Mobilité électrique en Afrique: ce que la présence simultanée de Tesla, BYD et Hyundai à GITEX AFRICA Morocco dit d’un marché à 28 milliards de dollars
Il y a dans la liste des participants annoncés à GITEX AFRICA Morocco 2026 plus qu’un catalogue d’exposants. Arrêtons-nous sur cette shortliste d’exposants: Tesla, BYD, Hyundai, Toyota, Dongfeng, EXEED, Zeekr. Sept marques constructeurs qui représentent les trois grandes puissances automobiles mondiales (États-Unis, Corée, Chine). Toutes envoient simultanément leurs marques les plus stratégiques sur une même plateforme africaine, à Marrakech, du 7 au 9 avril 2026. Ce n’est pas un salon grand public. C’est une reconnaissance collective que le marché africain des véhicules électriques, projeté à 28,3 milliards de dollars d’ici 2030, contre 17,41 milliards en 2025, soit une progression de 62% en cinq ans, est désormais suffisamment sérieux pour justifier une présence compétitive de premier rang.
La démographie africaine dit pourquoi. D’ici 2050, le continent passera de 1,5 à 2,5 milliards d’habitants, dont 80% de cette croissance concentrée dans les villes. Une urbanisation massive qui crée une demande de systèmes de transport que les villes africaines actuelles, conçues pour des populations beaucoup plus restreintes, ne peuvent pas absorber avec leurs infrastructures existantes. Le transport africain devrait croître de 6 à 8% par an entre 2025 et 2040, à condition que 150 milliards de dollars d’investissements annuels soient mobilisés dans les infrastructures. Ce chiffre, tiré du rapport African Transport Industry Insights 2025, dit la condition précise sous laquelle la promesse de la mobilité électrique africaine devient réalité et le gouffre entre le potentiel affiché et les capacités d’investissement actuelles des États africains.
Ce que GITEX AFRICA Morocco fait dans ce contexte est structurellement différent d’un salon technologique ordinaire. En réunissant gouvernements, constructeurs, startups et investisseurs sur la même plateforme, sous l’égide du ministère marocain de la Transition numérique, il crée les conditions d’un dialogue qui transforme les projections de marché en engagements concrets. La participation de l’office national des chemins de fer marocain (ONCF) aux côtés de Tesla et BYD dit que la mobilité du futur ne se joue pas uniquement sur la route. Elle se joue dans l’intermodalité, dans la connexion entre les réseaux ferrés, les flottes électriques urbaines et les plateformes logistiques intelligentes.
Pour le Maroc, accueillir ce débat à Marrakech est un acte de positionnement stratégique: celui d’un pays qui veut être l’interface entre les capitaux mondiaux de la mobilité électrique et le marché africain qu’ils cherchent à pénétrer.



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