CAN 2025 au Maroc : plus d’un million de supporters et des retombées économiques record

Par Zoubir BOUHOUTE

La Coupe d’Afrique des Nations 2025-2026, qui se déroulera du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, s’annonce comme un événement d’une grande envergure pour le Maroc, tant sur le plan sportif qu’économique et touristique. Les estimations prévoient entre 500 000 et 1 million de visiteurs étrangers supplémentaires, générant des retombées économiques comprises entre 4,5 et 12 milliards de dirhams, grâce aux dépenses liées à l’hébergement, à la restauration, au transport et aux services annexes.

L’organisation de la CAN 2025 s’inscrit dans un contexte démographique exceptionnel. Les 23 pays participants (hors Maroc) totalisent à eux seuls plus de 1,03 milliard d’habitants, soit près des deux tiers de la population africaine estimée à 1,55 milliard en 2025. Les douze nations les plus peuplées, chacune dépassant les 30 millions d’habitants, concentrent environ 900 millions de personnes, soit plus de 85 % de la population représentée. Parmi elles figurent les géants démographiques du continent : le Nigeria, l’Égypte, la RD Congo, la Tanzanie, l’Afrique du Sud, le Soudan, l’Ouganda, l’Algérie, l’Angola, le Mozambique et la Côte d’Ivoire. Ces pays, véritables viviers de supporters et de passionnés de football, devraient constituer la base principale du public présent dans les stades marocains et de l’audience télévisuelle sur le continent.

Sur la base de ces populations, le public potentiel se déplaçant au Maroc pour assister aux matchs peut être estimé entre 517 000 et 1 034 000 spectateurs étrangers, en appliquant un ratio compris entre 5 et 10 supporters pour chaque tranche de 10 000 habitants. Cette hypothèse prudente tient compte de la proximité géographique, du pouvoir d’achat et de la tradition footballistique des nations participantes. Les pays les plus peuplés et passionnés, comme le Nigeria, l’Égypte, la RD Congo, la Tanzanie, l’Afrique du Sud ou l’Algérie, devraient représenter la majorité de ces flux de supporters, générant un afflux massif qui aura des retombées économiques considérables sur le tourisme, l’hôtellerie, le transport et le commerce, consolidant la position du Maroc comme pôle majeur de l’événementiel sportif africain.

Des recettes touristiques exceptionnelles pour le Maroc

La Coupe d’Afrique des Nations 2025, devrait générer des recettes considérables liées à la présence des supporters étrangers. Durant la phase des matchs de poule (21–31 décembre), le public provenant des 23 pays participants pourrait représenter entre 517 000 et 1,03 million de personnes. Avec une moyenne de dix nuits par supporter et une dépense quotidienne comprise entre 600 et 800 dirhams, les recettes pourraient atteindre 3 à 8 milliards de dirhams.

Pour la phase à élimination directe (8èmes de finale au 3 janvier jusqu’à la finale le 18 janvier), les dépenses des visiteurs sont estimées à environ 50 % de celles de la phase de poule, soit 1,5 à 4 milliards de dirhams, portant les recettes totales liées aux séjours à 4,5 à 12 milliards de dirhams.

Le potentiel économique de l’événement est renforcé par la participation de pays à fort PIB par habitant, dont les supporters disposent d’un pouvoir d’achat plus élevé. Parmi eux figurent l’Afrique du Sud (6 480 USD/hab.), le Botswana (7 690 USD/hab.), le Gabon (6 920 USD/hab.) et la Guinée équatoriale (7 370 USD/hab.). Ces nations, bien que moins peuplées que le Nigeria ou l’Égypte, sont susceptibles de générer des dépenses par visiteur plus importantes, augmentant significativement le chiffre global des recettes. À côté, des pays plus peuplés mais à PIB par habitant moyen et/ou modeste, comme l’Algérie, l’Egypte, la RD Congo ou la Tanzanie, contribueront également en volume mais avec des dépenses individuelles plus faibles.

Ainsi, la CAN 2025 représente pour le Maroc une opportunité unique de recettes touristiques et économiques, combinant à la fois le nombre massif de supporters et le pouvoir d’achat élevé de certaines nations, consolidant le rôle du pays comme hub continental pour les grands événements sportifs.

Rabat au cœur des retombées touristiques et économiques pour le Maroc

Rabat occupe une position centrale dans la CAN 2025, en accueillant 12 matchs de la phase de poule, soit 36 % de cette phase, avec une population combinée des 13 pays participants dépassant 420 millions d’habitants. Ce volume est plus du double de villes comme Agadir, Marrakech ou Casablanca, qui organiseront chacune cinq matchs avec des populations respectives de 7 pays totalisant près de 290 millions, 7 pays totalisant 214 millions et 6 pays totalisant 120 millions d’habitants. Fès et Tanger, avec trois matchs chacune, bénéficieront d’un afflux plus limité, représentant 4 pays totalisant respectivement 353 millions et 154 millions d’habitants.

Mais Rabat ne se limite pas aux rencontres de groupe : elle accueillera également plusieurs matchs à élimination directe, dont les huitièmes et quarts de finale, la demi-finale 2 ainsi que la finale prévue le 18 janvier au Stade Prince Moulay Abdellah. Cette concentration de rencontres décisives confère à la capitale un rôle stratégique majeur, tant pour l’afflux de touristes que pour les revenus générés par la billetterie, l’hébergement et les services annexes. Les phases finales renforceront encore son importance, offrant à la ville un rayonnement médiatique exceptionnel et des retombées économiques significatives, tandis que Casablanca et Tanger se partageront respectivement le match pour la troisième place et la demi-finale 1.

Casablanca, Marrakech et Agadir restent des pôles importants de la compétition, accueillant cinq matchs chacune et profitant des supporters locaux et étrangers. Les recettes touristiques, hôtelières et commerciales y seront importantes, mais leur impact reste inférieur à celui de Rabat, qui concentre l’essentiel des rencontres décisives et des flux de visiteurs. Fès et Tanger, avec trois matchs chacune, tireront surtout profit du tourisme domestique et des supporters africains, avec des retombées économiques plus limitées comparativement aux grandes métropoles.

La Royal Air Maroc et le secteur des transports en plein essor grâce à l’afflux de supporters

La Royal Air Maroc (RAM) sera l’un des principaux bénéficiaires de l’afflux massif de supporters attendu pour la CAN 2025. Avec le pic de visiteurs prévu à Rabat, Casablanca et Marrakech, la compagnie nationale pourrait transporter au moins 500 000 supporters, générant près de 1,5 milliard de dirhams de recettes supplémentaires. Cette période permettra à RAM d’augmenter ses fréquences vers l’Afrique et l’Europe et d’optimiser son hub de Casablanca, consolidant sa position stratégique sur le continent et renforçant sa visibilité auprès d’une clientèle internationale.

Le reste du secteur du transport profitera également de l’événement. L’Office National Des Aéroports (ONDA) verra ses recettes liées aux services aéroportuaires croître sensiblement grâce à l’augmentation du trafic. Sur le plan terrestre, l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) pourra accueillir un nombre accru de voyageurs entre les villes hôtes, tandis que les sociétés de transport routier enregistreront une hausse notable de leur activité. Cette dynamique globale stimulera les revenus du secteur, renforcera l’offre de mobilité et contribuera à la croissance économique locale via les retombées directes et indirectes liées aux déplacements des supporters.

Défis logistiques, sécuritaires et touristiques au cœur de Rabat

Les flux massifs de supporters attendus pour la CAN 2025 imposent au Maroc de relever des défis logistiques, sécuritaires et opérationnels majeurs. Le transport aérien et urbain devra absorber des pics d’affluence, surtout autour de Rabat et Casablanca, tout en garantissant la sécurité des déplacements des visiteurs, qu’il s’agisse de taxis, transports interurbains ou navettes vers les stades. Les autorités devront également assurer le contrôle efficace aux frontières et dans les stades, la gestion fluide des flux de foule et la protection des supporters et du personnel, pour prévenir tout incident et sécuriser l’ensemble de l’événement.

La qualité de l’accueil touristique reste un enjeu stratégique, en particulier à Rabat, ville hôte des matchs les plus décisifs, dont la demi-finale 2 et la finale. Les hôtels devront offrir des prestations optimales, tant en termes de confort que de service, tandis que l’ensemble de la chaîne touristique , restaurants, cafés, snacks, transports urbains, taxis, monuments et sites culturels , devra être strictement contrôlé. Parallèlement, la disponibilité et l’efficacité des services hospitaliers et d’urgence seront essentielles, pour intervenir rapidement en cas de besoin, assurer la sécurité sanitaire et renforcer la confiance des visiteurs dans la destination.

Enfin, la CAN 2025-2026 constitue un véritable test grandeur nature pour le Maroc en préparation du Mondial 2030. Une organisation réussie, où logistique, sécurité, mobilité, hébergement, restauration et services d’urgence sont parfaitement coordonnés et contrôlés, permettra au pays de consolider son image de destination sportive et touristique internationale. Rabat, en tant que hub principal de l’événement, sera particulièrement scrutée, et sa capacité à gérer efficacement les flux de visiteurs et à assurer leur sécurité globale déterminera le succès économique et médiatique de la compétition.

Abubakar Malami dans le viseur de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) 

L’ancien procureur général de la Fédération et ministre de la Justice, Abubakar Malami (SAN), est interrogé par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) au sujet d’allégations de financement du terrorisme, de blanchiment d’argent et d’acquisitions d’actifs douteuses.

Malami était toujours détenu par l’EFCC mardi à 22h, n’ayant pas respecté les conditions de sa libération sous caution.

Selon des sources au sein de la commission, les enquêteurs interrogent l’ancien ministre au sujet de comptes suspects présumés, d’un investissement déclaré de 10 milliards de nairas dans l’État de Kebbi et de la localisation d’une partie du butin d’Abacha, notamment 322 millions de dollars récupérés en Suisse et environ 22 millions de dollars sur l’île de Jersey.

La Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) enquête également sur des liens présumés avec 4 milliards de nairas qui auraient été obtenus dans le cadre du programme Anchor Borrowers, et l’une des épouses de Malami devrait être convoquée pour être interrogée.

Selon le journal nigérian ‘TVCNEWS’Un haut responsable de l’EFCC a déclaré que les allégations étaient nombreuses et nécessiteraient « quelques jours » pour être examinées. « Il a beaucoup d’éléments à éclaircir, mais il n’a pas pu satisfaire aux conditions de sa mise en liberté sous caution », a précisé la source.

Kenya: Zoom sur Tatu City, le projet à 3 milliards de dollars d’investissements

La ville de Tatu, à la périphérie de Nairobi, confirme son rôle de moteur économique du Kenya avec un investissement total de 3 milliards de dollars. Premier projet de développement urbain intégré porté par Rendeavour, cette cité nouvelle concentre désormais plus de la moitié des entreprises des zones économiques spéciales du pays. Son statut de Zone Economique Spéciale (ZES) et les infrastructures modernes qu’elle propose attirent des investisseurs locaux et internationaux.

Depuis 04 ans, la ville accueille ses premiers habitants et attire des entreprises de divers secteurs. La croissance des investissements repose sur un ensemble d’incitations fiscales et administratives qui facilitent la création et le développement d’activités économiques. Les projets déjà en place mobilisent 2,2 milliards de dollars tandis que 800 millions supplémentaires sont prévus, consolidant la position de la ville comme hub régional.

L’urbanisation rapide de Tatu City s’accompagne d’infrastructures modernes. Les routes goudronnées, un approvisionnement en eau constant et une énergie électrique fiable à un coût inférieur à la moyenne nationale sont complétés par un système de sécurité renforcé et des procédures administratives simplifiées. Ces éléments font de la ville un environnement propice au développement économique et à l’implantation d’investisseurs nationaux et étrangers.

Les entreprises implantées profitent également d’un cadre réglementaire transparent et de facilités pour recruter une main-d’œuvre expatriée. La concentration de 40 entreprises agréées par les zones économiques spéciales sur l’ensemble du territoire kenyan illustre l’attractivité du projet et sa capacité à stimuler la croissance industrielle et commerciale.

 Un modèle urbain pensé pour l’investissement

La population de Tatu City, qui s’élève actuellement à 5 000 habitants, bénéficie d’un environnement réglementé où la circulation, la sécurité et la gestion des déchets sont strictement encadrées. Cette organisation contribue à une qualité de vie élevée et attire de nouveaux résidents et investisseurs. La ville, qui s’étend sur 5 000 acres, ambitionne d’accueillir 250 000 habitants, intégrant ainsi logement, travail et services dans un même espace.

Les infrastructures économiques et sociales de la ville sont pensées pour soutenir la croissance des entreprises. Les délais d’approbation des permis et des licences sont réduits et les investisseurs disposent d’un guichet unique centralisant toutes les démarches administratives. Ces dispositifs offrent un environnement opérationnel stable et rapide, ce qui constitue un facteur déterminant pour les entreprises étrangères.Tatu City attire des sociétés dans l’industrie manufacturière, la logistique, la santé et les services, démontrant sa capacité à diversifier l’économie locale. L’implantation de centres d’appels, de fabricants de matériel médical et de fournisseurs de services variés traduit l’ampleur de la dynamique économique. La ville offre ainsi un cadre complet pour le développement des affaires, combinant infrastructures, incitations fiscales et cadre réglementaire favorable.

Le statut de zone économique spéciale permet également aux investisseurs de bénéficier d’avantages fiscaux qui réduisent les coûts et facilitent l’expansion. Les impôts sur les sociétés, les droits d’importation et autres taxes sont ajustés pour soutenir l’investissement et accélérer la croissance des entreprises dans la ville.

Un projet à fort potentiel régional

Tatu City se distingue par sa capacité à combiner urbanisation et attractivité économique. Elle attire non seulement des entreprises locales mais aussi des multinationales désireuses de bénéficier d’un environnement stable et structuré. L’implantation d’infrastructures modernes et l’offre d’incitations fiscales et réglementaires renforcent le positionnement de la ville comme hub régional pour les investissements en Afrique de l’Est.

L’urbanisation planifiée de la ville répond à la croissance démographique attendue dans la région et propose une alternative aux développements informels. Le projet montre qu’il est possible de créer des espaces urbains modernes tout en favorisant la croissance économique, la création d’emplois et l’implantation d’industries diversifiées. Avec son développement rapide, Tatu City devient un modèle pour d’autres initiatives urbaines sur le continent.

Namibie : la BAD valide le Document de stratégie pays qui prévoit 1,78 milliard USD d’investissement

Le conseil d’administration de la Banque africaine de développement a annoncé, dans un communiqué daté du 3 décembre 2025, avoir approuvé le Document de stratégie pays (DSP) pour la Namibie prévoyant un financement de 1,78 milliard de dollars. Lequel vise à soutenir la transformation de l’économie et la croissance inclusive au cours de la période 2025-2030.

Cette plan de financement quinquennal entend relever des défis socio-économiques profonds : avec un taux de chômage des jeunes dépassant 40 % et un revenu par habitant en baisse continue (de 5 942 dollars en 2012 à 4 240 dollars en 2024), la Namibie reste l’un des pays les plus inégalitaires au monde, constate l’institution.

La stratégie s’articule autour de deux axes prioritaires notamment, renforcer les infrastructures fondamentales (transport, énergie, eau) pour réduire les coûts des entreprises, améliorer la productivité et positionner le pays comme un hub logistique régional. Cet axe doit aussi faciliter les échanges dans le cadre de la zone de libre-échange africaine, renforcer la sécurité énergétique grâce aux renouvelables et élargir l’accès à l’eau potable en milieu rural.

La deuxième priorité vise à développer le capital humain via une formation professionnelle adaptée au marché, afin de créer des passerelles vers l’emploi. Cet effort devra soutenir les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et favoriser l’autonomisation économique des femmes.

Les retombées attendues sont une diversification de l’économie (au-delà des secteurs minier et agricole), une meilleure intégration des MPME dans les chaînes de valeur régionales, et la création de milliers d’emplois directs et indirects.

À plus long terme, le plan prévoit d’étendre l’accès à l’électricité (visant une couverture universelle contre 59,5 % actuellement), d’améliorer les liaisons commerciales avec l’Angola et la Zambie, et de réduire les coûts logistiques. Il soutient également les ambitions climatiques de la Namibie, notamment son leadership dans la production d’hydrogène vert.

Maroc : Sound Energy active la mise en service du site gazier de Tendrara

Sound Energy a annoncé le lancement des premières opérations de mise en service sur le site gazier de Tendrara, dans l’est du Maroc. Cette étape clé intervient avec l’arrivée du gaz du puits TE-6 dans le réseau de collecte récemment construit par l’opérateur Mana Energy Ltd. L’installation, fin novembre, du système de contrôle numérique SCADA, dernier élément technique requis, a permis d’autoriser les premiers flux de gaz, préalable indispensable à la future production commerciale de gaz naturel liquéfié (GNL).

Le développement du projet s’appuie sur les puits TE-6 et TE-7, ainsi qu’un nouveau forage, destinés à alimenter une micro-usine de liquéfaction en cours de construction. Réalisée et opérée par la société italienne Italfluid Geoenergy, cette unité doit permettre la « valorisation locale » du gaz de Tendrara.

Un contrat d’achat a d’ores et déjà été conclu avec Afriquia Gaz, portant sur 100 millions de mètres cubes par an durant dix ans. Le prix sera indexé sur les marchés de référence TTF (Europe) et Henry Hub (États-Unis), dans une fourchette comprise entre 6 et 8,35 dollars par million de BTU, selon la société.

La mise en service complète de l’usine est prévue entre la fin du premier trimestre et le deuxième trimestre 2026, période à laquelle devraient débuter les premières livraisons.

Au Kenya, l’Union européenne voit sa porte d’entrée sur le marché est-africain menacée par la justice

Le Kenya a décidé de faire appel d’une décision de la Cour de justice d’Afrique de l’Est (EACJ) ayant suspendu la mise en œuvre de l’accord de partenariat économique (APE) signé avec l’Union européenne (UE) en 2023. Selon le ministre du Commerce, des Investissements et de l’Industrie, Lee Kinyanjui, cette mesure judiciaire risque en effet de mettre en péril des exportations annuelles supérieures à 1 milliard d’euros vers le marché européen.

Cette procédure judiciaire intervient après une plainte déposée l’année dernière par l’ONG Centre for Law Economics and Policy on East African Integration (CLEP East Africa). L’organisation ougandaise estime que l’accord commercial UE-Kenya contrevient aux dispositions du traité instituant le marché commun de la Communauté d’Afrique de l’Est. L’EACJ, basée en Tanzanie, a suspendu sa mise en œuvre le 24 novembre.

En vigueur depuis juillet 2024, l’accord en question a pour but de libéraliser le commerce entre la première économie d’Afrique de l’Est (en matière de PIB, selon les chiffres du FMI) et l’Union européenne. Il prévoit une suppression de droits de douane sur les produits originaires du Kenya au moment de leur entrée sur le marché européen. Un calendrier prévoit par ailleurs l’ouverture progressive du marché kényan aux produits provenant des 27 pays membres de l’UE.

about:blank

Porte d’entrée de l’UE sur l’Afrique de l’Est

La sous-région est-africaine est l’une des plus dynamiques du continent sur le plan économique. Dans sa mise à jour de novembre sur les perspectives économiques de l’Afrique en 2025, la Banque africaine de développement (BAD) confirme ce rôle de locomotive, avec une croissance économique attendue à 5,9% cette année et 6,2% en 2026. Il s’agit des taux les plus élevés du continent, bien au-dessus de la croissance moyenne de 4,2% attendue en 2025 et 4,3 % en 2026.

Depuis plus d’une décennie, Bruxelles cherche à s’imposer sur ce marché porteur, à travers la signature en 2014 d’un Accord de partenariat économique plus large avec la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Ce cadre de coopération prévoyait l’ouverture progressive des marchés de l’Afrique de l’Est aux produits européens, mais il n’a jamais été mis en œuvre. Sur les cinq membres de l’EAC d’alors (le Kenya, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et l’Ouganda), seul le Kenya l’a ratifié. Faute d’avancées, Nairobi a finalement obtenu en 2021 l’accord des autres membres de la Communauté pour renégocier directement un accord bilatéral avec Bruxelles.

Niger,Mali,Gabon… comprendre la diplomatie économique du Maroc dans une Afrique de crise !

Depuis quelques années, le Maroc grâce à une véritable diplomatie économique, a pu asseoir son influence en Afrique. Banque, BTP, NTIC, Assurance, Mine, exportations de produits…Le savoir-faire marocain à une aura sur le continent. Cependant comment le Maroc arrive à tenir dans ce paysage instable ?

Après le Mali, la Guinée, le Burkina Faso et le Niger, le Gabon a été le cinquième pays d’Afrique francophone secoué par un coup d’Etat depuis 2020, rallongeant ainsi la liste des pays instables sur le continent.  Rappelons que les coups d’État en Afrique étaient en déclin ces deux dernières décennies. Sur la période 2011-2021, dans une étude, les chercheurs américains Jonathan Powell (University of Central Florida) et Clayton Thyne (University of Kentucky) ont comptabilisé moins d’un coup d’État réussi par an sur le continent. Sur les 486 coups d’État réussis ou ratés depuis 1950, 214 – dont 106 réussis – ont eu lieu en Afrique.

Aujourd’hui au-delà du narratif qui explique les conséquences géopolitique et géostratégique de ces instabilités, il y’a tout de même une autre réalité celle des enjeux économiques. Considéré comme le premier investisseur africain sur le continent, le Maroc   aura en quinze ans investi quelque 4 milliards de dollars US en Afrique, soit 60% de ses réalisations à l’étranger.

Mali, Niger, et Gabon… comment le Maroc navigue en ces eaux ?

En Afrique centrale, le Gabon est le premier partenaire du Maroc. Selon un rapport du Policy Center, les flux commerciaux entre les deux pays, sur la période 1999-202à, passent de 19,6 millions de dollars à 82,8 millions de dollars, soit une croissance annuelle moyenne de 10,1%. Les principaux produits exportés par le Maroc vers le Gabon sont les produits alimentaires et Du côté des importations, trois groupes de produits sont essentiellement importés par le Maroc. Il s’agit : des articles manufacturés (63,2%), des matières brutes non comestibles, sauf carburants (29,6%) et des produits alimentaires et animaux vivants (6,8%).

Les principaux groupes de produits exportés par le Maroc au Gabon sont respectivement tirés par les poissons, crustacés, mollusques et préparations (79,32%), les machines et appareils électriques (55,95%), les articles manufacturés en métal (62,21%) et les constructions préfabriqués, appareils sanitaires de chauffage et d’éclairage (29,96%).

Dans le domaine des services, Attijariwafa Bank qui a racheté l’UGB en 2008 a ouvert depuis cette acquisition, plusieurs agences à Libreville et à l’intérieur du pays. Entre 2009 et 2020, sa clientèle est passée de 35 000 à 80 000 clients. Dans le domaine des télécommunications, Maroc Télécom, actionnaire majoritaire de Gabon Télécom et de sa filiale de téléphonie mobile, est considéré actuellement comme l’entreprise de téléphonie mobile la plus dynamique grâce à ses offres promotionnelles tous azimuts. Deuxième opérateur de téléphonie mobile (Le Gabon en compte quatre), Gabon télécom compte actuellement près d’un million d’abonnés. Dans le secteur minier, le groupe marocain Managen exploite depuis février 2012 la mine d’or de Bakoudou, à plus de 650km au sud-est de Libreville. Cette exploitation industrielle a nécessité un investissement de 16 milliards de FCFA. Les opérateurs économiques marocains sont aussi présents dans le secteur des assurances à travers la société Colina. Dans le secteur de la construction, la société ADDOHA du Maroc a créé la société Ciments d’Afrique (CIMAF) qui construit une usine pour la production du ciment dont la capacité de production sera de 500 000 tonnes par an, extensible à un million de tonnes par an.

 Du côté du Mali,  les deux visites de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Mali en 2013 et 2014 ont permis la signature de 17 accords et conventions concernant plusieurs aspects de coopération sectorielle. Selon l’Office des changes du Maroc (2017), le Mali est l’une des meilleures destinations en termes d’exportations et d’implantations des entreprises marocaines grâce aux bonnes relations économiques entre les deux pays ; en effet, le Mali est le pays qui a reçu le plus d’IDE (Investissements Directs à l’Etranger) marocains en Afrique subsaharienne avec 58,9%, 35,6% et 28% des investissements marocains respectivement en 2009, 2013 et 2016. Cela s’explique par la présence des entreprises marocaines au Mali dans tous les secteurs clés que le Maroc investit. Ce sont les secteurs de la banque, de l’assurance et de la télécommunication. Quant au troisième touché par les instabilités : le gros investissement lancé par le Maroc au Niger  de près de 3,3 milliards de dollars en 2021 dans plusieurs domaines notamment des projets industriels et d’infrastructure en disent long sur les enjeux économiques du Maroc dans ce pays. Aujourd’hui le constat d’optique est que les coups de force jettent une forme d’insécurité sur le climat des affaires. Contacté par Disrupt Yasmina Asrarguis, Spécialiste en géopolitique nous confie que « le Maroc connaît l’Afrique sub-saharienne et maîtrise les facteurs d’instabilité politiques propres au continent. En ce sens, ni les décideurs, ni les diplomates, ni les investisseurs marocains présents sur le terrain ne sont surpris de voir les transitions en cours au Sahel ou plus récemment au Gabon. En revanche, le véritable enjeu va être celui d’une reconfiguration géopolitique des intérêts et des influences étrangères sur le continent. Inutile de rappeler que le déclin du leadership américain et français, fera le bonheur des investisseurs chinois, russes, émiratis, saoudiens, qataris, et turcs. L’Afrique est un continent de richesse incommensurable et les dirigeants marocains et africains ont tout intérêt à travailler ensemble à la mise en place de nouvelles coopérations Sud-Sud ». De son coté l’expert en Géopolitique Anas Abdoun déclare : « Le Maroc aborde la région sahélienne et l’Afrique de l’Ouest non pas comme un simple espace d’influence, mais comme une partie intégrante de son propre environnement régional. Cette approche transcende la logique purement opportuniste pour s’inscrire dans une relation « d’appartenance » historique, culturelle, économique et politique. Dès lors, les opérateurs économiques marocains, soutenus par les politiques publiques et la diplomatie du Royaume, évoluent dans un terrain familier : ils comprennent les dynamiques locales, s’adaptent aux conjonctures et anticipent mieux les risques. Cette connaissance intime de l’espace africain permet de consolider des partenariats économiques sur le long terme, au-delà des fluctuations politiques ou des contextes sécuritaires mouvants. Au-delà de cette appartenance régionale, le Maroc pratique une neutralité stratégique dans ses relations bilatérales ». Et d’ajouter : « Là où d’autres puissances internationales revoient leurs engagements et leurs investissements à la baisse lors de changements de régime (qu’ils soient constitutionnels ou militaires), le Maroc choisit de maintenir le cap. Il ne s’aligne pas sur un camp politique en particulier, préférant conserver une proximité institutionnelle avec les États, quelle que soit la nature des alternances au pouvoir. Ce positionnement de long terme, dénué de parti pris conjoncturel, contribue à forger une image de partenaire fiable et prévisible. En conséquence, même dans un contexte africain marqué par l’instabilité — qu’elle soit sécuritaire, politique ou économique — la présence marocaine reste solide. Les succès des banques, des entreprises de BTP, des assurances, du numérique, ou encore du secteur minier et agroalimentaire marocain sur le continent découlent de cette approche intégrée, fondée sur la connaissance fine du terrain, la solidarité régionale et la constance diplomatique. Au final, pour nombre de pays africains, le Maroc n’est pas simplement un investisseur ou un opérateur économique parmi d’autres : il représente un partenaire stratégique consensuel, porteur d’une vision de développement partagée et, surtout, durable. »

La dynamique du Sahel

Le Maroc ces dernières années a développé la diplomatie du Sahel pour s’adapter à cette nouvelle réalité. Cette nouvelle approche de coopération s’articule autour du  triptyque paix, sécurité et développement. A l’heure où le monde et les espaces géoéconomique se recomposent davantage, l’Afrique a plus que besoin d’aller vers une politique économique des grands ensembles. « Contre vents et marées, les pays de l’Afrique atlantique tentent de construire leur autonomie stratégique. Dans cette quête, la mer pourrait constituer la figure de proue, et ce, pour deux raisons : d’abord, la maîtrise de la mer permettra aux pays de la région d’asseoir leur souveraineté sur une bonne partie de leur territoire jadis ignorée, les espaces maritimes ; ensuite, l’exploitation intelligente des ressources marines pourrait constituer un inestimable vecteur de croissance et de développement. », souligne une  étude du Policy center. « Je pense que cette initiative constitue un excellent prélude à une intégration intra-africaine accrue, puisqu’elle peut être perçue comme un catalyseur d’émergence économique et d’inclusion de davantage de pays, notamment les pays du Sahel n’ayant pas l’opportunité d’une façade atlantique », nous confie Hicham Bensaid Alaoui économiste, Ceo d’Alliance Trade Maroc.  De son côté l’économiste Driss Aissaoui déclare : « le projet de l’initiative atlantique, c’est l’avenir. C’est plus d’une vingtaine de pays africain qui vont utiliser leur savoir et leur savoir-faire pour transmettre de la valeur et devenir des vecteurs de richesse et de développement ».

*Côte d’Ivoire: Revirement sur un contrat d’aménagement des quartiers défavorisés d’Abidjan

Grabuge dans l’aménagement des quartiers précaires d’Abidjan. Le 20 novembre, l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a annulé les attributions au trio gagnant des contrats pour les infrastructures de voirie et de réseaux de drainage. Des chantiers totalisant 30 millions d’euros.

Le trio, composé par Globex–International Bathily Holding (IBH-CI), Bel Mabrouk des travaux et investissements et Chantier SARL Côte d’Ivoire, avait été sélectionné le 21 juillet.

Dépôt après la date limite

Mais l’Arcop a identifié des irrégularités dans la passation du marché. Selon le régulateur, la cellule de suivi du Projet d’aménagement des quartiers restructurés d’Abidjan, rattachée au ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, a changé le lieu de dépôt des offres sans publier ce changement dans le Bulletin officiel des marchés publics (BOMP).

D’autant que les offres de deux entreprises, à savoir Société générale des travaux du Maroc (SGTM, de la famille Kabbaj) et Porteo BTP (Côte d’Ivoire), ont été acceptées en dépit d’un dépôt après la date limite.

Quartiers défavorisés à connecter

Divers manquements relevés au moyen d’un recours introduit par un usager anonyme le 16 octobre, ce qui a poussé le régulateur à annuler le contrat et à relancer l’appel d’offres. De quoi rebattre les cartes de ces chantiers de BTP dans la capitale économique.

L’aménagement des communes de Yopougon, Koumassi et Abobo devra ainsi attendre. Il visait notamment les quartiers défavorisés de Grand Campement, Divo 1 & 2 et Akromiabla (Koumassi), celui de Gesco (Yopougon) et celui d’Agoueto PK18 (Abobo). Le projet devait bénéficier à plus de 300 000 habitants.

*

Centrafrique : le canadien CVMR décroche un méga-contrat minier de 25 ans sur l’uranium, l’or et le coltan


Avant la présidentielle, les autorités du pays ont scellé un accord avec un géant nord-américain des mines. Celui-ci lorgne l’uranium, le coltan, le cuivre, l’or et le nickel du sol centrafricain.

Le groupe canadien Chemical Vapour Metal Refining (CVMR) a annoncé avoir a conclu un accord avec l’État Centrafricain portant sur l’exploration, l’exploitation et le raffinage de ses ressources minières stratégiques (uranium, coltan, cuivre, or et nickel) pour une période de 25 ans. Selon les informations communiquées fin novembre par l’entreprise et confirmées par Bangui, cet accord formalise un protocole de négociation engagé depuis 2023.

Bangui présente ce partenariat public-privé comme une étape déterminante pour renforcer la transformation locale et garantir que les richesses du sous-sol contribuent directement à la croissance économique du pays. Les deux Parties ont convenu de l’implémentation de ce méga projet et la valorisation desdits minerais dans les 12 mois suivant la signature de ce partenariat. Le projet prévoit également la construction d’unités de raffinage, le transfert de technologies, la création d’emplois et la mise en place de programmes de formation en lien avec les universités et centres d’enseignement supérieur nationaux.

50 millions de dollars d’investissement

Pour y parvenir, le géant nord-américain des mines avait créé en juin dernier une filiale locale dénommée CVMR Sarl (Centrafrique) pour superviser les activités d’exploration, d’exploitation et de raffinage de l’uranium, du tantale, du niobium, du cuivre, de l’antimoine, du nickel et de l’or. Les opérations d’extraction de l’uranium seront spécifiquement gérées par une filiale américaine, Uranium Power Corporation. Kamran M. Khozan, patron de CVMR a également annoncé avoir engagé des négociations en cours pour lancer un « mécanisme financier dédié » afin de canaliser des capitaux extérieurs une fois les premières découvertes confirmées.

Pour rappel, le potentiel minier du pays reste toutefois difficile à mesurer en raison de la prédominance de l’activité artisanale. D’après le rapport ITIE 2022, la production artisanale d’or atteindrait environ 5 735 tonnes, contre 1 536 tonnes seulement déclarées et exportées par les 26 sociétés formelles recensées. Ces exportations ont généré 31,4 milliards FCFA, illustrant l’ampleur du secteur informel et le manque à gagner pour l’État.

Paul Kagame et Felix Tshisekedi vont signer l’accord de paix à Washington

Donald Trump attend à Washington, le 4 décembre, les présidents du Rwanda et de la RDC pour signer un accord de paix, sur fond de tensions persistantes entre les deux pays. L’accord de paix, conclu par les deux pays africains fin juin à Washington et qui n’a pas permis de faire taire les armes, vise à mettre un terme à la guerre sanglante dans l’est de la RDC.

Le président rwandais Paul Kagame et le président congolais Félix Tshisekedi vont signer, le 4 décembre, « l’accord historique de paix » que le président américain a facilité entre les deux pays, a fait savoir la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, lors d’une conférence de presse.À Kinshasa, la porte-parole de Félix Tshisekedi, Tina Salama, a confirmé sa présence à Washington afin « d’entériner l’accord de paix avec le Rwanda ».