Maroc : Saham Bank dĂ©croche sa premiĂšre notation Ba1 chez Moody’s

Saham Bank annonce que Moody’s Ratings lui a attribuĂ©, pour la premiĂšre fois, une notation long terme Ba1, assortie d’une perspective stable. Cette dĂ©cision reflĂšte l’apprĂ©ciation de Moody’s quant Ă  la soliditĂ© du profil financier de la Banque, soutenu par une rentabilitĂ© robuste, une capitalisation Ă©levĂ©e, ainsi qu’une gouvernance jugĂ©e saine.

Selon l’analyse de Moody’s, la notation s’appuie notamment sur une rentabilitĂ© structurellement solide portĂ©e par une franchise bien Ă©tablie auprĂšs des corporates multinationaux et d’une clientĂšle retail premium et une capitalisation forte, offrant une capacitĂ© d’absorption des chocs et un socle de dĂ©veloppement durable.

Elle repose aussi sur des standards de gouvernance solides, renforcĂ©s par l’engagement du nouvel actionnaire Ă  maintenir un niveau Ă©levĂ© d’exigence en matiĂšre de gouvernance d’entreprise, et une approche prudente et conservatrice en matiĂšre de classification et de gestion des risques, contribuant Ă  la rĂ©silience du profil de crĂ©dit.

Moody’s met Ă©galement en avant l’importance de Saham Bank dans le systĂšme financier Marocain, avec une position significative dans plusieurs domaines clĂ©s : paiements domestiques et internationaux, market making sur le change et le fixed income, prĂȘts interbancaires et d’autres domaines oĂč la banque opĂšre contribuant ainsi Ă  l’écosystĂšme financier du Royaume.

La BIDC inaugure son premier bureau régional à Abidjan

La Banque d’Investissement et de DĂ©veloppement de la CEDEAO (BIDC) a inaugurĂ© ce 1er dĂ©cembre 2025 Ă  Abidjan son premier bureau rĂ©gional. Il s’agit d’une Ă©tape stratĂ©gique visant Ă  rapprocher l’institution de ses États membres, accĂ©lĂ©rer la mise en Ɠuvre des projets et renforcer son rĂŽle dans l’intĂ©gration ouest-africaine.

La cĂ©rĂ©monie, organisĂ©e dans la capitale Ă©conomique ivoirienne, concrĂ©tise un projet lancĂ© en mai 2025 lors de la signature d’un accord d’établissement entre la CĂŽte d’Ivoire et la direction de la BIDC. Cette antenne couvrira non seulement la CĂŽte d’Ivoire, mais aussi cinq autres pays de la façade ouest de la CEDEAO : le Liberia, la Sierra Leone, la Gambie, la GuinĂ©e-Bissau et le SĂ©nĂ©gal. Pour l’institution basĂ©e Ă  LomĂ©, cette implantation marque un tournant dans sa stratĂ©gie de proximitĂ©, en lui permettant d’ĂȘtre plus prĂ©sente sur le terrain, plus rĂ©active et mieux alignĂ©e sur les prioritĂ©s nationales et rĂ©gionales.

La ministre ivoirienne de l’Économie, du Plan et du DĂ©veloppement, NialĂ© Kaba, a soulignĂ© que ce bureau rĂ©gional « traduit la volontĂ© de la Banque de se rapprocher davantage des États membres Â» dans un contexte de transformations profondes dans les domaines de l’industrialisation, de la digitalisation, de la transition Ă©nergĂ©tique ainsi que de l’intensification des projets transfrontaliers. Selon elle, cette prĂ©sence physique doit faciliter l’identification des besoins, amĂ©liorer le suivi des opĂ©rations et renforcer l’impact des financements sur les Ă©conomies de la sous-rĂ©gion.

Le prĂ©sident du Conseil des gouverneurs de la BIDC et ministre ghanĂ©en des Finances, Cassiel Ato Forson, a inscrit cette ouverture dans une dynamique institutionnelle de croissance. Il a rappelĂ© que la Banque a doublĂ© son portefeuille de prĂȘts au cours des cinq derniĂšres annĂ©es, estimant que l’antenne d’Abidjan permettra d’intervenir « Ă  plus grande Ă©chelle Â» et selon des standards de proximitĂ© dĂ©jĂ  adoptĂ©s par de nombreuses institutions de dĂ©veloppement dans le monde.

Pour le prĂ©sident de la BIDC, Dr George Agyekum Donkor, ce bureau constitue « une plateforme transformative pour une coopĂ©ration plus profonde Â». Il y voit un levier pour renforcer le dialogue avec les gouvernements, le secteur privĂ© et les partenaires techniques, mais aussi pour accroĂźtre la visibilitĂ© opĂ©rationnelle et la capacitĂ© de coordination de la Banque au sein de la CEDEAO.

Cette ouverture se dĂ©roule Ă©galement dans un contexte institutionnel particulier. Trois pays actionnaires de la Banque — le Mali, le Niger et le Burkina Faso — ont annoncĂ© leur retrait de la CEDEAO. Leur avenir au sein du capital de la BIDC reste, Ă  ce stade, indĂ©terminĂ©, l’institution n’ayant pas encore communiquĂ© sur les implications de cette situation pour sa gouvernance ou sa structure actionnariale. Cette incertitude n’empĂȘche toutefois pas la Banque de poursuivre sa stratĂ©gie d’expansion et de consolidation opĂ©rationnelle.

L’inauguration du bureau d’Abidjan coĂŻncide avec la prĂ©paration par la CĂŽte d’Ivoire de son Plan national de dĂ©veloppement 2026-2030, qui doit s’appuyer davantage sur les institutions financiĂšres rĂ©gionales pour soutenir les prioritĂ©s nationales. NialĂ© Kaba considĂšre que l’arrivĂ©e de la BIDC Ă  Abidjan constituera « un levier stratĂ©gique Â» pour mieux articuler financements nationaux et contributions rĂ©gionales, et pour renforcer le rĂŽle de la CĂŽte d’Ivoire comme hub Ă©conomique au sein de la communautĂ© ouest-africaine.

Afrique: Yvon Sana Bangui Ă©lu prĂ©sident de l’Association des banques centrales

Le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident de l’Association des banques centrales africaines (ABCA), le 28 novembre, Ă  YaoundĂ© au Cameroun. Il succĂšde Ă  la gouverneure de la banque centrale de l’Ile Maurice, Priscilla Muthoora Thakoor.

Le gouverneur de la BEAC a Ă©tĂ© portĂ© Ă  la tĂȘte de l’ABCA qui regroupe 41 banques centrales lors des 47es rĂ©unions annuelles des gouverneurs de cette institution continentale, organisĂ©es sur le thĂšme  « Changement climatique et stabilitĂ© macroĂ©conomique : le rĂŽle des banques centrales Â». « Je vais fonder ma mission sur une seule prioritĂ© : le projet d’opĂ©rationnalisation de l’Institut monĂ©taire africain Â», a dĂ©clarĂ© Yvon Sana Bangui, prĂ©cisant qu’il s’agit d’une Ă©tape fondamentale dans la mise en Ɠuvre d’un projet datant d’une vingtaine d’annĂ©es.

Cet institut dont la crĂ©ation est prĂ©vue pour 2026 sera chargĂ©e entre autres de mener les Ă©tudes Ă©conomiques et statistiques, de surveiller les critĂšres de convergence macroĂ©conomique des pays africains en vue de prĂ©parer la crĂ©ation de la banque centrale africaine et de l’union monĂ©taire du continent.

En marge des rĂ©unions annuelles de l’ABCA, il s’est tenu un symposium ayant rĂ©uni dans la capitale camerounaise quarante gouverneurs de banques centrales. Le gouverneur de la BEAC a estimĂ© qu’une telle mobilisation « traduit la volontĂ© des banques centrales Ă  bĂątir une Afrique Ă©conomiquement et monĂ©tairement souveraine Â».

Il s’est dit, par ailleurs, conscient de l’immensitĂ© de sa tĂąche Ă  la prĂ©sidence de l’ABCA. « C’est une grande responsabilitĂ©. Je pense qu’avec la contribution de tous, nous saurons relever les dĂ©fis. C’est ensemble que nous allons apporter les transformations structurelles aux rĂ©formes engagĂ©es par l’ABCA Â», a-t-il signifiĂ©.

Kenya : Consolidated Bank poursuit sa forte hausse des bénéfices

  • Selon Fred Ronoh, directeur par intĂ©rim des finances et de l’administration, l’Ă©tablissement de crĂ©dit rĂ©alise des progrĂšs significatifs dans tous ses domaines clĂ©s malgrĂ© un environnement opĂ©rationnel difficile.
  • Ronoh a dĂ©clarĂ© que la banque restait dĂ©terminĂ©e Ă  renforcer son bilan, Ă  diversifier ses revenus et Ă  investir dans des solutions axĂ©es sur le client.

Consolidated Bank Group a poursuivi son redressement financier, affichant un bĂ©nĂ©fice avant impĂŽt de 94,7 millions de shillings pour les neuf mois se terminant le 30 septembre 2025. Cela reprĂ©sente un retournement spectaculaire de 177 % par rapport Ă  la perte de 122,4 millions de shillings enregistrĂ©e au cours de la mĂȘme pĂ©riode l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

La banque a attribuĂ© cette amĂ©lioration des performances Ă  la mise en Ɠuvre continue de son plan stratĂ©gique quinquennal axĂ© sur le thĂšme « redressement et croissance ».

Selon Fred Ronoh, directeur par intĂ©rim des finances et de l’administration, l’Ă©tablissement de crĂ©dit rĂ©alise des progrĂšs significatifs dans tous ses domaines clĂ©s malgrĂ© un environnement opĂ©rationnel difficile.

Ronoh a dĂ©clarĂ© que la banque restait dĂ©terminĂ©e Ă  consolider son bilan, Ă  diversifier ses sources de revenus et Ă  investir dans des solutions axĂ©es sur le client. Il a soulignĂ© que cette Ă©volution positive tĂ©moignait de la mise en Ɠuvre rigoureuse de la stratĂ©gie de la banque.

L’actif total de la banque a connu une croissance impressionnante de 22 %, atteignant 19,3 milliards de shillings, contre 15,8 milliards de shillings enregistrĂ©s au cours de la mĂȘme pĂ©riode l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

Les dépÎts de la clientÚle ont également progressé de 4 % pour atteindre 12,3 milliards de shillings. Les avances nettes, en revanche, ont légÚrement reculé de 2 %, clÎturant le trimestre à 8,3 milliards de shillings.

Consolidated Bank a maintenu un niveau de liquidités élevé, à 31 %, soit bien au-dessus du minimum légal de 20 %.

La rentabilitĂ© de la banque a Ă©tĂ© stimulĂ©e par la croissance des bĂ©nĂ©fices et l’amĂ©lioration de son efficacitĂ© opĂ©rationnelle. Le bĂ©nĂ©fice net a progressĂ© de 27 %, passant de 711 millions de shillings Ă  903 millions de shillings. La forte hausse des revenus d’intĂ©rĂȘts provenant des titres d’État a Ă©galement jouĂ© un rĂŽle dĂ©terminant, atteignant 583 millions de shillings contre 278 millions l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

Dans le mĂȘme temps, les charges d’intĂ©rĂȘts ont diminuĂ© de 9 % pour s’Ă©tablir Ă  581 millions de shillings, contribuant ainsi Ă  l’amĂ©lioration des marges de la banque. Les produits hors intĂ©rĂȘts ont progressĂ© de 10 % pour atteindre 484 millions de shillings, participant Ă  une hausse globale de 21 % du rĂ©sultat d’exploitation total, qui s’Ă©lĂšve Ă  1,4 milliard de shillings, contre 1,1 milliard un an plus tĂŽt.

Les charges d’exploitation n’ont progressĂ© que de 2 %, atteignant 1,29 milliard de shillings contre 1,27 milliard, signe d’une gestion rigoureuse des coĂ»ts. Toutefois, les provisions pour dĂ©prĂ©ciation des crĂ©ances douteuses ont augmentĂ©, passant de 211 millions Ă  267 millions de shillings, en raison d’une hausse de 9 % du volume brut de ces crĂ©ances. La banque a indiquĂ© poursuivre activement ses efforts de recouvrement et renforcer sa gestion des risques.

La direction affirme que la banque est bien positionnée pour une croissance durable, grùce à la solidité de son bilan et à ses investissements dans les canaux bancaires numériques.

Dette publique : quand la BM tire la sonnette  !

D

Selon les donnĂ©es de la Banque mondiale, le stock de la dette extĂ©rieure (publique et privĂ©e) des pays africains s’établit, Ă  fin 2023, Ă  plus de 1.154 milliards de dollars. Dix pays du continent s’accaparent 70% de ce fardeau qui pĂšse lourd sur leurs Ă©conomies. DĂ©cryptage.

Pour beaucoup de pays, l’emprunt sur les marchĂ©s internationaux est devenu une vĂ©ritable alternative de financement de l’action publique. ils sont nombreux les Etats qui optent pour les  emprunts extĂ©rieures  pour financer leur dĂ©veloppements au  grand dam des coĂ»ts d’emprunts trois fois plus Ă©levĂ©s que ceux des États avancĂ©s selon un calcul de l’OCDE.MĂȘme si les objectifs sont louables, le dĂ©veloppement par la dette extĂ©rieure pour beaucoup d’Ă©conomistes place les Etats africains dans une position inconfortable. Ces prĂȘts faramineux accordĂ©s aux emprunteurs pour des projets de financements d’infrastructure    dans certains cas viennent avec de nombreux dĂ©fis, dont le plus important n’est que le poids de la dette..Le nouveau rapport de la Banque Mondiale sur l’etat de la dette tire encore la sonnette d’alarme. Selon la Banque,  le stock de la dette extĂ©rieure du continent s’est Ă©tabli autour de 1.154 milliards de dollars, en hausse de 7,84% par rapport Ă  son niveau de 2022.À titre de comparaison, le stock total de la dette extĂ©rieure mondiale (hors pays de l’OCDE) s’est Ă©tabli Ă  8.837 milliards de dollars. Toujours, selon le rapport la dette extĂ©rieure du continent africaine reprĂ©sente donc 13,06% de la dette extĂ©rieure mondiale. Cette dette est dominĂ©e par les emprunts publics bilatĂ©raux et multilatĂ©raux qui reprĂ©sentent plus de 62% de la totalitĂ© de la dette extĂ©rieure africaine. La conjoncture Ă©conomique mondiale difficile (Covid, guerre Russie-Ukraine
) et la flambĂ©e des cours des matiĂšres premiĂšres et des hydrocarbures, selon la Banque, sont les motifs qui ont possĂ© les pays africains a ’endetter davantage 

Afrique : 864 milliards

En Afrique subsaharienne, la dette extĂ©rieure s’établit Ă  864 milliards de dollars Ă  fin 2023 dont 59% de dette publique et 41% de dette privĂ©e. La proportion de la dette publique au niveau des pays d’Afrique du Nord est beaucoup plus importante et tournerait autour de 65% pour un stock de la dette extĂ©rieure de 290 milliards de dollars. Cette dette reprĂ©sente 170% des exportations en valeur et 44% du Revenu global brut de la rĂ©gion (RGN: PIB + revenus nets reçus de l’étrangers pour la rĂ©munĂ©ration des salariĂ©s, la propriĂ©tĂ© et les impĂŽts et subventions nettes sur la production).

Dans les dĂ©tails, les principaux crĂ©anciers publics des pays africains sont la Banque mondiale, le Fonds monĂ©taire international, la Banque africaine de dĂ©veloppement (BAD), la Chine
Rappelons que ces es derniĂšres dĂ©cennies, PĂ©kin  a Ă©tĂ© le berceau de la nouvelle destination de la politique de la dette africaine.Le montant des prĂȘts qu’elle a accordĂ©s Ă  49 pays africains et institutions rĂ©gionales entre 2000 et 2022 Ă  dĂ©passer les 170 milliards de dollars. Rappelons d’ailleurs ici que la dette publique en Afrique a atteint le chiffre effrayant de 1 800 milliards de dollars US en 2022.

En chiffre, les pays les plus endettĂ© sont, l’AlgĂ©rie, avec une  dette extĂ©rieure de 7,31 milliards de dollars ,Idem pour l’Éthiopie, 5e puissance Ă©conomique africaine, avec un endettement extĂ©rieur de 33,30 milliards de dollars.. La Tunisie et le SĂ©nĂ©gal, loin de figurer parmi les grandes puissances Ă©conomiques du continent, font partie du Top 10 africain avec respectivement 41,28 et 39,95 milliards de dollars.  En ce qui concerne le cas du Maroc, la dette publique reprĂ©sente 64% de la dette extĂ©rieure du pays dont 49% sont une dette multilatĂ©rale. Les principaux crĂ©anciers sont la Banque mondiale (20%), la BAD (10%), la France (5%), l’Allemagne (5%)
 Quant Ă  la dette extĂ©rieure privĂ©e, elle est dominĂ©e par les emprunts obligataires (27%) devant ceux des banques commerciales et autres (9%). En 2023, le service de la dette s’est Ă©tabli Ă  4,99 milliards de dollars, reprĂ©sentant 4% du Revenu global net.

 L’épargne publique.Une alternative ?

L’analyse Ă©tablie par la derniĂšre publication de la Fondation Mo Ibrahim dresse un premier un constat sans appel : les dĂ©penses domestiques, comme extĂ©rieures, ne permettent pas d’atteindre les objectifs de dĂ©veloppement socio-Ă©conomique. Or, aujourd’hui, le taux d’épargne nationale moyen de l’Afrique est respectivement de 20 %. Comme l’a dĂ©montrĂ© l’ascension Ă©conomique des quatre dragons asiatiques (CorĂ©e du Sud, Hong Kong, Singapour et TaĂŻwan), l’épargne publique a un rĂŽle clĂ© dans la croissance Ă©conomique. Elle permet Ă  un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino rĂ©duit notamment la dette extĂ©rieure.  Aujourd’hui cette question en soulĂšve une autre en occurrence la dĂ©pense publique. La solution de la dette s’est Ă©rigĂ©e en doctrine de gouvernance. Dans de nombreux pays occidentaux l’appel public Ă  l’Ă©pargne ainsi que la gestion efficiente des dĂ©penses publiques sont des outils de financement pratique et moins contraignants. Dans cette Afrique enclin aux dĂ©fis constants de dĂ©veloppement socio-Ă©conomique le financement est aujourd’hui un enjeu de gouvernance. Et beaucoup de voix appellent l’option de l’épargne publique. Car elle permet Ă  un gouvernement de financer la majeure partie de son capital public, ce qui par effet domino rĂ©duit notamment la dette extĂ©rieure.

Les opĂ©rations de Banque Chaabi du Maroc dans le viseur de l’ACPR

Selon nos informations, le détail des manquements soulÚve des questions structurelles sur son dispositif de conformité.

Nouveau revers pour Banque Chaabi du Maroc (BCDM). La Commission des sanctions de l’AutoritĂ© de contrĂŽle prudentiel et de rĂ©solution (ACPR) a une fois encore Ă©pinglĂ© la filiale française de Banque centrale populaire (BCP), a appris Africa Business+. Une procĂ©dure disciplinaire qui intervient douze ans aprĂšs une premiĂšre sanction en matiĂšre de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT), dans un dossier suivi de prĂšs par le superviseur.

Dans le dĂ©tail, le premier manquement retenu concerne le dispositif de surveillance automatisĂ© des opĂ©rations. Entre le 1á”‰Êł janvier 2021 et le 15 mars 2022, l’outil de dĂ©tection d’opĂ©rations atypiques a gĂ©nĂ©rĂ© 38 020 alertes, dont 63 % Ă©taient encore en attente de traitement au moment du contrĂŽle de l’autoritĂ©. Pour l’ACPR, ce niveau de stock est incompatible avec l’obligation de traiter les alertes « dans des dĂ©lais raisonnables ».

Exigences de KYC

La banque est Ă©galement sanctionnĂ©e pour une mauvaise qualification de plusieurs profils : onze clients, ayant franchi le seuil interne de sept opĂ©rations sur douze mois, ont continuĂ© d’ĂȘtre traitĂ©s comme « occasionnels », alors qu’ils relevaient d’une relation d’affaires, selon la rĂšglementation française. Une erreur qui a mĂ©caniquement rĂ©duit le niveau de vigilance et les exigences de KYC applicables. Autre manquement : des dĂ©clarations de soupçon transmises avec des dĂ©lais anormaux, certaines opĂ©rations potentiellement atypiques rĂ©alisĂ©es en 2019 et en 2020 n’ayant Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es Ă  Tracfin qu’en 2023, en contradiction avec l’obligation d’information « sans dĂ©lai ».

Enfin, la gouvernance LCB-FT prĂ©sente Ă©galement des failles structurelles pour le superviseur bancaire. Le siĂšge ne disposait d’aucun accĂšs direct aux outils de filtrage et de surveillance utilisĂ©s par les succursales de Belgique, d’Italie et d’Espagne, l’obligeant Ă  s’appuyer sur des reportings partiels pour effectuer le contrĂŽle de deuxiĂšme niveau. Une architecture jugĂ©e par l’institution comme incompatible avec un dispositif de conformitĂ© intĂ©grĂ© et fiable.

Un dispositif renforcé mais encore insuffisant

BCDM, filiale française du deuxiĂšme plus grand groupe bancaire du Maroc, a pour activitĂ© principale l’intermĂ©diation historique destinĂ©e aux Marocains du monde (MDM) et exercĂ©e pour le compte de la maison mĂšre. Cette activitĂ© reprĂ©sente l’essentiel de son modĂšle : 77 % du produit d’exploitation en 2022, selon l’ACPR.‹Au moment du contrĂŽle, l’établissement comptait environ 400 salariĂ©s, dont 38 en conformitĂ©, un bilan proche de 400 millions d’euros et un produit net bancaire de plus de 50 millions d’euros, aprĂšs deux annĂ©es de pertes en 2023 et en 2024.

Dans sa nouvelle dĂ©cision, l’ACPR rappelle que, depuis la premiĂšre sanction, la banque a investi environ 7,5 millions d’euros pour renforcer son dispositif de conformitĂ©. Mais, malgrĂ© ces efforts, le contrĂŽle sur place menĂ© entre fĂ©vrier et juin 2023 montre que des lacunes importantes subsistent dans le dispositif. Des lacunes qui justifient, selon l’autoritĂ©, le prononcĂ© d’un blĂąme et d’une sanction pĂ©cuniaire de 250 000 euros. Fin octobre, le conseil d’administration de la filiale a procĂ©dĂ© Ă  un remaniement de sa gouvernance, aprĂšs le dĂ©part de Naziha Belkeziz, pour dĂ©signer Idriss BensmaĂŻl en tant que nouveau prĂ©sident du conseil d’administration et nommer Abdelghani Bouanfir au poste de directeur gĂ©nĂ©ral.

Nigeria : Zenith Bank Ă©tudie des opportunitĂ©s d’expansions en Afrique de l’Est

Zenith Bank, l’un des plus grands groupes bancaires du Nigeria, a informé ses actionnaires qu’elle Ă©tudie plusieurs pistes d’expansion rĂ©gionale. Dans une note datĂ©e du mardi 18 novembre 2025, la banque explique avoir engagĂ© des Ă©changes avec diffĂ©rentes autoritĂ©s de rĂ©gulation, afin d’examiner la possibilitĂ© d’entrer sur des marchĂ©s d’Afrique de l’Est.

L’extension envisagĂ©e peut inclure l’acquisition d’établissements financiers dĂ©jĂ  prĂ©sents dans la rĂ©gion. Cette approche correspond Ă  la stratĂ©gie de long terme de la banque, qui repose sur l’augmentation de sa prĂ©sence en Afrique subsaharienne et sur la diversification de ses sources de revenus.

Réaction aux rumeurs sur Paramount Bank

La communication de Zenith Bank intervient aprÚs la diffusion de rumeurs annonçant un rachat de Paramount Bank, un établissement bancaire kényan de petite taille. Selon ces rumeurs, la banque nigériane aurait déjà engagé des discussions avancées pour une acquisition.

Zenith Bank prĂ©cise qu’aucune dĂ©cision n’a Ă©tĂ© prise et qu’aucune transaction n’est en cours. La direction rappelle que toute conclusion hĂątive publiĂ©e sans autorisation officielle ne reflĂšte pas la rĂ©alitĂ© du processus interne.

À ce jour, elle ne dispose d’aucune implantation en Afrique de l’Est. Elle concentre toutefois ses premiĂšres Ă©tapes d’expansion continentale sur l’Afrique francophone.

Notons par ailleurs qu’elle a ouvert une succursale Ă  Paris en novembre 2024, une implantation stratĂ©gique destinĂ©e Ă  faciliter les transactions euro-africaines et Ă  renforcer les relations avec les investisseurs institutionnels.

Dans la continuitĂ©, la banque nigĂ©riane a annoncĂ© son intĂ©rĂȘt pour le Cameroun et la CĂŽte d’Ivoire, deux marchĂ©s oĂč les groupes bancaires nigĂ©rians renforcent progressivement leur prĂ©sence. L’ambition est d’étendre progressivement son rĂ©seau africain, tout en adaptant ses opĂ©rations aux exigences rĂ©glementaires locales et aux besoins de financement des Ă©conomies oĂč elle souhaite s’implanter.

Pour rappel, Zenith Bank suit les pas d’autres institutions nigĂ©rianes qui se sont dĂ©jĂ  installĂ©es au Kenya. Au cours des cinq derniĂšres annĂ©es, United Bank for Africa (UBA) et Guaranty Trust Bank (GTBank), ont en effet pĂ©nĂ©trĂ© le marchĂ© kĂ©nyan, marquant ainsi une Ă©volution des institutions financiĂšres ouest-africaines qui cherchent Ă  se dĂ©velopper au-delĂ  de leurs marchĂ©s nationaux. En avril 2025, Access Bank a finalisĂ© l’acquisition de National Bank of Kenya (NBK), filiale du groupe KCB. L’opĂ©ration a Ă©tĂ© validĂ©e par les autoritĂ©s rĂ©glementaires des deux pays, et certains actifs de la NBK ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s Ă  KCB Bank Kenya, selon la loi bancaire kĂ©nyane.

Banque digitale : derriùre la tech, un tout long chemin


Depuis de l’avĂšnement de l’informatique, l’industrie bancaire marocaine a connu plusieurs mutations qui ont transformĂ©s le mĂ©tier. De la mĂ©canographie au digital aujourd’hui, le changement est palpable.

Depuis son apparition, l’informatique Ă  changer le monde. Il a fait basculer ce dernier d’une Ăšre industrielle Ă  un Ăąge numĂ©rique. Mais comme Rome ne s’est pas construite en un jour : l’informatique telle qu’on le connaĂźt aujourd’hui s’est construite sur de nombreuses annĂ©es. Ainsi tel une rĂ©volution, cet outil Ă  impulser la croissance de bien des secteurs en l’occurrence celui de la banque. Il a donc Ă©tĂ© un vĂ©ritable catalyseur qui a changĂ© au fil des annĂ©es le visage de la banque. Au Maroc, le secteur n’est pas restĂ© en marge de ces avancĂ©es technologiques. Ce dernier a subit de fond en comble toutes les transitions. « L’histoire de l’informatique au niveau de la banque marocaine Ă  commencer par la mĂ©canographie (c’était des fiches physique ou on enregistre les soldes clients). Et Ă  cette Ă©poque, un centre mĂ©canographique comprenait en gĂ©nĂ©ral une trieuse, une interclasseuse et une tabulatrice programmable par cĂąblage qui Ă©taient opĂ©rĂ©es par des techniciens. AprĂšs on est passĂ© au host systĂšme ; et nous avons commencĂ© a dĂ©veloppĂ© les applications sur ça au niveau de la banque. Et Ă  l’époque nous utilisons les cartes perforĂ©es comme supports de travail Â», souligne Idri Taibi , un ex ingĂ©nieur informaticien de la promotion des annĂ©es 1976 de l’universitĂ© de Bordeaux qui a bien voulu nous plonger dans ce passĂ© plein de nostalgie. Et d’ajouter : Â« Au niveau des host, il y’avait que deux gĂ©ants de l’informatique sur la place : IBM et Bull».  AprĂšs l’épisode des Host, le secteur a amorcĂ© une autre Ă©volution avec l’entrĂ©e de la micro-informatique dans les annĂ©es 80. (Émergence des PC). « Et lĂ  au niveau de l’informatique en gĂ©nĂ©rale il y’a eu un vĂ©ritable bon en avant.  On a commencĂ© Ă  avoir des PC avec des disques durs permettant de stocker plus de donnĂ©es. Et la micro-informatique avait deux modes clĂ©s d’utilisations : l’utilisation locale (les outils de bureautique) et l’utilisation Ă  distance (se connecter avec le host Ă  travers la ligne) Â», explique Taibi.  Par ailleurs, il faut souligner que l’un des faits marquant de ces diffĂ©rentes transitions a Ă©tĂ© essentiellement l’apparition d’internet (1994 -1995) qui a permis d’ouvrir les systĂšmes d’information vers l’extĂ©rieur. Cette innovation a un mot rĂ©inventĂ© la relation des banques avec leurs clients. En claire, cet outil a permis aux banques de porter leurs systĂšmes informatiques vers leurs clients en supprimant plusieurs Ă©tapes t’intermĂ©diations et en permettant la digitalisation de l’ensemble de leurs relations clients. Par consĂ©quent, toutes ces Ă©volutions ont permis au secteur bancaire de se dĂ©velopper ainsi que de mettre en place de nouveau produits (guichet automatique, transferts d’argents
) Â«Celle-ci s’est retrouver avec un nouveau visage. On est passĂ© de la banque dĂ©pĂŽt-retrait Ă  la banque commerciale», commente l’ingĂ©nieur informatique. D’autre part, il faut Ă©galement notifier que cette aventure a Ă©tĂ© soutenu par les banques. Les acteurs du secteur Ă  l’époque non pas hĂ©sitĂ© Ă  investir dans l’informatique. Pour la petite histoire, Feu Moulay Ali Kettani, Ex- PDG du groupe Attiajriwafa Bank avait Ă  l’époque misĂ© sur l’informatique. : Il nous a dit une fois dans un meeting : «moi je ne discute pas les factures de l’informatique. Je les signes les yeux fermĂ©s». Il a donc investi Ă©normĂ©ment sur le matĂ©riel, sur les ressources humaines, sur la communication, nous confie Taibi. Des annĂ©es aprĂšs, l’intĂ©rĂȘt est toujours le mĂȘme, voire plus important. C’est ainsi Khalid Ziani , expert en NTIC dĂ©clare : «Il reprĂ©sente entre 25 et 30% (d’investissement informatique et digital) de la totalitĂ© des coĂ»ts des banques y compris les  charges salariales, les coĂ»ts des ressources. Et dans la banque, l’investissement en informatique est une orientation stratĂ©gique de tous les dirigeants». Cependant, il faut quand mĂȘme rappeler que le secteur bancaire a pu s’arrimer aux standards internationaux en raison des rĂ©formes profondes qui ont Ă©tĂ© opĂ©rĂ©es Ă  l’aune des annĂ©es 80.

Banque : les rĂ©formes tournĂ©es vers le progrĂšs

Le Maroc a engagĂ© d’importantes rĂ©formes structurelles afin de jeter les bases d’une croissance Ă©conomique forte et durable. C’est en ce sens que le secteur bancaire, a Ă©tĂ© placĂ© au centre de cette dynamique de rĂ©formes, compte tenu de son rĂŽle clĂ© en matiĂšre de renforcement de la croissance. En effet, ces rĂ©formes avaient pour objectif de faire converger la rĂšglementation marocaine en la matiĂšre vers les standards internationaux. Ainsi ont Ă©tĂ© introduits, dans le cadre de la loi bancaire de 1993, le dĂ©sencadrement du crĂ©dit, la suppression progressive des emplois obligatoires, la libĂ©ralisation des taux d’intĂ©rĂȘts dĂ©biteurs en 1996 et, la mĂȘme annĂ©e, le lancement d’un marchĂ© des changes interbancaire.

A partir de 2000, un nouveau plan comptable pour les Ă©tablissements de crĂ©dit a Ă©tĂ© adoptĂ©. Cette libĂ©ralisation de l’activitĂ© bancaire s’est rĂ©alisĂ©e dans un cadre prudentiel renforcĂ© (notamment en matiĂšre de classification des crĂ©ances douteuses Ă  provisionner) que le systĂšme bancaire a globalement su intĂ©grer, exception faite des anciens organismes financiers spĂ©cialisĂ©s. Le marchĂ© financier, quant Ă  lui, aprĂšs sa modernisation par une batterie de mesures durant les annĂ©es 1993, a connu, en 2004, une mise Ă  jour de son infrastructure et de ses rĂšgles de fonctionnement et un renforcement des pouvoirs de l’autoritĂ© de marchĂ©. De plus,  en 2006, la promulgation de la nouvelle loi bancaire a apportĂ© deux Ă©lĂ©ments fondamentaux que sont d’une part, des nouvelles rĂšgles prudentielles dans le cadre de BĂąles  II qui sont plus qualitatives et spĂ©cifiques et qui nĂ©cessitent le recours Ă  de nouveaux profils en matiĂšre de ressources humaines et Ă  des moyens techniques sophistiquĂ©s et d’autre part, l’autonomie de la banque centrale, seule institution chargĂ©e de veiller Ă  la rĂ©gulation et Ă  la surveillance du systĂšme bancaire et de conduire la politique monĂ©taire.  

Pour rappel, il convient de souligner qu’entre 2006 et 2007, la totalitĂ© des banques marocaines ont commencĂ©e vĂ©ritablement a s’équipĂ© sur le plan matĂ©riel, technique et au niveau des ressources humaines afin de respecter les nouvelles normes prudentielles adoptĂ©es par BĂąle II. Ces nouvelles normes devaient avoir pour consĂ©quences l’instauration de nouveaux rapports entre la banque et sa clientĂšle. 

Zoom les grandes dates de l’informatique de BCP

  • 1989 : Lancement de la 1Ăšre version de MANSOUR, systĂšme d’information Agence, dĂ©veloppĂ© en interne, permettant une rĂ©plication en quasi-temps rĂ©el entre l’agence et le systĂšme Central (une 1Ăšre au Maroc).
  • 1990 – 1993 : Autres versions de MANSOUR avec des fonctionnalitĂ©s plus Ă©toffĂ©es et une couverture plus large. 
  • 2008 : dĂ©ploiement d’un nouveau portail agence Mansour basĂ© sur un client lĂ©ger.
  • 2000 : Lancement du service « Chaabi Mobile Â», le service d’alerte SMS (solde du compte et opĂ©rations sur le compte), pour les clients en France.
  • 2001 : GĂ©nĂ©ralisation de « Chaabi Mobile Â» Ă  tous les clients et lancement, pour la 1Ăšre fois au Maroc, de la 1Ăšre version de banque en ligne « Chaabi Net Â» avec des services de consultation.
  • 2003 : Lancement des premiers services transactionnels au niveau de « Chaabi Net Â».
  • Juin 2009 : lancement du premier service de « m-paiement Â» au Maroc. Ce service baptisĂ© « e-khlass » permet au petit commerce de payer en temps rĂ©el via son GSM les produits Lesieur au Vendeur, et ce, dĂšs leur livraison.
  • 2010 : Lancement du service « e-bl@di Â», le service permettant aux MDM de transfĂ©rer de l’argent par internet 24h/24 et 7j/7.
  • Juin 2011 : lancement pour la 1Ăšre fois au Maroc du service « Cash Emergency Â» qui consiste Ă  envoyer de l’argent, depuis un mobile ou un GAB, rĂ©cupĂ©rable sur tous les GAB Banque Populaire 24h/24 et 7j/7 sans carte et sans compte.
  • Septembre 2011 : lancement du service « e-bl@di hissab Â», le service permettant aux MDM d’ouvrir un compte Ă  distance.
  • 2016 : dĂ©buts de la transformation digitale, revue de l’organisation des Ă©quipes, crĂ©ation de la filiale PCA, prĂ©sence des mĂ©tiers et co-construction avec les clients, feedback terrain pris en charge rĂ©guliĂšrement et cycle court de mise sur le marchĂ©.  Revue de la gestion de la relation client via, entre autres, une conduite du changement au niveau de la force de vente et changement de mindset. Lean Management.
  • La composante technologique est de moins en moins interpelĂ©e pour laisser la place aux usages (le digital est un usage, non une technologie).
  • Exploitation du potentiel de la data.
  • Pull technologie : DĂ©finir les besoins informatiques Ă  partir des besoins mĂ©tiers / clients.
  • 2017 :
  • Concept de l’agence Digitale
  • Parcours d’entrĂ©e en relation, pour la 1Ăšre fois au Marocavec signature Ă©lectronique, avec mobilitĂ© (tablette) au Maroc et Ă  l’étranger.
  • Nouveau portail de banque en ligne Chaabinet 
  • 2018 :
  • Parcours de crĂ©dit immobilier 
  • Application BPay pour le paiement mobile : 1Ăšre appli de mobile payment au Maroc avril 2018
  • 2019 :
  • Nouvelle application mobile Pocket Bank
  • +1M de tĂ©lĂ©chargements
  • Note 4,5
  • Services innovants : smart horse, assistant vocal, Authentification Face ID et Finger Print

  • 2020
  • Parcours de crĂ©dit Ă  la consommation sur Pocket Bank.

Pour la 1Ăšre fois au Maroc, parcours d’ouverture de compte 100% en ligne pour les MDM avec visio-confĂ©rence et signature Ă©lectronique

Comment Ecobank s’impose face aux gĂ©ants bancaires anglophones

Dans un paysage bancaire africain dominé depuis deux décennies par les mastodontes anglophones, Ecobank Transnational Incorporated (ETI) affiche une trajectoire ascendante qui bouleverse les équilibres régionaux.

PrĂ©sent dans 33 pays, le groupe panafricain a gagnĂ© plusieurs places dans le classement des banques les plus performantes du continent, confirmant une dynamique que peu d’acteurs francophones avaient rĂ©ussi Ă  enclencher jusqu’ici. Au-delĂ  de la communication institutionnelle, cette progression repose sur une stratĂ©gie mĂ©thodique, calibrĂ©e sur l’intĂ©gration rĂ©gionale, la consolidation opĂ©rationnelle et une accĂ©lĂ©ration digitale dĂ©sormais au cƓur de son modĂšle.

Un modÚle panafricain devenu un avantage stratégique

L’une des forces d’Ecobank rĂ©side dans une implantation gĂ©ographique unique. Avec le rĂ©seau le plus Ă©tendu d’Afrique subsaharienne, la banque bĂ©nĂ©ficie d’un socle permettant de mutualiser ses plateformes techniques, ses solutions de paiements et ses infrastructures de trĂ©sorerie. Cette architecture lui confĂšre des effets d’échelle rares : coĂ»ts rationalisĂ©s, gestion des risques uniformisĂ©e, offre unifiĂ©e pour les entreprises opĂ©rant sur plusieurs marchĂ©s. Dans les classements rĂ©cents, Ecobank s’est distinguĂ© par son efficacitĂ© opĂ©rationnelle : 5ᔉ en rentabilitĂ© et 9ᔉ en rendement des actifs (ROA). Des indicateurs qui traduisent une montĂ©e en puissance maĂźtrisĂ©e et un repositionnement crĂ©dible face aux groupes nigĂ©rians ou sud-africains, traditionnellement dominants. En chiffre, Son taux de crĂ©ances non performantes est, lui, passĂ© de 6,6 % Ă  5,7 % entre les premiers semestres 2024 et 2025. En parallĂšle, le groupe a signĂ© un partenariat avec Google, en juillet, en vue d’utiliser l’IA pour certaines tĂąches rĂ©pĂ©titives. Il s’est Ă©galement concentrĂ© sur l’automatisation de l’évaluation  du risque de crĂ©dit afin de gagner encore en rentabilitĂ©.

Consolidation avant expansion : une rupture avec l’ancienne doctrine

Contrairement aux logiques d’expansion agressive adoptĂ©es par plusieurs banques africaines au dĂ©but des annĂ©es 2010, Ecobank a recentrĂ© son effort sur les marchĂ©s oĂč il dispose dĂ©jĂ  de leviers solides.

Cette stratégie de consolidation présente trois avantages majeurs :

  • Optimisation des marges avant tout nouvel investissement rĂ©gional.
  • Stabilisation du risque opĂ©rationnel, un enjeu critique dans un rĂ©seau multi-pays.
  • Renforcement de la qualitĂ© des actifs, indispensable dans un contexte bancaire de plus en plus rĂ©gulĂ©.

Loin d’une contraction dĂ©fensive, cette mĂ©thode s’apparente Ă  une phase de durcissement structurel, prĂ©alable Ă  une expansion plus sĂ©lective et mieux financĂ©e.

Le digital comme moteur de compétitivité

L’autre pilier clĂ© de la transformation du groupe est technologique.

Dans un continent oĂč l’interopĂ©rabilitĂ©, les transactions transfrontaliĂšres et le mobile-money redĂ©finissent les usages, Ecobank a fait du digital un diffĂ©renciateur stratĂ©gique, et non un simple outil complĂ©mentaire.

Le groupe mise aujourd’hui sur :

  • une plateforme unifiĂ©e pour les paiements rĂ©gionaux,
  • des solutions de gestion de trĂ©sorerie adaptĂ©es aux multinationales africaines,
  • une infrastructure technologique harmonisĂ©e d’un pays Ă  l’autre.

RĂ©sultat : rĂ©duction des coĂ»ts, accĂ©lĂ©ration du traitement des transactions et montĂ©e en gamme sur les services Ă  valeur ajoutĂ©e, d’oĂč une place renforcĂ©e dans les secteurs corporate et PME internationales.

Des performances financiĂšres qui confortent le repositionnement

Cette transformation interne se lit dans les comptes du groupe : coûts sous contrÎle, productivité améliorée, rentabilité consolidée.

Dans un contexte oĂč plusieurs banques panafricaines naviguent difficilement entre inflation, volatilitĂ© des devises et durcissement rĂšglementaire, Ecobank apparaĂźt comme l’un des rares groupes Ă  rĂ©ussir Ă  convertir son modĂšle multi-pays en avantage compĂ©titif.

La diversification gĂ©ographique protĂšge le groupe des chocs locaux, tandis que l’ancrage digital rĂ©duit la dĂ©pendance historique au rĂ©seau physique, coĂ»teux et complexe.

Des risques toujours présents, mais mieux maßtrisés

Malgré cette dynamique, les défis structurels demeurent :

  • RĂ©gulations hĂ©tĂ©rogĂšnes selon les pays
  • Concurrence croissante des banques nigĂ©rianes (UBA, Access Bank, FirstBank)
  • Pression des fintechs locales et rĂ©gionales
  • Risques liĂ©s au taux de change et aux environnements macro-Ă©conomiques fragiles

Mais Ecobank aborde ces dĂ©fis avec un modĂšle restructurĂ© et une gouvernance davantage orientĂ©e vers la performance et la discipline opĂ©rationnelle. Loin d’un simple effet de cycle, la progression d’Ecobank s’inscrit dans une stratĂ©gie pensĂ©e sur le long terme : consolider, digitaliser, standardiser, avant d’étendre.

En s’appuyant sur une plateforme unique sur le continent et une architecture technologique transfrontaliĂšre, la banque panafricaine se positionne comme un challenger sĂ©rieux des gĂ©ants anglophones, capable de rééquilibrer le rapport de force dans la finance africaine.

Son Ă©volution sera l’un des marqueurs Ă  suivre dans la reconfiguration actuelle du secteur bancaire sur le continent.

Cameroun : Afreximbank garantit un prĂȘt de 275 millions USD

Dans sa note de conjoncture sur la dette publique du Cameroun publiĂ©e Ă  fin septembre 2025, la Caisse autonome d’amortissement (CAA) rĂ©vĂšle que le Cameroun a levĂ© 159 milliards de FCFA (275 millions USD) auprĂšs de banques locales, grĂące Ă  une garantie partielle ou totale de l’African Export-Import Bank (Afreximbank), sans prĂ©cision des prĂȘteurs.Â