2025 chez Unimer: moins de poissons, plus de marge. Comment le groupe agroalimentaire s’adapte à une ressource halieutique durablement sous pression

Les résultats 2025 d’Unimer révèlent une tension que les chiffres bruts masquent partiellement. Le chiffre d’affaires social recule de 806 à 688 millions de dirhams. Le consolidé passe de 1,26 à 1,08 milliards. Les débarquements nationaux de sardines accusent un repli de 23%, les anchois de 25%. En apparence, une année difficile. En réalité, une démonstration de gestion sous contrainte qui mérite d’être lue autrement.

Ce qui s’est passé chez Unimer en 2025, c’est la mise en œuvre concrète d’une stratégie que peu d’acteurs industriels appliquent avec discipline quand la ressource se raréfie. Plutôt que de défendre le volume au détriment de la valeur, le groupe a ajusté ses volumes avec pour objectif explicite « la préservation de la valeur ». Le résultat est lisible dans l’EBE social, qui progresse de 9 à 30 millions de dirhams malgré la chute du chiffre d’affaires. Un triplement de l’excédent brut d’exploitation sur une base de revenus en recul de 15%. Un ratio qui dit quelque chose d’essentiel: Unimer a vendu moins, mais mieux.

La maîtrise du mix-produits, les ajustements de prix de vente et l’optimisation opérationnelle ont produit une amélioration de marge dans un contexte de « forte pression sur les prix ». Ce qui signifie que d’autres acteurs du même marché ont probablement sacrifié leurs marges pour maintenir leurs volumes, pendant qu’Unimer faisait le choix inverse.

Le retour à un résultat net consolidé positif (11 millions de dirhams contre -28 millions en 2024) est le signal le plus significatif de cet exercice. Il dit que la transition n’est pas terminée, mais que la direction est bonne. La « contribution renforcée des participations du Groupe » est un indice supplémentaire: la diversification du portefeuille d’actifs amortit les chocs de la ressource primaire.

Ce que la situation d’Unimer révèle sur l’industrie halieutique marocaine est préoccupant au-delà du cas d’espèce. Deux années consécutives de recul des débarquements de sardines et d’anchois, deux espèces pélagiques qui structurent l’essentiel de la conserve marocaine, ne sont pas un accident météorologique. C’est un signal sur l’état des stocks. Les groupes industriels capables de s’adapter à cette rareté durable, comme Unimer semble en prendre le chemin, survivront. Les autres subiront.

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