Un examen plus approfondi des projets aéroportuaires en Afrique
D’après les données du Conseil international des aéroports (ACI) , le trafic passagers atteindra 261 millions d’ici la fin de l’année. La flotte commerciale du continent compte actuellement environ 1 490 appareils en service, et 200 autres sont en commande auprès des compagnies aériennes africaines.
Vous trouverez ci-dessous un aperçu plus détaillé de certains des principaux projets d’expansion et de construction d’aéroports qui façonnent le paysage aéronautique africain.
Aéroport international de Bishoftu, Éthiopie
Ethiopian Airlines Group (EAG) finance la construction d’un nouvel aéroport situé à 40 kilomètres au sud-ouest de l’aéroport international d’Addis-Abeba Bole. Le nouvel aéroport international de Bishoftu (BIA) permettra de fluidifier le trafic passagers à Addis-Abeba et de positionner l’Éthiopie comme un acteur majeur du secteur aérien.
Il s’agit d’un projet phare, entièrement nouveau, qui adoptera une approche progressive adaptée à la croissance de la demande. La première phase, d’une valeur de 12,5 milliards de dollars américains, devrait s’achever en 2030 et pourra accueillir jusqu’à 60 millions de passagers par an.
Mesfin Tasew, PDG d’EAG, a déclaré que l’aéroport international de Bishoftu marque une étape historique dans le développement de l’aviation africaine et contribuera de manière significative à l’essor des entreprises sur le continent.
La Banque africaine de développement (BAD), Dar Al-Handasah Consultants (DAR) et KPMG ont apporté leur soutien à cette initiative. Le cabinet Clyde & Co. en assure le conseil juridique.
Une fois pleinement développé, l’aéroport international de Bandaranaike (BIA) aura une capacité de 110 millions de passagers par an, ce qui en fera le plus grand aéroport de tout le continent.
EAG a publié les documents relatifs au projet, notamment un modèle financier, à l’intention des prêteurs potentiels. Les offres de présélection des entreprises EPC sont attendues d’ici mi-décembre.
Le projet est actuellement présenté aux Journées de marché de l’Africa Investment Forum (AIF) au Maroc jusqu’au 28 novembre.
Aéroport international Mohammed V, Maroc
En prévision de l’organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2030, l’Office national des aéroports du Maroc (ONDA) a annoncé sa stratégie directrice « Aéroports 2030 ». Ce plan vise à renforcer la position du pays en tant que plaque tournante stratégique de l’aviation pour les échanges internationaux. Le Maroc prévoit d’accroître sa capacité de trafic aéroportuaire de 30 millions à 80 millions de passagers d’ici 2030.
Ce mois-ci, l’ONDA a lancé un appel d’offres public de 980 millions de dollars pour la construction d’un nouveau terminal à l’aéroport international Mohammed V. Ce projet devrait permettre d’accroître la capacité d’accueil de l’aéroport jusqu’à 30 millions de passagers par an.
Le terminal en forme de H bénéficiera d’un accès direct à la ligne ferroviaire à grande vitesse Kénitra-Marrakech, offrant des liaisons rapides vers d’autres grandes villes marocaines.
Les motifs puisent leur inspiration dans les forces naturelles de l’océan Atlantique, ainsi que dans les couleurs et le dynamisme de la diversité marocaine. On y retrouve notamment des motifs géométriques andalous et des tapis des montagnes de l’Atlas.
Lors de l’annonce du projet en début d’année, les investissements prévus s’élevaient à 1,5 milliard de dollars. Il s’agit de l’un des plus importants projets d’infrastructure de l’histoire de l’aviation du pays.
L’aéroport international Mohammed V représente plus d’un tiers du trafic aérien total du Maroc, Royal Air Maroc (RAM) l’utilisant comme principal hub. La compagnie aérienne a signé un contrat de performance avec l’État visant à augmenter sa flotte de 50 à 200 appareils d’ici 2037.
Le projet de nouveau terminal devrait être achevé en 2029.
Aéroport international de Bugesera, Rwanda
Il s’agit d’un tout nouvel aéroport, construit pour soutenir les opérations de l’aéroport international de Kigali existant. Le nouvel aéroport international de Bugesera (NBIA), d’une valeur de 2 milliards de dollars, devait initialement être achevé en 2026. Son achèvement est désormais reporté à la mi-2028.
Une fois achevé, l’aéroport international Ninoy Aquino (NBIA) devrait accueillir plus de 14 millions de passagers par an.
Les plans prévoient un toit inspiré du relief vallonné du pays, une piste de 3,8 kilomètres et une voie de circulation parallèle. Un terminal passagers moderne, un terminal présidentiel et des installations de fret d’une capacité de 150 000 tonnes par an sont également inclus.
L’African Trade & Investment Development Insurance a approuvé en juillet 2025 une contre-garantie de 84 millions de dollars pour aider les banques rwandaises à émettre plus de 322 millions de dollars d’obligations et de garanties destinées à la construction de la NBIA.
Le Qatar détient 60 % des parts de RwandAir et est un investisseur important à l’aéroport international Ninoy Aquino (NBIA). Cheikh Tamim, émir du Qatar, s’est rendu au Rwanda la semaine dernière pour discuter du renforcement des liens aériens entre les deux pays, entre autres sujets.
Le gouvernement rwandais a récemment alloué 499 millions de dollars à l’aéroport dans son budget 2025/26. Il recherche également des financements extérieurs, notamment un prêt de 200 millions de dollars auprès de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures.
La mobilisation du projet a débuté en 2017.

