Centrafrique : le canadien CVMR décroche un méga-contrat minier de 25 ans sur l’uranium, l’or et le coltan


Avant la présidentielle, les autorités du pays ont scellé un accord avec un géant nord-américain des mines. Celui-ci lorgne l’uranium, le coltan, le cuivre, l’or et le nickel du sol centrafricain.

Le groupe canadien Chemical Vapour Metal Refining (CVMR) a annoncé avoir a conclu un accord avec l’État Centrafricain portant sur l’exploration, l’exploitation et le raffinage de ses ressources minières stratégiques (uranium, coltan, cuivre, or et nickel) pour une période de 25 ans. Selon les informations communiquées fin novembre par l’entreprise et confirmées par Bangui, cet accord formalise un protocole de négociation engagé depuis 2023.

Bangui présente ce partenariat public-privé comme une étape déterminante pour renforcer la transformation locale et garantir que les richesses du sous-sol contribuent directement à la croissance économique du pays. Les deux Parties ont convenu de l’implémentation de ce méga projet et la valorisation desdits minerais dans les 12 mois suivant la signature de ce partenariat. Le projet prévoit également la construction d’unités de raffinage, le transfert de technologies, la création d’emplois et la mise en place de programmes de formation en lien avec les universités et centres d’enseignement supérieur nationaux.

50 millions de dollars d’investissement

Pour y parvenir, le géant nord-américain des mines avait créé en juin dernier une filiale locale dénommée CVMR Sarl (Centrafrique) pour superviser les activités d’exploration, d’exploitation et de raffinage de l’uranium, du tantale, du niobium, du cuivre, de l’antimoine, du nickel et de l’or. Les opérations d’extraction de l’uranium seront spécifiquement gérées par une filiale américaine, Uranium Power Corporation. Kamran M. Khozan, patron de CVMR a également annoncé avoir engagé des négociations en cours pour lancer un « mécanisme financier dédié » afin de canaliser des capitaux extérieurs une fois les premières découvertes confirmées.

Pour rappel, le potentiel minier du pays reste toutefois difficile à mesurer en raison de la prédominance de l’activité artisanale. D’après le rapport ITIE 2022, la production artisanale d’or atteindrait environ 5 735 tonnes, contre 1 536 tonnes seulement déclarées et exportées par les 26 sociétés formelles recensées. Ces exportations ont généré 31,4 milliards FCFA, illustrant l’ampleur du secteur informel et le manque à gagner pour l’État.

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