Paiements, PME et matières premières: la recette du Nigeria pour atteindre 50 milliards de dollars de « deals » lors de la cinquième Foire commerciale intra-africaine 2027 (IATF2027)

Le 10 mars 2026, le Nigeria a signé l’accord d’accueil de la cinquième Foire commerciale intra-africaine 2027 (IATF2027). L’évenement est prévu pour se tenir à Lagos du 5 au 11 novembre 2027. Un choix stratégique qui consacre la ville-phare du Plan d’action de Lagos (1980) pour l’autosuffisance industrielle, symbolisant une continuité historique vers l’intégration panafricaine. L’événement, co-organisé par Afreximbank, l’UA et le Secrétariat ZLECAf, vise la signature de 50 milliards de dollars américains d’accords commerciaux – seuil symbolique après l’édition de 2025 qui s’est tenue en Algérie (49,94 milliards de dollars américains d’accords commerciaux).

L’ambition thématique « Global Africa Repositioned – From Market Access to Market » transcende la logique d’accès pour matérialiser un marché continental opérationnel. Le programme intégré (ZLECAf Investment Forum, CANEX, AU Youth Start-up) fusionne politique industrielle, facilitation commerciale et diasporas, ciblant de manière explicite les chaînes de valeur régionales. Le poids du Nigéria – 1er PIB africain, hub minéralier (lithium, or), agricole et gazier – en fait un laboratoire naturel pour densifier les flux intra-africains, aujourd’hui limités à 17% du commerce total.

Les interventions des parties prenantes lors de la signature de l’accord d’accueil de la cinquième Foire commerciale intra-africaine 2027 a cristallisé les priorités opérationnelles de l’intégration continentale. L’ancien président Obasanjo a réactualisé la doctrine du Plan d’action de Lagos (1980) en faisant de l’industrialisation le socle de la souveraineté économique africaine, positionnant ainsi l’IATF2027 comme un instrument de matérialisation de cette vision historique. La ministre Oduwole, quant à elle, inscrit la ZLECAf dans une stratégie de résilience face aux fractures du commerce mondial, soulignant que l’événement doit transcender sa dimension marchande pour devenir un laboratoire de reconception des chaînes de valeur régionales. Une approche renforcée par le président d’Afreximbank, George Elombi, qui capitalise sur l’écosystème entrepreneurial nigérian – dynamisé par 40 millions de PME – pour générer des emplois et densifier les liens productifs intra-africains. L’Union africaine, par la voix de sa commissaire Francisca Tatchoup Belobe, a exigé un alignement structurel entre politiques minières, industrielles et de facilitation commerciale, condition sine qua non pour libérer le potentiel des ressources stratégiques du continent (lithium, or, pétrole).

Techniquement, Afreximbank opérationnalise ce cadre via son Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) – colonne vertébrale financière de la ZLECAf – et son Fonds d’ajustement de 10 milliards USD, conçu pour absorber les chocs d’intégration des États membres. L’IATF2027 agit ainsi comme un accélérateur tangible de la zone de libre-échange, s’appuyant sur le triple ancrage nigérian: sa démographie (226 millions de consommateurs), sa base industrielle émergente, et sa participation croissante aux échanges intracontinentaux. Le choix géostratégique de Lagos consolide la ville en hub logistique et décisionnel, avec des retombées attendues sur les infrastructures critiques (ports, corridors énergétiques) et la transformation productive. Un positionnement qui favorise une reconfiguration des dynamiques commerciales africaines autour de pôles régionaux intégrés, où le Nigeria joue un rôle fédérateur pour les économies d’Afrique de l’Ouest et au-delà.

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