Surtaxe carburant d’urgence de MSC: l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda et six autres pays, grands perdants face à la crise en Mer Rouge
Le conflit actuel au Moyen-Orient n’a pas fini de dessiner une nouvelle carte des flux maritimes. C’est dans ce contexte que la compagnie maritime MSC a annoncé, le samedi 7 mars, qu’elle appliquerait une surtaxe carburant d’urgence (EFS) à toutes les cargaisons en provenance de la Méditerranée (y compris la Méditerranée occidentale, l’Adriatique, la Méditerranée orientale, la Grèce et la Turquie) et de la mer Noire à destination du sous-continent indien, de la mer Rouge et de l’Afrique de l’Est, à compter du 16 mars.
A y voire de plus près, l’annonce cible de manière spécifique les flux maritimes de la Méditerranée et de la mer Noire vers trois zones africaines: la mer Rouge, l’Afrique de l’Est et le sous-continent indien. Le premier constat à faire de cette décision est qu’elle révèle une disparité significative dans l’impact pour le continent, plaçant l’Afrique de l’Est continentale dans une position de vulnérabilité économique immédiate remarquable.
Alors que la surcharge vers la mer Rouge (Djibouti, Soudan, Égypte, Somalie au nord) s’élève à 30$ par conteneur sec (TEU) et vers le sous-continent indien (Inde, Pakistan, Bangladesh) à 40$, l’Afrique de l’Est continentale (Kenya, Tanzanie, Mozambique, Ouganda, Rwanda, Ouganda, Burundi, République démocratique du Congo, Zambie, Malawi, Éthiopie) subit le tarif le plus élevé: 60$ par TEU sec et 90$ par TEU frigorifique. Cette différence de 100% par rapport à la mer Rouge et de 50% par rapport au sous-continent indien pour le fret sec, et de 80% pour le fret frigorifique par rapport à la mer Rouge, est frappante.
Ce surcoût imposé par le plus grand transporteur mondial de conteneurs, en termes de capacité de flotte (supérieur à 7,1 millions d’équivalent vingt pieds – EVP fin 2025), touchera directement les corridors commerciaux vitaux desservant les ports est-africains comme Mombasa ou Dar es Salaam, clés pour les économies de l’hinterland (Ouganda, Rwanda, Burundi, etc.). De quoi alourdir de manière significative le coût des importations (produits manufacturés, intrants) et des exportations (thé, café, horticulture fraîche – fortement dépendante des conteneurs frigorifiques) pour ces nations.
L’Afrique de l’Est continentale se démarque ainsi négativement comme la sous-région africaine la plus pénalisée par cette décision unilatérale de MSC, révélant une fragilité accrue de ses chaînes d’approvisionnement maritimes face aux fluctuations. La présence étendue de MSC dans la région (bureaux dans la plupart des pays concernés) ne semble pas atténuer cette mesure.



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