Casablanca, onzième rendez-vous de l’efficacité énergétique africaine: le Maroc confirme son rôle de plateforme continentale de la décarbonation
Il y a des événements qui se répètent année après année sans jamais vraiment dire grand-chose, et d’autres dont la longévité est en soi un signal. Les Rencontres Africaines de l’Efficacité Énergétique, initiées en 2016 par AOB Group en partenariat avec l’Agence Marocaine pour l’Efficacité Énergétique, atteignent leur onzième édition le 12 mai 2026 au Hyatt Regency de Casablanca. Une décennie d’existence dans un domaine aussi technique et exigeant que l’efficacité énergétique, sous l’égide du Ministère de la transition énergétique, avec des passages à Abidjan et dans trois COP consécutives, dit quelque chose de précis sur la trajectoire du Maroc: ce pays n’attend plus qu’on lui dicte l’agenda climatique africain, il le co-construit, édition après édition, avec une constance qui force le respect.
Ce qui distingue cette onzième édition des précédentes, c’est l’entrée en scène massive de la finance carbone comme sujet central. Le panel qui lui est consacré réunit Bank of Africa, la Fondation KliK Suisse, la BERD, l’ONUDI et la BAD. Un alignement d’acteurs qui dit que le financement de la décarbonation africaine n’est plus une discussion de principe mais une opération en cours de structuration.
Le Maroc, pionnier de l’engagement de décarbonation sur le continent, se retrouve face au défi stratégique de canaliser les capitaux verts internationaux vers des projets concrets, mesurables, reproductibles. C’est précisément ce que ce sommet tente de faire, panel après panel.
Le second fil conducteur de cette édition est la construction durable. L’industrie du bâtiment est l’une des plus énergivores du continent, et la convergence entre rénovation énergétique, nouveaux matériaux, intelligence artificielle et bâtiments à basse consommation représente un chantier colossal pour les économies africaines en pleine urbanisation. L’initiative du Buyers Club, née en 2018 de cette même plateforme, illustre concrètement ce que ces rencontres peuvent produire au-delà du discours. En mutualisant les achats de climatiseurs nouvelle génération conformes au Protocole de Montréal au sein de Bank of Africa, avec des économies d’énergie documentées jusqu’à 70% sur les agences pilotes de Marrakech, le cycle a démontré qu’il pouvait être un incubateur de pratiques reproductibles à l’échelle continentale.
Ce que cette onzième édition révèle, au fond, c’est que le Maroc a su faire de Casablanca un nœud régional de la gouvernance énergétique africaine, discret, régulier, technocratiquement sérieux, là où d’autres capitales africaines cherchent encore leur format.



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