Tourisme marocain: ce que le partenariat renforcé Accor-Risma dit vraiment de l’accélération stratégique qui se prépare d’ici 2030
Il y a dans la visite de Sébastien Bazin, PDG d’Accor, au Conseil de surveillance de Risma quelque chose qui dépasse le protocole d’un partenariat commercial ordinaire. Quand le premier dirigeant d’un groupe hôtelier de 5 800 établissements dans 110 pays se déplace personnellement pour siéger au conseil de surveillance de son partenaire marocain, il dit par ce geste que le Maroc occupe dans sa cartographie stratégique une position qui justifie cette attention de premier rang. « Le Royaume demeure une destination stratégique pour le Groupe », déclare-t-il. Une formulation qui, dans la bouche d’un PDG de cette envergure, n’est pas de la courtoisie diplomatique. C’est une allocation de priorité. Ce que ce partenariat renforcé révèle, c’est d’abord une transformation du modèle relationnel entre les deux groupes. Après trente ans de gestion intégrée, le passage à la franchise, mentionné explicitement par Amine Echcherki, président du directoire de Risma, est un changement structurel significatif. La franchise permet à Risma d’accélérer son expansion en capital propre tout en bénéficiant de la puissance commerciale et marketing d’Accor. C’est un modèle qui donne plus d’autonomie opérationnelle à Risma et potentiellement plus de vitesse de déploiement, critique à l’approche de 2030.
Les trois projets annoncés disent chacun quelque chose de précis. Le Sofitel Tangier sur la nouvelle corniche avec vue sur le détroit dit le repositionnement de Tanger comme destination de luxe internationale, pas seulement comme ville de passage. Le programme de rénovation et repositionnement du portefeuille existant dit que la compétitivité ne se construit pas seulement par de nouvelles ouvertures mais par la montée en gamme des actifs existants. Et la création de l’Académie de formation, cofinancée par les deux groupes, est peut-être le signal le plus stratégique de tous. Elle dit que le principal goulot d’étranglement du tourisme marocain n’est pas le manque d’hôtels. C’est le manque de compétences pour les opérer au niveau d’excellence qu’exige une destination de luxe internationale.
Maud Bailly, PDG de Sofitel, résume l’ambition sans détour: « le Maroc s’impose comme une référence incontournable en matière de destinations et d’expériences de luxe. » Pour un secteur qui accueillera le Mondial 2030 et ses flux de visiteurs sans précédent, l’heure n’est plus à la promotion. Elle est à l’infrastructure humaine et physique qui rendra la promesse tenable.




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