La fintech nigériane Cardtonic lÚve 2,1 millions de dollars en amorçage pour développer Pil, une plateforme de gestion des dépenses professionnelle

La fintech nigĂ©riane Cardtonic a levĂ© 2,1 millions de dollars en amorçage pour dĂ©velopper Pil, une plateforme autonome de gestion des dĂ©penses professionnelles. Cette levĂ©e de fonds marque l’expansion de Cardtonic, initialement axĂ©e sur les produits grand public, vers les infrastructures. Elle confirme la transformation de Cardtonic, passĂ©e d’une fintech autofinancĂ©e et centrĂ©e sur le commerce de dĂ©tail Ă  un fournisseur d’outils financiers essentiels pour les entreprises africaines.

Cardtonic, exploitĂ©e par The Tonic Technologies Ltd., cofondĂ©e par Balogun Usman et Faturoti Kayode (Kay), qui l’ont lancĂ©e en 2019 , avec Emmanuel Sohe comme actuel directeur gĂ©nĂ©ral (PDG), est une plateforme notable pour les cartes virtuelles en dollars, les eSIM, l’Ă©change de cartes-cadeaux, le paiement de factures et l’achat de gadgets en Afrique.

Pil est née des difficultés rencontrées par Cardtonic dans la gestion des abonnements, des paiements publicitaires et des dépenses transfrontaliÚres, en raison de la fiabilité aléatoire des cartes et du manque de visibilité. La plateforme propose aux entreprises des fonctionnalités de contrÎle multi-cartes, un suivi des transactions en temps réel et des tableaux de bord de dépenses centralisés, ainsi que des solutions de financement multidevises en naira, cedi et stablecoins.

Conçu comme un produit indĂ©pendant et non comme un module complĂ©mentaire, Pil cible les startups et les PME en quĂȘte d’un contrĂŽle financier plus rigoureux. GrĂące à son intĂ©gration prĂ©vue avec des logiciels comptables tels que QuickBooks et Xero, Cardtonic positionne Pil comme un systĂšme d’exploitation pour la gestion des dĂ©penses des entreprises en Afrique, avant son lancement en janvier 2026.

La startup Savannah, spécialisée dans les talents technologiques africains, est rachetée par la société israélienne Commit.

Savannah , une sociĂ©tĂ© de dĂ©veloppement de talents logiciels axĂ©e sur l’Afrique et autofinancĂ©e, a Ă©tĂ© rachetĂ©e par la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne de services logiciels Commit dans le cadre d’une transaction en espĂšces estimĂ©e Ă  plusieurs millions de dollars, selon des personnes proches du dossier.

FondĂ©e fin 2022, Savannah s’est dĂ©veloppĂ©e sans financement externe, recrutant plus de 100 dĂ©veloppeurs de logiciels expĂ©rimentĂ©s dans diffĂ©rents pays, dont le Nigeria, le Ghana et le Kenya, et les plaçant auprĂšs de startups internationales telles que Firefly, Aqua Security, Port et Bright Data.

Cette acquisition permet Ă  Savannah d’accĂ©der Ă  la plateforme mondiale de Commit tout en conservant son Ă©quipe et ses opĂ©rations intactes, le fondateur Itai Azogui et l’ensemble du personnel rejoignant Commit.

Savannah opĂ©rera dĂ©sormais au sein de la division offshore de Commit, qui emploie dĂ©jĂ  des centaines de dĂ©veloppeurs en Europe de l’Est.

Lancement Officiel de Women in AI Morocco

L’écosystĂšme technologique marocain s’apprĂȘte Ă  franchir un jalon majeur avec le lancement officiel du chapitre Women in AI Morocco, Ă  l’occasion du Women in AI Morocco Summit 2025, qui se tiendra le 5 dĂ©cembre au Technopark Casablanca. Cet Ă©vĂ©nement marque la naissance d’un rĂ©seau structurĂ© au service de l’inclusion et du leadership fĂ©minin dans l’IA.

La participation prestigieuse de Mme Amal El Fallah SeghrouchniMinistre DĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e de la Transition NumĂ©rique et de la RĂ©forme de l’Administration, souligne l’importance stratĂ©gique de cette initiative, dans un contexte oĂč l’IA constitue un levier majeur de souverainetĂ© digitale et Ă©conomique.

Un momentum aligné avec Maroc Digital 2030

L’évĂ©nement s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de â€œMaroc Digital 2030”, qui vise Ă  faire du Maroc un hub technologique rĂ©gional.

Le lancement du chapitre Women in AI Morocco vient rĂ©pondre Ă  cet enjeu en crĂ©ant un espace structurĂ© dĂ©diĂ© au dĂ©veloppement des compĂ©tences, au mentorat, Ă  la recherche et Ă  l’innovation responsable dans l’IA.

Un quadruple objectif stratégique

En partenariat avec Technopark et DXC Technology, l’évĂ©nement s’articule autour de quatre objectifs majeurs :

–       Structurer un Ă©cosystĂšme national IA inclusif Ă  travers le lancement officiel du chapitre Women in AI Morocco ;

–       Valoriser le leadership fĂ©minin dans les STEM et inspirer la nouvelle gĂ©nĂ©ration ;

–       Positionner le Maroc comme une force rĂ©gionale motrice dans l’adoption de l’IA ;

–       Encourager une IA fondamentalement Ă©thique, inclusive et durable.

Pour rappel, le Summit offrira une plateforme unique pour valoriser les talents fĂ©minins marocains et renforcer les collaborations institutionnelles dans l’IA. OrganisĂ© en prĂ©sence de personnalitĂ©s institutionnelles, de leaders de l’écosystĂšme digital marocain et d’experts internationaux (Émirats arabes unis, États-Unis, Afrique), il favorisera des Ă©changes de haut niveau, des rencontres stratĂ©giques et des perspectives de coopĂ©ration internationale.

Namibie-Chine: Remise officielle d’une station satellite financĂ©e par la Chine

La Chine vient de remettre officiellement Ă  la Namibie une station terrestre de rĂ©ception et traitement de donnĂ©es satellitaires, premier projet high-tech financĂ© par PĂ©kin dans le pays. Le 20 novembre 2025, l’ambassadeur Zhao Weiping et le Dr Lisho Mundia, ministĂšre namibien l’Éducation et de l’Innovation, ont signĂ© le certificat de transfert, marquant une Ă©tape clĂ© de la coopĂ©ration entre les deux pays. D’une part, le projet incarne la promesse chinoise de «modernisation partagĂ©e» du FOCAC, renforçant l’influence de PĂ©kin en Afrique australe via des infrastructures spatiales. D’autre part, la Namibie, riche en ressources mais limitĂ©e technologiquement, acquiert un outil pour la gestion des terres, l’agriculture et la sĂ©curitĂ© environnementale, rĂ©duisant sa dĂ©pendance aux acteurs occidentaux. PĂ©kin se positionne ainsi en leader spatial dans la rĂ©gion, offrant un accĂšs Ă  ses satellites (comme les sĂ©ries Gaofen) sans transfert de dette. Toutefois, l’initiative soulĂšve des questions sur la gouvernance des donnĂ©es et l’alignement futur de la Namibie dans la compĂ©tition spatiale USA-Chine

La demande africaine en data centers devrait au moins tripler d’ici 2030…

La demande en data centers en Afrique devrait augmenter de 3,5 Ă  5,5 fois par rapport Ă  son niveau actuel d’ici 2030, notamment grĂące Ă  l’accĂ©lĂ©ration des programmes de numĂ©risation des secteurs public et privĂ©, et Ă  l’adoption croissante de technologies gourmandes en donnĂ©es telles que l’intelligence artificielle et le cloud computing. C’est ce qu’indique un rapport publiĂ© le lundi 24 novembre par le cabinet de conseil en stratĂ©gie McKinsey & Company.

ntitulĂ© Â« Building data centers for Africa’s unique market dynamics Â», le rapport prĂ©cise que les capacitĂ©s des centres de donnĂ©es sur le continent devraient ainsi passer d’environ 0,4 gigawatt actuellement Ă  1,5 Ă  2,2 gigawatts Ă  la fin de la dĂ©cennie en cours. Cette croissance devrait nĂ©cessiter entre 10 et 20 milliards USD de nouveaux investissements, et gĂ©nĂ©rer un chiffre d’affaires estimĂ© Ă  entre 20 et 30 milliards USD sur l’ensemble de la chaĂźne de valeur d’ici 2030. Cela d’autant plus que l’Afrique partira d’une base trĂšs modeste.

Les capacitĂ©s des data centers dĂ©jĂ  actifs sur ses cinq principaux marchĂ©s en la matiĂšre (Égypte, Kenya, Maroc, Nigeria et Afrique du Sud) restent largement infĂ©rieures Ă  celles de la seule France, qui disposait de plusieurs centres de donnĂ©es cumulant environ 800 mĂ©gawatts (0,8 GW)  de capacitĂ©s en 2024. Cet Ă©cart met en Ă©vidence Ă  la fois l’ampleur du dĂ©fi et l’importance du potentiel inexploitĂ©.

Un des principaux facteurs qui façonneront la courbe de la demande est l’intĂ©gration croissante de l’IA dans plusieurs secteurs. Alors qu’environ 40 % des entreprises africaines dĂ©clarent dĂ©jĂ  expĂ©rimenter cette technologie, un dĂ©ploiement plus large pourrait gĂ©nĂ©rer entre 60 et 100 milliards USD de valeur, en particulier dans les domaines de la vente au dĂ©tail, des tĂ©lĂ©communications, des biens de consommation, de la banque et des mines.

La demande en data centers sera également tirée par le succÚs potentiel des programmes de numérisation menés par les gouvernements. De nombreux pays africains déploient des efforts pour transformer les processus manuels et les usages de données en équivalents digitaux, ce qui entraßne un important besoin en capacités locales de stockage de données, de puissance de calcul et de mise en réseau.

A titre d’exemple, l’initiative « Digital Economy for Africa Â» (DE4A) de la Banque mondiale a lancĂ© depuis 2019 environ 70 projets de numĂ©risation dans 37 pays, ciblant l’identitĂ© numĂ©rique, les services administratifs en ligne et l’interopĂ©rabilitĂ©. Des efforts similaires visant Ă  dĂ©velopper des services administratifs numĂ©riques, tels que le portail eCitizen qui compte dĂ©jĂ  13,5 millions d’utilisateurs au Kenya, gagnent Ă©galement du terrain. 

L’accĂ©lĂ©ration de la migration vers le cloud computing sera aussi un puissant moteur de la croissance attendue des centres de donnĂ©es. Les grandes entreprises africaines prĂ©voient une augmentation de plus de 18 points de pourcentage de leurs charges de travail dans le cloud d’ici la fin de la dĂ©cennie. CombinĂ©e Ă  la pĂ©nĂ©tration croissante des smartphones et Ă  la taille de la population africaine majoritairement jeune et fĂ©rue de nouvelles technologies, cette tendance stimule une demande constante en matiĂšre de calcul, de stockage et de connectivitĂ©.

L’adoption du cloud computing devrait ĂȘtre tirĂ©e par les domaines des technologies, des mĂ©dias et des tĂ©lĂ©communications, oĂč environ 83 % des charges de travail sont dĂ©jĂ  dans le cloud et oĂč le rythme de refonte vers des architectures « cloud natives Â» est le plus Ă©levĂ©. Il existe aussi une importante marge de progression dans le secteur des services financiers, dont environ 56 % des charges de travail sont actuellement dans le cloud.

Petit, modulaire et progressif : le modĂšle gagnant en Afrique

Alors que la demande en capacitĂ©s de centres de donnĂ©es reste fragmentĂ©e entre les pays, le modĂšle efficient en Afrique est un data center de colocation, petit, modulaire et progressif. Cela se traduira selon le rapport par une concentration plus Ă©levĂ©e des capacitĂ©s dans les gammes petite et moyenne d’ici 2030. Contrairement au reste du monde oĂč les deux tiers des nouveaux centres de donnĂ©es prĂ©senteront de grandes capacitĂ©s allant de 50 Ă  500 MW, les deux tiers de ceux prĂ©vus en Afrique seront de petite (1 Ă  20 MW) et moyenne capacitĂ© (20 Ă  50 MW).

Le document note par ailleurs que les acteurs qui s’engageront sur le marchĂ© africain devront surmonter des dĂ©fis liĂ©s Ă  l’approvisionnement en Ă©nergie, aux infrastructures de connectivitĂ© et aux financements. Sur le volet Ă©nergĂ©tique, les entreprises devront combiner des contrats d’achat d’électricitĂ© connectĂ©s au rĂ©seau des compagnies publiques, des contrats avec des producteurs d’Ă©lectricitĂ© indĂ©pendants, et la production de leurs propres besoins.

Le Maroc, un leader du secteur


« Le Maroc Ă  la lumiĂšre de son atout dans l’énergie propre peut devenir un vĂ©ritable hub de data center », explique Meloui. Au niveau africain, le Maroc figure avec l’Egypte, l’Afrique du Sud, le NigĂ©ria et le Kenya parmi les acteurs clĂ© du marchĂ© des Datacenters du continent. Mieux encore, le pays s’adjuge la premiĂšre position concernant le nombre de Datacenters rĂ©pondant aux standards Tier avec 21 Datacenters, dĂ©passant ainsi l’Afrique du Sud (19 centres) considĂ©rĂ©e comme leader de cette activitĂ© dans le continent. L’Egypte vient directement aprĂšs avec 15 et le NigĂ©ria avec 13. En bas de l’échelle, on retrouve le Kenya avec 5 et la Tunisie et l’AlgĂ©rie avec un seul Datacenter chacun.L’intĂ©rĂȘt de la mise en place de Datacenters est de plus en plus important, au point que les investisseurs qualifient ce marchĂ© de «nouvel eldorado». D’ailleurs, il est prĂ©vu que les investissements affichent une croissance de 6,33% entre 2021 et 2026 pour atteindre 328 millions de dollars amĂ©ricains Ă  terme.  Selon les donnĂ©es de l’institut Uptime pour le Maroc , cinq banques dĂ©tiennent des Datacenters certifiĂ©s Tier III (Bank al Maghrib, Bank of Africa, Barid al Maghrib, Banque Centrale Populaire et CrĂ©dit agricole du Maroc). Concernant le secteur administratif, le MinistĂšre de l’Economie et des Finances et la CDG disposent chacun d’un Datacenter avec une certification des aspects liĂ©s au design et/ou les installations construites tandis que le seul Datacenter certifiĂ© Tier IV au Maroc est celui de l’UniversitĂ© Polytechnique de Benguerir.

Ericsson : En Afrique subsaharienne, la 5G devrait ĂȘtre multipliĂ©e par 15 d’ici 2031

ParallĂšlement au dĂ©ploiement de la 5G, l’Afrique subsaharienne sera la seule rĂ©gion au monde oĂč les abonnements 4G continueront Ă  croĂźtre durant les six prochaines annĂ©es. Ces deux gĂ©nĂ©rations permettront d’augmenter significativement le trafic de donnĂ©es mobiles dans la rĂ©gion. 

Le nombre d’abonnements aux rĂ©seaux de tĂ©lĂ©phonie mobile de cinquiĂšme gĂ©nĂ©ration (5G) en Afrique subsaharienne devrait passer de 27 millions en 2025 Ă  400 millions en 2031, enregistrant ainsi une croissance annuelle moyenne de 57% durant cette pĂ©riode, selon un rapport publiĂ© le jeudi 20 novembre par le gĂ©ant suĂ©dois des Ă©quipements de tĂ©lĂ©communications Ericsson.

IntitulĂ© Â« Ericsson Mobility Report November 2025 Â», le rapport prĂ©cise que les abonnements 4G devraient enregistrer une croissance moins soutenue de 3% en moyenne par an dans la rĂ©gion, passant de 490 millions cette annĂ©e Ă  570 millions en 2031.

L’Afrique subsaharienne sera ainsi la seule rĂ©gion au monde oĂč les abonnements 4G continueront Ă  croĂźtre, au moment oĂč la plupart des autres rĂ©gions devraient connaĂźtre des baisses Ă  deux chiffres de ce type d’abonnements ( -30% en Europe de l’Ouest, -29% en Chine, -27% dans les pays membres du Conseil de coopĂ©ration du Golfe, etc.).

ParallĂšlement, le dĂ©clin des rĂ©seaux 3G devrait intervenir plus rapidement que celui des rĂ©seaux 2G. Le nombre d’abonnements 3G devant diminuer de 8 % en moyenne annuelle pour s’établir Ă  89 millions en 2031. Les abonnements 2G devraient, quant Ă  eux, baisser de 7 % par an durant la pĂ©riode sous revue pour se situer Ă  243 millions.

En 2031, les abonnements 5G devraient reprĂ©senter environ 31 % de l’ensemble des abonnements aux rĂ©seaux de tĂ©lĂ©phonie mobile contre 44 % pour la 4G.

Financements des startups au Moyen-Orient et en Afrique du Nord 

Le Maroc a maintenu sa dynamique avec 12,3 millions de dollars levés en trois levées de fonds


Le financement des start-ups dans la rĂ©gion du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord a enregistrĂ© une hausse annuelle de 395 % en octobre, tĂ©moignant de la confiance continue des investisseurs, selon le rapport mensuel de Wamda. Les 784,9 millions de dollars rĂ©coltĂ©s au cours du mois reprĂ©sentent toutefois une baisse de 77 % par rapport au record de 3,5 milliards de dollars atteint en septembre. Le financement par emprunt est restĂ© prĂ©dominant en octobre, reprĂ©sentant 567,8 millions de dollars (soit 72 %) du financement total rĂ©parti sur quatre opĂ©rations. Les actions et autres instruments d’investissement ont permis de lever collectivement 217 millions de dollars. Ces chiffres mettent en Ă©vidence une dĂ©pendance croissante Ă  l’Ă©gard du capital d’emprunt, notamment parmi les jeunes entreprises en phase de dĂ©veloppement avancĂ© et Ă  forte intensitĂ© capitalistique. Les Émirats arabes unis ont dominĂ© le financement total, obtenant 615,7 millions de dollars rĂ©partis sur 15 opĂ©rations, principalement grĂące Ă  la levĂ©e de fonds de 525 millions de dollars de Property Finder. L’Arabie saoudite a suivi avec 119,3 millions de dollars provenant d’un nombre Ă©gal de transactions, tandis que l’Égypte a enregistrĂ© un rebond notable, levant 33,3 millions de dollars grĂące Ă  cinq opĂ©rations – dĂ©passant ainsi son total du troisiĂšme trimestre de 22,3 millions de dollars provenant de 22 start-ups. Le Maroc a maintenu sa dynamique avec 12,3 millions de dollars levĂ©s en trois levĂ©es de fonds. Le secteur des technologies immobiliĂšres s’est imposĂ© comme le plus financĂ© en octobre, rĂ©coltant 526 millions de dollars, provenant presque entiĂšrement de la transaction Property Finder. Les startups de logiciels en tant que service (SaaS) ont suivi avec 60 millions de dollars, tandis qu’une seule transaction dans le domaine des technologies de jeux a rapportĂ© 41,6 millions de dollars. Le secteur de la fintech, malgrĂ© le maintien du plus grand nombre d’opĂ©rations avec sept levĂ©es de fonds, est tombĂ© Ă  la neuviĂšme place en termes de valeur avec 12,5 millions de dollars levĂ©s. Les jeunes pousses en phase d’amorçage ont dominĂ© l’activitĂ© d’investissement, avec 32 levĂ©es de fonds — y compris les subventions et les sĂ©ries A — qui ont permis de lever collectivement 95,2 millions de dollars.

IA: Comment reconnaĂźtre une intelligence artificielle ?


L’avĂšnement de l’intelligence artificielle et ses capacitĂ©s de gĂ©nĂ©ration de textes sĂšment le doute. Cette dissertation, cet article de presse, ce livre ou encore les multiples post ont-ils un auteur humain ou sont-ils le fruit d’une IA ? Comment faire la diffĂ©rence?

L’émergence des intelligences artificielles gĂ©nĂ©ratives, comme ChatGPT ou DeepSeek, bouleverse aujourd’hui notre rapport Ă  l’écriture. Bien avant leur apparution, structurer une pensĂ©e, rĂ©diger un texte ou argumenter demandait un effort intellectuel considĂ©rable. Aujourd’hui, quelques mots-clĂ©s avec une bonne formulation  suffisent pour obtenir un contenu rĂ©digĂ© en quelques secondes. Cette automatisation soulĂšve des questions de fond : la crĂ©ativitĂ© et la rĂ©flexion individuelle risquent-elles de s’éroder ? Sommes-nous en train de dĂ©lĂ©guer trop facilement une tĂąche qui, au-delĂ  des mots, forge notre esprit critique ? Au Usa, point d’ancrage de ces innovations qui changent notre monde, le mĂ©dia en ligne amĂ©ricain vox dans une tribune s’interrogeait sur une histoire qui a choquĂ© le monde universitaires. Selon vox, « Jebar King, un jeune homme de 31 ans vivant Ă  Los Angeles (Californie), a Ă©tĂ© chargĂ© par sa famille de rĂ©diger la nĂ©crologie de sa grand-mĂšre dĂ©cĂ©dĂ©e. Lui qui n’avait jamais Ă©tĂ© confrontĂ© Ă  un tel exercice ne savait pas par oĂč commencer.. AprĂšs avoir fourni Ă  ChatGPT quelques Ă©lĂ©ments de contexte sur la vie de sa grand-mĂšre, l’outil lui a donnĂ© la base pour l’un des textes les plus personnels qu’il ait jamais Ă©crits. Â». Â«Je savais que c’Ă©tait une belle nĂ©crologie et qu’elle rendait hommage Ă  sa vie. Peu importe qu’elle provienne de ChatGPT», confie Jebar King Ă  Vox.Au Maroc, l’intĂ©rĂȘt pour ces outils est particuliĂšrement marquĂ©. Une Ă©tude publiĂ©e par  invest. billionaire classe le pays parmi les plus gros consommateurs de ces technologies, tĂ©moignant d’une adoption massive qui ne manque pas d’interroger sur ses implications Ă  long terme. Jusqu’oĂč pouvons-nous faire confiance Ă  ces intelligences artificielles ? « Les IA sont dĂ©sormais parmi nous et font partie de nos pratiques quotidiennes. Pour un romancier, elles seraient nĂ©fastes pour sa carriĂšre si celle-ci vacillait et se fragilisait Ă  mesure que les interconnexions s’intensifient et que les frontiĂšres disparaissent. Or, jusqu’à nouvel ordre, rien au monde ne modifiera la donne qui prouve que les aventures entreprises et les Ă©motions exprimĂ©es par un humain ne sont pas encore en pĂ©ril. Certes, la concurrence sera Ăąpre, mais c’est au marchĂ© de faire la diffĂ©rence entre un humain et un humanoĂŻde. Entre les deux, la lutte sera rude et la partie difficile Ă  gagner, mais le public sera le juge de paix Â»,, prĂ©vient l’écrivain Fouad Souiba. Et de poursuivre ; Â« Ă€ prĂ©sent, il existe aussi l’option pour le romancier d’additionner son imaginaire Ă  celui de la machine pour n’en faire qu’un. Dans mon prochain roman, j’aborde cet univers passionnant des IA avec une approche complĂ©mentaire, mais jamais belliqueuse, car c’est toujours l’humain qui a et aura le dernier mot Â».

 Comment faire la diffĂ©rence ?

 Les robots  de l’IA  paraissent trĂšs intelligents. En moins d’une minute, cette intelligence est capable de rĂ©pondre Ă  nos questions dans le format demandĂ© : un commentaire de texte, une recette, un article scientifique, un roman
 Pourtant, ChatGPT et ses concurrents ne sont pas des crĂ©ateurs et n’ont pas de rigueur scientifique comme les Ă©crivains, les journalistes ou les chercheurs. Et surtout ne donnent pas d’ñme aux mots. Ils utilisent les bases de donnĂ©es sur lesquelles ils ont Ă©tĂ© entraĂźnĂ©s et les probabilitĂ©s pour gĂ©nĂ©rer le texte qu’on leur demande. Ils enchaĂźnent des platitudes et les poncifs sans jamais sortir des sentiers battus ni Ă©mettre d’avis tranchĂ© sur le sujet. Ils ne donnent pas d’exemple personnel et ne citent pas de sources fiables. En somme, le contenu est trĂšs structurĂ© et cohĂ©rent, mais il est dĂ©shumanisĂ©, dĂ©possĂ©dĂ© de ce petit truc que chaque lecteur percoit dans l’écrit d’une personne rĂ©elle. ChatGPT le reconnaĂźt lui-mĂȘme lorsque nous l’interrogeons directement sur la platitude de ses contenus : « mes textes peuvent sembler plats, car je privilĂ©gie la clartĂ©, la neutralitĂ© et la cohĂ©rence. J’Ă©vite les digressions, les Ă©motions trop marquĂ©es et les formulations subjectives pour rester universel et comprĂ©hensible. » 

Et au-delĂ  de la platitude, certains mots sont rĂ©vĂ©lateurs du style de l’IA. TrĂšs attachĂ©e Ă  fournir un texte bien structurĂ© et cohĂ©rent, elle multiplie l’emploi des connecteurs logiques. Par ailleurs ces textes sont  trĂšs acadĂ©miques  et annonce son plan d’article dans l’introduction sans style. « ReconnaĂźtre une intelligence artificielle, aujourd’hui, ne relĂšve plus uniquement de l’analyse du fond, mais aussi de la comprĂ©hension du contexte technologique. Une IA gĂ©nĂšre des contenus souvent cohĂ©rents, rapides, mais sans vĂ©cu, sans aspĂ©ritĂ©s humaines. Pour les identifier, il faut combiner des approches techniques (dĂ©tection de patterns linguistiques, outils d’analyse sĂ©mantique) et critiques (pertinence du propos, profondeur, ton). Ainsi, il est important d’accompagner les entreprises Ă  intĂ©grer l’IA de façon responsable, en formant Ă  la fois Ă  son usage et Ă  la lecture fine de ses productions. L’enjeu n’est plus seulement de savoir si un contenu est gĂ©nĂ©rĂ© par une IA, mais de maĂźtriser ce que l’on en fait, stratĂ©giquement et Ă©thiquement Â», nous confie Omar Benmoussa Managing Partner Maltem Academy.

Les limites de ces solutions

Le PrĂ©sident de l’Apebi Redouane El Haloui a quant Ă  lui mis le curseur sur les limites de cette technologie. « Pour la fĂ©dĂ©ration, l’IA est un outil puissant, mais l’intelligence reste humaine Les intelligences artificielles comme GPT et DeepSeek ont certes profondĂ©ment transformĂ© notre maniĂšre de produire et de consommer l’information. Mais ces modĂšles ne sont rien sans les donnĂ©es fournies par les humains. Aujourd’hui, nous assistons Ă  un phĂ©nomĂšne inquiĂ©tant : l’information tourne en boucle, sans rĂ©elle innovation. L’illusion de la crĂ©ativitĂ© artificielle Prenons l’exemple de Stack Overflow, une plateforme autrefois essentielle pour les dĂ©veloppeurs. Elle Ă©tait un vĂ©ritable puits de connaissances, alimentĂ© par des Ă©changes humains dynamiques. Pourtant, depuis l’explosion des IA gĂ©nĂ©ratives, l’activitĂ© sur Stack Overflow a chutĂ© drastiquement, certains estimant que la plateforme est revenue Ă  un niveau de contribution similaire Ă  celui de 2008. Â»

« Pourquoi ? Parce que les dĂ©veloppeurs prĂ©fĂšrent aujourd’hui interroger l’IA plutĂŽt que de poser des questions Ă  leurs pairs. RĂ©sultat : l’IA rĂ©gurgite des informations existantes, et l’innovation stagne. Si ces outils permettent un gain de temps considĂ©rable, ils ne crĂ©ent rien de rĂ©ellement neuf. La crĂ©ativitĂ© reste l’apanage de l’homme. Les modĂšles d’IA commencent timidement Ă  proposer du contenu plus sophistiquĂ©, mais nous sommes encore loin d’une intelligence vĂ©ritablement crĂ©ative. Â» Pour ce dernier, « l’IA ne doit pas ĂȘtre un substitut Ă  la rĂ©flexion humaine, mais un outil au service de notre intelligence collective. Il faut veiller Ă  ce qu’elle ne devienne pas un miroir dĂ©formant, oĂč nous nous contentons de recycler d’anciennes idĂ©es au lieu d’en crĂ©er de nouvelles. L’avenir : un Ă©quilibre entre IA et intelligence humaine Le Maroc s’engage dans cette voie en investissant dans ses propres capacitĂ©s numĂ©riques et en encourageant un usage responsable et Ă©thique des technologies d’IA. L’objectif est clair : ne pas subir l’IA, mais l’intĂ©grer intelligemment pour renforcer notre autonomie technologique Â».