Après avoir effacé 1 milliard de dettes, Casablanca-Settat séduit la BERD et lève 1 milliard sur le marché: la recette d’une région qui transforme son plan de développement en aimant à capitaux verts

La Région Casablanca-Settat a franchi, ce 16 avril 2026, un seuil historique qui fera date dans l’histoire de la décentralisation marocaine. En bouclant une émission obligataire d’un milliard de dirhams sur le marché des capitaux national, la première région économique du Royaume ne s’est pas contentée de trouver de l’argent frais. Elle a inventé un nouveau mode de financement pour les collectivités territoriales, s’émancipant des circuits traditionnels de subventions et de prêts bancaires classiques pour s’adresser directement aux investisseurs institutionnels. Le carnet de souscription parle de lui-même. La Caisse de Dépôt et de Gestion, la Banque Centrale Populaire, BMCE Capital Gestion, CIH Capital Management, Wafa Gestion, Marogest et Upline Capital Gestion ont répondu présents, aux côtés d’un acteur dont la seule présence change la dimension de l’opération: la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. La BERD n’a pas fait dans la figuration. Elle a engagé 400 millions de dirhams dans l’emprunt, soit 40% du montant total, et a assorti cet investissement d’une assistance technique de 2 millions d’euros destinée à financer l’élaboration du plan d’action pour une Région verte. Ce ticket d’entrée n’est pas un chèque en blanc. Il est le sésame qui ouvre à Casablanca-Settat les portes du programme Green Cities, un label exigeant dédié au financement de solutions urbaines durables et innovantes. L’argent levé servira à concrétiser les projets structurants du Plan de Développement Régional 2022-2027, mais la BERD a posé ses conditions: transformation numérique de l’administration régionale, mise en place d’un progiciel de gestion intégré, amélioration des performances financières et opérationnelles. La Région n’a pas seulement trouvé un créancier ; elle a gagné un coach exigeant pour sa modernisation.

Ce qui rend cette opération remarquable, c’est la discipline financière qui l’a précédée. La Région prend soin de rappeler qu’elle a réduit son encours de dette de 1,031 milliard de dirhams depuis octobre 2021 avant de solliciter le marché. Dans le même temps, elle a engagé 10 milliards de dirhams d’investissements programmés, dont 7 milliards déjà payés. Une séquence d’assainissement puis de levée de fonds qui est la marque d’une gestion rigoureuse qui inspire confiance aux investisseurs. Le message envoyé aux autres régions du Maroc et du continent est à méditer: une collectivité territoriale bien gérée, dotée d’une vision claire et d’un plan de développement crédible, peut accéder aux mêmes instruments de financement que l’État central. Casablanca-Settat ne lève pas seulement un milliard de dirhams. Elle inaugure une nouvelle ère de la régionalisation avancée, celle où les territoires prennent en main leur destin financier et attirent des partenaires internationaux exigeants pour verdir leur croissance. Le laboratoire casablancais est désormais sous les projecteurs du continent.

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