Revolut nomme Yacine Faqir comme CEO pour le Maroc !
La néobanque britannique Revolut ouvre un nouveau chapitre dans son expansion au Maroc avec la nomination d’un nouveau CEO pour le marché national.« Fier de reoindre l’aventure Revolut au Maroc et enthousiaste pour la suite », a-t-il déclaré, mettant en avant la volonté d’innover, d’exécuter et d’élever les standards du secteur.
Les enjeux ?
Contacté par Challenge, l’expert en Fintech Adnane Messaoud, nous confirme la venue du géant. « Revolut pourrait bousculer les banques avec ses services 100% digitaux, sans frais de tenue de compte, change à taux réel, et expérience mobile fluide. Les jeunes urbains et freelancers risquent de basculer, poussant les banques à accélérer leur digitalisation. Revolut serait une menace sérieuse pour les EDP existants, surtout sur les segments à valeur (transferts internationaux, paiements en ligne). Elle capterait une clientèle plus aisée et connectée», prévient l’expert.
De son côté, Andrea Bises, expert règlementaire pour la Fondation Gates dans les pays du Golfe et en Afrique met le curseur sur le côté attractivité du Maroc. « Fait partie des 5 lions d’Afrique (avec Nigeria, Kenya, Afrique du Sud, Égypte), avec une économie relativement stable et une forte ouverture à l’Europe. », commente Bises. Cependant, l’expert émet certaines réserves : « le cadré réglementaire demeure trop restreint pour un acteur comme Revolut, qui offre des services de trading, crypto, cartes premium, assurance voyage, etc ». Et de poursuivre : « Aucun nouvel agrément bancaire étranger n’a été délivré depuis plus de 10 ans. Des entreprises internationales majeures comme M-PESA (Vodafone) et Flutterwave ont tenté d’entrer sur le marché marocain, sans succès malgré plusieurs années d’efforts, ce qui illustre bien la complexité et les exigences élevées du régulateur. »
En attendant, avec sa stratégie commerciale de freemium – qui consiste à proposer un service de base gratuitement pour convaincre ensuite l’utilisateur d’avoir recours à des services complémentaires payants –, Revolut promet de réduire les frais bancaires. Abordant la question de la concurrence, Adnane estime que « la licence est la barrière à l’entrée dont disposent les banques. S’ils arrivent au Marché ils vont faire mal car même s’ils seront petits au Maroc ils sont très apprécié par la diaspora, première source de devise au Maroc et les jeunes marocains connectés ».
Limite réglementaire
L’autre obstacle apparaît surtout d’un point de vue réglementaire. La loi 09-08 encadre, elle, la protection des données personnelles mais, datant de 2009, « elle présente des lacunes notamment sur les obligations de notification des violations de données et l’absence de mesures extraterritoriales », avance le doctorant Yasser Elkouri.
Dans une série d’articles publiés en mars sur la plateforme Village de la Justice, il prévient que « les systèmes d’IA, par leur nature même, entrent souvent en conflit avec les principes énoncés par la loi 09-08, créant des tensions entre innovation technologique et protection des droits individuels ».

