À Bouskoura, Stellantis et Solar Power testent une station solaire qui recharge jusqu’à huit hybrides par jour

Et si la voiture électrique pouvait se recharger sans réseau, sans autorisation et sans attendre l’arrivée d’une infrastructure lourde? Au Maroc, Stellantis teste cette hypothèse avec une station solaire autonome. La solution expose une réponse à un angle mort de la transition électrique en Afrique, celui des territoires où le réseau manque.

Au Motor Village Bouskoura, siège de Stellantis Maroc, la première station de recharge solaire à vocation commerciale du dispositif a été installée. Elle ouvre un programme pilote d’un an avec Solar Power, entreprise locale spécialisée dans les énergies renouvelables. Le choix du Maroc s’appuie sur un fort ensoleillement et sur des zones reculées et mal desservies, présentées comme le terrain le plus pertinent. La solution est compacte, autonome, entièrement alimentée à l’énergie solaire, sans raccordement au réseau électrique ni autorisation. Elle associe une ombrière photovoltaïque, un stockage par batterie et un système intelligent de gestion des flux. Le stockage utilise des batteries de micromobilité Stellantis réemployées, ce qui relie mobilité électrique, seconde vie des composants et production locale d’énergie.

La station peut assurer quotidiennement la recharge de jusqu’à huit véhicules hybrides rechargeables ou de trois véhicules électriques. Elle dispose de quatre points de recharge en courant alternatif, jusqu’à 19 kW, et de deux prises domestiques standard de 230 V. Une polyvalence qui permet de recharger des véhicules électriques, des hybrides rechargeables et des solutions de micromobilité comme le Fiat TRIS, dont la charge de 20% à 80% prend environ quatre heures sur une prise intégrée.

La solution cible des plateformes logistiques, des sites de travail isolés, des établissements du secteur de l’hospitalité et des communautés rurales. L’histoire est aussi celle d’un ingénieur de Stellantis basé au Maroc, qui a porté l’idée dans Star*Up, le programme d’intrapreneuriat du groupe. L’innovation émerge donc d’un collaborateur ancré dans le contexte marocain, puis se transforme en projet commercial évolutif avec un partenaire local. Imad El Idrissi, PDG de Solar Power, résume l’enjeu: tester un modèle véritablement autonome, hors réseau, là où il est le plus pertinent. Les résultats du pilote orienteront directement les décisions de déploiement à plus grande échelle dans la région. Ce que devrait retenir l’observateur, c’est: un grand groupe automobile, un intrapreneur local, une entreprise marocaine des renouvelables et une technologie pensée pour l’accès, pas seulement pour les centres urbains. Le communiqué ne fournit ni coût, ni capacité de stockage, ni modèle économique, ni calendrier industriel. Des absences qui rappellent que le pilote doit encore faire la preuve de sa robustesse, de son adoption et de sa viabilité. Mais il installe une idée forte: la mobilité propre peut se déployer sans attendre que le réseau arrive partout. Dans un continent où l’accès à l’énergie reste inégal, cette expérimentation marocaine mérite d’être suivie, car elle déplace la question de la recharge vers celle de l’autonomie énergétique et de l’usage réel.

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