EasyJet ancre sa base à Marrakech: pourquoi la low-cost britannique mise 4 millions de sièges sur le Maroc
L’inauguration officielle, le 16 avril 2026, d’une base permanente de trois avions à Marrakech par easyJet n’est pas un simple élargissement de programme de vol. C’est un vote de confiance massif dans la résilience et l’attractivité du Maroc comme destination touristique mondiale, et un pari industriel sur la capacité de la ville ocre à devenir une plaque tournante du trafic low-cost entre l’Europe et l’Afrique.
Le directeur général Kenton Jarvis, présent aux côtés du patron de l’ONMT Achraf Fayda, a célébré les vingt ans de présence de la compagnie au Maroc avec un chiffre remarquable: 20 millions de passagers transportés depuis 2006. Mais c’est la suite qui change de dimension. Avec cette base, easyJet injectera dès la première année 4 millions de sièges supplémentaires sur le marché marocain, hissant son réseau à 58 routes, dont 30 pour la seule Marrakech. L’annonce simultanée de six nouvelles liaisons pour l’hiver prochain, reliant la ville ocre à Prague, Newcastle et Zurich, mais aussi Agadir à Bordeaux et Birmingham, ou encore Essaouira à Nantes, dessine une stratégie de capillarité qui ne se limite plus aux capitales européennes. La compagnie tisse désormais une toile qui relie les régions françaises et britanniques directement aux côtes marocaines, court-circuitant les hubs parisiens ou londoniens. Une décentralisation des flux qui est une aubaine pour des villes comme Agadir ou Essaouira, longtemps dépendantes des correspondances ou des vols charters saisonniers. La prolongation à l’année de lignes comme Lille, Strasbourg ou Hambourg vers Marrakech achève de sortir la destination de la seule saisonnalité estivale ou hivernale. Marrakech devient une ville accessible toute l’année, pour un week-end comme pour un long séjour, avec une offre hôtelière qui suit puisque easyJet holidays y référence déjà plus de 70 établissements, dont une sélection « Luxury Collection ».
Ainsi, ce n’est plus seulement le tourisme de masse qui est visé, mais aussi une clientèle haut de gamme, attirée par la stabilité et la qualité de l’offre marocaine. La création d’une centaine d’emplois directs et de milliers d’emplois indirects autour de cette base est un signal fort envoyé à la jeunesse marocaine. En effet, le tourisme, lorsqu’il est structuré par des acteurs internationaux de long terme, peut être un pourvoyeur de carrières qualifiées, de la maintenance aéronautique à l’hôtellerie de luxe. Ce que cette implantation révèle, c’est que le Maroc a su transformer sa position géographique et sa stabilité politique en un actif stratégique pour les grands opérateurs européens. Dans un ciel africain encore fragmenté, Marrakech s’impose comme le hub low-cost le plus fiable et le mieux connecté du nord-ouest du continent. EasyJet ne fait pas que remplir des avions ; elle ancre durablement une partie de sa croissance future au Maroc. Et dans la compétition feutrée que se livrent les destinations méditerranéennes, ce vote de confiance britannique vaut tous les discours.




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