ONCF: comment le rail marocain a franchi le cap des 5 milliards de dirhams et prépare l’arrivée du TGV à Marrakech
Le Conseil d’Administration de l’ONCF, réuni le 9 avril 2026 sous la présidence du ministre du Transport Abdessamad Kayouh, a livré une photographie saisissante d’un secteur ferroviaire en pleine ébullition. Le chiffre d’affaires a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 5 milliards de dirhams (environ 458 millions d’euros), porté par une activité «voyageurs» qui a transporté 55,6 millions de passagers et par un fret qui a vu le transport des phosphates rebondir de 12% à plus de 14,2 millions de tonnes. Mais derrière ces agrégats flatteurs se lit une transformation plus profonde: l’ONCF est redevenu capable d’absorber intégralement les charges d’amortissement de ses infrastructures, dégageant un résultat d’exploitation hors amortissements positif de 1,3 milliard de dirhams. C’est la fin d’une époque où la rentabilité opérationnelle était obérée par le poids comptable des rails et des caténaires. L’Office ne se contente plus de faire rouler des trains ; il génère désormais une performance qui lui permet d’envisager sereinement la phase la plus ambitieuse de son histoire.
Cette phase a un nom et un montant: le programme d’investissement de 96 milliards de dirhams lancé par le Roi Mohammed VI en avril 2025. Un an après son coup d’envoi, les travaux de génie civil de la Ligne à Grande Vitesse Kénitra-Marrakech battent leur plein, le coup d’envoi des travaux ferroviaires du Grand Casablanca a été donné en septembre 2025, et trois grands marchés pour l’acquisition de 168 rames de nouvelle génération ont été conclus. Ce n’est pas un simple élargissement de capacité. C’est une refonte complète du maillage ferroviaire national, pensée pour accompagner la croissance démographique et économique du Royaume, et pour préparer les grands rendez-vous continentaux comme la CAN qui a déjà vu l’ONCF déployer un dispositif inédit de 250 trains supplémentaires pour transporter 250 000 supporters. La célébration du 7ème anniversaire d’Al Boraq, avec 5,6 millions de voyageurs et 848 millions de dirhams de chiffre d’affaires en 2025, rappelle que le Maroc a été le premier pays africain à se doter d’un TGV (train à grande vitesse). Il est désormais en passe de devenir le premier à étendre ce réseau sur plusieurs centaines de kilomètres.
Ce que ces résultats révèlent, c’est que le rail marocain n’est plus seulement un service public subventionné ; il devient un actif stratégique rentable, capable d’autofinancer une partie de sa croissance tout en décarbonant la mobilité nationale. La nouvelle stratégie ESG 2030 et la certification ISO 37001 anti-corruption viennent parachever ce tableau d’une entreprise publique qui se veut à la fois performante, éthique et durable. Le train marocain est lancé à grande vitesse, et il emmène avec lui l’ambition de tout un continent.



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