Conservation environnementale en Afrique: ce que le partenariat Vodafone-WWF révèle sur les nouvelles formes de financement
Il y a dans la mécanique de cette campagne quelque chose d’instructif sur les nouvelles économies du financement environnemental. Vodafone et WWF ont collecté un million de téléphones inutilisés en trois ans. Un pour chaque livre sterling versée à des projets de conservation en Europe et en Afrique. Le chiffre est à la fois modeste dans l’absolu et significatif dans sa logique: transformer le geste individuel le plus banal (ranger un vieux smartphone dans un tiroir plutôt que de le recycler) en monnaie de conservation est une innovation de design comportemental autant qu’une opération de communication.
Ce qui mérite d’être examiné, c’est la géographie africaine du projet. Au Kenya, WWF travaille à la coexistence entre communautés humaines et faune sauvage, notamment lions et éléphants, dans un corridor transfrontalier avec la Tanzanie, en utilisant des technologies de monitoring.
En Afrique du Sud, la relocalisation de rhinocéros noirs, l’extension des zones protégées et des plateformes numériques mobiles pour les pêcheries communautaires côtières disent un modèle de conservation qui n’est plus séparé du développement économique local.
Et en Tanzanie, 327 femmes formées aux pratiques de pêche durable dans les zones humides du Mara. Un chiffre précis, humain, qui dit que l’argent des téléphones recyclés a une adresse.
La mention que Vodafone fournit des services financiers à 94 millions de clients dans sept pays africains n’est pas accessoire dans ce contexte. Elle dit que le groupe n’est pas un opérateur télécom qui fait de la conservation pour sa communication: c’est une institution économique africaine de premier plan dont les décisions environnementales ont des effets à l’échelle d’un continent.
L’argument du téléphone reconditionné mérite d’être noté. Acheter un smartphone reconditionné plutôt que neuf évite environ 50 kg de CO₂ et l’extraction de plus de 70 kg de matières premières. Dans un continent africain où la croissance de la pénétration mobile est encore forte et où les déchets électroniques représentent un problème croissant, ce modèle circulaire n’est pas qu’une opération de marketing européen. C’est une direction que les opérateurs télécoms africains devraient regarder avec plus d’attention.





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