IA, téléenseignement et harmonisation des curricula: comment 12 pays d’Afrique de l’Ouest réinventent la formation en santé
Cotonou, capitale du Bénin, a accueilli le 2 mars 2026 un atelier régional crucial pour l’avenir des systèmes de santé ouest-africains. Sous l’égide de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) et lancé par le ministre béninois de la Santé et de l’Enseignement Supérieur par intérim, le Prof. Benjamin Hounkpatin, cet atelier vise l’harmonisation des curricula de formation spécialisée des disciplines associées à la santé dans l’espace CEDEAO. Une initiative qui intervient dans un contexte géopolitique régional marqué par le retrait effectif en 2025 du Burkina Faso, du Mali et du Niger, réduisant la CEDEAO à 12 membres (Bénin, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau – suspendue mais membre -, Liberia, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo).
L’objectif est clair: construire un écosystème de formation uniforme et de haute qualité pour les professionnels de santé de la sous-région. Le Prof. Hounkpatin souligne que cette harmonisation dépasse le cadre académique et redessine de manière fondamentale l’avenir du système sanitaire régional. L’initiative d’harmonisation constitue un préalable essentiel au bien-être des populations en garantissant des ressources humaines compétentes, responsables et professionnelles. Cet atelier, regroupant les principaux acteurs universitaires, devrait aboutir à un cadre revisité et harmonisé servant de « boussole » aux établissements de formation.
L’OOAS, dont le directeur rappelle que la formation est une priorité sous-régionale, capitalise sur des actions antérieures comme l’harmonisation de 58 programmes, l’élaboration d’un plan régional de formation et l’octroi de bourses. Cet atelier s’inscrit dans cette continuité pour renforcer la prise en compte des problématiques de formation.
Enfin, le Ministre Hounkpatin a lancé un appel crucial à l’adaptation face aux mutations mondiales, notamment technologiques. Il exhorte les parties prenantes à intégrer l’Intelligence Artificielle et le téléenseignement dans les futurs standards, afin de permettre à la sous-région de rester compétitive. Le Bénin, par ce leadership et son engagement réaffirmé, positionne ainsi cette harmonisation comme un pilier stratégique pour la résilience et l’excellence sanitaire en Afrique de l’Ouest, malgré les turbulences institutionnelles.




Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !