros. Fin octobre, le conseil d’administration de la filiale a procĂ©dĂ© Ă  un remaniement de sa gouvernance, aprĂšs le dĂ©part de Naziha Belkeziz, pour dĂ©signer Idriss BensmaĂŻl en tant que nouveau prĂ©sident du conseil d’administration et nommer Abdelghani Bouanfir au poste de directeur gĂ©nĂ©ral.

As Growth Slows in the West, China’s BYD Accelerates Its African Strategy

As Western markets tighten their doors to Chinese automakers, BYD — now the world’s leading producer of electrified vehicles — is shifting gears. Confronted with regulatory barriers in the United States and rising scrutiny in Europe, the Chinese giant is redirecting part of its global expansion towards a region still rich in potential: Africa.

Africa, long perceived as a marginal market by global carmakers, is becoming a strategic frontier. Rapid urbanisation, a young population, low motorisation rates, and governments eager to attract industrial investment are reshaping the landscape. For BYD, the continent offers something Western markets no longer do: room to grow, space to experiment, and opportunities to build early leadership.

A Slowing Western Engine, and a Window of Opportunity

The shift is unmistakable. In the United States, higher import tariffs and an openly protectionist stance have virtually shut the door to Chinese electric-vehicle brands. In Europe, BYD faces anti-subsidy investigations and political resistance that could slow its market penetration. This Western backlash comes just as BYD overtakes Tesla in global EV sales and seeks new outlets to sustain its growth curve. Africa, where car ownership remains far below global averages and where demand for affordable mobility is booming, now stands out as a natural extension point.

BYD’s Three-Pillar Strategy in Africa

Over the past two years, BYD has quietly but steadily built a continental strategy based on three pillars:

1. Expanding its Commercial Footprint

South Africa is BYD’s beachhead. The brand plans to multiply its dealerships in the country, already Africa’s most sophisticated automotive market.

Elsewhere — Morocco, Egypt, Kenya, Ethiopia — its electric and plug-in hybrid models are entering showrooms with growing visibility.

The objective is clear: establish BYD as the reference brand for electrified mobility in Africa before competitors can reposition themselves.

2. Strengthening Local Partnerships

BYD is no longer content with being an exporter of vehicles. It is building alliances with:

  • large dealership groups,
  • ride-hailing and mobility operators,
  • energy and solar-battery companies.

This positions BYD not just as a car manufacturer but as an integrated mobility provider, able to offer vehicles, charging systems, and fleet solutions.

3. Laying the Groundwork for Future Industrialisation

While BYD has not yet announced a full manufacturing plant on the continent, discussions about local assembly — through CKD (Completely Knocked Down) models — are advancing in several countries.

Such a move would:

  • reduce import tariffs,
  • lower consumer prices,
  • improve access to public procurement,
  • and anchor BYD more deeply in local ecosystems.

Why Africa Matters to BYD

Several structural factors explain BYD’s growing interest:

‱ A market with enormous room for growth

Africa’s motorisation rate is one of the lowest in the world. Even modest increases in purchasing power translate into significant demand for new vehicles.

‱ A natural market for affordable electrified vehicles

BYD’s strength lies in competitively priced EVs and hybrids — exactly what several African countries need as fuel prices rise and budgets tighten.

‱ Proximity to battery-critical minerals

Africa holds some of the world’s largest reserves of cobalt, lithium, and manganese. Securing partnerships on the continent could support BYD’s upstream supply chain.

‱ A favourable geopolitical environment

China’s longstanding economic influence in Africa — infrastructure, energy, mining, telecoms — gives BYD an ecosystem of diplomatic and corporate bridges to rely on.

A More Competitive Landscape Than It Seems

BYD’s advance is not without obstacles. Competition is intensifying:

  • Chinese rivals like Chery and Great Wall Motors,
  • Korean brands like Hyundai and Kia,
  • and established players like Toyota, Nissan, and Renault.

In parallel, Africa presents structural challenges:

  • limited charging infrastructure,
  • unstable electricity in several regions,
  • dominance of the used-car market,
  • and limited purchasing power in many cities.

To succeed, BYD will need to adapt its product mix — prioritising hybrids, rugged models, and robust maintenance networks — rather than relying solely on pure EVs.

African Countries as Strategic Partners

Countries such as South Africa, Egypt and Morocco are emerging as BYD’s preferred gateways. Morocco, in particular, holds strategic appeal thanks to its mature automotive ecosystem, strong export capacity and world-class logistics platforms such as Tangier Med. Egypt offers a large domestic market and growing industrial ambitions. East Africa — Kenya, Ethiopia, Tanzania — shows strong demand for electrified buses and urban mobility solutions. Across these regions, governments are increasingly positioning the automotive industry as a pillar of industrialisation. BYD’s arrival fits this agenda.

A Calculated Pivot — and a Bet on the Future

BYD’s African strategy is less a detour and more a long-term investment. As Western markets become more restrictive, Africa offers the opposite: openness, need, demographic vibrancy, and an industrial future still to be shaped.

Its early presence could allow BYD to:

  • define consumer expectations in the EV segment,
  • influence charging-infrastructure standards,
  • build integrated supply chains,
  • and anchor itself before other global players accelerate.

If Africa becomes, within a decade, a major hub for EV assembly or battery components, BYD will have planted the seeds at the right moment. For African countries, the opportunity is equally important: converting BYD’s push into real industrial benefits — jobs, investment, technology, and stronger local ecosystems — rather than merely increasing imports.

Afrique :  Les PDG africains misent massivement sur l’IA

Afrique :  Les PDG africains misent massivement sur l’IA

Les dirigeants d’entreprise africains s’imposent parmi les plus offensifs au monde en matiĂšre d’intelligence artificielle. Selon le rapport «KPMG 2025 Africa CEO Outlook,»publiĂ© le 13 novembre, 26 % des PDG du continent prĂ©voient d’allouer plus de 20 % de leur budget d’investissement Ă  l’IA dans les douze prochains mois, soit presque le double de la moyenne mondiale (14 %).

L’étude, menĂ©e auprĂšs de 130 chefs d’entreprise d’Afrique australe, de l’Est et de l’Ouest, reflĂšte un tournant stratĂ©gique : 41 % des dirigeants placent dĂ©sormais l’intĂ©gration de l’IA dans les flux de travail au deuxiĂšme rang de leurs prioritĂ©s, juste derriĂšre la cybersĂ©curitĂ© (45 %). Une maniĂšre de sĂ©curiser le prĂ©sent tout en construisant les leviers de croissance de demain

Au-delĂ  des investissements technologiques, les PDG africains misent fortement sur le capital humain. 81 % estiment que la formation de leurs Ă©quipes Ă  l’IA sera dĂ©terminante pour la rĂ©ussite de leur entreprise dans les trois ans Ă  venir, un taux supĂ©rieur Ă  la moyenne mondiale (77 %).