Partenariat Ethiopian Airlines–Marriott Bonvoy: pourquoi la première compagnie africaine s’installe au cœur de l’économie mondiale du voyage premium ?
Il y a des partenariats qui valent moins pour leurs mécanismes techniques que pour ce qu’ils signalent sur l’état d’un acteur. Celui qu’Ethiopian Airlines vient de sceller avec Marriott Bonvoy appartient à cette catégorie. Sur le papier, c’est un accord d’interopérabilité entre deux programmes de points: les ShebaMiles convertibles en points Marriott, les points Marriott convertibles en ShebaMiles, avec des ratios précis et un bonus de 5 000 miles pour chaque tranche de 60 000 points transférés. Dans les faits, c’est autre chose. C’est la confirmation publique qu’Ethiopian Airlines a atteint le niveau de crédibilité, de volumétrie et de rayonnement qui lui permet de s’asseoir à la table des partenariats stratégiques globaux aux côtés des grandes enseignes de l’hospitalité mondiale, non plus comme un acteur africain que l’on intègre par souci de diversité géographique, mais comme un partenaire dont le réseau de plus de 145 destinations et l’appartenance à Star Alliance constituent une valeur d’accès réelle pour les 210 millions de membres Marriott Bonvoy dans le monde. Ce que ce partenariat révèle, c’est l’ampleur du chemin parcouru par la compagnie éthiopienne. Meilleure compagnie aérienne africaine pour la huitième année consécutive selon Skytrax, Ethiopian opère aujourd’hui une stratégie multipôles continentale (Lomé, Lilongwe, Lusaka, Kinshasa) qui fait d’Addis-Abeba la plaque tournante aérienne la plus interconnectée d’Afrique, et de ShebaMiles un programme de fidélité dont la portée dépasse désormais les frontières du continent. Rappelons que le programme de fidélité de Marriott International couvrant plus de 10 000 hôtels et 30 enseignes à travers le monde.
Pour le voyageur africain aisé ou d’affaires, la valeur concrète de cet accord est immédiate: la possibilité de capitaliser sur un seul portefeuille de fidélité pour ses déplacements aériens et ses séjours hôteliers, sans friction de compte à lier. C’est précisément cette fluidité, qui au passage ne requiert aucun lien de compte, qui distingue cet accord d’un simple communiqué de façade. Pour l’Afrique, le signal est plus large encore. Il dit que ses champions continentaux, notamment ceux qui ont investi dans l’excellence opérationnelle, la flotte moderne, la gouvernance, finissent par attirer, naturellement et sur leurs propres mérites, les partenariats que l’on associe trop souvent aux seules compagnies occidentales ou du Golfe. Peut-on dire sans risque de se tromper qu’Ethiopian Airlines ne cherche plus à être reconnue ? Une chose est sûre, elle est reconnue, et elle négocie en conséquence.




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