Le Sénégal vise l’adoption du nouveau projet de code minier d’ici fin 2025
Au Sénégal, l’exploitation minière représente plus de 90 % des recettes du secteur extractif, qui contribue pour environ 5 % du PIB et 9 % des recettes de l’État. Avec l’arrivée du nouveau régime, une réforme du code minier a été lancée.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye (photo) souhaite une adoption du nouveau projet de loi portant code minier avant fin 2025. C’est ce qu’il a déclaré lors du Conseil des ministres du mercredi 12 novembre, appelant le gouvernement à accélérer les travaux.
Le Sénégal a en effet initié cette année la révision de son code minier actuel, datant de 2016, avec l’arrivée au pouvoir du tandem que forment Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Si aucun détail n’a été donné sur les objectifs de cette réforme, le président a souligné la nécessité « d’asseoir une gouvernance minière transparente, inclusive et durable », indique le compte-rendu de la rencontre gouvernementale.
Ces déclarations interviennent dans un contexte ouest-africain où plusieurs pays ont procédé ou procèdent actuellement à des révisions de leur législation minière. Au Burkina Faso et au Mali, les réformes ont consacré une hausse de la participation minimale de l’État dans les projets miniers, avec jusqu’à 35 % de parts des nationaux dans les mines maliennes, dont 5 % pour les investisseurs locaux.
Dans la sous-région, les gouvernants veulent que les revenus générés par l’exploitation minière profitent davantage aux pays. Dans son intervention, le président sénégalais a d’ailleurs appelé à poursuivre « l’activation efficiente du Fonds de Réhabilitation minier et du Fonds de Développement des Collectivités territoriales », deux mécanismes de redistribution des revenus miniers financés par les compagnies minières.
Au Sénégal, les principaux produits miniers exploités sont l’or et les phosphates. En 2023, le secteur minier a représenté 91 % des 380 milliards FCFA (672 millions USD) de revenus générés par le secteur extractif, selon l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). L’institution précise dans son rapport 2023 que le secteur extractif a représenté 31,89 % des exportations sénégalaises, 9,4 % des recettes de l’État et 4,7 % du PIB.
En attendant d’en apprendre davantage sur les implications de la réforme du code minier sur le secteur au Sénégal, notons que de tels changements réglementaires peuvent s’accompagner de frictions avec l’industrie minière.
Grâce à son nouveau code minier, le Mali a indiqué s’attendre à des revenus supplémentaires de 500 milliards FCFA, mais les réformes ont occasionné des tensions avec certains producteurs d’or. Symbole de ces tensions, la plus grande mine d’or du pays, Loulo-Gounkoto, a été fermée durant une partie de l’année 2025 par son propriétaire canadien Barrick, avant d’être rouverte par la justice malienne.




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