Somalie, Soudan, Éthiopie, Érythrée, Djibouti: ces États de la Corne de l’Afrique forcés à l’alignement sous influence de la rivalité saoudo-émiratie

La Corne de l’Afrique (Soudan, Somalie, Éthiopie, Érythrée, Djibouti) s’illustre de manière dramatique comme l’épicentre africain où s’exacerbe la rivalité régionale entre l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis (EAU), éclipsant les autres crises à l’agenda du sommet de l’Union Africaine (UA). Cette sous-région, déjà fracturée par des conflits endogènes, se distingue désormais par la manière dont elle est contrainte de s’aligner sous l’influence croissante et concurrente des deux puissances du Golfe, transformant ses dynamiques internes.

Les EAU se démarquent par une présence multiforme et agressive: investissements massifs, diplomatie robuste, soutien militaire discret et politique étrangère « musclée » qui génère des tensions, notamment avec l’Érythrée, Djibouti, la Somalie et l’armée soudanaise (SAF). L’Arabie Saoudite, initialement en retrait, construit une alliance incluant l’Égypte, la Turquie et le Qatar pour contrer l’influence émiratie, perçue comme une menace sécuritaire, agissant souvent par proxies.

Une rivalité qui force les acteurs africains à choisir un camp, illustré de manière criante au Soudan (EAU soutiendrait les RSF, l’Arabie Saoudite et ses alliés la SAF) et en Somalie. Mogadiscio s’illustre par sa réaction ferme, rompant ses liens avec Abou Dhabi après la reconnaissance par Israël du Somaliland – attribuée à l’influence émiratie – et se tournant vers le Qatar et la Turquie. L’Éthiopie, hôte du sommet de l’UA, joue un rôle ambigu, bénéficiant du soutien émirati tout en hébergeant supposément une base d’entraînement des RSF, révélant une position opportuniste face aux rivalités externes.

Ainsi, la Corne de l’Afrique devient le « terrain subsidiaire » le plus visible des rivalités moyen-orientales, posant un défi majeur à l’Union Africaine: ses membres y sont les plus exposés et divisés par des ingérences étrangères qui alimentent les conflits locaux et menacent la souveraineté régionale, illustrant une fragmentation accrue sous l’effet des compétitions géopolitiques externes et de leurs « accomplices africains ».

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