Moins de crédits risqués, plus de financement automobile, moins de provisions: Salafin a trouvé sa formule et elle fonctionne
Il y a dans les résultats 2025 de Salafin quelque chose de plus significatif qu’une progression de résultat net de 3,2% à 96 millions de dirhams. Ce chiffre, pris isolément, pourrait sembler modeste. Replacé dans la trajectoire des trois dernières années, il dit l’achèvement d’un cycle de transformation que le Directoire lui-même qualifie d’«aboutissement d’une stratégie de repositionnement menée avec discipline».
Ce mot «aboutissement» n’est pas un artifice de communication. C’est le signal qu’une société qui avait identifié ses failles structurelles, révisé ses priorités et accepté une phase de production plus contrainte, sort de ce tunnel avec un modèle économique refondé. La production nette en hausse de 14,9% à 1,25 milliards de dirhams est le signal le plus éloquent de cette renaissance opérationnelle. Et à l’intérieur de ce chiffre, la progression du financement automobile à +26,1% pour atteindre 740 millions de dirhams dit l’essentiel de la recomposition stratégique: Salafin a choisi de concentrer son effort commercial sur le segment le plus porteur, le plus sécurisé par la nature du bien financé, et le plus résistant aux défauts de paiement.
Le crédit automobile n’est pas simplement un produit plus rentable. C’est un produit dont le risque est structurellement mieux maîtrisable que le crédit personnel non affecté, parce que le bien financé constitue une garantie tangible. Ce choix de segmentation explique mécaniquement l’autre grande performance de l’exercice: les dotations nettes aux provisions en baisse de 18,8% à 63 millions de dirhams. Quand on oriente la production vers des segments moins risqués, le coût du risque baisse. Pas par miracle, mais par construction. C’est la logique de « production sélective orientée vers les segments les plus contributifs » que décrit la communication financière de Salafin.
Le PNB en croissance de seulement 1,4% à 384 millions de dirhams dit par ailleurs que Salafin n’a pas cherché à compenser la sélectivité de sa production par une expansion de marge, ce qui serait risqué, mais plutôt à améliorer sa rentabilité par la qualité du portefeuille. La hausse des charges générales d’exploitation de 7,6% est à surveiller, mais elle s’inscrit dans une dynamique de redéploiement commercial qui a produit ses effets. Le dénouement amiable du contrôle fiscal 2017-2018 efface par ailleurs une incertitude qui pesait probablement sur les états financiers depuis plusieurs exercices. Post-dividende de 30 dirhams par action, Salafin affiche un ratio de solvabilité de 16,8% et un ROE de 17,7%, deux indicateurs qui disent une société capitalisée et rentable, pas une société qui distribue au détriment de sa solidité.




Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !