Dakhla: comment l’ONMT veut désenclaver la perle du Sahara et en faire bien plus qu’un spot de kitesurf

Le déplacement des équipes de l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) à Dakhla, officialisé le 17 avril 2026, n’est pas une simple visite de courtoisie. C’est le coup d’envoi d’une stratégie de conquête méthodique, destinée à faire franchir un cap décisif à la destination Dakhla-Oued Eddahab. Dans son communiqué, l’ONMT ne se contente plus de surfer sur la réputation mondiale de la lagune auprès des amateurs de glisse. Il engage une refonte complète du positionnement de la région pour l’installer durablement sur la carte des destinations balnéaires, nature et expérientielles de premier plan. Pour y parvenir, l’Office déploie une approche à quatre piliers qui ne laisse rien au hasard. Le premier, et le plus structurant, est le levier aérien. La conclusion de partenariats avec des compagnies nationales et internationales pour ouvrir de nouvelles routes point-à-point, notamment vers la France et l’Espagne, est un acte fondateur. Il s’agit ni plus ni moins de briser l’isolement géographique qui a longtemps cantonné Dakhla à une destination de niche pour voyageurs avertis. En la connectant directement à ses marchés prioritaires, l’ONMT pose la première pierre d’une croissance soutenue des flux internationaux. Le deuxième pilier, marketing et digital, vise à installer une identité forte qui dépasse le seul kitesurf. L’intensification des campagnes sur les marchés stratégiques, la présence renforcée dans les grands salons comme IFTM Top Resa et FITUR, et le recours au marketing d’influence doivent ancrer Dakhla dans l’imaginaire des voyageurs en quête de grands espaces et d’authenticité.
Le troisième axe concerne la commercialisation. En consolidant ses partenariats avec les tour-opérateurs et les plateformes de réservation, l’ONMT cherche à allonger la durée des séjours et à capter une clientèle à plus forte contribution, accompagnant ainsi la montée en gamme de l’écosystème hôtelier et de services local. Enfin, le quatrième pilier, souvent négligé, est celui du tourisme domestique. L’ONMT entend stimuler la demande nationale en incitant les Marocains eux-mêmes à découvrir cette région encore méconnue de beaucoup, via des actions ciblées et une offre adaptée. Ce qui rend cette mobilisation remarquable, c’est sa méthode. L’Office ne travaille pas en chambre. Il agit en coordination étroite avec le Conseil Régional du Tourisme, les opérateurs locaux et les autorités territoriales. Une logique d’action directe et de terrain qui vise à lever les freins concrets et à assurer une trajectoire de croissance maîtrisée. Ce que cette stratégie révèle, c’est que le Maroc a compris que son offre touristique ne peut plus reposer uniquement sur Marrakech et Agadir. Dakhla, avec son potentiel balnéaire, ses paysages lunaires et son climat exceptionnel, est appelée à devenir le nouveau poumon de la diversification touristique du Royaume. L’ONMT ne se contente pas d’accompagner l’essor de la destination ; il en écrit le récit pour les décennies à venir.

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