Deal Nissan-Chery SA: le troisième constructeur automobile chinois renforce sa présence manufacturière directe en Afrique
L’Afrique du Sud, plaque tournante industrielle historique de la région, est au cœur d’une transformation majeure de son secteur automobile révélée par un accord que viennent de conclure le japonais Nissan et le chinois Chery SA. Les deux parties ont conclu un deal concernant l’acquisition des actifs de production de Nissan à Rosslyn, en Afrique du Sud. Sous réserve de certaines conditions, notamment l’obtention des autorisations réglementaires, Chery SA achètera les terrains, les bâtiments et les actifs associés des installations de Nissan, y compris son usine d’emboutissage située à proximité, à la mi-2026.
Ce transfert d’actifs marquera la fin de près de 60 ans de production Nissan locale, symbolisée par l’arrêt de production programmée du pick-up Navara. La transaction illustre le retrait stratégique du japonais, confronté à de lourdes pertes et une sous-utilisation de l’usine aggravée par la fin du NP200 en 2023 et la féroce concurrence (Toyota Hilux, Ford Ranger). Le deal préserve cependant environ 900 emplois, transférés à Chery SA sous conditions similaires, un point positif pour l’économie sud-africaine.
L’impact régional n’est pas à négliger: la cessation de la production du Navara, destiné au marché local mais aussi exporté vers plusieurs pays africains non précisés, menace les chaînes d’approvisionnement régionales. Ces débouchés régionaux pourraient voir leurs approvisionnements en pièces et véhicules perturbé, Nissan basculant vers un modèle d’importation depuis la Thaïlande. Le constructeur japonais précise tout de même que, suite à l’acquisition de l’usine par Chery SA, il continuera à proposer des véhicules et des services à ses clients en Afrique du Sud, comme auparavant, avec plusieurs lancements de nouveaux véhicules prévus pour l’exercice 2026, notamment le Nissan Tekton et le Nissan Patrol.
Pour la Chine, cette opération est une avancée stratégique. Chery, troisième constructeur chinois, renforce ainsi sa présence manufacturière directe en Afrique du Sud, où ses ventes dynamiques (plus de 2000 unités mensuelles, 46 887 en 2025) démontrent son ambition. Cette acquisition, évoquant initialement d’autres options (JV, site neuf), consolide l’emprise chinoise sur l’industrie automobile africaine, tandis que l’Afrique du Sud voit son paysage industriel se recomposer, préservant des emplois mais perdant un acteur historique au profit d’une puissance émergente.



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