E-commerce en Afrique: Jumia montre la voie face aux géants chinois Temu et Shein. Rentabilité en vue pour 2026

L’Afrique démontre sa capacité à forger des champions numériques compétitifs, comme en témoigne la trajectoire remarquable de Jumia. L’e-commerçant panafricain, après une restructuration stratégique, affiche une accélération impressionnante et se rapproche de la rentabilité, un cap crucial prévu pour fin 2026. Une performance qui souligne la vitalité économique croissante de plusieurs marchés clés du continent, particulièrement en Afrique de l’Ouest. Le Nigeria, locomotive incontestable, enregistre une croissance explosive de la valeur totale des biens vendus sur la plateforme (GMV) de 50% pour les biens physiques au 4ème trimestre 2025. De quoi consolider quatre trimestres consécutifs de croissance à deux chiffres et une expansion réussie dans les régions Nord du Nigeria. Le Ghana réalise une percée spectaculaire avec une augmentation de 124% du GMV, signe d’une base clientèle de plus en plus fidèle. La Côte d’Ivoire (+31% GMV) confirme sa position dominante grâce aux catégories maison et beauté.

En Afrique du Nord, l’Égypte montre une reprise solide (+56% GMV hors ventes corporate), dopée par le paiement à la livraison et les solutions de paiement différé (BNPL). À l’inverse, l’Algérie, représentant seulement 2% du GMV, rejoint la Tunisie et l’Afrique du Sud dans les marchés où Jumia met la clé sous le paillasson. La fermeture est prévue pour le mois de février 2026.

Ainsi, l’e-commerçant se recentre sur huit marchés prioritaires plus viables. Une focalisation géographique, couplée à une efficacité opérationnelle inédite (réduction de 12% des coûts de livraison par commande, baisse de 70% du cash burn trimestriel), qui renforce sa résilience face à la concurrence féroce des géants chinois Temu et Shein.

L’expansion du sourcing en Chine (nouveau bureau à Yiwu) et l’augmentation des commissions ciblant les vendeurs internationaux améliorent la compétitivité-prix. Mieux, la stratégie de pénétration des régions non urbaines (« up-country ») porte ses fruits, représentant désormais 61% des volumes. Malgré des risques persistants (exposition aux devises africaines volatiles, défi de la monétisation publicitaire), la trajectoire de Jumia, soutenue par une stabilité macroéconomique relative au Nigéria et ailleurs, illustre la maturation de l’écosystème numérique africain et sa capacité à développer des modèles adaptés, performants et défendant leur terrain face aux acteurs globaux. La confiance des investisseurs est palpable, le cours de l’action ayant bondi de plus de 600% depuis son plus bas.

Afrique du Sud: le FMI presse Pretoria d’ancrer ses règles budgétaires, pliera-t-il ?

L’Afrique du Sud, puissance économique majeure du continent, se retrouve sous les projecteurs du Fonds monétaire international (FMI) pour ses défis budgétaires persistants, malgré des signes encourageants de redressement. Dans son rapport annuel publié le 11 février 2026, le FMI salue les récents progrès – sortie de la « liste grise » du GAFI et première amélioration de notation souveraine en deux décennies – témoignant d’une amélioration institutionnelle post-ère Zuma. Toutefois, l’institution alerte sur des risques « toujours orientés à la baisse » et prescrit une réforme urgente de la gouvernance fiscale. Le plafond de dépenses instauré en 2012, jugé insuffisant, n’a pas empêché une dette publique élevée, projetée à 77,9% du PIB en 2026. Pour renforcer la crédibilité et réduire durablement l’endettement, le FMI recommande une règle contraignante ciblant 70% du PIB à moyen terme, puis 60%, assortie de plafonds de dépenses, d’objectifs d’équilibre budgétaire, d’exceptions claires pour les chocs majeurs et d’un contrôle indépendant. Cette discipline, si adoptée, abaisserait les coûts d’emprunt du pays. Le FMI soutient l’objectif d’excédent primaire de 1,5% du PIB en 2026, mais exige un durcissement ultérieur pour garantir la soutenabilité. Les prévisions de croissance (1,4% en 2026, 1,8% à moyen terme), portées par la consommation des ménages et la reprise de l’investissement, restent fragiles, menacées par les incertitudes mondiales et un possible ralentissement des réformes structurelles internes. Ainsi, l’Afrique du Sud illustre le paradoxe africain: une économie industrialisée en voie de consolidation, mais dont la résilience dépendra de sa capacité à ancrer des règles fiscales crédibles, sous le regard exigeant des marchés internationaux.

Business: pourquoi, jusqu’à maintenant, les pays africains dorment sur plus de 8 600 milliards USD de minerais sous-exploités

Le Compendium of Africa’s Strategic Minerals 2026 d’Africa Finance Corporation (AFC) révèle un paradoxe criant: l’Afrique détient 29 500 milliards USD de valeur minière (20% du global), dont 8 600 milliards sous-exploités, mais ne capte qu’une fraction de cette richesse. Face à cette lacune, un récent rapport de l’AFC préconise une refonte systémique ancrée dans les fondamentaux régionaux: infrastructures intégrées, demande industrielle locale et chaînes de valeur coordonnées. Quatre pays illustrent déjà cette transition stratégique.

L’Angola se distingue avec le développement de l’un des plus grands gisements de terres rares magnétiques à haute teneur au monde, réduisant la dépendance à la domination chinoise (90% du marché global). Le Mozambique consolide son rôle de pôle clé pour le graphite naturel et les matériaux d’anodes, positionnant l’Afrique dans la chaîne d’approvisionnement des batteries hors de Chine. En Afrique australe, l’Afrique du Sud et le Botswana progressent sur des projets de sulfate de manganèse qualité batterie, essentiel à la transition énergétique. Parallèlement, la Namibie et le Malawi relancent leur production d’uranium (2024-2025), capitalisant sur la renaissance nucléaire mondiale.

Des initiatives qui répondent à un impératif géoéconomique: dans un monde marqué par les tensions commerciales et les risques de concentration (Chine contrôlant 90% du raffinage de manganèse et terres rares), l’Afrique offre une diversification fiable. Toutefois, le succès exige de combler les fractures infrastructurelles. Le corridor de Lobito (Angola-RDC-Zambie) modèle cette approche, liant mines, chemins de fer et ports pour réduire les coûts logistiques et l’empreinte carbone. Le rapport de l’AFC souligne que sans énergie abordable, transport efficace et corridors industriels, la «valorisation locale» reste illusoire – comme en témoignent les arrêts de production de manganèse au Gabon ou d’acier en Afrique du Sud, victimes de coûts élevés et de demandes asiatiques volatiles.

L’enjeu final: transformer la richesse géologique en leviers industriels permanents. L’Afrique doit ancrer sa production minérale non plus sur les cycles mondiaux, mais sur sa propre trajectoire de développement – infrastructures, urbanisation et montée en gamme technologique. Les pays cités démontrent que cette réorientation est en marche, mais son amplification exigera une coordination régionale inédite et des investissements ciblés dans les données géologiques, clés pour atténuer les risques perçus et mobiliser les capitaux.

Côte d’Ivoire. Un prix bord champ « prudent » de 400 FCFA/kg d’anacarde: la leçon du cacao est passée

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial du cacao (45% de l’offre) et premier producteur d’anacarde (noix de cajou), affronte en février 2026 des défis structurels révélateurs de sa vulnérabilité aux marchés internationaux. Pour la campagne 2026, le gouvernement fixe le prix bord champ de la noix de cajou à 400 FCFA/kg (0,609 euros), une baisse prudente justifiée par le repli des cours mondiaux, la chute du dollar (620 à 565 FCFA) et les mesures tarifaires américaines. Un prix « prudent mais protecteur », selon Bruno Nabagné Koné, ministre de l’agriculture, qui vise à garantir des revenus aux 2 millions de producteurs tout en préservant la position dominante du pays (production record de 1,5 million de tonnes en 2025).

Pourtant, la crise parallèle du cacao illustre les limites du modèle. Fixé à 2 800 FCFA/kg (4,268 euros) en octobre 2025, en hausse de 1 000 FCFA (1,524 euros), le prix officiel du cacao – pilier vital (15-20% du PIB) – est devenu intenable face à l’effondrement des cours mondiaux passés de 12 000 à 5 000 USD/tonne. Résultat: les exportateurs bloquent leurs achats depuis mi-octobre 2025, obligeant l’État à racheter les stocks accumulés dans les coopératives pour payer les planteurs. Des montagnes de fèves s’entassent aux ports d’Abidjan et San Pedro, tandis que des producteurs vendent sous le prix garanti.

Une dualité qui souligne un dilemme majeur: comment concilier rémunération attractive des producteurs et compétitivité internationale face à une volatilité extrême ? La Côte d’Ivoire tente d’équilibrer soutien immédiat (interventions financières sur instruction présidentielle) et flexibilité (révision possible du prix de l’anacarde si les marchés remontent). Mais l’impasse cacaoyère démontre les risques systémiques des prix fixes dans une économie dépendante de matières premières. Le succès de la transformation locale d’anacarde (600 000 tonnes en 2025) reste un rare point positif dans ce paysage tendu, où la résilience des « braves paysans » est mise à rude épreuve.

Douanes africaines: le choc de l’IA est déjà là et ça marche au Bénin, en Éthiopie, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Ghana

Adaptation réglementaire en temps réel, dédouanement accéléré, recettes optimisées… Nous assistons à un tournant décisif pour les douanes africaines, notamment grâce à l’IA qui étend le champ des possibilités en devenant un levier concret de souveraineté fiscale.

La récente conférence et exposition technologique de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) 2026 à Abou Dhabi, nous a permis de le constater par des cas d’usages concret.

Entre autres solutions boostées par l’IA, braquons nos projecteurs sur Webb Fontaine Zerø, un système douanier de nouvelle génération, intégralement reconstruit sur des grands modèles de langage (LLM). Solution qui élimine les anciennes infrastructures pour une plateforme native IA.

Concrètement, le lancement de Webb Fontaine Zerø révolutionne les systèmes douaniers africains en imposant trois mutations irréversibles. Premièrement, l’adaptation réglementaire devient instantanée: les douanes du Bénin, de l’Éthiopie ou du Nigeria ajustent désormais en temps réel leurs processus aux évolutions tarifaires de la ZLECAf et aux normes OMD, éliminant les mois de latence des mises à jour manuelles. Deuxièmement, les systèmes hérités disparaissent au profit d’architectures IA natives, comme au Bénin où Webb Customs a généré plus de 30 milliards FCFA de recettes (45,734 millions d’euros) grâce à l’analyse prédictive, réduisant de 80% les erreurs de sous-évaluation et les contrôles physiques obsolètes. Troisièmement, la transparence s’impose comme une obligation: l’écosystème numérique unifié (Single Window) permet un suivi en temps réel des marchandises, bloquant les détournements aux points critiques comme le port de Cotonou, tandis que le risk scoring IA (Webb Risk Intelligence) réduit la fraude, sécurisant les recettes (+30% en Éthiopie, soit 5 milliards USD collectés).

De manière opérationnelle, le dédouanement dépasse 80% de traitement en 24h via la pré-saisie automatisée des données (Webb ACI), tandis que la valorisation IA des biens (Webb Valuation) tarit les pertes fiscales. L’interconnexion régionale (Bénin-Côte d’Ivoire-Ghana) fluidifie les corridors ZLECAf sous des standards communs. Cependant, les pays non équipés risquent l’isolement commercial, et la maintenance des LLM exige une expertise locale urgente à développer. Des avancées, incarnées par les 27 bureaux automatisés éthiopiens, qui font de l’IA un pilier de souveraineté fiscale et d’intégration continentale.

Diversification des alliances: la place de ces nations dans le «cercle restreint» de partenaires clés de Berlin

Relance de la raffinerie de Trinité-et-Tobago: opportunité à saisir pour le Nigeria et l’Angola

La potentielle réouverture de la raffinerie de Guaracara, située à Trinité-et-Tobago, avec Indian Oil Corp représente un débouché stratégique pour les producteurs africains de brut lourd. Historiquement, cette raffinerie de 165 000 barils/jour traitait des bruts nigérians et angolais, fournisseurs clés en raison de leur compatibilité technique.

La relance, visée fin 2026, pourrait rouvrir un marché majeur pour les deux pays africains cités plus haut, voire d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et australe, s’il y a compatibilité technique.

Bien que le Dr Roodal Moonilal, ministre de l’Énergie et des Industries énergétiques de Trinité-et-Tobago, évoque la possibilité de réimporter du pétrole vénézuélien, et que l’accent immédiat reste sur le développement gazier transfrontalier.

La renaissance de la raffinerie de Guaracara positionnerait le Nigeria et l’Angola comme partenaires énergétiques prioritaires des Caraïbes, renforçant les liens commerciaux Sud-Sud. Cela dit, une vigilance s’impose sur les délais concrets après l’échec récent d’attribution de blocs à CNOOC.

Canal+ juge Showmax non rentable et réduit son financement après son rachat par MultiChoice.

Cette décision fait suite à la prise de contrôle du groupe MultiChoice par Canal+ dans le cadre d’une transaction de 3 milliards de dollars finalisée en septembre 2025.Le PDG de Canal+, Maxime Saada, a annoncé que le groupe avait présenté un plan visant à dégager plus de 479 millions de dollars de synergies de coûts annuelles de la société fusionnée d’ici 2030..

« Showmax n’est pas un succès commercial. C’est une évidence », a déclaré Saada sans ambages lors d’une récente présentation. « Nous sommes en mesure de réduire ces investissements… Je ne préciserai pas de combien, mais la réduction est significative. »La directrice financière, Amandine Ferré, a déclaré que les pertes continues de Showmax étaient « inacceptables pour nous »..

Cette décision marque un revirement brutal par rapport à la stratégie ambitieuse de MultiChoice, qui visait depuis plusieurs années à transformer le leader de la télévision payante en Afrique en un géant du streaming. MultiChoice avait relancé Showmax en 2024 avec une refonte majeure de sa technologie et de son contenu, prévoyant de générer un milliard de dollars de revenus en cinq ans.

Cependant, la situation financière de la plateforme s’est avérée catastrophique. Pour l’exercice 2025, Showmax a enregistré une perte d’exploitation de 4,9 milliards de rands (environ 308 millions de dollars), soit une aggravation de 88 % par rapport à l’année précédente.Malgré une augmentation de 44 % du nombre d’abonnés payants sur un an, les revenus de la plateforme ont diminué, pénalisés par ce que l’entreprise a décrit comme « une hausse brutale des coûts de contenu et une augmentation des coûts de la plateforme »..

Selon les analystes, la principale motivation de Canal+ pour l’acquisition de MultiChoice a toujours été de réaliser des économies d’échelle et de coûts dans son activité principale de télévision payante en Afrique, et non de sauver un concurrent indépendant dans le domaine du streaming.

« Nous sommes en mesure de réduire ces investissements. Ils sont inclus dans les synergies », a déclaré Saada, liant explicitement les réductions concernant Showmax à l’objectif d’économies annuelles plus large de 479 millions de dollars.Le plan de synergie vise à consolider les dépenses liées au contenu, aux infrastructures technologiques (comme la télévision par satellite et les décodeurs) et au refinancement de la dette de MultiChoice..

Les dirigeants de Canal+ ont insisté sur le fait qu’ils procéderaient avec prudence afin d’éviter de perdre des « abonnés potentiellement précieux », mais le changement de stratégie est évident.

Les difficultés rencontrées par Showmax surviennent dans un contexte de graves défis pour sa société mère. MultiChoice a perdu 2,8 millions d’abonnés à la télévision linéaire au cours des deux dernières années, son nombre de clients actifs tombant à 14,5 millions.Le groupe a imputé la baisse de ses revenus et de ses bénéfices à un contexte de consommation extrêmement difficile, à la volatilité des taux de change, à la concurrence intense des plateformes de streaming internationales et au piratage endémique..

Canal+ doit désormais stabiliser les activités de MultiChoice tout en gérant les pertes importantes de Showmax. Le groupe français s’est engagé à ne pas réduire ses effectifs en Afrique du Sud pendant trois ans, ce qui indique que les économies proviendront de la maîtrise des opérations et non de licenciements massifs..

Le repli stratégique des investissements massifs dans le streaming a été imposé par les dures réalités économiques du marché africain de la vidéo, où la faible pénétration du haut débit, la complexité des paiements et la sensibilité des consommateurs aux prix constituent des obstacles considérables..

Pour l’instant, Canal+ semble miser sur une activité de télévision payante plus légère et mieux intégrée, avec une composante de streaming réduite, qui offre une voie plus sûre vers la rentabilité qu’une bataille sans merci contre les géants mondiaux pour l’avenir du streaming en Afrique.

Une évaluation plutôt franche de sa nouvelle acquisition africaine révèle que le géant français des médias Groupe Canal+ déclare que la plateforme de streaming Showmax, détenue par MultiChoice, n’est pas un échec commercial et prévoit de réduire considérablement ses investissements, réorientant ainsi un accord de plusieurs milliards de dollars vers des économies de coûts plutôt que vers la croissance numérique.

Cette décision fait suite à la prise de contrôle du groupe MultiChoice par Canal+ dans le cadre d’une transaction de 3 milliards de dollars finalisée en septembre 2025.Le PDG de Canal+, Maxime Saada, a annoncé que le groupe avait présenté un plan visant à dégager plus de 479 millions de dollars de synergies de coûts annuelles de la société fusionnée d’ici 2030..

« Showmax n’est pas un succès commercial. C’est une évidence », a déclaré Saada sans ambages lors d’une récente présentation. « Nous sommes en mesure de réduire ces investissements… Je ne préciserai pas de combien, mais la réduction est significative. »La directrice financière, Amandine Ferré, a déclaré que les pertes continues de Showmax étaient « inacceptables pour nous »..

Cette décision marque un revirement brutal par rapport à la stratégie ambitieuse de MultiChoice, qui visait depuis plusieurs années à transformer le leader de la télévision payante en Afrique en un géant du streaming. MultiChoice avait relancé Showmax en 2024 avec une refonte majeure de sa technologie et de son contenu, prévoyant de générer un milliard de dollars de revenus en cinq ans.

Cependant, la situation financière de la plateforme s’est avérée catastrophique. Pour l’exercice 2025, Showmax a enregistré une perte d’exploitation de 4,9 milliards de rands (environ 308 millions de dollars), soit une aggravation de 88 % par rapport à l’année précédente.Malgré une augmentation de 44 % du nombre d’abonnés payants sur un an, les revenus de la plateforme ont diminué, pénalisés par ce que l’entreprise a décrit comme « une hausse brutale des coûts de contenu et une augmentation des coûts de la plateforme »..

Selon les analystes, la principale motivation de Canal+ pour l’acquisition de MultiChoice a toujours été de réaliser des économies d’échelle et de coûts dans son activité principale de télévision payante en Afrique, et non de sauver un concurrent indépendant dans le domaine du streaming.

« Nous sommes en mesure de réduire ces investissements. Ils sont inclus dans les synergies », a déclaré Saada, liant explicitement les réductions concernant Showmax à l’objectif d’économies annuelles plus large de 479 millions de dollars.Le plan de synergie vise à consolider les dépenses liées au contenu, aux infrastructures technologiques (comme la télévision par satellite et les décodeurs) et au refinancement de la dette de MultiChoice..

Les dirigeants de Canal+ ont insisté sur le fait qu’ils procéderaient avec prudence afin d’éviter de perdre des « abonnés potentiellement précieux », mais le changement de stratégie est évident.

Les difficultés rencontrées par Showmax surviennent dans un contexte de graves défis pour sa société mère. MultiChoice a perdu 2,8 millions d’abonnés à la télévision linéaire au cours des deux dernières années, son nombre de clients actifs tombant à 14,5 millions.Le groupe a imputé la baisse de ses revenus et de ses bénéfices à un contexte de consommation extrêmement difficile, à la volatilité des taux de change, à la concurrence intense des plateformes de streaming internationales et au piratage endémique..

Canal+ doit désormais stabiliser les activités de MultiChoice tout en gérant les pertes importantes de Showmax. Le groupe français s’est engagé à ne pas réduire ses effectifs en Afrique du Sud pendant trois ans, ce qui indique que les économies proviendront de la maîtrise des opérations et non de licenciements massifs..

Le repli stratégique des investissements massifs dans le streaming a été imposé par les dures réalités économiques du marché africain de la vidéo, où la faible pénétration du haut débit, la complexité des paiements et la sensibilité des consommateurs aux prix constituent des obstacles considérables..

Pour l’instant, Canal+ semble miser sur une activité de télévision payante plus légère et mieux intégrée, avec une composante de streaming réduite, qui offre une voie plus sûre vers la rentabilité qu’une bataille sans merci contre les géants mondiaux pour l’avenir du streaming en Afrique.

Ethique vaccinale: la Guinée-Bissau et le CDC Afrique en première ligne face aux pressions américaines

La Guinée-Bissau, soutenue par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique – Africa CDC en anglais), une institution autonome de santé publique rattachée à l’Union africaine, s’illustre par sa fermeté dans la défense des principes éthiques en recherche sanitaire. Face à une étude controversée sur les effets non spécifiques du vaccin contre l’hépatite B chez les nouveau-nés, financée par les États-Unis (1,6 million USD) et soutenue par le secrétaire américain à la Santé Robert F. Kennedy Jr (connu pour son scepticisme vaccinal), les autorités sanitaires bissau-guinéennes ont exigé un réexamen éthique et technique approfondi, plaçant l’essai en suspens. Une décision courageuse, annoncée conjointement par le Dr Armando Sifna, directeur général de la Santé Publique de Guinée-Bissau et le Dr Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique, qui contraste avec l’insistance américaine à poursuivre le projet. Cette affaire démontre la vigilance de plus en plus de pays africains face à des protocoles jugés inacceptables, notamment par des scientifiques internationaux, comme le Dr Paul Offit, car privant délibérément des nouveau-nés d’un vaccin salvateur dans un pays où 19% de la population est infectée par l’hépatite B. Le CDC Afrique affirme ainsi son rôle crucial de régulateur éthique continental, protégeant les populations vulnérables et refusant que la recherche, sous influence politique étrangère, compromette des décennies de preuves vaccinales et les recommandations de l’OMS. La Guinée-Bissau, malgré ses défis (coup d’État récent, couverture vaccinale limitée), montre l’exemple d’une souveraineté sanitaire responsable.

Méga-transaction portuaire de CK Hutchison: l’Égypte, seul pays africain concerné par ce montage géopolitique

Alors que CK Hutchison Holdings Limited, conglomérat multinational basé à Hong Kong, restructure la vente de ses 43 ports mondiaux, l’Égypte apparaît comme le seul pays africain concerné. Le terminal d’Alexandrie (ACT et B100), traitant 60% du commerce extérieur égyptien, et le nouveau hub stratégique d’Abu Qir (capacité 2M TEU/an) seraient au cœur des négociations. Selon Bloomberg News, Pékin pousse COSCO Shipping Corp – sa compagnie maritime étatique – à acquérir des participations plus importantes dans des ports situés dans des régions considérées comme plus alignées sur Pékin, telles que l’Afrique, contrairement aux ports hors d’Afrique confiés à BlackRock/MSC.

Un scénario qui révèle trois enjeux majeurs. Le premier, l’Égypte consolide son statut de hub logistique incontournable grâce à ses terminaux méditerranéens contrôlant les flux Asie-Europe via Suez. Deuxième enjeu: la Chine affine sa stratégie d’influence ciblée. En priorisant le verrou égyptien, Pékin sécurise un maillon vital des Nouvelles Routes de la Soie en Afrique, loin d’un déploiement dispersé. Troisième enjeu: le modèle de concession « parcellisé » crée un précédent. La segmentation géographique des acquisitions (COSCO en Afrique, BlackRock/MSC ailleurs) valide une compartimentation acceptée par les puissances, consacrant l’exception stratégique du continent.

Si l’opération se finalise, l’Égypte deviendrait le laboratoire d’un nouveau paradigme: des infrastructures pilotées par des capitaux chinois, mais intégrées à un consortium mondial – un équilibre révélateur des réalignements économiques de 2026.