Commerce international: le Lesotho, vulnérable champion de la dépendance à l’AGOA, obtient un sursis précaire
Pendant que le Nigeria et le Kenya saisissent l’opportunité de la prolongation d’un an de l’AGOA pour finaliser des accords commerciaux pivots avec les Émirats Arabes Unis et la Chine et diversifier leurs débouchés, le cas du Lesotho révèle une dépendance asymétrique criante envers le marché américain. Qualifié d’exportateur africain le plus dépendant des États-Unis, ce petit royaume montagneux d’Afrique australe illustre la vulnérabilité extrême d’économies tributaires d’accords non pérennes.
Ainsi, grâce à la prolongation d’un an de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’au 31 décembre 2026, le Lesotho respire temporairement. Cet accord commercial, vitale pour son économie, avait expiré en septembre 2025, entraînant des licenciements massifs dans le secteur textile, pilier des exportations du Lesotho, représentant environ 10% de son PIB (près de 2 milliards de dollars).
Bien que l’extension lève une menace immédiate sur des centaines de milliers d’emplois, elle ne résout pas l’incertitude structurelle. Le ministre du Commerce du Lesotho, Mokhethi Shelile, déplore un délai trop court, inadapté pour une planification économique stable pour les entreprises et réclame urgemment un cadre commercial américain pérenne pour l’Afrique. La vulnérabilité du Lesotho est accentuée par les droits de douane punitifs de Trump (initialement 50%, réduits à 15%), rendant ses vêtements moins compétitifs sur ce marché crucial (276 millions USD d’échanges totaux en 2024). Ainsi, ce sursis technique est accueilli avec un optimisme prudent, mais le besoin d’une solution à long terme est criant.



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