Projets gaziers structurants: comment la menace américaine de retrait de l’AIE valide les positions de ces pays africains sur l’énergie
Dans un communiqué publié le 19 février 2026, l’African Energy Chamber (AEC) souligne une tension géopolitique cruciale autour de l’accès à l’énergie en Afrique, cristallisée par la critique de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE). L’AEC et un certain nombre de dirigeants africains dénoncent depuis des années la politisation des perspectives de l’AIE, jugée anti-hydrocarbures, qui a selon eux gravement nui au financement des projets pétroliers et gaziers sur le continent. Une restriction des capitaux, illustrée par les désengagements de banques majeures (BNP Paribas, HSBC, Banque Mondiale) et institutionnalisée par la feuille de route « zéro émission nette » 2021/2025 de l’AIE, qui entrave directement la lutte contre la pauvreté énergétique, touchant 592 millions d’africains sans électricité et 900 millions sans accès à une cuisson propre.
Face à cela, des pays africains se démarquent par leur résilience et leurs initiatives concrètes pour développer leurs ressources gazières stratégiques, essentielles pour financer leur transition et répondre à l’urgence de la cuisson propre. Des projets structurants comme Angola LNG, Congo LNG, Greater Tortue Ahmeyim (Sénégal/Mauritanie), le méga-hub gazier de Guinée Équatoriale, les installations algériennes, ou la reprise de Mozambique LNG, ainsi que les ambitions de production accrues de la Libye, de l’Égypte et du Nigeria, incarnent cette volonté de souveraineté énergétique. L’AEC, par la voix de son président NJ Ayuk, défend ardemment ces projets, dénonçant un « apartheid financier » et menaçant des poursuites contre les banques.
L’intervention récente du secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, menaçant un retrait des États-Unis de l’AIE si celle-ci ne revient pas à sa mission fondatrice (sécurité énergétique et accès), est perçue comme une validation des positions africaines. L’AEC salue ce soutien et les annonces américaines de programmes d’accélération pour la cuisson propre ciblant l’Afrique, ainsi que le partenariat entre l’AIE et la Clean Cooking Alliance. Cependant, l’AEC exige une réforme profonde de l’AIE: abandon des interdictions généralisées d’investissement, reconnaissance des voies de développement différenciées et du rôle compatible des hydrocarbures africains avec les objectifs climatiques globaux. Les pays africains cités plus haut, par l’AEC, affirment clairement qu’ils ne veulent pas d’aide mais des partenariats équitables pour financer leur propre développement énergétique, condition sine qua non pour éradiquer la pauvreté énergétique.




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