Partenariat énergétique entre la Chambre africaine de l’énergie (AEC) et le Venezuela: ce que révèlent les trois piliers de l’alliance énergétique naissante
À la suite de la visite historique de la Chambre africaine de l’énergie (AEC) au Venezuela en février 2026, le pays d’Amérique latine a répondu en envoyant son vice-ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Efficacité productive dans le domaine des hydrocarbures, Arturo Gil, en Afrique du Sud afin de renforcer les liens énergétiques.
C’est dans ce contexte qu’une réunion de haut niveau s’est tenue au Cap, réunissant le vice-ministre Gil et Carlos Feo Acevedo, ambassadeur du Venezuela en Afrique du Sud, ainsi qu’une équipe de l’AEC dirigée par le président exécutif NJ Ayuk et une équipe d’Energy Capital & Power, dirigée par son PDG James Chester. Les discussions ont porté sur le renforcement des flux d’investissement, l’exploitation de l’expertise du Venezuela pour soutenir la résilience énergétique de l’Afrique et l’identification de pistes de collaboration tout au long de la chaîne de valeur énergétique.
Il faut savoir que ce partenariat structurant active trois leviers interdépendants pour le secteur extractif africain.
Premier levier: un transfert de compétences sans précédent. Celui-ci se concrétise par l’envoi de 10 à 15 professionnels africains à l’Université des hydrocarbures du Venezuela. De quoi créer un corridor de savoir technique ciblé sur les similitudes géologiques entre les bassins sédimentaires vénézuéliens et africains, particulièrement en Namibie et en Angola. Ce dispositif capitalise sur l’expertise centenaire du Venezuela pour renforcer la résilience énergétique des pays africains tout en accélérant les découvertes exploratoires.
Le deuxième levier est marqué par l’ouverture des deux parties à des investissements réciproques. Le modèle d’investissements réciproques ouvre des opportunités concrètes: le Venezuela propose ainsi l’accès à sa base de données géologique exhaustive, l’optimisation de 20 000 puits existants et le développement de 1 000 nouveaux forages. De manière symétrique, les indépendants africains – notamment nigérians – sont positionnés comme acteurs clés pour moderniser les actifs matures vénézuéliens, transposant ainsi leur savoir-faire éprouvé dans la revitalisation de champs pétroliers sur le continent.
Troisième levier: la solution gazière émerge comme réponse aux défis structurels. Le gaz vénézuélien, le GPL en particulier, est identifié comme levier socio-économique face au déficit énergétique africain touchant 600 millions de personnes sans électricité et près d’un milliard sans accès à des solutions de cuisson propre, tandis que la valorisation des torchères répond aux objectifs de diversification économique du Venezuela. Une triangulation stratégique qui s’institutionnalise par l’intégration du Venezuela à l’Organisation des Producteurs Africains de Pétrole (APPO) et les appels à son adhésion à la Banque africaine de l’énergie. Autant d’éléments qui consacrent l’Afrique du Sud comme architecte des chaînes de valeur énergétiques panafricaines et démontrent la capacité du continent à forger des alliances sud-sud égalitaires, rompant avec les schémas traditionnels de dépendance.



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